Kira moon

Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en aujourd'hui le rédacteur en chef.

Le Conseil économique et social (Cese) recommande la légalisation du cannabis

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Le Conseil économique et social a appelé hier mardi 24 janvier à une légalisation encadrée du cannabis en France. Cet avis conclu un an de travail.

Le Conseil économique et social (Cese), organe consultatif de la société civile où siègent notamment associations et syndicats, fait le constat de « l’inefficacité » des politiques françaises sur le cannabis en termes de santé publique.  Pour Jean-François Naton, membre du Cese et président de cette commission temporaire. »Il est temps de changer de paradigme« .

Pour la vente du cannabis récréatif, le Cese préconise la mise en place d’établissements spécialisés soumis à une licence ainsi qu’une formation. Ces magasins  seront interdits aux mineurs avec des contrôles d’identité à l’entrée. Enfin, le Cese veut interdire la publicité ainsi que toute promotion de marques de cannabis récréatif, précisant que « la légalisation devra être appuyée par une politique d’éducation, de prévention et de lutte« .

« Il faut savoir changer de méthode quand nous sommes en échec »
Pr. Amine Benyamina

« Il est temps de s’interroger sur les limites du système actuel. Nous n’incitons pas du tout à la consommation de cannabis, cela reste une drogue à combattre. Mais à partir d’un moment, il faut savoir changer de méthode quand nous sommes en échec » a estimé sur France Inter le professeur et addictologue Amine Benyamina, en écho à la recommandation du Cese.

« Donnez nous la possibilité d’ouvrir ce débat, la prohibition ne marche pas testons autre chose. Tout le monde consomme du cannabis en France, mais ce qui pose problème c’est la consommation précoce et jeune. Elle est facteur de mauvais pronosctics sur le plan scolaire, psychologique, environnemental » a poursuivi le chef de service psychiatrie et alcoologie de l’hôpital Paul Brousse précisant qu' »Au lieu d’attaquer l’émetteur, on protège le récepteur, ce qui limite et amortit les effets de la consommation du cannabis dans la population. Le rapport du Cese fait le constat d’un échec cuisant des seules politiques répressives« .

« Je constate que la politique répressive a le vent en poupe »
Pr. Amine Benyamina

Rappelant que « le Cese n’a pas beaucoup de pouvoir », Amine Benyamina reste sceptique quant à une évolution du cadre législatif entourant la consommation et la vente de  cannabis. « Je suis comme tout le monde, quand je vois les images de saisies de cannabis par le ministère de l’Intérieur, je constate que la politique répressive a le vent en poupe  » a conclu l’addictologue.

En Uruguay, dans une vingtaine d’Etats américains et au Canada, le cannbis récréatif est désormais légal.
En Europe, Malte a été le premier pays européen à en finir avec la prohibition alors que ’Allemagne devrait ouvrir ses premiers dispensaires début 2024.
En France, seule une expérimentation du cannabis à usage médical a débuté en mars 2021. Supposée finir au mois de mars 2023 afin de rendre ses conclusions, elle a été reportée d’un an.

 

La vente et la consommation de fleurs de CBD définitivement légalisées en France par le Conseil d’Etat.

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La vente et la consommation de fleurs de CBD est désormais définitivement légalisée sur le territoire Français. Une grande victoire pour la filière chanvre bien-être nationale et une fin de non recevoir aux ambitions prohibitionnistes de l’Etat et du lobby chanvre industriel.

Il y a un an presque jour pour jour, un arrêté surprise appuyé par la MILDECA et certains lobbys, interdisait le commerce  et la consommation de fleurs de CBD en France. Trois semaines plus tard, à la suite d’une intervention de Maître Pizzaro et de Yann Bisiou, la décision prohibitionniste était temporairement suspendue par le Conseil d’Etat.

Dans son arrêté contesté, le gouvernement justifiait notamment sa volonté d’interdire la vente des fleurs de CBD par l’argument de l’ordre public, assurant que l’autorisation de ces fleurs, dont l’aspect et l’odeur sont semblables à l’herbe de cannabis illégale, aurait compliqué les contrôles de police. Pourtant, toutes les forces de police des pays qui entourent la France disposent de tests permettant de faire le distingo. Les policiers français en sont d’ailleurs équipés depuis septembre dernier.

Une victoire pour la filière CBD et 2000 commerces spécialisés

Dans sa décision rendue aujourd’hui jeudi 29 décembre, le Conseil d’Etat a jugé qu’il « n’est pas établi que la consommation des fleurs et feuilles de ces variétés de cannabis avec un faible taux de THC comporterait des risques pour la santé publique ». La THC est la molécule neurotoxique présente dans le cannabis – celle qui fait « planer » les usagers. Elle n’est présente qu’à très faible taux dans le CBD. L’interdiction des produits dérivés du CBD ou contenant la molécule est donc… illégale.

La décision était particulièrement attendue par les professionnels du secteur. « La vente de fleurs représente en général les trois quarts du chiffre d’affaires » des quelques 2 000 boutiques spécialisées présentes sur le territoire, commentait mi-décembre auprès de FranceInfo Charles Morel, président de l’Union des professionnels du CBD (UPCBD).

Un combat qui remonte à 2014

En légalisant sans appel possible de la part du gouvernement,  le Conseil d’Etat dissipe également un flou juridique qui a débuté en 2014, lorsque des  poursuites avaient été engagées contre Kanavape et ses deux fondateurs qui avaient à l’époque proposé « la première cigarette électronique au chanvre 100% légale ».

