Kira moon

Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en est aujourd'hui le rédacteur en chef.

CBD, THC et sommeil : le guide

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Avec ses vertus relaxantes, anxiolytiques et apaisantes, le chanvre est un formidable moyen de trouver le sommeil.  Mais qu’il s’agisse de CBD ou de cannabis, quelques règles sont essentielles à observer. Notre guide vert anti-nuit blanche.

Dès lors que l’on envisage le cannabis pour retrouver le sommeil, une première question se pose: CBD ou THC?
Les deux cannabinoïdes les plus connus de la belle plante ayant chacun des effets et mécanismes d’action très différents.
A ce premier distingo s’ajoutera un autre paramètre non négligeable: contrairement au CBD, le THC est encore une substance prohibée aux yeux d’une majorité de gouvernements.
Si l’Amérique du nord a en grande partie légalisé l’usage du cannabis récréatif (et donc du THC), la consommation de ce dernier reste proscrite dans la quasi-totalité de l’Europe.
Un paramètre a prendre en considération si vous ne souhaitez pas (mal) dormir au commissariat. Il est donc impératif de bien se renseigner sur les lois en vigueur dans le pays où réside votre lit.

CBD: le régulateur de sommeil soft et naturel

Le cannabidiol (CBD), c’est l’alcaloïde “sobre” du cannabis.
Si, contrairement à célèbre son cousin THC, le CBD n’a aucun effet psycho-actif (entendez par là qu’il ne fait pas planer), son action sur le système endocannabinoïde (SEC) n’est plus à prouver. Via ses vertus myorelaxantes, le CBD se pose comme un très bon agent relaxant et surtout un extraordinaire régulateur du SEC, et donc de votre horloge interne. Une action régulatrice qui a de nombreux points communs avec celle de la mélatonine. C’est d’ailleurs cette similitude et complémentarité qui explique qu’un nombre croissant de marques ajoutent aujourd’hui de la mélatonine à leurs huiles ou teintures au CBD, pour une efficacité maximum… et sans danger.

Le CBD étant certes un relaxant mais surtout un gentil gendarme du SEC, il est inutile de boire un demi litre d’huile au cannabidiol pour s’endormir: quelques gouttes toute les 24 heures suffiront à harmoniser SEC et sommeil.
Votre corps saura naturellement accueillir la molécule et la répartir afin de rééquilibrer un corps mis à mal par un stress passager comme une anxiété chronique.
Question posologie, les dosages thérapeutiques vont de 20 à 200mg pour une personne de 70 kilos et en bonne santé. Pour ce même poids, 50mg/jour est un dosage qui devrait rapidement vous réconcilier avec votre oreiller.
En ce qui concerne l’horaire de la prise, il est conseillé de le prendre en une seule fois à la meme heure; un peu avant le diner étant la fenêtre généralement recommandée.
En cas d’association CBD-mélatonine, il sera en revanche plus judicieux d’attendre 22h si vous comptez vous endormir vers 23h-23h30.

THC : Efficace mais non sans effets secondaires

Une idée aussi répandue que solidement ancrée en chaque cannabis enthousiaste consiste à penser que l’Indica est la variété la plus appropriée pour tomber rapidement dans les bras de Morphée. Inversement, les Sativa sont supposées avoir un effet tonique Un distingo qui peut aiguiller vos choix, mais qui n’est loin d’être systématique
Pour vous éviter des heures de recherche sur le Web, une fortune en essais plus ou moins fructueux et des nuits blanches ou vertes, nous avons sélectionné 5 variétés des plus efficaces en la matière, de la plus légère à la plus forte.
1- God’s Gift
2- Tahoe OG Kush
3- Granddaddy Purple
4- Ogre
5- 9 Pound Hammer

Cas sévères : Préférez avaler votre nightcap-weed plutôt que de le fumer

Si vous souffrez de réveils nocturnes post sommeil profond, c’est à dire à peu près trois heures après vous être assoupis, avaler votre somnifère naturel vous maintiendra dans la plus radicale horizontalité jusqu’au petit matin.
Au Canada les produits comestibles au THC (edibles) sont légaux depuis le 1er janvier et le sont dans 11 états américains.
Profitez-en si une simple aide à l’endormissement sous forme de fumée n’est pas suffisante.
Les comestibles au THC mettront plus de temps faire effet, mais ces derniers dureront beaucoup plus longtemps (entre 7 et 9 heures, c’est-à-dire une belle nuit).

« À bédot dodo, matin ramolo »

La consommation de cannabis avant de dormir, particulièrement de cannabis fort en THC à l’instar de la Granddaddy ou de la God’s Gift (et à plus forte raison pour les comestibles) peut provoquer une «gueule de bois de la weed», AKA “gueule de bois verte”.
Alors non, vous ne serez pas penché sur les toilettes avec une céphalée de 1er janvier russe,  mais vous pourriez vous sentir léthargique, mou, embrumé, déshydraté, avec une mémoire pas au top. Ce sont des signes de votre corps qui vous indiquent que vous avez dépassé la dose dont vous aviez besoin. Avantage de la déplaisante expérience : vous permettre d’ajuster quantité ou variété de weed selon vous besoins. Si vous vous réveillez dans un tel état, un peu comme un abus d’alcool, les gestes qui vous sauveront seront les mêmes : boire de l’eau (beaucoup) faire de l’exercice et ne pas rechigner à prendre 1000 mg de vitamine C… mais à distance de votre café, pour ne pas contrarier votre estomac qui aura pu être fragilisé par cet excès cannabique.

