Weed business

Le Ghana mise sur le cannabis thérapeutique en s’inspirant du modèle Marocain

Avec la légalisation du cannabis médical et industriel, le Ghana s’apprête à franchir un tournant historique. Pour accompagner cette mutation, une délégation officielle se rendra en septembre au Maroc, pays pionnier sur le continent. L’objectif : s’inspirer d’un modèle de régulation déjà rodé et tenter de transformer une culture longtemps clandestine en levier économique.

Depuis des générations, les cultivateurs de cannabis au Ghana ont vécu dans l’ombre. Dans des clairières forestières ou des champs dissimulés, ils produisaient juste assez pour survivre, tout en risquant arrestations, harcèlement et destructions de récoltes.
Aujourd’hui, le mouvement engagé par Accra pour encadrer l’usage médical et industriel du cannabis offre aux paysans ce qu’ils n’ont presque jamais connu : une légitimité.

Dialogue stratégique avec le Maroc

En juillet, la Commission nationale de contrôle des stupéfiants (NACOC) a rencontré à Accra l’ambassadrice du Maroc, Imane Quaadil, afin d’étudier le cadre réglementaire développé par Rabat.
Sous la conduite de son directeur général, Maxwell Obuba Mantey, la délégation ghanéenne a analysé les mécanismes de délivrance de licences aux cultivateurs, de suivi des chaînes de production, d’organisation des coopératives et de certification des variétés de plantes.
Imane Quaadil a confirmé que des responsables ghanéens se rendront au Maroc en septembre pour une mission de formation et d’observation.
« Le Maroc est prêt à partager son expertise pour renforcer les systèmes de contrôle des drogues, non seulement au Ghana mais à l’échelle de tout le continent africain », a-t-elle déclaré.
Le royaume chérifien, l’un des plus grands producteurs mondiaux de cannabis, a légalisé sa culture à des fins médicales et industrielles en 2021. Il a alors créé l’Agence nationale de régulation des activités liées au cannabis (ANRAC) afin de superviser l’octroi de licences et la traçabilité des productions. Depuis, le Maroc a réalisé ses premières récoltes légales et élargi progressivement les zones de culture sous contrôle.

Espoirs et incertitudes pour les cultivateurs ghanéens

Pour les petits producteurs du Ghana, ce changement politique est porteur d’espoir mais aussi de doutes. Beaucoup cultivent le cannabis depuis des décennies dans l’illégalité pour faire vivre leurs familles, dans des régions où les alternatives agricoles sont rares.
La légalisation pourrait leur ouvrir des marchés et des protections longtemps refusés, mais à condition de réussir à franchir les obstacles administratifs liés aux licences, à la régulation et au contrôle de qualité.
« Malgré l’optimisme autour de cette révolution verte, les experts insistent sur la nécessité d’assurer l’inclusivité de tous les acteurs, en particulier les petits exploitants », souligne l’analyste politique Victor Oluwole. « Il est essentiel d’éviter une situation où les géants du secteur domineraient l’industrie, laissant les producteurs traditionnels dans la difficulté. »
Les coûts des licences inquiètent également, nombre de cultivateurs craignant d’être exclus du marché. D’autres redoutent que la culture du cannabis ne détourne les agriculteurs des denrées alimentaires essentielles, menaçant ainsi la sécurité alimentaire.

Héritage africain

Le cannabis a des racines profondes sur le continent. La plante aurait atteint l’Afrique du Nord dès le XIIe siècle, tandis que les communautés d’Afrique australe l’utilisaient bien avant la colonisation européenne.
Au fil des siècles, elle s’est inscrite dans les échanges commerciaux, les pratiques rituelles et la vie quotidienne, donnant naissance à des variétés emblématiques comme la Durban Poison ou la Malawi Gold.
Les interdictions coloniales du début du XXe siècle n’ont pas suffi à endiguer sa culture, souvent perpétuée au sein de communautés marginalisées dépendantes de cette ressource.
En décembre 2023, le Ghana a rejoint la liste croissante des pays africains à légaliser le cannabis médical. La loi a été amendée pour autoriser la culture de variétés à faible teneur en THC, exclusivement pour des usages médicaux et industriels. Le ministère de l’Intérieur s’est vu confier le pouvoir de délivrer les licences, tandis que la NACOC assure l’application et le contrôle.

Pépites vertes

Les autorités défendent cette nouvelle politique comme un moyen de formaliser un commerce longtemps illicite, de réduire les risques pour les cultivateurs et de garantir la qualité pour les patients et les industries. Le gouvernement espère également que cette filière créera des emplois et stimulera l’innovation industrielle.
Mark Darko, directeur général de la Chambre ghanéenne de l’industrie du cannabis, vise un chiffre d’affaires annuel de 1 milliard de dollars. Selon lui, un hectare de culture pourrait rapporter 10 000 dollars, alors que la demande mondiale devrait atteindre 21 milliards d’ici 2025.
Pour les cultivateurs ghanéens, les prochains mois s’annoncent décisifs. Le cannabis pourrait passer d’une ressource clandestine à une culture légitime, porteuse d’enjeux économiques majeurs et d’une promesse de transformation sociale.

Hip hop, jet-set & weed

Les années 90, c’est la décennie du gangsta rap et de la guerre East Coast/West Coast. Celle-là même qui coûtera la vie à Notorious Big et Tupac et faillit stopper net la carrière de Snoop Dogg, inculpé de complicité dans un “drive by shooting”. Flashback.

