Mark Savaya, entrepreneur du cannabis légal, a été catapulté en octobre dernier envoyé spécial de Donald Trump en Irak. Une nomination déroutante, à mi-chemin entre pari géopolitique et fumette présidentielle.
Mark Savaya a la biographie d’un personnage secondaire dont le romancier aurait soudainement décidé d’en faire le héros de son œuvre. Patron d’une tech cannabique, il est devenu depuis octobre 2025 envoyé spécial de Donald Trump en Irak. Une nomination reçue comme une énigme. « Nous pensions à un émissaire traditionnel, nous avons eu un entrepreneur du cannabis », a ainsi déclaré un diplomate irakien, résumant à lui seul ce mystère géopolitique.

Né il y a quarante ans dans une famille assyrienne ayant quitté Mossoul dans les années 1990, Savaya a grandi à Detroit et fondé Leaf and Bud, une chaîne de dispensaires de cannabis après la légalisation dans le Michigan en 2018. Avec ses airs de Jean Roch de la weed – son Instagram est truffé de photos au sourire trente-deux dents et de pouce en l’air aux côtés de personnalités –, rien, dans son parcours, n’annonçait qu’il finirait au cœur du laboratoire diplomatique de Trump. Car la question demeure : que va-t-il réellement faire en Irak ? Même dans l’entourage républicain, on parle d’une « initiative personnelle du président », formule qui peut évoquer une intuition brillante ou un geste improvisé après une journée un peu trop longue. Trump le présente comme un « trouble-shooter », un homme qui « comprend le Moyen-Orient autrement ».
Cannabis et géopolitique
Les voyages de Savaya à Bagdad et Erbil se sont multipliés ces dernières années, entre projets de data agricole et entretien des liens communautaires que les États-Unis ont longtemps négligés. Les Irakiens voient un intermédiaire tenace, capable de parler sécurité puis infrastructures dans la même conversation. Les Américains y voient un profil extérieur au système, donc facilement éjectable si l’expérience tourne court. C’est là que se niche le paradoxe : Savaya dirige une entreprise dont la survie dépend d’une conformité stricte au droit fédéral tout en se retrouvant chargé d’une mission où l’opacité fait partie du décor. Un pied dans les dispensaires qui respectent les clous, l’autre dans un pays où les signaux faibles comptent autant que les accords officiels.
« initiative personnelle du président »
En réalité, la désignation de Savaya marque moins une décision en plein moment de « high » du POTUS qu’un recalibrage de la relation entre Irak et États-Unis que Trump voudrait consolider. Savaya incarne ainsi la volonté américaine de redéfinir sa stratégie au Moyen-Orient : un profil d’affaires, aux racines irakiennes, censé réconcilier reconstruction économique, influence politique, contrôle des milices chiites liées à l’Iran et réconciliation avec les Kurdes. Il y a du taf et le pari est audacieux dans un pays devenu une pétaudière. Si Savaya parvient à transformer son héritage culturel, son réseau et sa vision entrepreneuriale en résultats tangibles, alors son mandat pourrait marquer le début d’une diplomatie « business-style » au service d’un Irak nouvelle formule. Et ça vaudra bien un petit joint pour fêter ça.
@raphaelturcat
You might be interested in
Poids lourd du cannabis récréatif au States, Mark Savaya s’est vu offert par Donald Trump le poste d’envoyé spécial en
Donald Trump a ordonné hier jeudi 18 décembre la reclassification du cannabis au niveau fédéral, une décision inédite qui bouscule
Après avoir promis durant sa campagne de dépénaliser le cannabis, Donald Trump envisage déjà de reclasser le cannabis du Tableau
Avec la légalisation du cannabis médical et industriel, le Ghana s’apprête à franchir un tournant historique. Pour accompagner cette mutation, une délégation officielle se rendra en septembre au Maroc, pays pionnier sur le continent. L’objectif : s’inspirer d’un modèle de régulation déjà rodé et tenter de transformer une culture longtemps clandestine en levier économique.
Depuis des générations, les cultivateurs de cannabis au Ghana ont vécu dans l’ombre. Dans des clairières forestières ou des champs dissimulés, ils produisaient juste assez pour survivre, tout en risquant arrestations, harcèlement et destructions de récoltes.
Aujourd’hui, le mouvement engagé par Accra pour encadrer l’usage médical et industriel du cannabis offre aux paysans ce qu’ils n’ont presque jamais connu : une légitimité.
Dialogue stratégique avec le Maroc
En juillet, la Commission nationale de contrôle des stupéfiants (NACOC) a rencontré à Accra l’ambassadrice du Maroc, Imane Quaadil, afin d’étudier le cadre réglementaire développé par Rabat.
Sous la conduite de son directeur général, Maxwell Obuba Mantey, la délégation ghanéenne a analysé les mécanismes de délivrance de licences aux cultivateurs, de suivi des chaînes de production, d’organisation des coopératives et de certification des variétés de plantes.
Imane Quaadil a confirmé que des responsables ghanéens se rendront au Maroc en septembre pour une mission de formation et d’observation.
« Le Maroc est prêt à partager son expertise pour renforcer les systèmes de contrôle des drogues, non seulement au Ghana mais à l’échelle de tout le continent africain », a-t-elle déclaré.