Cannabis et rêves : le paradoxe du sommeil paradoxal

En retrouvant le sommeil grâce au cannabis, vous pourriez y perdre vos rêves (ou une partie).  C’est tout du moins la conclusion de plusieurs études. Un comble pour une plante qui invite aux songes éveillés autant qu’elle fait voyager sans bouger.
Explication : les rêves se produisent au cours de la dernière étape de votre cycle de sommeil, appelé sommeil REM (Rapid Eye Mouvement). Il est démontré que la consommation de cannabis avant le coucher réduit le temps passé en sommeil REM, ce qui signifie que vous n’auriez pas autant de rêves ou de rêves vifs. Cependant, l’étude a aussi démontré que ce principe ne s’appliquait pas à tous. Une observation confirmée par le rédacteur qui n’a jamais cessé de rêver, même en dormant.

 

Petit guide des néo-cannabinoïdes

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En Europe, la prohibition du cannabis aura eu comme premier effet délétère celui de permettre l’émergence d’une économie parallèle de la fumette, dont les revenus en France  étaient estimé à 3.5 milliards d’euros en 2021. Depuis quelques années, l’interdiction du THC est désormais contournée de la façon la plus légale qui soit, avec la mise sur le marché de cannabinoïdes de synthèse aux acronymes aussi improbables que leurs effets à long terme sur la santé.
H4CBD, THCV, Delta 10, HHC … ZEWEED vous dit tout sur ces doppelganger de la weed.

Le HHC

Le HHC, ou Hexahydrocannabinol, est un sans doutes le plus connu des cannabinoïdes de synthèse, particulièrement après son interdiction de vente et consommation par l’ex ministre de la santé François Braun en juin 2023. Le HHC a une structure chimique similaire à celle du delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), le composé psychoactif du cannabis. Cependant, le HHC était commercialisé avec un pitch commercial promettant d’offrir les mêmes effets que le THC, mais sans les mêmes niveaux d’intensité ou d’effets secondaires. La rédaction l’avait testé, et si la montée est lente, il y a un effet dans cette molécule désormais prohibée… mais plutôt soporifique et sans commune mesure avec le THC et ses vertus psychotropes qui, selon les variétés, déclenchent des fous-rire, des foncedale, des folles envies de jouer (au basket, à la PS5, avec des pinceaux, avec la copine de ton pote ou au con dans la rue) ou de rejoindre son oreiller.

Effets soporifiques

Les effets spécifiques du HHC varient selon la structure spécifique du HHC utilisée, la dose, le mode de consommation et les caractéristiques individuelles. De nombreux utilisateurs rapportent que le HHC produit un effet relaxant et apaisant, similaire à celui du THC, mais sans l’intensité ou les effets secondaires typiques  à ce dernier, comme la paranoïa ou l’anxiété.
Consommé en gummies ou space-cake, il a emmené plus d’un enthousiaste de la plante dans un mauvais trip, puisque vendu sous la trompeuse étiquette de “chanvre bien-être”. Les principaux syndicats du chanvre bien-être (SPC, UPCBD, AFPC) ainsi que l’interprofessionnelle  Interchanvre n’ont d’ailleurs jamais vu d’un bon œil sa commercialisation en France courant 2022.

 Le H4CBD

Tout comme le HHC le H4CBD (Tetrahydrocannibidiol) est issu de l’hydrogénation du cannabis. Là où le HHC était une variation de laboratoire du THC, le H4CBD est un cannabinoïde élaboré à partir du CBD, auquel est ensuite ajouté de 4 atomes.
Bien que la plupart des études sur le H4CDB soient encore incomplètes, de nombreux chercheurs ont déjà mis en évidence que l’impact du H4CBD sur les récepteurs CB1 du système endocannabinoïde est près de 100 fois supérieure à celui du CBD.

CBD sous stéroïdes

Alors que le HHC, désormais non-gratta dans l’hexagone, prive boutiques et e-commerce d’une précieuse manne, le H4CBD est déjà présenté par de nombreux médias en ligne spécialisés comme « l’alternative légale du HHC » (HHC qui était, selon les mêmes sites  d’information, l’alternative légale du THC…). Néanmoins, les clients en quête de voyage cannabique risquent d’être déçus. Si un léger effet psychotrope est bien présent, les consommateurs parlent plutôt d’une forte sensation de détente que d’un trip psycho-actif. En revanche, associé à d’autres cannabinoïdes légaux comme le CBN, il procurerait une certaine euphorie,  que certains commerçants de chanvre bien-être se sont empressés de comparer à celle de feu-HHC.
Coté thérapeutique, le H4CBD aurait des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques.

Le THCV

A l’instar du THC, Le tétrahydrocannabivarine, ou THCV, possède des propriétés psychotropes et facilite l’accès du THC aux récepteurs  du Système endocannabinoïde, pour en décupler l’effet euphorique.
On le retrouve en grande quantité dans certaines variétés naturelles de Sativa à des niveaux de teneur avoisinant les 4 à 5 %. Si son action psycho-active est similaire à celle du THC, certains de ses effets sont inverse sur l’organisme. Particulièrement  en ce qui concerne son impact sur l’appétit, que le THCV à tendance à réduire, alors que le THC est connu pour donner de magistrales fringales les « munchies ».

L’expresso vert

Des vertus anoréxigènes qui intéressent au plus haut point les scientifiques,  qui voient dans le THCV une molécule potentiellement très prometteuse dans le traitement de l’obésité. Cerise sur ce gâteau amaigrissant : le THCV régulerait le taux de sucre et d’insuline dans le sang. Des recherches sur des traitements au THCV pour des symptômes liés à la maladie d’ Alzheimer, de Parkinson ou encore à l’ostéoporose sont par ailleurs en cours.
Légalement, le tétrahydrocannabivarine se situ dans une zone grise, qui n’interdit donc pas sa commercialisation en France.