Pendant les années 90 les ventes d’albums de hip hop atteignent des ventes record et l’on voit apparaître une aristocratie du hip hop (Hip hop royalty). Les nouveaux moguls du hip hop (Jay Z, 50-cent, Russell Simmons, Sean Combs alias Puff Daddy puis Diddy, Snoop Dogg, Kanye West) ont soif de respectabilité et de reconnaissance.
Ils créent leurs marques de streetwear et  s’affichent avec de gros cigares et des bouteilles de cognac.
Mais ce n’est pas assez pour arriver au sommet de la société qui est encore majoritairement WASP ( blanche anglo-saxonne et protestante).
Lorsqu’en 1998 Diddy lance dans les Hampton’s (chasse gardée de la haute société blanche) sa White Party a l’occasion du Labor Day, peu s’imaginent que cet événement deviendrait un rendez-vous incontournable de la haute société américaine et internationale  avec des marques de luxe qui se bousculent pour être sponsors.

Diddy, « Gastby des temps modernes »

Le magazine Hollywood Reporter qualifie alors Diddy de « Gatsby des temps modernes ». Interrogé par un journaliste qui lui demandait si il avait lu le roman « Gatsby le Magnifique », Diddy lui répondit alors tout naturellement : « Pas la peine, je suis Gatsby ».
La White party de Diddy s’est ensuite déplacée à Beverly Hills et à St Tropez et a donné tort à tous les habitués des Hampton’s qui annonçaient qu’une horde bruyante et vulgaire allait en finir avec leur lieu de villégiature privilégié. Depuis, Puff s’est mis à l’orange et la joue tranquille le soir. 

Puff Gatsby en black in white

La weed, c’est chic

L’aristocratie du hip hop,; après avoir conquis les lieux préférés de la jet set et investi massivement dans le cannabis est maintenant passée à l’étape suivante : faire rentrer la weed dans les codes de la jetset.
Ainsi, au printemps dernier la campagne de Monogram, la société de distribution de cannabis de Jay Z recrée les images mythiques de Slim Aarons le grand photographe de la jetset avec des personnages qui fument de la weed au bord d’une piscine de villa paradisiaque.

Bro’s & ho’s in Palm Springs; la hype-hop attitude version West Coast.

Le film est magnifique et l’association avec Slim fonctionne à merveille, la weed se trouve ainsi élevée au même rang que le cognac et le cigare.

A$AP Rocky, fashion icon

Cela marche d’autant mieux que la culture hip hop et son aristocratie jouissent à l’heure actuelle d’une influence considérable sur la mode.
Le légendaire tailleur de Harlem, Dapper Dan, qui était poursuivi par Fendi dans les années 80 pour usurpation de logo collabore aujourd’hui avec Gucci.
Virgil Abloh, le fondateur de Off White est le directeur artistique de Vuitton, Kanye West est au 1er rang de toutes les fashion weeks parisiennes, et continue à créer la surprise avec sa marque Yeezy, A$AP Rocky, rapper protégé de Snoop est adoubé par Kris van Asche et Raf Simmons et considéré comme une icône de la mode.
Forte de cette suprématie sur la musique et la mode, l’aristocratie du hip hop installe ainsi la weed dans un monde sophistiqué où les noirs étaient jusqu’alors peu représentés.
Nul doute que la campagne de Monogram est le début d’une nouvelle ère, comme la White party de Diddy l’a été à l’époque.
A suivre donc.

En Californie, la Saint Valentin va rapporter gros à l’industrie du cannabis

Le 14 février, c’est aussi la célébration d’un amour marqueté, pas loin du coup de foudre économique : coiffeurs surbookés, menus spéciaux hors de prix, bouquets XXL, tarifs Uber triplés… En Californie, terre sacré de la ganja légale, le business du cannabis récréatif n’échappe pas à la règle.

Love me higher

Depuis la légalisation du cannabis récréatif en 2016, la Californie s’est imposée comme l’épicentre mondial du weed-commerce. Et comme toute industrie bien rodée, elle a flairé le filon de la Saint-Valentin. Résultat : des campagnes marketing calibrées comme des séries Netflix, avec des packagings roses flashy, des slogans façon high love et des produits qui promettent de mixer détente et passion.
En 2023, les ventes ont grimpé de 22 % en moyenne autour du 14 février, atteignant près de 500 millions de dollars sur la semaine, selon Headset. Les produits infusés au THC, notamment les chocolats et huiles de massage, connaissent des pics de +35 %.

Parmi les stars du marché : les chocolats infusés au THC, parfaits pour un effet slow-burn romantique, les huiles de massage au CBD, qui font briller les peaux et détendent les esprits, ou encore les pré-rolls spécialement conçus pour booster la libido. « Les couples cherchent des expériences sensorielles nouvelles, et le cannabis leur offre exactement ça« , explique Amanda Jones, directrice marketing chez Kiva Confections. Des marques comme Lowell Herb Co ou Dosist rivalisent d’ingéniosité pour séduire un public en quête d’expériences inédites.