Le royaume chérifien, l’un des plus grands producteurs mondiaux de cannabis, a légalisé sa culture à des fins médicales et industrielles en 2021. Il a alors créé l’Agence nationale de régulation des activités liées au cannabis (ANRAC) afin de superviser l’octroi de licences et la traçabilité des productions. Depuis, le Maroc a réalisé ses premières récoltes légales et élargi progressivement les zones de culture sous contrôle.
Espoirs et incertitudes pour les cultivateurs ghanéens
Pour les petits producteurs du Ghana, ce changement politique est porteur d’espoir mais aussi de doutes. Beaucoup cultivent le cannabis depuis des décennies dans l’illégalité pour faire vivre leurs familles, dans des régions où les alternatives agricoles sont rares.
La légalisation pourrait leur ouvrir des marchés et des protections longtemps refusés, mais à condition de réussir à franchir les obstacles administratifs liés aux licences, à la régulation et au contrôle de qualité.
« Malgré l’optimisme autour de cette révolution verte, les experts insistent sur la nécessité d’assurer l’inclusivité de tous les acteurs, en particulier les petits exploitants », souligne l’analyste politique Victor Oluwole. « Il est essentiel d’éviter une situation où les géants du secteur domineraient l’industrie, laissant les producteurs traditionnels dans la difficulté. »
Les coûts des licences inquiètent également, nombre de cultivateurs craignant d’être exclus du marché. D’autres redoutent que la culture du cannabis ne détourne les agriculteurs des denrées alimentaires essentielles, menaçant ainsi la sécurité alimentaire.
Héritage africain
Le cannabis a des racines profondes sur le continent. La plante aurait atteint l’Afrique du Nord dès le XIIe siècle, tandis que les communautés d’Afrique australe l’utilisaient bien avant la colonisation européenne.
Au fil des siècles, elle s’est inscrite dans les échanges commerciaux, les pratiques rituelles et la vie quotidienne, donnant naissance à des variétés emblématiques comme la Durban Poison ou la Malawi Gold.
Les interdictions coloniales du début du XXe siècle n’ont pas suffi à endiguer sa culture, souvent perpétuée au sein de communautés marginalisées dépendantes de cette ressource.
En décembre 2023, le Ghana a rejoint la liste croissante des pays africains à légaliser le cannabis médical. La loi a été amendée pour autoriser la culture de variétés à faible teneur en THC, exclusivement pour des usages médicaux et industriels. Le ministère de l’Intérieur s’est vu confier le pouvoir de délivrer les licences, tandis que la NACOC assure l’application et le contrôle.
Pépites vertes
Les autorités défendent cette nouvelle politique comme un moyen de formaliser un commerce longtemps illicite, de réduire les risques pour les cultivateurs et de garantir la qualité pour les patients et les industries. Le gouvernement espère également que cette filière créera des emplois et stimulera l’innovation industrielle.
Mark Darko, directeur général de la Chambre ghanéenne de l’industrie du cannabis, vise un chiffre d’affaires annuel de 1 milliard de dollars. Selon lui, un hectare de culture pourrait rapporter 10 000 dollars, alors que la demande mondiale devrait atteindre 21 milliards d’ici 2025.
Pour les cultivateurs ghanéens, les prochains mois s’annoncent décisifs. Le cannabis pourrait passer d’une ressource clandestine à une culture légitime, porteuse d’enjeux économiques majeurs et d’une promesse de transformation sociale.
You might be interested in
Dans un EHPAD genevois, le cannabis s’est invité dans les chambres de résidents atteints de démence sévère. Cris en moins,
Après cinq années d’expérimentation (sur les deux initialement prévues), le calendrier et les conditions d’une généralisation du cannabis thérapeutique sont
Les années 90, c’est la décennie du gangsta rap et de la guerre East Coast/West Coast. Celle-là même qui coûtera
Les consommateurs de cannabis ne sont pas tous « problématiques », rappelle une étude québécoise. Un postulat évident et dont les enseignements détaillés permettent de mieux préciser le contour des stratégies à adopter pour éviter que la consommation devienne problématique… Une approche de réduction des risques originales que nos confrères Québécois de La Presse détaillent dans un article riche d’enseignements.
L’article de La Presse est disponible sur ce lien
You might be interested in
Les industriels tablent désormais sur une commercialisation du cannabis thérapeutique à partir de 2027 en France. Le marché tricolore, aujourd’hui
France Inter parle de Zeweed! Dans Le 6/9, la meilleure radio longues ondes de l’Hexagone met à l’honneur notre grand
Après cinq années d’expérimentation (sur les deux initialement prévues), le calendrier et les conditions d’une généralisation du cannabis thérapeutique sont
Les seniors sont-ils l’avenir de la weed?
On croyait les boomers addicts au Sudoku, ils préfèrent finalement la sativa. Aux États-Unis, les plus de 65 ans font exploser les compteurs de consommation. La weed a trouvé son nouvel eldorado : les cheveux gris.