Le THC delta 10

Cousin du delta 9, le Delta 10 (Delta-10-Tetrahydrocannabinol) est depuis peu commercialisé outre-Atlantique comme la meilleure des alternatives légales au THC dans les États n’ayant pas légalisé. Du coté effets, il imite son cousin naturel à merveille et offre aux consommateurs une expérience euphorisante.

Le plus proche du THC

Aux États-Unis, la vente de Delta-10 THC à partir de chanvre contenant moins de 0.3% de THC est ainsi légale en vertu de la Farm Bill de 2018. Au regard de ces dispositions qui s’appliquent peu ou prou en Europe,le Delta 10 pourrait bien faire l’objet d’une bataille judiciaires entre entrepreneurs de la fake-weed et la Commission européenne, sur les mêmes bases juridiques que celle menée pour la légalisation du CBD sur le vieux continent.

 

 

Les bons plans ZEWEED

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Chaque semaine, ZEWEED vous donne trois bonnes adresses pour se nourrir l’esprit, le corps et danser jusqu’à l’aube.
Au menu aujourd’hui : des héros au Panthéon, de l’électro au Cabaret Sauvage et du green food éclectique.

 

Le bon plan expo :   “We could be heroes”

Clôture en fanfare

Pour le dernier jour de la remarquable exposition « We could be heroes » de Raphaël Barontini, le panthéon  annonce une performance exceptionnelle samedi 3 février 2024. Au programme, une procession-concert composée de 40 musiciens du Mas antillais Choukaj.

DATES ET HORAIRES
Le 3 février 2024
À 15h30

LIEU
Place du Panthéon
75005 Paris 5

ACCÈS
Métro :
Luxembourg / Cardinal Lemoine / Maubert Mutualité

RÉSERVATIONS
www.paris-pantheon.fr

Le bon plan resto :  Judy

La meilleure green food sans gluten de Paris

Fondé en 2016 par la naturopathe australienne Dominique Gassin, Judy incarne une philosophie qualitarienne axée sur “le goût des bons produits et le choix en pleine conscience de ce qui est bon pour soi, pour les autres et pour la planète “.

​Chez Judy, Dominique proposera, dans une carte qui fait la part belle aux plats végétariens, des options vegan et sans lactose,  s’inspirant des recettes traditionnelles et de la sagesse ancestrale en matière de santé. « Because food is medicine ! »

Trois adresses vous attendent :

18 RUE DE FLEURUS, 75006

37 RUE D’ASSAS, 75006

14 RUE JEAN JACQUES ROUSSEAU, 75001

Tel : 33 1 43 25 54 14

www.judy-paris.com

Dominique Gassin

Le bon plan teuf :  We are Rave

Cabaret de rave

Après le massif succès de We Are Rave en février dernier,  qui signait  retour du collectif  𝗖𝗔𝗕𝗔𝗥𝗘𝗧 𝗦𝗔𝗨𝗩𝗔𝗚𝗘 après 6 ans d’absence, l’équipe remets ça  en ce lieu intimement lié à son histoire. Au programme :  𝗖𝗥𝗘𝗘𝗗𝗦 et 𝗛𝗘𝗟𝗘𝗡 𝗞𝗔 et leur projet hard music qui devrait faire danser plus d’un timide. A ne pas rater non plus :  𝗡𝗘𝗜𝗞𝗔 et sa hard techno aussi euphorisante que réchauffante par ces frimas. 𝗠𝗔𝗥𝗛𝗨 jouera la carte de l’industriel  alors que  𝗡𝗘𝗨𝗥𝗢𝗧𝗥𝗜𝗕𝗘 fera un set dans les lignes acides, et 𝗞𝗬𝗭𝗪𝗔𝗟𝗟 donnera dans un son hard techno impétueux.

BILLETTERIE

Shotgun

DATE ET HEURE

du samedi 3 février 2024 à 23:59
au dimanche 4 février 2024 à 06:00

ADRESSE

Cabaret Sauvage
59 boulevard Macdonald, 75019 Paris, France

 

Vaporisateurs : fumer sans se fumer

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Nouvel allié des consommateurs de CBD, de cannabis thérapeutique et de tabac, le vaporisateur réduit les risques multiples liés à la combustion tout en préservant la qualité des terpènes et autres agents actifs. ZEWEED a demandé à un praticien spécialiste de faire le point sur cette séduisante alternative.

En matière de réduction des risques pour les fumeurs d’herbes en tout genre, que l’on parle de tabac, de CBD ou de cannabis, la vape s’est imposée comme la plus saine des alternatives, patch exclu. Problème des vapoteurs : les terpènes passent tous à la trappe, laissant l’usager avec une belle fumée en bouche, mais aucun goût réel de la plante. Les vaporisateurs, eux, offrent une fumée riche de saveurs tout en préservant nos poumons des dangers de la combustion.

Fumée sans feu

Que cela concerne le CBD ou le cannabis thérapeutique, les vaporisateurs présentent l’avantage énorme d’éviter d’inhaler les produits cancérogènes liés la combustion. Les effets nocifs inhérents à la combustion seraient ainsi réduits de 95 % en passant à la vaporisation. Adieu goudron, ammoniac, monoxyde de carbone, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)… Pour le professeur Jean-Michel Delile*, “la vaporisation est donc un levier non négligeable pour diminuer les cancers, les AVC, le risque d’impuissance et le tabagisme passif. De ce fait, c’est un double argument en faveur de la vaporisation : c’est intéressant immédiate- ment car cela permet de moins mettre sa santé en danger, et c’est par ailleurs un bon moyen de diminuer la consommation de tabac fumé. La vaporisation est de toute façon un excellent outil de réduction des risques car elle gomme l’essentiel de la toxicité liée à la combustion”.