Le marché du désir sous influence

Si la weed était autrefois associée aux glandeurs couch-lockés devant la télé, elle est aujourd’hui un symbole de lifestyle cool et assumé. « Le cannabis ne sert plus seulement à planer, il est devenu un outil du bien-être quotidien, et ça inclut le romantisme » confirme Josh Del Rosso, cofondateur de Connected Cannabis.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon une étude récente, les ventes de produits au cannabis augmentent de 20 à 30% en février, avec un pic évident autour du 14. « Nos ventes de produits infusés au CBD explosent avant la Saint-Valentin, surtout les huiles de massage », ajoute un porte-parole de Papa & Barkley. Autrement dit, les couples (et les célibataires) ne se contentent plus d’un dîner au champagne, ils veulent aussi une expérience sensorielle complète. « On vend du rêve et du bien-être, et les consommateurs adorent« , explique le CEO de Dosist.&nbsp.
Love, weed & cash : le trouple parfait.

ZEWEED avec Ganjapreneur, Cannarerporter et 420 Intel

THC-O, le cannabinoïde qui réveille.

Dans les années 80, le choix en matière de cannabis était simple: weed ou hash? Au début du millénaire sont arrivés les distingos « sativa/ indica/ hybride » et un plus large choix pour le consommateur. Aujourd’hui, on ne choisit plus une variété mais un cannabinoïde pour ses effets thérapeutiques ou récréatifs ciblés. Parmi les molécules désormais disponibles (CBD, CBG, CBN, HHC, Delta-8…), aucune n’a encore réussi à faire de l’ombre au THC issu des Sativas les plus toniques… Jusqu’à maintenant?

Partons à la découverte d’une molécule aux effets détonants et à l’histoire insolite : le THC-O.
Au programme : des expérimentations pendant la guerre froide, des effets psychotropes au moins 3 fois plus puissants que le THC et un risque d’explosion permanent.
La simplicité même, on vous disait.

Arme de distraction massive

Un peu à la manière de la mythique Pineapple Express de Seth Rogen, cette super weed de synthèse est le résultat d’expérimentations par l’armée autour des armes chimiques (une tendance lancée par le terrible gaz moutarde de l’armée allemande, utilisé lors de la première guerre mondiale).
Des origines quelque peu sombres, qui s’inscrivent dans la logique américaine classique pendant la guerre froide : si les soviétiques le font… nous aussi.
C’est ainsi qu’en 1948 est lancé l’arsenal Edgewood dont le but est de développer un armement non létal et incapacitant.

Structure moléculaire du THC-O

Quelques années plus tard (le laboratoire ayant fermé en 1975), l’acétate est testé sur des chiens et on découvre qu’il perturbe nettement leur coordination : 2 fois plus que le Delta 9.
C’est d’ailleurs uniquement en 1978 que la substance est trouvée pour la première fois « dans la nature », lors d’une descente de la FDA dans un laboratoire souterrain, avant de retomber dans l’oubli jusqu’à très récemment.

Des tests sur les humains et plus récemment des essais par des youtubeurs évoquent un trip plus “spirituel” évoquant presque une version douce du LSD, mettant aux alentours de 30 minutes à monter. Les effets étant bien plus durables que le THC classique, il est conseillé de le consommer très progressivement.

L’huile de moteur… pour humain

Le THC-O se présente sous la forme d’un liquide marron épais, comparable à de l’huile de moteur. Il n’est donc consommable qu’en cartouche, teinture ou en produit alimentaire, jamais sous forme de fleur.
Attention il est TRÈS fortement déconseillé d’essayer de produire votre propre version du produit. Comme l’explique le site Honest Marijuana : “C’est beaucoup trop risqué et un laboratoire fera toujours un bien meilleur boulot”.

Le THC-O étant un acétate, il est très volatile sous sa forme originelle et son processus de fabrication est notoirement explosif.
En résumé, pour les plus scientifiques d’entre vous, cela implique d’ajouter de l’Anhydride acétique (un produit notoirement urticant), à du Delta-8 pur extrait du chanvre, pour en changer la structure au niveau moléculaire.
Pas d’inquiétude, si vous souhaitez tester le produit sans passer par un doctorat en chimie (ou risquer de terminer comme Walter White), certaines marques proposent déjà des produits comportant l’isolat.

Selon les forums spécialisés, les cartouches de la marque Binoid sont actuellement les plus fiables du marché pour tester le THC-O (avec un ratio de 92 pourcents de distillat et 8 pourcents de terpènes et 4 saveurs proposées).
La marque offre aussi des extractions sous forme de Wax, pour les amateurs de dab.

Comme toujours, Zeweed vous invite à ne vous fournir qu’auprès de marques fiables, à la traçabilité prouvée. Cette substance n’est pas actuellement encadrée par la législation américaine ou canadienne, puisqu’elle n’est que très récemment devenue disponible auprès du grand public.

Graine de légende la Haze de Nevil Schoenmakers

Il est des noms qui s’écrivent à la lisière de la légende, dans ce territoire incertain où l’histoire se confond avec le mythe. Celui de Nevil Schoenmakers, souvent surnommé le « King of Cannabis », appartient à cette catégorie. Sa trajectoire, commencée dans les années 1980, a façonné une part essentielle de la culture cannabique moderne et son nom reste indissociable d’une variété devenue culte : la Haze.