Par Juliette Ihler-Meyer
On avait fini par croire que la weed appartenait aux souvenirs d’un passé psyché, à ranger entre un vieux badge Peace & Love et un vinyle de Jefferson Airplane. Et puis voilà que l’Amérique découvre, médusée, que ses seniors ne se contentent plus de sudoku et de marche nordique : ils font exploser les statistiques de consommation de cannabis. L’étude publiée en juin 2025 dans JAMA Internal Medicine a eu l’effet d’un séisme sociologique : les plus de 65 ans, longtemps absents des radars, sont devenus les usagers les plus dynamiques du pays. Leur consommation a bondi de 46% entre 2021 et 2023, renvoyant au placard l’image usée de l’ado qui tire un joint derrière un gymnase mal éclairé. Désormais, 7% des seniors américains déclarent avoir consommé du cannabis dans le dernier mois – un record, quand ils n’étaient que 4,8 % en 2021 et 5,2 % en 2022.
Benjamin Han, professeur associé à l’Université de Californie à San Diego, ne cache pas sa satisfaction de voir enfin ces comportements apparaître clairement dans les données : « C’est la première fois que nous avons pu examiner l’usage du cannabis dans cette tranche d’âge. Auparavant, nous ne pouvions nous appuyer que sur les données de consommation annuelle, les chiffres mensuels étant trop faibles. » La légalisation, elle, joue le rôle de grand déboucheur de tabous : accès simplifié, normalisation rapide, acceptation sociale grandissante. Et puisque les dispensaires accueillent aujourd’hui les clients avec autant de douceur qu’une pharmacie bio, les cheveux gris s’y aventurent sans culpabilité particulière. Les États-Unis ont découvert que leurs aînés n’avaient jamais vraiment refermé la parenthèse. Le cannabis, pour eux, n’est pas une fantaisie tardive : c’est une vieille connaissance qui revient frapper à la porte, plus présentable, mieux emballée et maintenant soudain parfaitement assumée.
« Gender rattrapage »
Ce qui déroute le plus dans cette montée en puissance, ce n’est pas seulement que les seniors fument davantage mais ceux qui, parmi eux, mènent la danse. L’étude montre ainsi que la hausse est particulièrement forte chez les femmes, comme si une partie de la génération des anciennes militantes reprenait aujourd’hui un geste mis entre parenthèses. Amine Benyamina parle d’un « gender rattrapage », porté par l’effacement progressif de la stigmatisation des consommatrices : « Aujourd’hui, la consommation se répartit de plus en plus entre les deux sexes. Avec l’évolution des mœurs et une moindre stigmatisation des femmes consommatrices – comme pour l’alcool – les femmes se mettent à consommer autant que les hommes. »
Pour les seniors, le cannabis n’est pas une fantaisie tardive mais une vieille connaissance qui revient frapper à la porte
Cette recomposition redéfinit le profil du fumeur âgé, bien loin du cliché du stoner avachi. Le senior type est blanc, marié, diplômé, vit dans un État où le cannabis médical est légal et dispose de revenus supérieurs à 75 000 $. Une population plutôt aisée, que le chercheur Joseph Palamar voit basculer vers une consommation plus régulière : « En 2021, les personnes aux revenus les plus élevés étaient celles qui consommaient le moins. En 2023, elles sont devenues les plus grandes consommatrices. » Dans un marché où les produits restent coûteux, cette évolution n’a rien d’anodin. Et comme le rappelle Benyamina, les risques psychotiques sont faibles à cet âge, la période la plus sensible se situant entre 15 et 33 ans. La weed trouve ainsi sa place dans un quotidien déjà orienté vers le bien-être, comme un rituel qui ne nécessite ni application de respiration consciente ni coach bien-être payé 60 balles de l’heure.
Plus doux que les opioïdes ?
À écouter les chiffres, on pourrait croire à un simple frémissement statistique. En réalité, c’est tout un pan de la « silver generation » qui transforme la weed en alliée du quotidien, presque aussi familière qu’une boîte de Doliprane. L’étude montre une hausse marquée chez les seniors vivant avec des maladies chroniques – diabète, douleurs cardiaques, cancers – comme si le cannabis glissait du registre récréatif à celui du confort intime. On l’aperçoit dans un vaporisateur rangé dans une table de nuit, dans une pastille infusée mise à fondre pour retrouver le sommeil, dans un comestible avalé pour apprivoiser l’anxiété… Pour beaucoup, cette plante fait figure d’alternative douce, moins redoutée que les opioïdes ou les benzodiazépines, ces médicaments dont les notices font parfois plus peur que le mal à traiter.
« J’ai commencé à fumer à 13 ans, arrêté dans ma trentaine, et je m’y suis remise à 45 ans, par nostalgie. » Alexandra Maillard, 62 ans
Dans ce mouvement, Alexandra Maillard, 62 ans, trésorière de l’association NORML qui milite pour la légalisation et la régulation du cannabis à usage médical et récréatif, raconte une trajectoire presque emblématique. « J’ai commencé à fumer à 13 ans, arrêté dans ma trentaine, et je m’y suis remise à 45 ans, par nostalgie. Je me souvenais du goût, de l’odeur… » Ce retour, d’abord récréatif, débouche pourtant sur un bénéfice inattendu : « J’ai constaté la disparition complète de mes migraines récurrentes », continue Alexandra. À cela s’ajoute une chute nette de sa consommation d’alcool, un phénomène qu’elle observe chez plusieurs de ses amis. La liberté retrouvée des années qui avancent fait le reste : « On est déjà posés. Moi, je n’ai plus d’enfants à charge et je travaille à mi-temps : ça me laisse la liberté de travailler à jeun. » En filigrane, Alexandra défend une idée simple mais redoutablement moderne : la légalisation ne suffit pas. « Il faut aussi apprendre à utiliser le cannabis, qu’il soit récréatif ou médical… Il faut former les médecins, dédramatiser, démonter les légendes et fausses croyances. » Derrière ce plaidoyer, on comprend que la génération silver n’expérimente pas mais transforme la vieille fumette en un usage consciencieux.