Principes actifs conservés

La biodisponibilité des principes actifs du CBD varie beaucoup selon les techniques de prise. La vaporisation permet une meilleure absorption du CBD que lorsque fumé. Tandis que 80 % des principes actifs sont disponibles par vaporisation, ce taux chute à 20 % par combustion. En effet, la majeure partie des cannabinoïdes est détruite par le processus de combustion. L’efficacité des vaporisateurs est de ce fait indiscutable puisque la vapeur induite conserve tous les bienfaits des cannabinoïdes, sans créer les multiples toxines liées au processus de combustion. Qui dit meilleure efficacité dit moindre consommation de CBD pour les mêmes effets, donc économies non négligeables à la clé. À noter également que la vaporisation conserve les terpènes lors du processus, ce qui n’est pas le cas avec la combustion qui les brûle. Enfin, la vaporisation libère quasi instantanément l’effet des cannabinoïdes, ce qui permet de pouvoir aisément réguler sa consommation par rapport aux effets escomptés.

Mise en garde pour le tabac

Cependant, si la vaporisation est plus que recommandable en ce qui concerne le CBD et le cannabis thérapeutique, le bilan est plus nuancé pour le tabac : “Si la diminution des produits toxiques liés à la combustion du tabac est un aspect positif, certaines toxines pré- sentes dans le tabac continuent à passer, même à basse température.” C’est d’ailleurs l’industrie du tabac qui en fait la promotion. C’est le cas du dispositif IQOS développé par Philip Morris. Le géant du tabac avance que c’est un outil sans danger qui peut aider les gens à décrocher de la cigarette alors que rien ne le prouve. Il est d’ailleurs établi que pour compenser la baisse des ventes du tabac fumé dans les pays développés, les industriels ont développé ce type de dispositif afin de ne pas être marginalisés par le vapotage. “Selon l’OMS, il n’est pas établi que cela soit un outil de réduction des risques. Certaines toxines seraient même présentes à des niveaux plus élevés dans les aérosols que dans la fumée de cigarette classique. Il y a donc du pour et du contre.

En l’état actuel des choses et des connaissances, il convient donc de rester prudent en attendant d’avoir des données plus fiables. D’ailleurs, si Bertrand Dautzenberg, éminent professeur en pneumologie, est à fond pour le vapotage (la e-cigarette), il est hostile aux vaporisateurs de tabac. On voit que ce n’est pas utilisé par les usagers comme un dispositif d’aide à la réduction de la consommation de tabac, voire au sevrage tabagique”, ajoute Jean-Michel Delile. La nocivité au plan chimique n’est pas écartée à moyen et long termes et cela revient à entretenir le cycle addictif.
Enfin, les dispositifs comme IQOS, bien qu’interdits aux mineurs, peuvent être une forme d’entrée dans la consommation de tabac, alerte le président de Fédération Addiction.
Quelles que soient les alternatives à la cigarette, il n’y a pas de fumée sans feu sans sur la santé…

*Le docteur Jean-Michel Delile est psychiatre et président de la Fédération Addiction www.federationaddiction.fr

 

 

Quels sont les effets du CBD et du THC sur la conduite?

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Peut-on consommer du CBD si on prend le volant? Combien de temps le THC reste-t-il actif et à quel point altère-t-il  la conduite ? A Sydney, les chercheurs de l’Initiative Lambert se sont penchés sur ces questions pour nous fournir des réponses précises.

Pour la première fois, des chercheurs ont étudiés les effets du cannabis sur notre capacité à conduire. L’étude, dirigée par l’Initiative Lambert* à l’Université de Sydney a été conjointement menée à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas.

Le CBD : sans danger sur la conduite

Les résultats ont été publiés en décembre dernier dans le très sérieux American Medical Association Journal.
Nous y apprenons entre autres que le cannabidiol (CBD), n’affecte nullement la conduite, mais que des quantités modérées de THC produisent en revanche des troubles légers, qui peuvent durer jusqu’à quatre heures, mais bien loin des troubles inhérents à la consommation d’alcool ou de tranquillisants précise le rapport. L’étude confirme la nécessité d’être vigilants lorsque l’on consomme du THC. Lors d’autres observations, les scientifiques auront donc confirmé que  le caractère non-psychotrope du CBD, et par là même son innocuité au volant.

Le THC : des effets invalidants pouvant persister quatre heure

Le directeur de la recherche, le Dr Thomas Arkell, détaille les résultats :  «les données recueillies indiquent pour la première fois que le CBD, lorsqu’il est administré sans THC, n’affecte aucunement la capacité d’un sujet à conduire. C’est une excellente nouvelle pour ceux qui utilisent ou envisagent un traitement utilisant des produits à base de cannabidiol ”
Depuis quelques années, de considérables avancées ont été faite dans les traitements médicaux à base de cannabis. Un nombre croissante de produits contenant du CBD ou/et du THC pour des conditions telles que l’épilepsie, l’anxiété, la douleur chronique ou encore le traitement d’addictions ont ainsi fait leur apparition en milieu clinique et en pharmacie dans certains pays.

Dr. Thomas Arkel (crédits photo University of Sydney)

Recherches menées conjointement en Australie et aux Pays-Bas

La recherche, menée aux Pays-Bas, a été menée auprès de sujets ayant inhalé du cannabis contenant différents mélanges de THC et de CBD. Les candidats ont ensuite effectué, dans des conditions contrôlées, un trajet de 100 kilomètres sur les routes publiques. Ces test ont été menés  40 minutes et quatre heures après la consommation. Le cannabis contenant principalement du CBD n’a aucunement altéré la conduite.  Le cannabis contenant du THC, ou un mélange THC / CBD, a provoqué une légère altération mesurée 40 minutes plus tard. Après quatre heures, aucune altération n’a été remarquée.