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), puis la Cour de cassation d’Aix en Provence, avaient par la suite confirmé que le CBD ne saurait  être considéré comme un stupéfiant puisqu’il n’entraîne « aucun effet psychotrope ni effet nocif sur la santé humaine ».
Un argument qui n’avait  pas empêché d’exécutif  de vouloir en interdire la commercialisation de fleurs de CBD . Un coup dur pour le gouvernement, à qui l’on ne saurait que recommander une grosse cigarette de CBD pour mieux digérer la défaite.

 

 

 

L’avenir de l’édition est-il dans le papier de chanvre?

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Une société allemande a mis au point le premier papier de chanvre commercialement viable. Alternative à la fibre de bois, le papier de chanvre pourrait bien représenter l’avenir de l’édition en réduisant considérablement les coûts de production… et les dégâts affligés à la planète.

Réservé à quelques publications haut de gamme et supports promotionnels coûteux, le papier de chanvre est en passe de devenir une alternative écologiquement et commercialement viable au papier fabriqué à partir de fibres de bois.

Une révolution en devenir que l’on doit aux travaux de la photographe et militante écologiste Maren Krings. Aujourd’hui, la technique de fabrication mise au point par Maren Krings est exploitée par le fabricant et imprimeur allemand Hahnemühle, qui propose désormais ce révolutionnaire support aux impressions offset et à jet d’encre.

Moins couteux et plus solide

Moins couteux que le papier classique, le papier de chanvre se pose surtout comme une solution idéale contre la déforestation, drame écologique largement due à la demande mondiale en papier de pâte de bois.

Seul entrave (et pas de moindres) à son développement à grande échelle : la nécessité de changer les outils de  production utilisés par toute l’industrie de la papeterie.

Car si comparé au bois, le chanvre contient des fibres quatre à cinq fois plus longues et offre un papier beaucoup plus résistant, les particularités de sa fibre imposent la construction de nouveaux procédés. Les machines traditionnellement utilisées pour transformer la pâte de bois en papier ne fonctionnant pas bien avec la fibre de chanvre.

Pour cette raison, et parce que le chanvre a souffert depuis 60 ans de manques d’investissements dus à la prohibition, il reste aujourd’hui plus cher que celui à base de bois.

Si le procédé porté par Hahnemühle est commercialement compétitif pour l’entreprise, c’est tout simplement parce qu’elle a adapté son outil de production. Aux autres de lui emboîter le pas.

Champion écologique

Moins gourmand en eau que la plupart des cultures, le chanvre est aussi un glouton du CO2 : un hectare de chanvre dévore entre 9 et 15 tonnes de CO2. Soit la quantité de gaz carbonique absorbée par une jeune forêt de même taille. A la différence près que le chanvre pousse beaucoup plus vite qu’un arbre. En fait, le chanvre pousse aussi vite que le bambou, en faisant l’une des cultures à la croissance la plus rapide de la planète.

Ces dernières années, la culture du chanvre dans l’Union Européenne (UE) a considérablement augmenté. Entre 2015 et 2019, la superficie utilisée pour cultiver la plante est passée de 19 970 hectares à 34 960 hectares.
La France, premier fournisseur de l’UE, produit plus de 70 % du chanvre cultivé en Europe. Les Pays-Bas n’arrivent en deuxième position qu’avec 10 % alors que l’Autriche suit en troisième position avec un petit 4%.

Multiples applications

À mesure que les lois s’homogénéisent en Europe comme en Amérique du Nord, le chanvre s’invite dans tous les domaines de notre vie quotidienne. Du carburant aux vêtements, de l’alimentation aux médicaments, des bioplastiques aux cosmétiques en passant par la construction, le chanvre est partout. Et il faut s’en réjouir, ne serait-ce que pour la planète.

Magic Christmas Pudding by Zeweed, la compile qui réchauffe entre les oreilles.

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Régalez-vous au son de Magic Christmas Pudding et ses 16 titres à faire flasher vos synapses comme un sapin de Noël Jamaïcain! Disponible à la dégustation sur toutes les plateformes.

Bonne écoute!

 

 

Du cannabis aux effets sur-mesure grâce à l’intelligence artificielle.

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Si THC et CBD sont connus de tous, ils ne sont jamais que 2 cannabinoïdes parmi les parmi les 120 que compte l’herbe.
A ces 120 cannabinoïdes, il faut ajouter l’effet des
terpènes et des flavonoïdes. Soit trois éléments pour une infinité de possibilités. En isolant et modélisant les profils thérapeutiques de ces trois substances actives, l’intelligence artificielle devrait nous permettre de créer des variétés de cannabis aux effets ultra-ciblés.

Il existe près de 400 agents actifs dans le cannabis, répartis en trois familles : Cannabinoïdes ( THC, THCV, CBD, CBDN, CBDV…), Terpènes ( Lemonène, Myrcène, Linalol , Pinède…) et Flavonoïdes (Apigénine, Quercétine, Cannaflavines A, B, C…). Or, les différentes propriétés et le nombre de variétés de cannabis sont si nombreuses et déclinables que s’il fallait faire des analyses en culture, il faudrait des siècles de recherche avant de pouvoir créer une variété aux effets puissants et précis.

Algorithmes et ganja

En 2019, le docteur Ramesh Jagannathan a commencé à utiliser des algorithmes de reconnaissance de formes pour mieux comprendre les interactions entre les trois éléments actifs du cannabis. Pour se faire, Jagannathan s’est servi d’une base de données de 468 métabolites du cannabis et a lancé une série de projections associées.