Interactions médicamenteuses
À mesure que les seniors s’approprient le cannabis, une évidence s’impose : pour que cette nouvelle pratique reste une alliée, il faut apprendre à la manier avec un minimum de méthode. La Dre Alison Moore, de l’Université de Californie à San Diego, insiste sur trois points essentiels : choisir la bonne formulation, trouver le dosage qui convient, et privilégier les modes d’administration plus doux que la fumée. Les comestibles et les teintures s’imposent ici comme des solutions sobres, surtout si l’on avance pas à pas. Le véritable enjeu n’est pas tant la montée euphorique que les interactions médicamenteuses, nombreuses chez des personnes déjà habituées à une pharmacopée complexe. Le cannabis peut s’intégrer à cette routine, mais seulement si l’on sait l’y installer avec précaution.
Amine Benyamina confirme ce besoin de mesure, tout en relativisant les inquiétudes : « Chez les personnes âgées qui consomment du cannabis, les risques de chute ou de confusion existent, mais elles consomment généralement moins que les jeunes, plus exposés aux ivresses importantes. » Rien de spectaculaire donc : plutôt un usage réfléchi où chacun cherche l’équilibre qui apaise sans perturber. Ce n’est pas un retour en adolescence mais une manière d’habiter son corps avec un peu plus de souplesse, de composer avec les douleurs et les nuits trop courtes, sans bousculer ce qui fonctionne encore. Et c’est peut-être là que réside la vraie rupture. Pendant des décennies, le cannabis n’a été envisagé qu’à travers le prisme du loisir –joyeux, fêtard er transgressif. Chez les seniors, il glisse vers une autre fonction mais sans se casser la gueule dans l’escalier : un outil possible du confort, une alternative plus douce à certains traitements lourds, comme le choix d’un mieux-être qui s’inscrit dans une forme de maturité. Et si, pour une fois, c’était le seul domaine où les seniors n’avaient pas à « faire attention » plus que les jeunes ?
You might be interested in
Dans un EHPAD genevois, le cannabis s’est invité dans les chambres de résidents atteints de démence sévère. Cris en moins,
Les années 90, c’est la décennie du gangsta rap et de la guerre East Coast/West Coast. Celle-là même qui coûtera
Le 14 février, c’est aussi la célébration d’un amour marqueté, pas loin du coup de foudre économique : coiffeurs surbookés,
France Inter parle de Zeweed! Dans Le 6/9, la meilleure radio longues ondes de l’Hexagone met à l’honneur notre grand dossier sur la silver économie du cannabis : le boom du THC chez les séniors américains, les chiffres vertigineux de cette filière, l’arrivée de la Marie-Jeanne dans les maisons de retraite suisse… Mais aussi notre reportage chez ceux qui osent l’auto-production de CBD, d’alcool et de tabac en France, notre interview de Pierpoljak par Olivier Cachin, et notre enquête de terrain à Barbès : LE point de deal XXL des cigarettes de contrefaçon à Paris, où Zeweed est allé à la rencontre des revendeurs et acheteurs de ce marché noir de la blonde roulée.
Le podcast en entier est accessible via ce lien (pour le sujet sur Zeweed, aller au time code 2h 50m 45s)
Pour trouver Zeweed près de chez vous, cliquez sur ce lien
Pour vous abonner, c’est ici
You might be interested in
Les industriels tablent désormais sur une commercialisation du cannabis thérapeutique à partir de 2027 en France. Le marché tricolore, aujourd’hui
Les consommateurs de cannabis ne sont pas tous « problématiques », rappelle une étude québécoise. Un postulat évident et dont
Après cinq années d’expérimentation (sur les deux initialement prévues), le calendrier et les conditions d’une généralisation du cannabis thérapeutique sont
Ganja légendaire : La Colombian Gold
A l’origine étaient les landraces, ces variétés naturelles, apparues bien avant les Haze, Skunk et autre breed de Sherbet ou de Cookies, qui n’ont pas eu besoin de l’homme pour s’épanouir sur terre. Nées des dizaine de siècle avant nos civilisation, elles sont l’expression la plus pure du cannabis. La Colombian Gold en est un remarquable exemple.
La Colombian Gold est une variété landrace emblématique originaire des montagnes de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie. Elle s’est imposée dans les années 1960–70 comme une référence internationale grâce à son profil sativa énergisant et sa stabilité génétique.
Son profil est principalement cérébral, favorisant créativité, concentration et dynamisme mental. Contrairement aux hybrides modernes très puissants, elle offre généralement une montée progressive et claire, avec une stimulation plus fonctionnelle que sédative.
Son profil terpénique dominé par le limonène contribue à ses notes citronnées et lumineuses, tandis que le myrcène et le caryophyllène ajoutent profondeur végétale et nuances épicées.