Par le collectif Cannamoustache

Né en 1956 en Australie, élevé aux Pays-Bas, Nevil Schoenmakers incarne la rencontre improbable entre la rigueur scientifique et l’instinct visionnaire. Dans une Europe encore marquée par les tabous, il fonde en 1984 la Seed Bank of Holland : première banque de graines de cannabis au monde. Ce geste, apparemment anodin, ouvre une brèche historique : pour la première fois, les cultivateurs peuvent accéder à des génétiques stables, sélectionnées et croisées avec méthode. L’ombre artisanale des cultures clandestines cède la place à une approche quasi académique, où la plante se pense comme patrimoine vivant.

Au cœur de cette révolution se trouve la Haze : variété américaine née dans les années 1970 en Californie, fruit des expérimentations des frères R. et S. Haze. Ces pionniers avaient marié des sativas venues de Colombie, du Mexique, de Thaïlande et du sud de l’Inde, créant une lignée d’une intensité psychédélique inédite. Mais la Haze, capricieuse et exigeante, restait une plante difficile à cultiver, réservée aux initiés. Nevil Schoenmakers, en croisant ces génétiques avec des variétés plus stables, la Northen Light #5 et la Skunk, permit à la Haze de franchir les frontières et de s’inscrire dans une histoire mondiale.

La Haze devint alors plus qu’une simple variété : une mythologie vivante. Ses arômes d’encens, de bois précieux et d’agrumes semblaient convoquer l’Orient et l’Occident, le sacré et le profane. Elle incarnait un voyage intérieur, une expérience de l’esprit autant que du corps. Dans les serres hollandaises, sous les lampes artificielles, elle prenait des allures de plante totémique, gardienne d’un savoir ancien.

Mais la légende de Nevil Schoenmakers ne s’écrit pas sans zones d’ombre. En 1990, il est arrêté en Australie à la demande de la DEA américaine, accusé d’avoir exporté des graines vers les États-Unis. L’affaire, surnommée « Green Merchant Operation », fit trembler tout le milieu cannabique. Libéré sous caution, il échappa à l’extradition et disparut des radars, laissant derrière lui une aura de fugitif romantique, à la fois traqué et vénéré.

Aujourd’hui encore, la Haze demeure la pierre angulaire de nombreuses génétiques modernes. Qu’il s’agisse de la Super Silver Haze, de la Neville’s Haze ou des innombrables hybrides qui en portent l’empreinte, toutes rappellent la main de ce sélectionneur visionnaire. Nevil Schoenmakers n’a pas seulement domestiqué une plante : il a ouvert un imaginaire. La Haze, avec ses fleurs effilées et ses effets transcendants, reste le symbole d’une époque où l’utopie psychédélique croisait la rigueur botanique.

Ainsi, l’histoire de Nevil et de la Haze s’écrit comme une épopée moderne. Elle mêle la quête de pureté génétique à la lutte contre les interdits, le rêve d’une plante universelle à la réalité d’un monde répressif. Comme toutes les légendes, elle oscille entre la lumière et l’ombre, mais son parfum, lui, continue de flotter dans les consciences. Et dans chaque graine de Haze, c’est un fragment de cette histoire mythique qui se transmet, de génération en génération.

Nevil Schoenmakers (1956-2019), sa life en 3 phrases.

Nevil Schoenmakers, surnommé le « roi du cannabis », fut un pionnier australien dans la sélection et l’hybridation de variétés de chanvre. Installé aux Pays-Bas, il a fondé la première banque de graines de cannabis, révolutionnant la culture et la diffusion mondiale de génétiques. Son parcours reste une référence incontournable dans l’histoire contemporaine du cannabis.

 

 

THCV: le cannabinoïde coup de fouet et coupe-faim

Corne d’abondance pour le corps médical, le cannabis continue de livrer ses secrets. Parmi les molécules prometteuses, le THCV, un alcaloïde de la plante aux étonnants pouvoirs dynamisants et anorexigènes. A la découverte de ce cousin naturel du THC, vendu légalement en France au même titre que le CBD, le CBG ou le H4CBD.

Le tétrahydrocannabivarine (ou THCV) est présent, de manière naturelle, dans de nombreuses variétés.
Longtemps ignoré par des cultivateurs préférant créer des variétés plus puissantes en THC, le THCV a le vent en poupe. Avec ses effets ciblés et adaptés, le THCV pourrait bien devenir de meilleur ami des amateurs de ganja qui souhaitent rester actifs et lucides, qui plus est sans dévaliser le frigo.

Potentiel thérapeutique

Ce composant du Cannabis a été découvert en 1973, en raison de sa structure moléculaire très proche de son grand cousin, le THC.
Longtemps délaissé au profit de cannabinoïdes plus populaires et psychotropes, le THCV aide notamment à la régulation de la glycémie et agit comme un coupe faim.
C’est la raison pour laquelle il est actuellement étudié pour soigner des personnes ayant des troubles alimentaires de type boulimie, souffrant d’obésité ou encore pour aider les diabétiques dans la régulation de leur glycémie.

Attention cependant, il ne s’agit pas d’un remède miracle pour perdre du poids, mais plutôt pour mieux réguler son appétit. La guerre contre les munchies pourrait enfin être gagnée par nous autres, simples consommateurs.
On peut aussi souligner que des études mettant en valeur le potentiel anxiolytique et anti-inflammatoire offrent des résultats très prometteurs. De ce fait, il est aussi étudié dans le traitement des troubles post-traumatiques.
Enfin, grâce à ses effets neuro-protecteurs, il offre un véritable espoir pour le futur des thérapies contre Parkinson et Alzheimer, deux maladies pour le moment malheureusement dépourvues de remèdes.