Plutôt que de choisir des cannabinoïdes pour les étudier au hasard, l’approche de Jagannathan consiste ainsi à cibler les molécules les plus efficaces et bien assimilées afin de proposer un cannabis aux propriétés optimales . « Il est très difficile d’effectuer des études sur l’homme ou l’animal en utilisant chaque cannabinoïde », détaille Jagannathan, se félicitant de pouvoir compter sur l’IA .

Antalgiques de demain

« Bien sûr, nous avons besoin de preuves plus expérimentales pour justifier ces résultats », pondère Ramesh dans un article publié dans la très sérieuse revue britannique Nature.
“Certains des métabolites de la liste peuvent être de bons candidats pour le cannabis thérapeutique, et d’autres parfaits pour un usage récréatif. »
Les études utilisant l’IA pourraient ainsi rapidement aboutir sur la création de variétés de weed qui donnent un buzz précis: pour faire la fête,  l’amour ou du sport. Un marché du sur-mesure très prometteur.

D’autres récepteurs, tels que les récepteurs opioïdes, qui sont responsables du soulagement de la douleur, sont aussi activables avec les bonnes clefs moléculaires via le cannabis, avec la même efficacité antalgique que la morphine.
Une approche qui pourrait bien, au-delà de créer des variétés aux effets très fun, proposer une alternative aux opiacés dans la gestion de la douleur.

 

L’UPCBD lutte à armes légales pour sauver la filière chanvre bien-être française.

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Créée il y a un , l’UPCBD est une association qui a pour mission d’assurer le développement du marché national du chanvre bien-être.  A sa tête, deux avocats :  Xavier Pizzaro (à qui l’on doit l’arrêté Kanavape) et Charles Morel, que Zeweed a rencontré pour discuter du système bancaire, de l’avenir de la filière et d’un certain arrêté du 30 décembre 2021…

Bonjour Maître, qui êtes vous et que faîtes-vous? 
Je suis Charles Morel, j’ai 51 ans, et suis avocat au barreau de Paris depuis 25 ans. Depuis le 21 juin 2021, je dirige l’Union des Professionnels du CBD (UPCBD).

Qu’est-ce que l’UPCBD ?
C’est un syndicat professionnel ayant pour objet la défense des intérêts de la filière du CBD.

A quel type de professionnels vous adressez-vous? Il y a déjà l’AFPC et le Syndicat du Chanvre, qui regroupent tous deux beaucoup de cannabiculteurs…
Nous nous adressons à tous les professionnels, nos adhérents sont très majoritairement des boutiques spécialisées, physiques ou digitales, indépendants ou franchisés. Nous comptons des franchiseurs , des grossistes, des laboratoires d’analyse, quelques producteurs, dont certains sont aussi d’ailleurs à l’AFPC, qui a vocation à représenter les cannabiculteurs. Nous développons par ailleurs un réseau de partenaires : professeurs de médecine, laboratoires, centre de formation, systèmes de paiement… Et j’espère bientôt une banque française.

Des banques ? Vous avez des pistes en France ? 
Je ne vais pas donner de nom par précaution mais la discussion avance bien. C’est un besoin très important pour nos adhérents. Ce CBD est un secteur encore mal vu par l’État, comme le démontre l’arrêté du 30 décembre 2021. On sait que dans le référentiel de conformité (compliance) des banques, le CBD figure dans la zone d’alerte et de produits interdits. Nous attendions avec confiance et optimisme la décision du Conseil d’État. Si, comme nous l’espérons, sa décision nous est favorable, nous interpellerons les organismes bancaires, la fédération des banques et le ministère de l’économie pour leur demander de sortir le CBD de ce classement des activités à risque.

 

C’est un vrai problème pour les entrepreneurs du cannabis légal…
Oui, c’est le problème du droit au compte. Vous avez droit d’ouvrir un compte mais après les banques font ce qu’elles veulent concernant les moyens de paiements, en indispensables pour travailler. Nous sommes sur le point de conclure un partenariat avec une société française proposant des moyens de paiement.

 

Charles Morrel, Avocat de la défiance

Pour le moment, certains ont trouvé la parade en ouvrant des comptes chez des banques non-françaises…
C’est un des effets secondaires du dogmatisme d’État sur la question du CBD. Le paradoxe, c’est qu’en réalité l’État français joue contre les consommateurs, les producteurs et les commerçants français du CBD, parce que les solutions alternatives en cas de blocage se trouvent à l’étranger. L’Etat provoque une perte de valeur considérable par une création de risque absurde, en méconnaissance totale du CBD. Cette difficulté systémique avec les banques est un des exemples de l’État qui joue contre ses citoyens et ses acteurs économiques.

L’UPCBD a été particulièrement active pour contrer cet arrêté du 30 décembre 2021…
Effectivement, avec Maître Xavier Pizzaro, l’avocat de l’UPCBD, et Yann Bisiou, maître de conférence spécialisé dans le domaine, l’UPCBD a fait le choix de saisir le Conseil d’État le 1er janvier sur la base d’un référé liberté, ce qui était un choix risqué mais à notre sens indispensable.
Devant le Conseil d’État, il y a deux types de référé : le référé liberté et le référé suspension, le premier est plus exigeant mais nettement plus rapide aussi. Je sentais une très grande urgence de la part des adhérents : du jour au lendemain, ils sont passés d’un statut de commerçant à celui de trafiquant, avec des marchandises qualifiées de stupéfiants, quel que soit le taux de THC présent, et des produits impossibles à vendre aux consommateurs ou à restituer aux fournisseurs.
Une vraie perte sèche, sans la moindre indemnisation ni délai de mise en œuvre. On a vu la brutalité avec laquelle le gouvernement a agi la veille du Réveillon.

