Pénurie Guérilla S01 E00: Quarantaine et vente de graines sur le net.

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Contrôles accrus et fermeture des frontières obligent, le produit vert et illicite le plus prisé de France voit son achalandage fortement perturbé par l’épidémie de coronavirus. Une bien mauvaise nouvelle pour consommateurs et observateurs, une aubaine pour les banques de graines.

La crise du Coronavirus et son cortège de mesures pour endiguer la pandémie ont changé nos vies, c’est bien là le moins que l’on puisse dire. Entre confinement, frontières étanches et un service postal au goutte à goutte, l’approvisionnement en France de denrées considérées non essentielles est au point mort.

À plus forte raison quand ces dernières sont illégales, à l’instar de l’herbe qui fait rire. Pour le docteur Lowenstein, président de SOS addictions,  cet embargo cannabique de circonstance n’est guère réjouissant pour les 2 millions de consommateurs de ganja que compte l’hexagone. «Certains s’en réjouiront, mais ce n’est pas notre cas. Ce ne sera pas le cas non plus des personnes souffrant de maladies chroniques qui s’auto-médiques avec les principes actifs du cannabis. Ce ne sera pas non plus le cas des policiers ou des pompiers œuvrant dans les cités. Et ce sera encore moins les cas des prisonniers et de l’administration pénitentiaire puisque l’annulation des parloirs signifie tout simplement, aussi, la fin des approvisionnements» explique le praticien dans les colonnes de Slate.

«Pour ne parler que du cannabis, l’actuel confinement va conduire à bien malaises individuels, à bien des impasses sociales,
poursuit  le Dr Lowenstein. Un malaise particulièrement perceptible en France, pays faisant état de la plus grosse consommatrice de cannabis au sein de l’UE, et dont les dispositions légales à l’égard de la belle plante sont parmi les plus coercitives d’Europe. Une position qui risque de s’avérer de moins en moins tenable au fur et à mesure que les effets secondaires et indésirables du confinement s’amplifieront. «Cela tombe vraiment mal, ajoute le médecin et président de SOS addiction. Car pour tuer le temps douloureux ou anxieux, pour aider à ne rien faire, le cannabis, ce dopant du presque rien, est une substance psychoactive très efficace. Verra-t-on sous peu des livraisons de pochons via Amazon? L’Agence française du médicament va-t-elle accorder des “autorisations temporaires d’utilisation thérapeutique” de cannabis à aller chercher sans encombre dans les cités? Non, bien sûr.» conclu-t-il.

Face à cette angoisse de la feuille (à rouler) blanche, nombre de consommateurs ont ressorti leurs lampes HPS et LED,  leurs pots et ont massivement commandé des graines sur le net, un produit qui, contre toute attente,  est non seulement légal en France, mais continue d’être acheminé par voie postale.
«Je n’ai attendu que 10 jours ouvrés, contre cinq en temps normal, pour recevoir mes graines de UK Cheese à autofloraison » raconte Nicolas, photographe et consommateur de weed  depuis une quinzaine d’années. « il y a trois ans, j’avais fait pousser dans ma cave et j’avais encore tout le matos, les engrais, lampes et  pots. C’est le terreau light qui a été le plus dur à trouver », s’amuse ce grand gaillard de 34 ans. « J’ai pris des autofloraison parce que c’est plus rapide et plus simple… du homegrowing de crise, quoi. J’ai planté il y a 3 jours. Dans 7 semaines, je récolte. Ce ne sera qu’en mai, mais devant l’inconnu, je préfère anticiper plutôt que d’être désolé et à sec. »

Nicolas n’est pas le seul à se lancer dans l’autarcie cannabique de crise. En 15 jours, le volume de graines vendues en ligne sur le site Zamnésia aux Pays-Bas a été multiplié par trois, même son de cloche pour du côté de français Roots seeds, qui constate une nette augmentation des ventes en ligne.

D’aucuns estiment que la sortie, progressive, du confinement ne se fera pas avant la fin du mois d’avril. Entre productions maison et les récoltes industrielle qui ne demanderont qu’à trouver consommateur, il y a fort à parier que la fin du confinement sera des plus festifs!

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en aujourd'hui le rédacteur en chef.

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