En culture, cette sativa tropicale présente une structure élancée et une floraison plus longue que la moyenne des hybrides contemporains.
Les caractéristiques peuvent varier selon le phénotype, les conditions de culture et les méthodes d’analyse.
Histoire et génétique
Durant la période d’essor du cannabis international, Colombian Gold a été exportée vers l’Amérique du Nord et l’Europe. Elle a ensuite été intégrée dans des programmes de breeding qui ont donné naissance à des variétés hybrides devenues classiques. Elle est souvent mentionnée comme faisant partie du patrimoine génétique ayant contribué à certaines lignées Skunk historiques.
Son importance réside dans sa stabilité, sa vigueur et son profil sativa énergisant, qui ont permis aux breeders de renforcer la dimension cérébrale et dynamique de nombreux croisements.
Terpènes et arômes
Le limonène domine fréquemment le profil terpénique, apportant des notes d’agrumes franches et lumineuses. Le myrcène introduit une base végétale plus profonde, tandis que le caryophyllène ajoute des nuances épicées légèrement poivrées.
Sur le plan aromatique, Colombian Gold est souvent décrite comme citronnée, avec des accents de lime et une signature skunky caractéristique des génétiques anciennes. Certaines descriptions évoquent également une touche herbacée rappelant le thé.
Effets rapportés
Les descriptions issues des expérience de consommateurs font état d’un effet principalement cérébral, fréquemment qualifié d’énergisant, stimulant et propice à la créativité. Son profil sativa en fait une variété énergisante idéale pour un usage en journée, pour se mettre à l’oeuvre.
Comparée à des hybrides modernes plus lourdes, la Colombian Gold tend à offrir une montée progressive et claire, avec une sensation de dynamisme mental plutôt qu’une sédation corporelle (coach lock) marquée.
Apparence
Les fleurs de Colombian Gold sont généralement décrites comme aérées et allongées, caractéristiques typiques des sativas tropicales. La structure peut sembler moins compacte que celle des hybrides indica modernes.
Les pistils orangés contrastent avec des teintes vert clair pouvant tirer vers des nuances dorées selon le phénotype et le curing. Une couche visible de résine peut recouvrir les bractées.
Culture
En raison de son origine équatoriale, Colombian Gold s’adapte naturellement à des climats chauds et lumineux. Sa floraison peut être plus longue que celle d’hybrides modernes, ce qui reflète son patrimoine génétique tropical.
Les cultivateurs rapportent souvent une plante élancée, avec une croissance verticale marquée et un besoin d’espace adapté à son développement.
Cannabinoïdes majeurs :
THC 17–20 %
CBD < 1 %
CBN < 0,5 %
En Bref :
Terpènes dominants : Limonène • Myrcène • Caryophyllène
Effets : Créatif • Énergisant • Focalisé
Indications thérapeutiques : Stress • Fatigue • Humeur basse légère
THC : faible ███████████████░░░░░ élevé
Effet : Calmante████████████████░░░░ Énergisante
Dans un EHPAD genevois, le cannabis s’est invité dans les chambres de résidents atteints de démence sévère. Cris en moins, gestes plus doux, accompagnants soulagés : reportage au pays du chanvre miraculeux.
Par Charlotte Saric
Seize heures par jour ce sont ses cris stridents qui terrifient les couloirs de l’EMS (l’équivalent helvète de nos EHPAD) Les Tilleuls. Dans cette coquette demeure jouxtant le parc de Trembley à Genève, la démence qui habite Marlène* n’aspire pas au repos, c’est le moins que l’on puisse dire. Tous les protocoles classiques qu’elle a suivis (psychotropes, antalgiques, interventions paramédicales) n’ont obtenu aucun résultat jusqu’au jour où, comme une forme de miracle, « Marie-Jeanne » est devenue sa voisine d’établissement.

C’était en 2016. Non seulement Marlène ne parvenait pas à retrouver un certain confort de vie mais, de plus, les traitements classiques lui procuraient des effets secondaires délétères. Alors, le directeur de l’établissement, James Wampfler, et ses troupes obtiennent de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) l’autorisation – à renouveler tous les trois mois – de lui prescrire du cannabis médical sous forme de teinture, puis d’huile dans un second temps. Marlène sera la première d’une longue série de patients, au nombre de vingt, qui, depuis cet essai et jusqu’à ce jour, bénéficient des vertus thérapeutiques des molécules de THC et de CBD.
« C’est top le cannabis ! » le mari d’une patiente
L’ancien directeur de l’institution, moteur majeur de cette voie palliative, se satisfait aujourd’hui d’avoir pu observer « des résultats spectaculaires qui restent dans les annales des Tilleuls ». Un enthousiasme partagé par les familles des résidents qui n’ont jamais été frileux à ces propositions et ont observé une nette amélioration du comportement de leurs parents à bien des égards. Et si ça a l’air d’être un détail pour vous, pour eux ça veut dire beaucoup. Exemple : l’époux de Bernadette*, qui venait déjeuner cinq fois par semaine avec elle, s’est réjoui qu’elle ait pu mettre sa main devant la bouche lors d’une toux, ce dont elle était incapable depuis de nombreuses années. « C’est top le cannabis ! », admet-il aujourd’hui. Il est vrai que la plante a permis dans bien des cas de combattre la spasticité (rigidité musculaire) dont ces petits vieux un peu stones sont atteints. Retrouver de la souplesse offre aussi la possibilité aux soignants d’effectuer les toilettes et les soins avec davantage de facilité.