Cafeïne verte

Contrairement au CBD, le THCV est psychoactif. Même s’il contre en partie les effets planants du THC, en offrant une expérience alternative bien plus douce. Les consommateurs décrivent un high énergétique, inspirant et beaucoup plus doux pour l’organisme, tout en restant très euphorique. La  concentration des fleurs et cartouches pour vape-pen allant de 5 à 20 % de THCV, nous recommandons cependant de les consommer en soirée pour éviter de sauter toutes vos collations .

De nombreuses variétés de grande qualité sont déjà disponibles pour votre consommation, mais uniquement dans les pays proposant du cannabis légalement, comme c’est le cas en France . Brittney Griner en a d’ailleurs fait les frais en arrivant à l’aéroport de Moscou, lorsque la douane découvrit dans ses affaires un vape-pen au THC et THCV, quelques jours avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie…

Parmi les plus célèbres variétés  de cannabis récréatif THC/THCV, on retiendra  la Durban Poison, une variété Sud-Africaine importée par Ed Rosenthal  dans les années 70 (5 % de THCV) et surtout la championne absolue de la catégorie : la Doug’s Varin qui affiche  jusqu’à 25% de THCV.

Note: si vous souhaitez en profiter lors de vos séances de vaporisation, il a une température d’ébullition plus importante à 157°C (donc 315°F).

Mark Savaya, le cannabis businessman parachuté envoyé spécial en Irak par Donald Trump.

Poids lourd du cannabis récréatif au States, Mark Savaya s’est vu offert par Donald Trump le poste d’envoyé spécial en Irak. Une nomination déroutante, à mi-chemin entre mauvais trip géopolitique et enfumage présidentielle.

Cet article est issu du Zeweed magazine #11. Pour le trouver près de chez vous, cliquez sur ce lien
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Mark Savaya a la biographie d’un personnage secondaire dont le romancier aurait soudainement décidé d’en faire le héros de son œuvre. Patron d’une tech cannabique, il est devenu depuis octobre 2025 envoyé spécial de Donald Trump en Irak. Une nomination reçue comme une énigme. « Nous pensions à un émissaire traditionnel, nous avons eu un entrepreneur du cannabis », a ainsi déclaré un diplomate irakien, résumant à lui seul ce mystère géopolitique.

Mark Savaya et Hulk Hogan (1953-2025). Where’s the catch?

Né il y a quarante ans dans une famille assyrienne ayant quitté Mossoul dans les années 1990, Savaya a grandi à Detroit et fondé Leaf and Bud, une chaîne de dispensaires de cannabis après la légalisation dans le Michigan en 2018. Avec ses airs de Jean Roch de la weed – son Instagram est truffé de photos au sourire trente-deux dents et de pouce en l’air aux côtés de personnalités –, rien, dans son parcours, n’annonçait qu’il finirait au cœur du laboratoire diplomatique de Trump. Car la question demeure : que va-t-il réellement faire en Irak ? Même dans l’entourage républicain, on parle d’une « initiative personnelle du président », formule qui peut évoquer une intuition brillante ou un geste improvisé après une journée un peu trop longue. Trump le présente comme un « trouble-shooter », un homme qui « comprend le Moyen-Orient autrement ».

Cannabis et géopolitique

Les voyages de Savaya à Bagdad et Erbil se sont multipliés ces dernières années, entre projets de data agricole et entretien des liens communautaires que les États-Unis ont longtemps négligés. Les Irakiens voient un intermédiaire tenace, capable de parler sécurité puis infrastructures dans la même conversation. Les Américains y voient un profil extérieur au système, donc facilement éjectable si l’expérience tourne court. C’est là que se niche le paradoxe : Savaya dirige une entreprise dont la survie dépend d’une conformité stricte au droit fédéral tout en se retrouvant chargé d’une mission où l’opacité fait partie du décor. Un pied dans les dispensaires qui respectent les clous, l’autre dans un pays où les signaux faibles comptent autant que les accords officiels.  

Même dans l’entourage républicain, on parle d’une « initiative personnelle du président ».

En réalité, la désignation de Savaya marque moins une décision en plein moment de « high » du POTUS qu’un recalibrage de la relation entre Irak et États-Unis que Trump voudrait consolider. Savaya incarne ainsi la volonté américaine de redéfinir sa stratégie au Moyen-Orient : un profil d’affaires, aux racines irakiennes, censé réconcilier reconstruction économique, influence politique, contrôle des milices chiites liées à l’Iran et réconciliation avec les Kurdes. Il y a du taf et le pari est audacieux dans un pays devenu une pétaudière. Si Savaya parvient à transformer son héritage culturel, son réseau et sa vision entrepreneuriale en résultats tangibles, alors son mandat pourrait marquer le début d’une diplomatie « business-style » au service d’un Irak nouvelle formule. Et ça vaudra bien un petit joint pour fêter ça.

Par Raphaël Turcat
@raphaelturcat

IA : Bienvenue dans la Silicon Weed

Culture optimisée, effets personnalisés, analyse ultra-ciblée : avec l’irruption de l’intelligence artificielle, le cannabis entre dans une nouvelle ère. Entre innovations déjà à l’œuvre, vertiges éthiques et délires futuristes, enquête sur un mariage qui pourrait bien changer la façon dont on plane et se soigne.