Etude de référence?

«Avec l’évolution des lois sur le cannabis à l’échelle mondiale, les Etats ayant légalisé ont besoin de légiférer sur des bases scientifiques précises et fiables. Ces résultats fournissent des informations indispensables sur les effets causés par les différents types de cannabis. Nous espérons que notre travail aidera à orienter la politique de sécurité routière, que ce soit en Australie, aux Pays-Bas ou ailleurs» , a conclu le scientifique, laissant entrevoir la possibilité que l’étude puisse servir de socle légal pour l’élaboration d’une politique internationale sur le cannabis au volant.

*L’initiative Lambert regroupe une vingtaine de chercheurs qui étudient les effets des cannabinoïdes sur l’organisme. Leurs laboratoires sont hébergés au sein de  l’Université de Sydney.

Le cannabis, alternative aux benzodiazépines?

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Le cannabis efficace contre la dépendance aux benzodiazépines ? Pour la première fois, une étude apporte quelques éléments de réponse à la question. Les résultats sont des plus encourageants  puisque près d’un patient sur deux a remplacé ces tranquillisants addictifs par du cannabis.

Conduite au Canada dans une clinique du groupe Canabo, l’évaluation sur le traitement de l’addiction aux benzodiazépines par du cannbis a fait part de très prometteurs résultats. A son issue, 45,2% des participants étaient étaient sevrés aux  benzodiazépines alors que le choix entre prendre de l’herbe ou une pilule leur était chaque jour proposé.

30% des patients arrêtent benzodiazépines après un mois de traitement au cannabis

L’étude a été menée auprès de 146 volontaires qui étaient des consommateurs de benzodiazépines depuis plusieurs années. L’âge moyen des participants à la recherche était de 47 ans. La répartition par sexe a donné la part belle aux femmes avec 61% d’entre elles pour 39% d’hommes. Les représentantes du beau sexe sont traditionnellement plus consommatrice de benzodiazépines que ceux du sexe fort. Enfin, sur ces 146 patients, 54 % d’entre eux avaient déjà essayé le cannabis dans un cadre récréatif. 

Dans le détail, 30,1 % des patients ont pu se passer de benzodiazépines après un mois de traitement au cannabis thérapeutique. Après deux mois, ce 44,5 % après deux mois et 45,2% après 3 mois, soit à la fin de l’évaluation.
Six mois plus tard, aucun des patients sevrés n’a rechuté.
*Les benzodiazépines sont un type de médicaments sédatifs largement prescrits dans le traitement de l’anxiété chronique. Hautement addictifs, ils provoquent une rapide accoutumance et poussent les consommateurs à augmenter les doses. Ils sont aussi responsables de nombreux accidents et sont lourds d’effets secondaires dès la première prise.  Cerise sur la pilule : ils sont un facteur déclencheur de maladies neuro-dégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Leur durée de prescription est officiellement limitée à trois semaines pour éviter l’accoutumance. Parmi les benzodiazépines les plus prescrits nous trouvons :   Valium, Xanax, Lexomil,  Tranxène, Rivotril, Seresta.

Quand Gainsbourg chantait la Ganja

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Il y a 30 ans, Serge Gainsbourg nous quittait. Si l’homme à tête de choux n’était qu’un fumeur de Gitanes, il n’aura jamais été insensible aux charmes du cannabis. Un penchant pour la ganja-culture qui nous offrira le révolutionnaire Aux Armes et caetera ainsi que Cannabis, film dans lequel il donne la réplique à Jane Birkin et compose une sublime bande-originale écrite avec un certain Jean Claude Vannier.

Un an après leur rencontre sur le tournage de Slogan (1969) le couple naissant Gainsbourg/Birkin partage de nouveau l’affiche dans une romance policière réalisée par Pierre Koralnik, que Serge retrouve trois ans après leur collaboration sur le téléfilm Anna (1967).
Si le scénario comme le jeu d’acteur n’ont rien de stupéfiant dans cette production que même la splendide et systématiquement dévêtue Jane Birkin ne parvient à sauver, la musique originale signée Gainsbourg/Vannier vaut très largement de subir ce polar de série B.

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Après avoir composé la B.O. de  Mann 70 (1968), écrit le célèbre “Requiem Pour Un Con” pour Le Pacha (1968),  “L’Herbe Tendre”, entendu dans Ce Sacré Grand-Père (1968), et le titre”L’Alouette” pour La Horse (1970), Gainsbourg signe avec Cannabis(1970) une de ses meilleures musiques de film.
Mi-rock mi-planante, la B.O.  made in Gainsbarre donnera toutes ses lettres de noblesse à ce qui est sans doute le meilleur long-métrage de Pierre Koralnik. (Les deux autre films notables du réalisateur seront Nestor Burma et l’Instit’…).

Cannabis, c’est aussi la première collaboration de Serge Gainsbourg avec Jean-Claude Vannier, génial arrangeur-compositeur avec qui il écrira deux ans plus tard un chef d’oeuvre: “L’Histoire de Mélodie Nelson“.