« Je me suis dit : “Si ça pouvait calmer ma mère…» La fille d’une pensionnaire.
Les seniors sont malheureusement ceux que l’on appelle trop souvent les « oubliés de la médecine » et leur fin de vie en établissement s’apparente parfois à un calvaire. Alors, quand la Marie-Jeanne est arrivée, patients et accompagnants ont vu cela comme un coup de pouce et, pour certains, ranimé des souvenirs plutôt joyeux. « Je me suis dit : “Si ça pouvait calmer ma mère…”, explique la fille d’une pensionnaire. Dans mes souvenirs, quand je fumais du shit, ça me mettait de bonne humeur. J’étais complètement pété. Je faisais ça pour m’amuser, mais ça me mettait dans un état assez sympathique. » Et même ceux qui n’y ont pas touché avant ont vu cette initiative d’un bon œil. La psychomotricienne Aurélie Revol, qui a documenté cette étude sur le cannabis thérapeutique aux Tilleuls, rapporte d’autre réaction, comme celle-ci : « Lors d’une présentation de l’étude par le médecin, le mari de Madame Privet s’exclame : “Alors là j’applaudis des deux mains.” Pendant l’entretien, il ajoute : “Le médecin n’a pas eu besoin de donner beaucoup d’arguments, parce que moi j’ai trouvé que l’idée était tellement bonne. J’ai trouvé ça génial.”
En 2040, les Français de plus de 65 ans représenteront 25% de la population.
Le cannabis a été introduit aux Tilleuls avec prudence dans le sens où, en première intention, les autres traitements n’ont pas été retirés. C’est au fil du temps, qu’ils sont diminués puis soustraits, permettant de mettre en exergue que le cannabis thérapeutique n’avait aucun effet secondaire grave et qu’il n’y avait jamais d’effet de sevrage. Et si un peu de THC donne la sensation de bouche sèche, il s’agit là d’un effet très désirable : les personnes âgées n’ayant plus conscience de leur besoin d’hydratation, il est la seule molécule capable de rappeler à un nonagénaire que l’eau existe.

En France, le ministère chargé de la Santé et de l’Accès aux soins a prolongé jusqu’au 31 mars 2026 l’expérimentation du cannabis thérapeutique sur 3 000 patients atteints de pathologies sévères (douleurs neuropathiques, effets secondaires liés aux chimiothérapies…) avant sa possible généralisation dans le courant de l’année. De quoi redonner le sourire à une France qui courbe de plus en plus le dos : en 2025, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentaient 19,6% de la population et devraient atteindre les 25% en 2040. Si vieillir consiste à perdre progressivement ses clés, ses mots et parfois son sommeil, on peut se demander pourquoi la société s’acharnerait à confisquer une chose capable de rendre tout cela un peu plus supportable.
You might be interested in
Avec la légalisation du cannabis médical et industriel, le Ghana s’apprête à franchir un tournant historique. Pour accompagner cette mutation,
On croyait les boomers addicts au Sudoku, ils préfèrent finalement la sativa. Aux États-Unis, les plus de 65 ans font
Après cinq années d’expérimentation (sur les deux initialement prévues), le calendrier et les conditions d’une généralisation du cannabis thérapeutique sont
Ze Cachin interview : Oxmo Puccino
Lyriciste agréé depuis son Opéra Puccino introductif, Oxmo sort un album qu’il annonce comme le dernier. Entretien avec un géant de la rime qui s’est prêté au jeu du questionnaire « On ira tous au Paradis« .
Propos recueillis par Olivier Cachin
Oxmo est un cas unique dans le rap français. Après s’être fait connaître dans l’underground avec ses « Pucc’ Fictions » (des récits mafieux dans lesquels il déroule un storytelling « gangstérisé »), il a su séduire une partie du grand public, celui qui n’écoute que peu le rap français, avec des chansons souvent émouvantes, parfois bouleversantes et toujours teintées de poésie. « L’enfant seul », « La loi du point final », « Toucher l’horizon », « Ma life » : le « Black Jacques Brel » a un répertoire fourni et quelques classiques sous le coude. C’est pourtant un au revoir qu’il nous propose avec La Hauteur de la Lune, dixième album studio annoncé comme son dernier. « J’ai plus rien à prouver, j’ai réussi ma life », rappait-il avec Orelsan. Entretien avec une légende qui n’a pourtant pas dit son dernier (Ox)mot.
Zeweed : Ton péché capital ?
Oxmo Puccino : La colère, mais je la gère assez bien.
C’est le dernier qu’on aurait imaginé pour toi !
Comme quoi je travaille bien ! Il faut se rappeler de mes premiers textes et cette colère qui transpirait. L’intro de mon premier album ! « Je n’ai plus d’amour dans le cœur, aujourd’hui seule la colère emplit mon cœur et je veux que vous partagiez cette colère et je veux que vous soyez tous accablés comme moi. » Je n’ai rien trouvé de plus parfait pour exprimer ce que je ressentais à ce moment-là. Lorsque je parle de paix aujourd’hui, c’est peut-être la raison pour laquelle on me prend au sérieux.