« On a vu la brutalité avec laquelle le gouvernement a agi la veille du Réveillon »

Face à cette situation intenable, profondément anxiogène, Il y avait urgence, il fallait que le Conseil d’État se décide vite. Nous avons mobilisé nos troupes et récupéré des dizaines d’attestations comptables montrant la part de la fleur dans le chiffre d’affaires, environ 70 %, et donc la preuve de l’urgence. Ces commerces étaient menacés de faillite, de licenciements, du jour au lendemain. Nous avons plaidé le 14 janvier face aux représentants des gouvernement et obtenu dès le 24 janvier, une décision de suspension de l’interdiction de la fleur de chanvre CBD.
Dans l’intervalle de ces trois semaine nous avons sonné la mobilisation et soutenu les membres qui voulaient continuer à vendre de la fleur malgré l’interdiction en vigueur – interdiction manifestement illégale selon nous nous avons préparé et adressé à tous nos adhérents un argumentaire à destination des forces de l’ordre si jamais elles venaient dans les boutiques ou les entrepôts.

Vous vous êtes appuyés sur le droit européen ?
Absolument, nous nous sommes appuyés sur l’arrêt Kanavape, rendu par la CJUE le 19 novembre 2020. Le gouvernement en avait fait une lecture très incomplète, pour le dire gentiment. Quand la Cour de justice de l’Union européenne a statué, elle n’a pas écarté la convention unique de 1961 sur les stupéfiants, qui définit le droit international en la matière. Elle a au contraire considéré que la convention devait être interprétée, non pas de manière littérale, mais, dans une lecture téléologique, au regard de sa finalité, qui est la protection de la santé humaine. Le CBD n’ayant pas de nocivité avérée ni de caractère psychotrope, la CJUE a constaté que le CBD n’est pas un stupéfiant.

Vous avez débloqué cette situation de manière provisoire, c’est ça ? 
Oui et non, il s’agit d’une suspension mais avec bon espoir de l’emporter au fond, auquel cas ce qui n’était que provisoire deviendra définitif. Il est très rare que le Conseil d’État suspende un texte règlementaire. Normalement, le délai pour statuer de manière définitive est d’un ou deux ans, mais là ça sera plus court. Ça peut aller très vite, nous pouvons recevoir un avis d’audience huit jour avant l’audience. Il est possible que cette audience ait lieu dès le mois de juin.

« Il y a d’autres menaces qui pèsent sur la filière telle qu’elle est constituée aujourd’hui »

Comment vous vous y préparez avec Maître Pizzaro et Yann Bisiou ? 
Il n’y a pas de préparation de l’audience proprement dite, contrairement à la suspension du référé liberté où les débats ont duré plus de trois heures. Contrairement à la procédure de référé, où l’écrit et l’oralité se complète de manière équilibrée, la procédure au fond est écrite, seul un avocat au Conseil peut s’exprimer, par observation, quelques minutes maximum. Les efforts de notre équipe juridique se sont donc concentrés sur la rédaction des recours et du mémoire en réponse.

Vous avez bon espoir pour le futur de filière CBD française ?
Oui, et d’abord pour commencer sur cette décision de reconnaitre la légalité de la fleur. Il y a d’autres menaces qui pèsent sur la filière telle qu’elle est constituée aujourd’hui. Notamment la question de la qualification thérapeutique. Nous avons ainsi été contraints d’attaquer le décret du 7 février 2022 sur le cannabis à usage médical. Nous ne sommes pas contre le cannabis à usage médical, évidemment, nous sommes au contraire en faveur de l’utilisation optimale de tous les atouts du chanvre. Mais il y a dans ce décret une nouvelle procédure de classement en médicament, et qui nous parait totalement arbitraire, avec un risque sur la commercialité des produits que l’on trouve actuellement dans les CBD-shops. Nous avons vu avec l’arrêté du 30 décembre 2021 que l’État était prêt à liquider la filière du jour au lendemain, cela nous contraint à une grande vigilance. Nous sommes confiants sur le sens de la décision que rendra le Conseil d’État, mais toujours attentifs aux autres tentatives de déstabilisation.

« Nous avons vu avec l’arrêté du 30 décembre 2021 que l’État était prêt à liquider la filière du jour au lendemain »

Ce que nous disons au gouvernement, c’est que nous sommes prêts à travailler avec lui. En amont, nous avons réfléchi repose sur trois piliers : en premier lieu, après cette phase d’affrontement totalement contreproductive avec l’Etat, une réglementation qui permette plus de liberté, nécessaire aux acteurs de la filière. On préconise, par exemple, un taux de THC fixé à 1 % au lieu des 0,3%, dans la perspective d’une harmonisation des taux au niveau européen pour éviter la concurrence déloyale des autres pays producteurs.
Mais aussi et surtout pour la qualité de la fleur, afin d’obtenir le meilleur profil terpénique en évitant tous les procédés artificiels destinés à faire redescendre le taux de THC. Ce qui suppose un élargissement du catalogue européen à des variétés autres que celles qui y figurent actuellement, utiles pour la culture du chanvre industriel mais inadaptées à la culture du chanvre CBD. Nous voulons une fleur naturelle et française. C’est le deuxième volet de la règlementation que nous proposons : mettre en place des mécanismes sécurisant et consolidant la filière agricole française des cannabiculteurs, leur permettre d’investir et d’obtenir des revenus stables correspondant à la valeur de leur travail.