Parmi les meilleurs titres joués dans le film, l’éponyme “Cannabis”  que l’on retrouvera en intro et outro (en version instrumentale pour le générique de fin).
Très rock, prologue à la texture électrique de l’album “Rock around the Bunker“, “Cannabis” donne d’emblée le ton de ce polar noir interdit aux moins de 18 ans “La mort a pour moi le visage d’une enfant/Quand soudain, je perds la raison / Est-ce un maléfice? / Ou l’effet subtil du cannabis?”.
Le très inspiré “I want to feel crazy” (chanté par Jane Birkin façon Maryline Monroe) est un délicieux prélude aux sublimes arrangement que Jean Claude Vanier nous offrira sur l’Histoire de Melody Nelson.

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Chanvre Indien” tient ses promesses en nous transportant dans un planante ambiance orientale aux parfums de haschisch alors que le titre “Dernière blessure” nous rappelle autant les violons Initial BB qu’il annonce les enivrants arrangements de La Valse de Melody.
Boudé par les critiques et le publique à sa sortie, Cannabis jouit aujourd’hui d’un statut de cult-movie chez les grands Gainsbourg-aficionados.
Puisse cet article élargir le cercle des fans de Cannabis, le film.

la Bande-Originale intégrale de Cannabis avec tous les titres dont nous vous parlions, c’est ici:

Arjan Roskam, le “King of Cannabis”

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En 2001, Arjan Roskam s’autoproclamait « King of Cannabis ». Un titre jamais remis en cause pour ce multi-millionnaire aux 40 victoires à la Cannabis Cup. Portrait.

Arjan Roskam a 16 ans quand il fume son premier joint. Nous sommes en 1981, dans un Amsterdam qui ne compte encore que 10 coffee shops. « On fumait tout ce qu’on trouvait parce qu’on était jeunes et qu’on ne savait pas grand-chose. De toute façon, il n’y avait que du marocain ou de l’Afghan sur le menu. De temps à autre de la jamaïcaine ou de la Thaï, mais c’était bien trop chère » .

Initiation Thaïlandaise

En 1983 Arjan est en voyage en Thaïlande avec des amis. Un peu par hasard, le jeune homme se retrouve dans un petit village près de la frontière birmane . « J’y ai rencontré un homme de 78 ans qui traitait des héroïnomanes avec de la ganja. Il y avait un grave problème d’héroïne en Thaïlande , j’y avais moi-même un peu gouté. Ce médecin man faisait des infusions à base d’indica  pour sevrer les junkies. 
Après 7 jours, alors que je faisais mes affaires pour partir, il m’a pris par la main et a placé cing graines dans ma paume. Puis il m’a regardé dans les yeux, gravement, en me disant: garde ces graines. Dans quelques années, ces graines feront tomber des gouvernements. »

“Ces graines feront tomber des gouvernements”

L’épisode thaï et la prophétie du shaman hanteront Arjan jusqu’à ce qu’il revienne aux Pays-Bas, deux ans plus tard.
De retour en Hollande, Arjan commence à faire pousser des variétés de marijuana offertes par certains de ses amis ainsi que celles récoltées lors de ses voyages (en Thaïlande, au Népal ou dans d’autres pays du Sud-Est asiatique.). Mauvaise pioche: Les coffee-shop -quand ils achètent de la weed- sont à ce moment-là uniquement intéressés par des variétés importées comme la Thaï, la Sensimilia Mexicaine ou la Jamaïcaine. Les variétés indoor, elles, en sont à leurs balbutiements et sont au mieux considérées comme une excentricité du samedi soir. Avec un taux de THC relativement bas par rapport aux hash et un prix assez conséquent, les weed ne représentent alors que 10% des ventes.

La dèche

Pas grave, dans  un  Amsterdam qui  fume marron, Arjan continue de voir la ville en vert, cultivant frénétiquement sa Haze dans une serre paumée dans la banlieue de la ville, la perfectionnant de récolte en récolte.
Entre 1987 et 1989, Roskam continue de créer son répertoire avec les propriétaires de Coffee Shop.  Il leur dépose des échantillons, revient le lendemain… pour rapidement comprendre qu’il n’est pas le bienvenu. «Je me suis pointé  avec quelque chose de nouveau, mais ils appelaient ça pisse de chat. Les gens n’étaient pas habitués » nuls n’étant prophète en son Pays-Bas, Arjan essuie pendant deux ans refus et humiliations.

Green House Coffee Shop

«Bref, je n’avais pas d’argent. Je n’avais rien.  Nous étions, ma femme et moi pauvres. Très. À un moment donné, nous étions si fauchés que nous vivions dans la rue ». Le futur entrepreneur et sa femme Celeste se retrouvent à naviguer un peu partout dans le centre d’Amsterdam, de petits jobs en galères. « J’avais une bonne amie dont la sœur, Martha, avait quatre bars. Des endroits branchés où venaient tous les gens du théâtre d’Amsterdam: les musiciens, la communauté gay, les artistes, les peintres… »
Grâce à l’appui financier de Martha, Roskam -toujours sans le sou- ouvrira The Green House en janvier 1992.
Le Coffee shop restera désert pendant plus d’un an.

Les grands jours, je vendais peut-être 25 dollars de bière et de café ”

De neuf heures à une heure du matin, Roskam passe ses journées vautré sur le canapé du magasin, en fumant, en déprimant et en attendant des consommateurs qui ne viennent toujours pas. “Les grands jours, je vendais peut-être 25 dollars de bière et de café ” .
Nous sommes alors au printemps 1992. Affolée de ne voir personne fouler le pas de la porte  du Green House Coffee Shop, sa partenaire-investisseur Martha  jette l’éponge au bout de trois mois. « J’avais plus de 120 000 € de dettes que je ne pouvais pas payer, et un loyer que je ne pouvais pas non plus payer. Alors j’ai dû emprunter un paquet d’argent grâce à un ami pour continuer. »

Kennedy et limousine

Jusqu’à ce jour de janvier 1993 où une grosse limousine s’arrête devant la porte du Green House. Dedans, un membre aujourd’hui disparut de la famille Kennedy qui s’intéresse à la presse. «  Je ne savais pas du tout de qui il s’agissait, qui étaient ces personnes. En fait, je ne connaissais même pas l’existence de High Times, » (le titre avait été racheté par la famille Kennedy NDLR). « Ils m’ont dit: «Nous avons entendu dire que vous aviez une herbe qui sort de l’ordinaire. Voulez-vous participer à un concours qui aura lieu début novembre? “J’ai dit:” bien sûr, pourquoi pas? “Je n’avais rien à perdre. Et puis  la limousine est repartie”.