Ton paradis artificiel préféré ?
Sainte Marie-Jeanne, bien sûr.
Selon toi, c’est quoi le Paradis céleste ?
Pour moi, c’est mourir avec le moins de charges, mourir léger, sans craindre trop pour les gens qu’on aime. C’est ça le Paradis céleste.
Qu’est-ce que tu diras à saint Pierre là-haut ?
Ça fait longtemps !

Une personne à faire revenir du Paradis, et pourquoi ?
Ah je ne peux pas faire autant de mal à qui que ce soit, non, non. Je suis persuadé que nous sommes sur Terre pour vivre une expérience qui nous rendra meilleurs ailleurs. Donc la personne qui est ailleurs reviendra quand ça sera nécessaire mais je ne peux pas me permettre de la tirer de là pour la faire revenir parce que c’est forcément plus triste sur Terre. Je ne peux pas faire revenir quelqu’un par amour et lui faire autant de mal. C’est pour ça qu’il faut profiter des gens tant qu’ils sont là.
L’enfer sur Terre, c’est quoi ?
Très bonne question. [Il hésite] L’enfer sur Terre, c’est l’isolement, pas la solitude. Lorsqu’on se retrouve dans quelques mètres carrés avec un petit bout de ciel sans pouvoir parler à personne tous les jours, c’est ça l’enfer.
Pourquoi donc La Hauteur de la Lune est-il annoncé comme ton « dernier album » ?
Mon âge déjà, le temps depuis lequel je fais ça. J’accepte la loi des cycles et j’ai l’impression d’être arrivé au bout d’un cycle. Les artistes que je vois aujourd’hui ont l’âge de ma fille, je sens un décalage. Beaucoup d’artistes qui ont fait les albums de trop n’ont plus été écoutés. Parce qu’on s’accroche à l’image d’eux qu’on se fait, celle de l’époque où on les a le plus aimés. En plus, dans cette course effrénée à la création de contenus, je ne me sens pas dans cette époque-là ; je ne suis pas un fournisseur de contenu, je suis d’une époque où on prenait son temps.
« Aujourd’hui, un artiste qui obtient la reconnaissance à trente ans est un vieil artiste »
Tu crains de ne plus être en phase avec l’époque ?
Les artistes qui remportent le plus de succès sont toujours les plus beaux fruits de leur époque. Dans une vie, il y a un temps pour tout et la petite portion qui est impartie pour être parfaitement le fruit de son époque, être entendu par des gens que ça pourrait toucher, est infime. Peu de personnes arrivent à réunir toutes les conditions à ce moment-là. Aujourd’hui, un artiste qui obtient la reconnaissance à trente ans est un vieil artiste. Moi, je me suis toujours senti décalé et j’ai envie de voir autre chose. J’ai cinquante et un ans. Les artistes que j’ai appréciés, leurs derniers albums ne m’ont pas vraiment touché, malgré l’effort que j’ai fait. Parce que le meilleur est derrière, et il y a cette expression : « L’album de trop ». Je ne vois pas ça comme une fin mais comme le début d’autre chose. Il y avait La Nuit du réveil (2019) où j’avais déjà donné beaucoup mais je l’ai vécu comme une marche ratée. Il y a eu le Covid, entre autres, et c’est la première fois que je me suis dit pfff… Les gens n’ont pas notion de la difficulté que c’est de concevoir un album, qu’il marche ou pas.
On sent une certaine nostalgie dans ta musique, pourtant dans « Les meilleurs », tu dis : « Quoi qu’ils disent, hier n’était pas meilleur »…
C’est une espèce d’incitation à contribuer à rendre le monde moins mauvais qu’il n’est en train d’évoluer. Tous les indicateurs nous persuadent qu’on va vers le pire mais, malgré tout, nous sommes encore là. Et on a encore des éclats de rire à vivre, des bons repas à partager, des parties de foot, des dîners intimes à vivre. Mais, à cause d’un dessein qu’on nous a imposé, on nous fait croire que la vie, ça n’est surtout pas ça. Et on nous fait oublier ces possibilités-là. Dans un monde cauchemardesque, un sourire vous rend votre journée plus belle. Avec un mot, un geste, en une rencontre, on peut faire taire l’idée que tout est absolument noir.
La chanson qui donne son titre à l’album est un duo avec Vanessa Paradis…
J’ai croisé les doigts pendant des mois pour qu’elle accepte de collaborer avec moi sur l’album, parce que le texte, que je trouve très drôle, aurait pu ne pas lui plaire. Ça ne s’est surtout pas fait par Zoom ou via des fichiers ; moi, je travaille à l’ancienne : il faut que je voie les gens, que je parle avec eux, qu’on sympathise, qu’il se passe quelque chose qui rajoute cette petite touche de magie au morceau, qu’il y ait un storytelling, pas juste des e-mails envoyés entre des artistes qui ne se sont jamais vus.

Dans le morceau « Magique », ton invité Tuerie dit être « juste un super-héros devant une supérette ».