« On préconise, par exemple, un taux de THC fixé à 1 % au lieu des 0,3% »

L’UPCBD a pris l’engagement de s’inscrire dans une dynamique destinée à ce que les boutiques vendent a minima 50 % de produits français. Le troisième volet de la règlementation porte sur la protection des consommateurs. Les consommateurs doivent bénéficier d’une information transparente, exacte et complète, avec des produits de qualité.  Nous voulons garantir des bonnes pratiques tout au long de la chaine de valeur, de la production jusqu’à la vente au détail, en passant par l’extraction, l’entreposage, le transport et toutes les étapes qui sépare la plantation de la semence de la consommation finale.

Charles Morel,

C’est par rapport aux différents procédés légaux à l’étranger, qui permettent le lavage et de re-terpéniser les fleurs ?
Oui bien sûr. Nous sommes vraiment engagés en tant que filière bien-être. Cela implique une offre de produits les plus naturels possible, en évitant les processus artificiels, les solvants, les pesticides, etc… C’est essentiel. Les produits à base de CBD, on les ingurgite, on les met sur la peau, sous la langue, on vaporise, on inhale. C’est notre corps, il est sacré. C’est la même logique que pour les fruits et légumes, il faut qu’ils nous fassent du bien. Si nous nous engageons en faveur d’une filière agricole française, c’est pour favoriser les circuits courts, la traçabilité, des procédés agricoles vertueux, des produits de gamme supérieure.

Vous avez un levier d’action sur ces problématiques ?
Oui, de différentes manières. On veut participer à la réglementation et montrer que nous sommes responsables. Pour résumer, nous sommes sûrs de notre bon droit et conscients de nos devoirs. Nous sommes dans une situation paradoxale, l’interdiction est suspendue mais il n’y a pas de règlementation. Nous voulons que la filière soit fondée sur une réussite réelle, authentique et durable, et que la légitime recherche du profit se fasse dans le respect des valeurs fondatrices de la filière, dans le but d’améliorer le bien-être général de la population. Entre le cannabis médical, bien-être et même récréatif s’il devait être légalisé, nous considérons qu’il y a de la place pour tout le monde. Et pour la vente aussi, il y a de la place pour les CBD-shop, les buralistes et même la grande distribution, que je trouve tout de même opportuniste sur le sujet, avec une logique de profit. Pour nos adhérents, nous faisons le pari que la qualité peut permettre d’installer cette filière dans la durée. La qualité des produits, de l’information et de la relation avec les consommateurs.

« Entre le cannabis médical, bien-être et même récréatif s’il devait être légalisé, nous considérons qu’il y a de la place pour tout le monde »

Avec le second mandat du président Macron, vous pensez qu’on pourrait avoir une évolution positive de cette législation, un peu comme ce qu’il se passe en Allemagne actuellement ?
Emmanuel Macron avait l’air assez libéral sur le sujet en 2017 et finalement, les circonstances politiques ont fait dévier le centre de gravité de sa politique vers la droite, avec la nomination de gens plutôt réfractaires à une vision libérale. Nous faisons face pour l’instant de la part de l’Etat à un mélange de démagogie et de méconnaissance du sujet. La légalisation du cannabis récréatif en Allemagne n’a pas encore eu lieu, mais elle peut créer une énergie, une dynamique qui peut se diffuser en France. Quelle conclusion en tirera Emmanuel Macron ? Il est capable on l’a vu, comme sur le nucléaire, de revirement spectaculaire. Ce n’est pas mon rôle de militer pour la légalisation du cannabis récréatif, je ne peux simplement que constater l’échec total de la politique de prohibition. Mais, parce que le CBD n’a pas de caractère psychotrope, le sort de la filière CBD n’est pas indexé sur celui du cannabis récréatif, elle obéit à une logique distincte avec un agenda spécifique car. Quel que soit le gouvernement, Il n’y a aucune raison d’appliquer à un produit non-stupéfiant une prohibition qui a échoué sur les stupéfiants.

Votre actualité pour l’été avec l’UPCBD ?
Nous sortons de notre premier séminaire à Paris, c’était le 23 mai, qui a été une vraie réussite, avec des intervenants d’horizons divers, sur les sujets essentiels, des débats sans tabou et une volonté très forte de montée en gamme. Nous avons à cette occasion signé un partenariat avec un organisme de formation, Campuseo, pour mettre en place une formation certifiée en incluant les meilleurs experts du sujet.

« L’idée, c’est de monter une intersyndicale pour porter des propositions communes avec l’AFPC, le SPC et l’Union des professionnels du CBD »

Une filière existe à partir du moment où il existe des formations certifiées à disposition de ceux qui y travaillent. C’est très important. Elle couvrira l’ensemble de la chaîne de valeurs du processus pour le CBD, de la fabrication au détaillant, avec toutes les problématiques. Nous avons aussi longuement debattu de la stratégie à mettre en place. Le président et le porte-parole de l’AFPC, avec laquelle nous travaillons sur un plan filière, sont intervenus. L’idée, c’est de monter une intersyndicale pour porter des propositions communes avec l’AFPC, le SPC et l’Union des professionnels du CBD.
Avancer unis pour valoriser la filière française et lever les obstacles. Nous avons des contacts avec les institutions, notamment les douanes, qui attendent comme nous la décision du Conseil d’Etat pour y voir plus claire. Nous avons la volonté de dialoguer avec tous, et nous nous tenons prêts. Nous allons faire en sorte de bâtir une belle filière française, qui soit une fierté pour nous et un bienfait pour tous.