Cannabis Cup

Quelques mois plus tard, un après-midi de novembre, grosse surprise pour Arjan: sans raison apparente une foule d’à peu près  500 personnes se pointe progressivement dans le coffee shop d’Arjan. « Je ne comprenais pas, je n’avais pas fait de publicité ou de promo, j’ai même cru que c’était une arnaque ou une sale blague d’autres budtender ». Puis 700 clients sont arrivés le lendemain, 800 le surlendemain…

«En fait, j’avais  gagné la Cannabis Cup, mais j’étais tellement à côté de mes pompes, dans mes cultures de ganja et mes problèmes de fric, que j’avais complètement oublié la compétition. Et pour tout dire, au début quand les Kennedy m’en ont parlé,  je trouvais ça un peu bidon et louche cette affaire. Pour faire court: il y avait en fait 7 récompenses en lice et j’ai gagné 7 trophées! Avec une telle couverture média, c’était mon heure de gloire., et moi j’étais sur mon sofa en train de flipper dans mon café. »

King of Cannabis

Trois ans plus tard, face à ce fulgurant succès et après trois cannabis cup de plus remportées , le magazine High Times met Arjan en couverture de son numéro de juillet. Voyant son mari en une de la bible périodique des ganja-aficionados, son épouse lui dira en riant qu’il est devenu le « roi du cannabis». Un surnom en forme de blague qu’Arjan s’ appropriera quelques années plus tard.  À ce jour, personne ne lui a réclamé  sa couronne ou son titre. Et pour cause : au-delà des 38 cannabis cup remportées, il faudra ajouter 20 coupes Highlife et une myriade d’autres récompenses.

Parmi les variétés les plus acclamées et fruit des pérégrinations botaniques de Roskam : la Super Silver Haze, la Hawaiian Snow, la Ultra Haze d’Arjan, la Super Lemon Haze, l’Himalayan Gold, la White Rhino, la White Widow, la Great White Shark, The Doctor, la Hawaiian Snow, la Trainwreck, la Church ou plus récemment la Flowerbomb Kush.

High Times#237, mai 1995

De 1995 à 2005, Roskam verse dans la pédagogie en dispensant des cours de sensibilisation. «Je formais les policiers, des  hauts fonctionnaires, des juges, procureurs… des gens qui m’auraient mis en prison il y a vingt ans » s’amuse Roskam. Éliminer les nombreux et faux a priori qui entourent le cannabis est une autre idée fixe de ce  gonzo-ganja-entrepreneur.
Tout simplement parce qu’Arjan Roskam est, quoi qu’en disent ses nombreux détracteurs et concurrents, un passionné de weed qui se donne pour mission d’évangéliser le monde au sujet des bienfaits de l’herbe comme de la nécessité de légaliser son usage.

Arjan Roskam a aussi créé une fondation (pour des raisons fiscales diront les mauvaises langues et les mauvais perdants) qui vient en aide aux plus démunis en Afrique comme en Asie. De façon assez élégante et sur la demande d’Arjan, il est très peu fait mention de l’œuvre caritative du monarque de la weed. Il y a deux ans, l’équipe de Roskam a également créé une usine au Congo, qui nourrit actuellement 250 familles et près de 700 enfants. Et le King de déclarer: «Nous allons fabriquer des médicaments pour la population congolaise, puisque les gouvernements n’y parviennent visiblement pas.»

Canopy Growth et Canada

Au début de l’année 2020, Roskam a fait équipe avec Canopy Growth et Organa Brands pour introduire sa marque Green House dans le paysage de la vente au détail au Canada. Alors que l’automne s’installe, Roskam et son équipe achèvent la construction d’une grande usine au Canada. «Nous venons d’acquérir la première licence de plein air de l’histoire de l’Ontario, au Canada», explique-t-il. «Nous agrandissons notre usine et produirons 12 tonnes de ganja premium l’année prochaine, qui poussera au soleil, comme il se doit ». Car c’est le savoir-faire horticole néerlandais qui est recherché par les Canadiens. Et quel meilleur maître en la matière que le King ?

Le but de l’entreprise d’Arjan au Canada est de pouvoir offrir au public qualité en quantité, et donc de la weed à des prix nettement plus abordables. « J’ai 54 ans, et ne compte prendre ma retraite que sur mon lit de mort. Si tout va bien, vous me verrez encore pendant 30 ans. Maintenant que la légalisation se profile en Europe, l’aventure peut vraiment commencer. »

Long live the King!

Sources: High Times, The Green House Company, Business Wire, Radio Canada, The Guardian, Arte doc.
Crédits photo: High times, The Green House Company.

73% du cannabis consommé au Canada provient désormais de ventes légales

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Vendredi 12 janvier, Santé Canada publiait son “Enquête canadienne sur le cannabis”.  5 ans après la légalisation de la plante, l’étude menée par le ministère de la Santé fait part de très encourageants résultats, puisque nous y apprenons notamment que le marché noir n’approvisionne plus qu’un quart des consommateurs, et que l’âge médian du “premier joint” a progressé de deux ans.