Ça, c’est la magie de Tuerie : on l’appelle, il dit oui, dans les trois quarts d’heure il traverse Paris et il est là ; on ne lui dit rien, on veut juste un refrain. Il rentre dans la cabine, il commence par les chœurs, on ne comprend rien à ce qu’il fait. Et tout d’un coup, la vibe qu’il envoie remplit le studio. À chaque fois que je réécoute le morceau, je chante avec le même plaisir que j’ai ressenti quand il est sorti de la cabine. C’est magnifier un moment qui peut sembler anodin, « Je suis comme un super-héros devant une supérette qui refait le monde autour d’une cigarette magique. » : Ça me fait penser à tous ces gens qui passent leur journée devant un café et refont le monde avec les moyens qu’ils ont. Cette scène, pour moi, il l’a rendue magnifique. Tout est magique quand tu sais confier tes secrets à un piano.
5 albums à emporter au Paradis
- L’album de Bob Marley que j’avais chez moi avec des fenêtres escamotables… Babylon By Bus ! Je l’ai trop écouté, c’est mon enfance, ma mère, mon père, mes frères, ma famille.
- Le dernier album de Biggie [The Notorious B.I.G.], Life After Death
- Un album de Philip Glass, je ne sais pas lequel
- La Passion selon saint Matthieu de Bach
- Et le cinquième… L’album de piano que j’ai le plus écouté après John Lewis qui rejoue Bach en version funk : Solo Piano de Chilly Gonzales. J’ai même pensé à écrire des morceaux sur certaines de ses compositions – c’est fou. Surtout quand [le producteur] Renaud Letang m’a raconté comment ils l’ont fait : il a juste joué sans penser à quoi que ce soit, et Renaud a fait un montage. Chilly, c’est un maître.
Cette interview est issue du Zeweed magazine #10. Pour trouver notre magazine en kiosque près de chez vous, cliquez sur ce lien
You might be interested in
Les années 90, c’est la décennie du gangsta rap et de la guerre East Coast/West Coast. Celle-là même qui coûtera
Alors que nous célébrons tous l’amour en cette saint-Valentin, Zeweed voulait rendre hommage à une relation très suivie : celle
Mode éthique avant l’heure, art éclairé, lutte contre le dérèglement climatique, joints assumés… Agnès Troublé –AKA Agnès b– a toujours
Dans la province du Québec, six ans après la légalisation du cannabis récréatif, la consommation de cannabis chez les 15-24 ans est en forte baisse. De très encourageants résultats liés à une régulation stricte et des campagnes de sensibilisation efficaces.
Depuis la légalisation du cannabis au Canada en 2018, les détracteurs d’une fin de prohibition de l’herbe brandissaient le spectre d’une hausse de la consommation de Marie-Jeanne chez les adolescents et jeunes adultes. Les données couvrant l’année 2024 récemment publiées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) leur donne tord. Entre 2018 et 2025, la consommation de cannabis chez les 15 -24 ans est passée de 34 % à 26 %. Même constat chez les 15-17 ans : selon l’ISQ, seuls; 15 % d’entre eux déclaraient avoir fait usage de marijuana l’année dernière, contre 22% il y a six ans. Une tendance à la baisse qui se confirme aussi chez les 18-24 ans, avec une chute toute aussi significative durant la même période: de 41 % à 33 %.
Exemple québécois
Ces encourageants résultats s’expliquent largement par l’approche responsable adoptée par le Québec, notamment via son modèle semi-étatique incarné par la Société Québécoise Du Cannabis (SQDC), seule entité autorisée à vendre du cannabis récréatif dans la Belle Province. Grâce à un réseau contrôlé et réglementé de boutiques officielles, la SQDC assure un contrôle rigoureux de l’âge des acheteurs, répondant à l’interdiction de vendre au Canada du cannabis aux moins de 21 ans. Les campagnes de prévention, financées par les taxes sur les ventes de cannabis, ont aussi largement porté leurs fruits. En 2022, 91 % des 15-17 ans déclaraient avoir été exposés à des messages de sensibilisation aux dangers du cannabis sur les cerveaux en formation, comme sur les risques de virage schizophrénique chez les adolescents psychologiquement fragilisés.
97% du cannabis acheté au Canada provient désormais des circuits légaux
En décembre dernier, une étude menée par Santé Canada révélait que 97% du cannabis récréatif acheté au Canada provenait des circuits légaux tels que la SQDC. Les exemples canadiens et plus particulièrement québécois démontrent qu’une légalisation du cannabis à usage adulte, assortie d’un encadrement rigoureux, permet non seulement de mettre hors-jeu le marché noir, mais réduit aussi significativement la prévalence de la consommation de THC au sein des populations les plus sensibles. Ce qui est loin d’être la cas dans les pays qui, en refusant de mettre fin à la prohibition du cannabis, laissent aux mains du crime organisé ce fructueux marché et exposent leur population aux sanglants règlements de compte entre bandes rivales.
You might be interested in
L’Afrique du Sud redéfini les contours de sa législation sur le cannabis en autorisant chaque citoyen à posséder jusqu’à 750
Depuis la légalisation du cannabis en Allemagne il y a près de deux ans, le marché des ventes de cannabis
Pour lutter contre le narcotrafic qui tue et ronge des quartiers entiers, la légalisation du cannabis semble une solution évidente