Par Thomas Le Gourrierec

Cet article est issu du Zeweed magazine #10. Pour le trouver près de chez vous, cliquez sur ce lien
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Perdue au nord-est de Los Angeles, dans le désert des Mojaves, Adelanto est une ville de 38 000 âmes qui traîne son ennui sous l’aridité féroce de son climat. Elle campe ici depuis 1915, date de sa fondation par Earl Holmes Richardson, inventeur du fer à repasser électrique qui, après avoir vendu son brevet, fit l’acquisition d’un terrain pour y créer un quartier résidentiel privé. Sévèrement amochée en 2008 par la crise des subprimes, elle a peu à peu remonté la pente en attirant des entreprises, spécialisées notamment dans la culture du cannabis.

Le shop de 818 Brands à Studio City (Californie)

Parmi celles-ci, 818 Brands, dont les entrepôts gris trônent comme un mirage au milieu des sables. L’intérieur fait songer à un grand laboratoire futuriste aux murs blancs. Quatre mille lampes LED braquent une lumière froide et cérémonieuse sur des rails garnis de plants de cannabis. Sous sa casquette kaki, David Rodriguez, l’un des trois cofondateurs de la société, ne peut réprimer un élan de fierté lorsqu’il embrasse du regard la mer de têtes vert sauge qui s’épanouissent ici.

« Depuis que nous utilisons Copilot, notre rendement a doublé. »  David Rodriguez, cofondateur de 818 Brands

Le secret de sa réussite ? Un outil ultra-perfectionné nommée Copilot, mis au point par la société Growlink basée à Denver, dans le Colorado. Aujourd’hui, des centaines de capteurs collectent des données, analysées par l’IA pour orchestrer la croissance des plantes avec la précision d’un maître horloger. Irrigation, lumière, température, nutriments : tout est modulé au millimètre. Même le moment de la récolte devient une science exacte. « Avant de travailler avec eux, nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre le matin, en entrant dans la pièce, se remémore en souriant David Rodriguez. Concernant l’arrosage, par exemple, nous évaluions grossièrement la quantité d’eau à utiliser. En fait, nous ne maîtrisions pas vraiment ce qu’il y avait dans les pots ! Depuis que nous utilisons cet équipement, notre rendement a doublé. » Et la qualité du produit est stable, en plus d’être irréprochable.

Du cannabis cousu main

Il est loin, le temps où la culture la weed s’effectuait sur la base de recettes ancestrales transmises de dealer en dealer, dans des sous-sols humides. Bienvenue dans l’ère de la haute couture cannabique. Pour parfaire cet art, l’IA permet également de détecter la présence de moisissures ou d’agents pathogènes nocifs pour la plante ou le consommateur. Elle aide par ailleurs au tri des fleurs et prédit même le rendement des cultures, afin de mieux planifier les récoltes et maximiser la production. Aux Pays-Bas, la société INNEXO a développé une technologie capable d’identifier les phénotypes des graines avant même qu’elles ne poussent. Plus besoin d’attendre des mois pour savoir si votre plant sera mâle ou femelle, fort ou chétif. Avec 600 graines issues de six variétés différentes étiquetées numériquement, et plus de 5 000 points de données collectés pour chacune, on atteint des sommets de précision, avec une sélection de caractéristiques comme la floraison ou la couleur des fleurs…

Chez Innexo, le tri non destructif des graines basé sur des traits phénotypiques. © Innexo BV

Le bagage génétique du cannabis n’étant pas stable, il est possible de le modifier en jouant sur la luminosité ambiante, la température, l’apport hydrique… De quoi faire évoluer ses molécules d’intérêt selon les besoins. Parmi celles-ci figurent les cannabinoïdes tels que le THC, responsable des effets psychoactifs, ou le CBD, garant de la réaction apaisante, mais aussi les terpènes, qui confèrent à chaque variété des parfums et saveurs uniques, ainsi que des propriétés, anti-inflammatoire ou antioxydante par exemple.

À l’Université de New York d’Abu Dhabi, le chimiste Ramesh Jagannathan se consacre depuis 2019, avec le rendort des algorithmes, à l’étude pharmacologique des plus de 400 agents actifs que contient le cannabis. Les combinaisons de ces éléments, avec une multitude d’autres, ouvrent sur une infinité de possibilités pour offrir des effets ultraciblés. « Je travaille sur les substances les plus actives et les mieux assimilées pour fabriquer un chanvre qui produira les meilleurs effets possibles », décrypte l’homme de science. Considérant qu’il est difficile de se livrer à ces expérimentations sur des humains ou animaux, il utilise l’intelligence artificielle. Avec l’espoir d’aboutir à des variétés qui seront utilisées dans des buts bien précis, thérapeutique ou récréatif. Pour bien dormir, par exemple, se concentrer sur une tâche professionnelle, faire l’amour, la fête ou du sport.

En Israël, la société Canonic s’appuie sur l’IA pour produire du cannabis thérapeutique à effet ciblé. Dose de THC : 23% !