Interview réalisée en juin 2022

Gainsbourg, Reggae et Révolution

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Enregistré en 1978, « aux Armes et Caetera » est l’album révolutionnaire de Gainsbourg. Révolutionnaire parce qu’enregistré sur du Reggae, qui avec le Punk est la musique émergente et contestataire de cette fin 70’s. Révolutionnaire aussi pour Gainsbourg qui se frotte ici à un style aux antipodes de son répertoire Jazz-Pop-Rock habituel. Révolutionnaire enfin pour sa reprise de la Marseillaise, qui lui aura valu toutes les foudres bien-pensantes d’une bonne partie de la France .

Alors qu’il vient de finir l’enregistrement de « l’Homme à Tête de Chou » , Serge Gainsbourg cherche un élan nouveau pour son prochaine album, qu’il veut « contestataire voir révolutionnaire »*.
En cette année 1978, le mouvement Punk explose avec des groupes comme les Ramones, Television, The Clash, Patti Smith ou encore les Sex Pistols. Cette fraîcheur séduit Serge Gainsbourg qui se voit bien enregistrer un album dans le style.

Il commence ainsi à élaborer son projet Punk-Rock, concevant tout d’abord la pochette de l’album (une photographie de Lord Snowdon où Gainsbourg pose sur une dune ).

Six mois plus tard, « Aux armes et Caetera » sera dans les bacs, mais dans un genre musical très différent.
C’est en sortant d’un concert à l’Elysée Montmartre que son producteur Philippe Lerichomme a une révélation: le prochain album de Serge doit être Reggae!

Réponse de l’intéressé à l’inattendu proposition: «Banco!»*.
La réponse est tout aussi inattendue de la part de Gainsbourg, qui n’a jusque lors que timidement approché le genre (sur le titre Quand Marilou danse Reggae qui figure sur « l’Homme à Tête de Chou ») et ne se sent pas d’en assurer la composition sur tout un album.

Serge en bonne compagnie et avec son producteur Philippe Lerichomme (en bas à gauche, casquette blanche)

Il faut donc trouver des musiciens. Ces musiciens, Lerichomme en fera le casting à distance en écumant les 33 tours du magasin  « Champs Disques »,  Mecque du vinyle importé, sis avenue des Champs-Elysées.
Une fois les musiciens trouvés Gainsbourg et Lerichomme s’envolent pour la Jamaïque.

Lost in Jamaica

Si le duo a une liste d’artistes qu’ils souhaiteraient intégrer au projet, aucun des musiciens en question n’a confirmé sa présence pour l’enregistrement de cet album dont seul la pochette et le titre « Aux Armes et Caetera » sont définis.
Les deux compères arrivent à Kingston en parfaits inconnus, à tel point qu’à la signature du contrat, le bassiste Robbie Shakespaere était convaincu que Lerichomme était le chanteur et Gainsbourg son producteur*.

Quelques jours plus tard, Gainsbourg et Lerichomme entrent en studio et reçoivent un accueil glacial. Il faut dire que les deux parisiens n’ont pas la tête de l’emploi. Voyant qu’on le prend pour un clown à grandes oreilles, Serge Gainsbourg s’installe au piano et entame quelques accords, dont ceux de « Je t’aime … moi non plus ». Un des musiciens présent reconnait la chanson et lui demande qui l’a écrite. Lorsque Gainsbourg répond fièrement «C’est moi»* , l’ambiance se détend instantanément: Serge est dans la place. S’en suivra une semaine d’enregistrement continue et deux journées de prise de back-up vocals avec les I-Threes (Marcia Griffiths, Judy Mowatt et Rita Marley), les trois choristes de Bob Marley.

Serge est dans la place, avec les I-Threes, (Rita Marley sur la gauche, bandeau bleu)

En moins de deux semaines, la musique de l’album est enregistrée. De son coté, Gainsbourg peine à écrire les textes qu’il souhaite poser dessus. Est-ce la fatigue ou l’effet de l’herbe locale? Toujours est-il que Gainsbourg propose des paroles qui de l’aveu du producteur « partaient dans tous les sens »*.
Durant le vol qui les ramène en France avec les musiciens, Lerichomme retouche les paroles. Arrivé à Paris, Gainsbourg passera 48 heures en studio pour poser les textes sur les précieuses bandes enregistrées en Jamaïque.

Premier disque d’or

Aux Armes et Caetera sera le premier disque d’or de Serge Gainsbourg.
Parmi les meilleurs titres, la nonchalante revanche esthétique de « Des Laids, des laids » et les échos en coeurs des I-Threes, le joli bras d’honneur de « La brigade des stups« qui sent le vécu (À la brigade des stups/Je suis tombé sur des cops/Ils ont cherché mon splif/Ils ont trouvé mon paf ) et la belle charge contre le KKK de « Relax Baby Be Cool » (Le clan, le clan la cagoule/autour de nos le sang coule/A la morgue il y a foule/Relax baby be cool).
Présent aussi sur l’album, deux belles reprises reggae de titres composés par Gainsbourg  « Vieille Canaille« et  « La Javanaise remake »

Mais c’est une autre reprise, celle de la Marseillaise, avec « Aux armes et Caetera » qui fera rentrer l’album dans la postérité. Un détournement qui passa très mal en 1978: Gainsbourg sera interdit de concert à Strasbourg, à la suite de pressions d’un groupe de militaires parachutistes (et para-facho) retraités. Pas dégonflé, le grand Serge entonnera l’hyme national, point levé, devant des militaires qui n’en reviennent pas.

 

Trois ans plus tard, Gainsbourg remettra le couvert en enregistrant un second album Reggae, toujours avec Sly Dunbar, Robbie Shakespeare et les coeurs des I-Threes. Ce sera « Mauvaises Nouvelles des Etoiles ». Vraiment qu’un fumeur de Gitanes?