Chaque année depuis 2018, Santé Canada (ministère de la Santé) mène sa très sérieuse et scrutée “Enquête canadienne sur le cannabis”, traditionnellement rendue publique à la mi-janvier. Premier enseignement du sondage dévoilé vendredi dernier : ce sont les jeunes entre 20 et 24 ans qui sont, par tranche d’âge et toutes CSP confondues, les plus gros consommateurs de cannabis récréatif (48 %).  Chez les plus de 25 ans, l’utilisation de ce même cannabis chute à 23 %.

Depuis la légalisation en 2018, l’âge moyen du “premier joint” est passé de 19 à 21 ans

Autre fait notable :  l’âge médian de l’expérimentation de l’herbe qui fait rire est pour la première fois en très nette hausse. Elle se situait à 18,9 an en 2018. En 2023, le curseur de la “première taffe” affichait une substantielle avancée avec une primo-consommation figée à 20,9 ans.
Si fumer reste la méthode la plus largement plébiscitée (60 % des consommateurs), l’utilisation de produits comestibles (édibles) et le vapotage sont en augmentation constante.
Les achats d’édibles ont ainsi grimpé de 13% depuis la fin de la prohibition de la plante, passant de 41 % en 2018 à 54 % l’année dernière. Coté réduction des risques liés à la combustion, les vape-pen, ou vapoteuse à cannabis, ont vu leurs ventes bondir de 18%, passant de 16 % à 34 % en 5 ans.

 73% du cannabis récréatif consommé provient désormais de sources légales

Le chiffre le plus encourageant de l’étude menée par le ministère Canadien de la Santé est celui de la chute des ventes de cannabis récréatif issues du marché noir. En effet, le pourcentage de sondés se fournissant auprès de distributeurs autorisés a plus que doublé depuis la légalisation, passant de 37 % en 2019 à 73 % en 2023.
En matière de sécurité routière, le constat est aussi des plus favorables : alors qu’en 2018,  27% des consommateurs d’herbe avouaient avoir pris le volant sous l’influence du cannabis, ils ne sont plus que 16% aujourd’hui.

Les résultats de “l’Enquête canadienne sur le cannabis” 2023 par Santé Canada reposent sur des données recueillies en ligne entre le 2 mai et le 20 juillet 2023, avec un panel représentatif de 11 690 sondés âgés de 16 ans et plus, sur l’ensemble du territoire Canadien.

 

Le smoky track du mois “Don’t bogart that joint”

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Sorti en 1969, Easy Rider est instantanément devenu l’étendard d’une génération de éprise de liberté et de voyages, y compris ceux pratiqués sans bouger. Parmi les grands moments de ce road movie d’anthologie, une smoke session entre Nicholson, Hopper et Fonda sur  “Don’t Bogart that joint”. Un hymne au partage de weed qu’il convenait de célébrer en ces temps où le bédot se fume en solo.

Faire tourner un joint entre amis. Une pratique qui, Covid oblige, s’apparente désormais plus à la roulette russe qu’à la tournante mort de rire.
Qu’il est loin, le temps des joints baveux, des fénétour et de la mine défaite du copain qui se tape le filtre après s’être fait taxer toutes ses clopes.
Qu’elle semble distante la belle époque du t’as des feuilles?, tu me passe le filtre? et autre détend-toi, tu fais une carotte.
Parce que l’été (2022?) est encore loin, aussi loin que nos doux souvenirs de partouze cannabique, la rédaction se devait de vous en dire un peu plus sur le titre qui a officialiser le partage de pétard.

Composé et interprété par le groupe “The Fraternity of Man” en 1968 “Don’t bogart that joint” figure sur leur premier 33 tours (ils ne feront tourner que deux album avant de se séparer en 1970) et reste le titre phare de la formation Californienne.

 

Les paroles sans équivoques (à une époque où Beatles et Stones font encore dans la distante allusion pour parler de paradis artificiels) plantent tout de suite le décor “Don’t Bogart that joint, my friend, pass it over to me/Ne t’endors pas sur le joint, mon ami, passe le moi“. S’en suit une seconde considération du même acabit où l’on apprend que l’ami en question s’est sérieusement endormi sur le spliff et que le chanteur, lui, voudrait bien tâter tôt ou tard du pétard.  “You’ve been hanging on to it, and I ‘d sure like a hit/Ca fait un moment que tu es dessus, et je veux bien une taffe“. Tout est bien qui finira bien au pays des hippies grâce à la géniale initiative proposée par le narrateur : ” Roll another one, juste like the other one/ roules en un autre, comme le précédent”. Du vrai flower power.

Si les paroles tournent elles aussi en rond, le slide de la guitare hawaïenne, le piano et ses arpèges aériens, les coeurs rigolards et la chaude texture des arrangements en font un air aussi bon enfant qu’entêtant. Le titre parviendra à se hisser à une très honorable 6ème place dans les charts US.
Quant à la scène d’Easy Rider sur laquelle l’air est joué, elle, n’a pas été jouée pour le moins du monde: Peter Fonda, Dennis Hopper et Jack Nicholson ne fumaient pas que du tabac pour cette prise.
En atteste les petits yeux de Nicholson, le sourire béat de Fonda et le rire bordeline de Hopper.

La scène mythique entre trois grands adeptes de la belle plante:

Bonus: Easy Rider, Raging Bull,  précieux documentaire sur la jeune génération de réalisateurs qui, révolutionna le cinéma Us entre 1969 et 1975, avec entre autre Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Robert de Niro.