Jeff Bridges, président stone au Capitole de Virginie

Lors d’une conférence au Clinton Presidential Center, le réalisateur Rod Lurie s’est fendu d’une anecdote croustillante, dans laquelle on apprend que Jeff Bridges, qui campait le rôle d’un futur président US dans The Contender, s’étaitenvoyé un gros joint avant un discours clé. De la panique en coulisses à la nomination aux Oscars, récit d’un tournage… très Californien.

« À la fin du film , Jeff Bridges devait prononcer un discours fort qui donnait tout son sens à The Contender, une diatribe d’anthologie, devant des centaines de personnes » explique Rod Lurie. Pour l’occasion, la production avait loué le Capitole de Virginie, doublure du Capitole américain, et rameuté une foule de figurants pour jouer les parlementaires.
Problème : «Jeff est dans sa loge. Et il ne veut pas en sortir. »poursuit le réalisateur. Après avoir envoyé un stagiaire puis un assistant sonder l’acteur, Lurie finit par se déplacer lui-même. ” J’arrive devant son trailer, j’ouvre la porte, et là je me prends en pleine figure un immense nuage de ganja. Ça m’a carrément fait reculer.”

-“Jeff, tu connais ton texte ?”
-“Quel texte?”

« Je lui dis : “Jeff, tu as trois pages de discours à sortir” Et le voilà qui s’habille… Vous savez, cette manière chaotique dont quelqu’un de bien stone enfile des fringues. Et moi je me répétais : “On est foutus. C’est mon deuxième film. Ma carrière est déjà morte.” Jeff, lui, me lance un “Hey man !” joyeux. Puis il enchaîne : “Tu as déjà goûté le cobbler de l’Emily Shaw’s Inn à Pound Ridge ? Mec, cette bouffe est incroyable. »
Lurie tente de ramener son acteur à la réalité : « Jeff, tu connais ton texte ?» Réponse immédiate : «quel texte?

Métamorphose

À cet instant, tout laissait craindre le fiasco. Mais une fois le clap d’action donné, la métamorphose est immédiate.
« Et là — boom ! — il se transforme», se rappelle le réalisateur. « D’un coup, il devient présidentiel. Il déroule le discours, impeccable, en une seule prise. 

 

Bridges n’a pas décroché l’Oscar du meilleur second rôle en 2001, mais il a fini par obtenir celui du meilleur acteur en 2009, pour Crazy Heart.
Quant à son rôle de The Dude dans The Big Lebowski, l’acteur a déjà confié qu’il s’était abstenu de fumer pendant le tournage.

“Fonda était stone tous les jours du tournage”

Ça m’arrive de griller un peu d’herbe, mais pour ce film, j’avais décidé : “Le scénario est tellement bon, et d’une telle précision…” Ça avait l’air improvisé, mais en réalité tout était écrit au mot près. Si tu rajoutais un ‘man’ en trop, ça sonnait faux. Je voulais être au maximum de ma concentration. Je n’ai pas fumé une seule fois pendant ce film », confessait l’acteur à Yahoo news en 2014.
Jeff Bridges n’était pas le seul à planer dans les anecdotes de Lurie au Clinton Presidential Center. Le réalisateur a aussi glissé un mot sur le regretté Peter Fonda, qu’il décrit comme « un hippie total ».
« Fonda était stone tous les jours du tournage », se souvient  Lurie. « Et moi, je me disais : “Mon dieu, comment je vais m’en sortir ?” »
Plutôt bien, semble-t-il…

Zeweed avec Marijuana Moments

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Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

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