 

*Anecdotes tirées du livre Gainsbarre, les secrets de toutes ses chansons 1971-1991, Ludovic Perrin, Hors Collection.

Brittney Free! Happy ending pour la star US du basket, détenue depuis 9 mois en Russie

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La star américaine du basket Brittney Griner, détenue en Russie depuis plus de neuf mois, a été libérée jeudi 8 décembre dans le cadre d’un échange de prisonniers avec le marchand d’armes russe Viktor Bout, condamné en 2012 aux Etats-Unis.

L’échange s’est déroulé non pas sur un pont la nuit comme le veux le cliché mais en plein jour à l’aéroport d’Abou Dhabi, a annoncé le ministère des affaires étrangères russe sur Telegram.
Brittney Griner a immédiatement pris place à bord d’un avion à destination des Etats-Unis, où elle est attendue dans les prochaines 24h.

« Il y a quelques instants, j’ai parlé avec Brittney Griner. Elle est en sécurité. Elle est à bord d’un avion. Elle est en route vers les Etats-Unis » s’est félicité Joe Biden lors d’une brève allocution à la Maison Blanche.
« Je veux aussi remercier les Emirats arabes unis d’avoir facilité la libération de Brittney », a-t-il poursuivi, en précisant que la sportive avait « bon moral » malgré « le traumatisme » enduré.

Les négociations entre la Russie et les Etats-Unis en vue de l’échange ont été qualifiées d’« intenses et laborieuses » par Joe Biden , alors que le conflit en Ukraine a creusé plus encore le fossé entre les deux nations.
Outre la libération  de Brittney Griner, les Américains souhaitaient obtenir celle de l’ancien marine Paul Whelan, détenu depuis fin 2018 en Russie pour espionnage.

Le revers de la médaillée

Double médaillée d’or olympique,  Brittney Griner avait été arrêtée à l’aéroport Moscou-Cheremetievo le 17 février (soit une semaine avant le début de l’offensive russe en Ukraine) alors qu’elle entrait sur le territoire russe. Lors d’une fouille alors qu’elle passait les contrôles à la sortie de son vol, les douaniers avaient trouvé  des cartouches  de e-liquide pour cigarette électroniques contenant de l’huile de cannabis concentrée en THC.

L’athlète, qui dispose d’une prescription autorisant l’usage thérapeutique du cannabis aux Etats-Unis,  avait été condamnée en août à neuf ans de prison par la justice russe pour possession et trafic de drogue. Après le rejet de son appel, elle avait été transférée en novembre dans une colonie pénitentiaire de Mordovie, à l’ouest de la Sibérie.

A l’annonce de la libération de Britney, son épouse, Cherelle Griner, s’est déclarée « submergée par les émotions » .
« Ma famille est au complet », a-t-elle ajouté en exprimant sa « gratitude » à l’administration démocrate.

Avec AFP et Reuters

Sport & Weed : Just dank it.

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Quand on évoque les fumeurs de cannabis, quelques stéréotypes viennent rapidement en tête: de l’ado neurasthénique scotché à sa Playstation au stoner qui reprend Bob Marley dans le métro, les images d’Epinal de la lose ne manquent pas. Or, depuis que l’herbe a été légalisée au Canada et dans 17 états américains, l’offre considérablement a évolué. Et les comportements avec.
Les consommateurs ont pu trouver des weed aux effets positifs et stimulants alors qu’il y a 10 ans, le commun du stoner fumait ce qu’il trouvait, c’est à dire une herbe ou un haschich aussi soporifique que sédatif. Parmi les variétés qui sont désormais disponibles, il est des souches aux pouvoirs toniques qui, sans addiction à la clef, sont d’excellentes auxiliaires d’activité physique.
La preuve par deux avec les champions du ganja-sport Avery Collins et Jim McApline.

Avery Collins, la no dude attitude

Avery Collins, 26 ans, est ultra-marathonien. C’est-à-dire qu’il court en compétition, des distances allant de 80 à 320 kilomètres. Selon ce sportif hors-norme, le cannabis peut être complémentaire avec sa pratique sportive. “Si vous arrivez à trouver le juste équilibre, la marijuana élimine le stress de la course » explique l’athlète. « Et c’est aussi un remède après l’effort.” Véritable OVNI de la planète running, Collins a décidé de promouvoir sa façon « spirituelle » de faire du trekking. Son but étant d’en finir avec l’image du stoner loser au profit  de celle d’un sportif proche de la nature.

Bienvenue aux JO de la Ganja: les 420 Games de Jim McAlpine

En Californie, Jim McApline, 49 ans, est le fondateur des 420 Games . Les 420 Games sont en quelque sorte des Jeux olympiques pour les consommateurs de weed. C’est dans cet esprit que deux fois par an, des milliers de personnes se réunissent pour un cross de 8 kilomètres,  mais avec une règle d’or vert:  avoir consommé du cannabis.
Parce que oui, sport et ganja font bon ménage.

Ces deux  exemples illustrent une tendance croissante du healthy-weed. Et remettent au goût du jour le vieux proverbe de Juvénal : « Mens sana in corpore sano »: « un esprit sain dans un corps sain » .

 

De Reefer Madness à The Big Lebowski, 5 classiques du ganja-cinéma

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Qu’elle fasse rire, qu’elle fasse peur, qu’elle vous rende riche ou vous envoie à l’ombre, l’herbe, de sa consommation à son business, est un parfait terreau à scénarios.
Zeweed a passé en revue quelques incontournables «stoner-movies»: de Reefer Madness, Easy Rider à The Big Lebowski.