En Israël, la société Canonic s’appuie, elle, sur l’IA pour produire du cannabis thérapeutique à effet ciblé, là aussi. Celui-ci contient une dose de THC, efficace contre le stress et la douleur, à faire pâlir tout Amsterdam : 23% ! Déclinés en six moutures, les produits maison, aux noms de livrets bancaires (Synergy, Mosaic, Combo…) sont mis au point avec le concours du moteur technologique GeneRator AI. Celui-ci permet de rechercher spécifiquement un taux de THC plus élevé ou des caractéristiques terpéniques bien précises. D’autres chercheurs ont découvert, toujours grâce à l’IA, que les effets de la weed sur des récepteurs opioïdes induisaient une réaction antalgique de l’organisme. Plus concrètement, le cannabis pourrait avoir la même action sur la douleur que la morphine. Sans les effets indésirables de celle-ci.

Chez Canonic, on maîtrise toutes les étapes du développement grâce à l’IA

Une expérience consommateur optimisée 

Toujours dans le but de tenter des combinaisons aboutissant à des effets bien ciblés, l’IA permet d’effectuer des croisements virtuels entre variétés, beaucoup plus rapides que dans le monde réel. Plus besoin d’attendre la pousse durant des semaines ou des mois, quelques minutes suffisent pour simuler l’évolution de plusieurs générations.

Combien de consommateurs ont-ils déjà vécu l’expérience traumatisante du brownie maison qui catapulte en orbite sans préavis ou du grand naufrage sur le canapé du salon transformé en radeau ? L’IA devrait bientôt permettre de parer ces affres en orientant le consommateur vers le produit qui lui convient parfaitement. Côté médical, elle permettra bientôt d’analyser de vastes données patients, incluant les symptômes et les réponses aux traitements précédents. Le défi est réel : chaque patient compose différemment avec le THC et le CBD, en fonction de facteurs comme l’âge, le poids et le métabolisme. Bientôt, l’IA connaîtra mieux votre constitution que votre médecin de famille ! Dans le même genre, certaines plateformes permettront aux patients de saisir des détails comme leur condition physique ou leurs symptômes, afin que le système génère des suggestions de dosage basées sur des profils patients similaires. Un genre de Netflix de la fumette thérapeutique.

Aux Etats-Unis, l’application Jointly utilise déjà l’IA pour analyser un demi-million d’expériences consommateurs documentées afin d’orienter l’utilisateur vers telle ou telle variété, selon qu’il souhaite « renforcer sa créativité », « trouver énergie et élévation » ou « s’apaiser et se relaxer ». Côté qualité produit, HiGrade offre pour sa part de tester instantanément ses fleurs de cannabis en transmettant trois photos de ces dernières, analysées via un système poussé. Celui-ci peut même indiquer le pourcentage de THC !

À l’évidence, l’époque romantique du cultivateur bohème perdu dans la campagne sera un jour révolue. Elle laissera place à l’ère du cannabis industriel intelligent, où chaque gramme est tracé, analysé, optimisé. Se posent alors plusieurs questions. Quelles seront les incidences si l’IA transforme une pratique contre-culturelle en industrie rationalisée et capitaliste ? Avons-nous le droit de façonner le vivant selon nos désirs récréatifs ? Quelle place reste-t-il pour la spontanéité, l’imprévu, l’erreur créatrice ? Une chose est certaine : comme dans de nombreux domaines convoquant l’IA, celle-ci ne révolutionnera le monde du cannabis qu’en étant utilisée, non pas à la place, mais en synergie avec l’individu.

 

That High Couple : la relève smart et fun des Weedtubers

Dans la galaxie des WeedTubers, Alice et Clark, alias That High Couple, ne font pas dans le cliché dreadlocks aux  yeux myxomatosés  mais dans le fun pétillant, forts d’un lifestyle aussi brillant qu’un bong chromé. Mariés et épousant la même vision créative, ils incarnent l’anti-couch-lock avec une énergie débordante. Zeweed magazine les a rencontré.

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« Le cannabis a apporté tellement de joie, de créativité et de connexion dans nos vies, qu’on voulait partager cette perspective avec les autres. Pendant trop longtemps, la culture autour du cannabis a été associée à des stéréotypes dépassés, il était temps de montrer un côté plus léger et réaliste. En se concentrant sur nos propres expériences positives, on espère démontrer que le cannabis peut faire partie d’un mode de vie heureux, sain et épanouissant », lâche Alice avec un sourire lumineux.

Clark et Alice. Crédits : That High Couple

Le mantra de That High Couple ? Dépoussiérer les vieilles images de stoners déconnectés pour montrer que la weed peut être synonyme de bien-être et de bonne humeur. Leur secret ? Miser sur leurs propres expériences positives pour faire passer le message. « Quand quelqu’un nous dit qu’il n’avait jamais vu le cannabis sous cet angle, on sait qu’on est sur la bonne voie », explique Clark.

« Pendant trop longtemps, la culture autour du cannabis a été associée à des stéréotypes dépassés, il était temps de montrer un côté plus léger et réaliste » Alice

Alice et Clark incarnent une alchimie rare dans l’univers du WeedTubing. Et non, ce n’est pas que la weed qui les relie. Leur duo créatif repose sur un équilibre parfait entre spontanéité et organisation. « On plonge souvent dans nos sessions ensemble, mais si l’un est trop high pour organiser, l’autre prend le relais », confie Alice en riant.
Clark, c’est le geek du setup, du cadre parfait. Alice, c’est la rêveuse qui éclaire les brainstorms. « On se complète à chaque étape, et ça se ressent dans nos vidéos : du fun, mais toujours bien ficelé », précise-t-il.