-Reefer Madness (1936).
Peur sur la weed.
Trois ans après la levée de la prohibition sur l’alcool, l’Amérique pudibonde se trouve avec la marijuana, une nouvelle tête de Turc. Commandé en 1936 par une communauté religieuse chrétienne, le film se vouait à être éducatif et projeté dans les écoles.  Mettant en scène des étudiants s’adonnant au vice vert, le moyen métrage est une violente charge contre la consommation de cannabis, objet de tous les maux d’une Amérique bien pensante des années 30 et 40 (chasse aux sorcières fumantes  illustrée dans le très bon LA confidential). L’absurdité des situations comme du message, le tout  interprété par des acteurs qui n’avaient visiblement jamais fumé, fit de Reefer Madness un midnight movie culte.

Musique Cab Calloway : The Reefer Man
Weed : Grandaddy Purple

-Easy Rider. (1968)
Épique-hippie road movie.
Easy-Rider, prix de la première œuvre au Festival de Cannes 1969 réunit à l’écran Peter Fonda, Jack Nicholson et Dennis Hopper (qui réalisa le chef-d’œuvre). Le trio des belles gueules bad boys de  Laurel Canyon offre une incroyable et inédite performance,  entre coolitude absolue, scandale assumé et cynisme amuséL’histoire débute autour de deux bikers, un sexy, un dude (Fonda et Hopper), qui après un très bon deal prennent l’oseille et se cassent, pour traverser les États-Unis à bécane. Ils embarqueront ensuite avec eux Nicholson, rencontré chemin faisant. Quelques scènes légendaires dont celle du (vrai) joint fumé autour d’un feu de camp, ou de la (vraie) psilocybine consommée pendant une scène dans un cimetière s’en suivent, jusqu’à ce que ces Freaks Brothers en Harley voient  leur rêve américain stoppé net par deux pèquenauds, à coups de fusil. 

Musique :The Fraternity of man : Don’t Bogart Me
Weed :Biker Kush 

-Up in smoke (1978)
Faut trouver le scénar’
Le premier et plus célèbre des stoner movies de Cheech et ChongQuand le film sort en 1978, Cheech et Chong sont déjà connus aux États-Unis en tant qu’humoristes. Leurs sketches tournent tous autour de la fumette, chacun campant un personnage récurent (le hippie à l’arrêt, le mexicain parano…) dans des mises en scènes cocasses.
Réalisé par Lou Adler (le producteur du groupe The Mama’s and Papa’s ) pour une poignée de dollars, le film remporte contre toute attente, un franc succès, générant un bénéfice de 44 millions de dollars pour 2 millions de billets verts à l’effigie de Georges Washington  investis. Sévèrement rentable.
Le concept du premier opus devient franchise, une série de films du même acabit suivront, tous bien accueillis par les fans de ce nouveau genre. Cheech and Chong’s Next Movie, Still Smokin Nice Dreams Things Are Tough All Over American chicano …

Musique: Dr Hook : I got Stoned and I missed it
Weed: Laughing Buddha

-Half Baked(1998)
Stoners de haut vol.
Dave Chappelle,  tout comme Cheech et Chong,  a commencé sa carrière en tant que stand-up comedian. Le pitch: quatre dudes New-Yorkais sont réunis par une même passion : fumer et fumer un peu plus encore, puis aller pécho. Sans le sou, nos comparses se retrouvent soudainement obligés de réunir 100.000$ pour faire sortir leur ami de prison. Ce dernier s’étant retrouvé derrière les barreaux pour avoir tué un cheval avec un paquet de dragibus (l’accident classique). Pour payer la caution de leur ami,  il leur faudra voler de la weed, beaucoup de weed, pour la revendre. . Vol de beuh thérapeutique dans un hôpital pour la revendre, vol de beuh chez un dealer, vol de beuh dans un commissariat … la trame narrative, si elle ne s’envole pas aussi haut que nos amis foncedés, laisse place à quelques très bons gags et dialogues.  On s’amusera aussi des caméos de Willie Nelson ou  Snoop Dog.

Musique: Run DMC : You be illin’
Weed: Girl Scout Cookies

-The Big Lebowski (1998)
L’art du peignoir.
Les frères Cohen, au sommet de leur comique (un scripte implacable, une réalisation impeccable, des personnages devenus légendaires) avec ce sublime portrait du « Dude ». Un Dude, dont les expressions, comportements et codes vestimentaires sont inspirés d’ un certain Jeff Dowd, connaissance des réalisateurs. (Le vrai dude, toujours en vie, continue de couler des jours heureux à Los Angeles.) Si la ganja n’est pas au centre de l’histoire, le film entier, lui, est une ode à la stonitude californienne. La scène de la fête sur la plage de Malibu comme celle du trip de Jeff Bridges qui s’ensuit méritent une attention particulière. Tout comme celles de John « Jesus » Turturro au bowling.
Au casting ;  Philippe Seymour Hoffman en majordome ultra-coincé et hilarant, Steve Buscemi en troisième sidekick déprimant et dépressif, Julian Moore en héritière arty-féministe et Flea, (le bassiste des Red Hot Chili Peppers) en nihiliste allemand.. Un total régal.
Le tout sur une B.O remarquable où les classiques « The man in me » de Bob Dylan, I just dropped in (to see what condition my condition was in) de Kenny Rogers ou encore les reprises d’  « Hotel California » des Gipsy Kings ou du  « Dead Flowers » des Stones, par Town Van Zandt accompagnent majestueusement (c’est le mot) un des favoris de notre sélection..

Musique: Kenny Rogers dropped in (to see what condition my condition was in)
Weed: Royal Dwarf

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