Aux petits soins pour leurs followers

Leur communauté, c’est leur moteur. Alice raconte cette fois où, à un festival, un fan leur a offert un joint roulé spécialement pour eux… « Il nous a dit que nos vidéos l’aidaient à assumer sa consommation », se souvient-elle, touchée. Ces interactions, loin d’être anecdotiques, nourrissent leur stratégie : chaque commentaire ou DM inspire de nouvelles idées. « Notre public nous guide autant qu’on le guide », admet Clark.

«Sur la weed, YouTube, c’est un champ de mines » Clark

Être WeedTuber, ce n’est pas que du smoke and chill. Avec des plateformes qui « flaguent » au moindre faux pas et une féroce compétition, Alice et Clark doivent constamment innover. « Sur la weed, YouTube, c’est un champ de mines. Les algorithmes changent tout le temps, donc on doit jongler », soupire Clark. Diversification, collaborations stratégiques, et même un livre prévu pour 2025 : leur réponse est simple :  s’adapter ou se crasher.

La résilience du WeedTuber

« On voit ça comme un défi, pas une fatalité. On essaye également de se concentrer sur l’éducation et la normalisation. En étant transparents, en montrant le cannabis sous un jour positif et en plaidant pour sa légalisation, on fait notre part pour déconstruire les stigmates. C’est un défi, mais on croit que la constance, l’authenticité et une volonté d’adaptation sont les clés de la croissance », développe Alice.

Le feu de l’amour. Crédits : That High Couple

Passion ou stratégie ? Pourquoi pas les deux ? Revues de produits, guides DIY et festivals psychédéliques, leur contenu oscille entre spontanéité et stratégie. « Ce qu’on crée doit nous passionner, mais aussi coller aux envies de nos abonnés », poursuit-elle. Qu’il s’agisse d’un partenariat ou d’une vidéo sans sponsor, leur marque reste intègre et alignée avec leurs valeurs. Alors que la légalisation gagne du terrain sur le globe, That High Couple prouve que le cannabis peut aussi être un style de vie aussi lumineux que coloré. 

Par Doria A.

 

USA : Dans les Etats qui ont légalisé le cannabis, la consommation d’alcool chute.

En Oregon, des chercheurs ont observé un phénomène discret mais bien réel : plus il y a de dispensaires de cannabis, moins certaines catégories d’adultes boivent d’alcool. Une substitution qui dit quelque chose de notre rapport contemporain aux substances, au plaisir et à la santé.

Ganja vs Apéro : 1-0

Depuis des années, on soupçonne que l’arrivée du cannabis légal bouleverse la hiérarchie des produits que les Américains consomment pour se détendre, s’évader ou simplement supporter la journée. Mais une étude menée par l’Université d’État de l’Oregon, financée en partie par l’Institut national sur l’abus des drogues, apporte une nuance importante : ce n’est pas seulement la légalisation qui compte, mais l’accès. Concrètement : la proximité du dispensaire du coin.
En analysant les comportements de plus de 60 000 adultes entre 2014 et 2022 — autrement dit, avant et après l’ouverture commerciale du marché — les chercheurs ont constaté que là où il y a plus de boutiques de cannabis, la consommation d’alcool lourde baisse, notamment chez deux publics : les 21-24 ans et les plus de 65 ans. Deux générations qu’on n’aurait pas forcément imaginées voisines de comptoir.

Une tendance toutes catégories d’âge confondues

Les 21-24 ans, ce sont ceux pour qui la fête est encore supposée être un sport de contact. Pourtant, dans les zones où le cannabis est facilement disponible, ils boivent moins. Non pas parce qu’ils se seraient soudain découverts une passion pour la modération, mais parce que l’herbe joue le rôle de substitut : même détente, moins de mal de crâne au réveil.
Plus surprenant encore : chez les seniors, même phénomène. Le baby-boomer qui se tourne vers le joint du soir plutôt que vers le verre de chardonnay n’est pas une anecdote isolée. Pour certains, il s’agit d’automédication douce — douleurs chroniques, troubles du sommeil. Pour d’autres, d’une recherche de bien-être plus contrôlée que l’ivresse alcoolique. Résultat : moins d’alcool fort, plus de vaporisation.

Consommation de weed en hausse

Mais là où la substitution devient plus nette, un autre effet apparaît : plus l’accès au cannabis est simple, plus les habitants en consomment fréquemment. Rien de très surprenant : quand un produit est légal, visible et normalisé, son usage augmente.
Les personnes de 18 à 20 ans restent en dehors du tableau, pour des raisons d’âge légal. Mais chez les autres tranches d’âge, la hausse de l’usage régulier est claire. Reste la grande inconnue : l’impact sur la santé publique. Car si boire moins est bon pour le foie, consommer davantage de cannabis n’est pas neutre, notamment pour la mémoire, l’attention, ou la dépendance psychologique.
Les auteurs de l’étude le disent sans emphase : on ne sait pas encore si le gain d’un côté compense la perte de l’autre. Mais une chose est désormais certaine : le cannabis n’est plus un produit marginal. Il est devenu une option, un choix, un concurrent de l’alcool avec sa clientèle, ses usages et sa culture.
-« On prend un verre?
– Non, on prend de la verte! »

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