Légalisation

Tommy Chong: l’interview weed & wisdom

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A 84 ans, Tommy Chong est sans nul doute le plus célèbre des activistes de l’herbe. De ses débuts en tant que musicien dans un strip-club au statut de star du box-office en passant par la case prison avant un come-back salué, le parcours du plus fumé des canadiens force le respect. Après un demi siècle de militantisme, Tommy Chong peut enfin rouler un doobie en paix : en Californie, où il réside, son combat pour la légalisation du cannabis est gagné. Zeweed l’a rencontré pour discuter spiritualité, religion, santé et ganja.

Quand on décroche une interview avec Tommy Chong, on s’attend à parler de beaucoup de choses, mais pas forcément de Dieu et de l’existence éternelle.
Tout commencé avec une question simple portant sur sa bataille contre les deux cancers qui l’ont atteint et des effets bénéfiques du cannabis sur sa santé.

Cheech et Chong, ancêtres made in USA des frères pétard

« J’ai ma propre théorie sur l’herbe. Soit l’observation d’un profane, oui, mais aussi celle d’un connaisseur» me glisse Tommy de façon complice.
« Notre système immunitaire est la clé de toute guérison. Et notre système immunitaire ne peut pas fonctionner correctement quand il est en alerte constante. C’est pourquoi le repos est si important et pourquoi , quand nous sommes malade, l’approche de la médecine conventionnelle consiste à nous isoler sur un lit d’hôpital, loin de tous stress ou distractions négatives.

“L’herbe m’a permis de vaincre mon cancer”

Ce que Tommy appelle « l’observation d’un profane » est en fait un postulat médical avéré.
Lorsque nous sommes stressés, notre corps devient plus sensible aux infections et aux maladies. C’est parce que l’hormone du stress -le cortisol- déclenche en nous une réaction ancestrale de lutte ou de fuite, et diminue par incidence le nombre de lymphocytes (ou globules blancs NDLR) dans notre sang. En conséquence, notre corps devient moins efficace pour lutter contre les agressions extérieures.
Ce que fait le cannabis, c’est de vous placer dans un état de repos. Dès lors, votre système immunitaire, qui n’est pas solicité pour lutter contre des agressions exogènes, peut se concentrer sur le corps et assurer son fonctionnement harmonieux. » poursuit Tommy.
Mais la vraie guérison n’est pas physique : le remède ultime est le remède spirituel. Je suis persuadé que l’herbe m’a permis de vaincre mon cancer“.

“Et mon contact avec Dieu a permis à mon corps d’y croire”

Pour Tommy Chong, le remède spirituel réside dans une connexion profonde et personnelle avec Dieu.
Je sais que Dieu m’aime. Et quand les gens me demandent comment je le sais, je leur dis « avez-vous vu ma femme ?” s’amuse  l’humoriste (marié à la sublime Shelby Chong) en accompagnant sa blague d’un rire aussi profond que guttural.
“Quand vous avez ce lien étroit avec Dieu, vous pouvez tout conquérir», me dit-il alors qu’il a repris un ton sérieux. “Et mon contact avec Dieu a permis à mon corps d’y croire“.

Tommy s’arrête un instant, repensant à son enfance sans le sous et cette petite bicoque au fin de l’Alberta, au Canada, dans laquelle il a passé son enfance et adolescence.
« C’était la maison la moins chère, la seule que mon père pouvait nous offrir. Il l’a acheté sur un coup de chance pour quelque chose comme 500 dollars. »

Tommy Chong: toujours bien équipé pour arriver au 7ème ciel

Aujourd’hui, Tommy prend mon appel depuis son domicile niché sur les hauteurs de Pacific Palisades, un des plus beaux quartiers ne à Los Angeles, entre Malibu et Santa-Monica.
Il y a quelques jours, la maison d’un de ses voisins a été vendu pour 50 millions de dollars. « Je n’en revient pas d’habiter dans un endroit où une maison coûte littéralement 10 000 fois plus cher que celle où j’ai grandi. Même si fondamentalement, je m’en fout. Ma femme et ma famille s’occupent de tout cela. Moi, je suis juste assis ici et je reste en contact avec Dieu » s’amuse Chong en souriant paisiblement.

“Je n’en revient pas d’habiter dans un endroit où une maison coûte littéralement 10 000 fois plus cher que celle où j’ai grandi. Même si fondamentalement, je m’en fout”

Pour lui, se connecter avec Dieu, ou son « higher power » (sic) comme il l’appelle parfois, est une pratique simple : «Nous sommes tous de Dieu. Toi, moi, le monde entier. Tout le monde. Les bons, les mauvais, chaque créature vivant sur terre. Nous sommes tous des êtres éternels, que vous vouliez le croire ou non».
L’autre moitié du célèbre duo Cheech et Chong se souvient avoir lu récemment un journal que chaque goutte d’eau qui était sur terre au commencement est toujours là aujourd’hui, sous une forme ou une autre.

“Nous sommes constituées à 90% d’eau”. Chez Tommy Chong, les 10% restant sont d’origine végétale.

En tant qu’humains, nous sommes constitués à 90 % d’eau. Il est donc scientifiquement prouvé que 90% de nos particules ont toujours été ici, sous une forme ou une autre. Alors pourquoi pas les 10 % restants ?  Nous sommes des êtres éternels. Rien ne disparaît. Nous réapparaissons simplement sous une autre forme. C’est aussi un karma physique“.
En tant qu’êtres éternels, Tommy croit que nous existons dans deux mondes : un qui est physique et un qui est spirituel.
Dans le monde physique, il y a un conflit constant. Il y a des contraires. Dans le monde physique, vous ne pouvez pas avoir de haut sans bas, vous ne pouvez pas avoir de justes sans injustes, vous ne pouvez pas avoir Joe Biden sans Donald Trump“.

Et tout comme il y a la possibilité de faire le bien, ou de « rester sur la bonne voie » comme le dit Tommy, il y a aussi la possibilité de faire le mal.
Dans l’histoire de notre existence, nous avons vu à quel point la vie peut être brutale » se souvient-il en évoquant son incarcération.  “Mais seulement jusqu’à un certain point, puis vous partez, vous entrez dans le monde spirituel. Et dans le monde spirituel, il n’y a rien d’autre que l’amour“.

“Je veux croire que le bien a toujours un léger coup d’avance sur le mal. Sinon, on est mal barrés.”

Notre passage dans ce monde physique est selon Tommy une opportunité de grandir, de s’élever. Il compare cela à l’école ; profitez-en pour faire le bien et vous vous élèverez. Choisissez le contraire, et vous régresserez.

En tant qu’êtres humains, nous avons un devoir : celui de s’entre-entraider. Parce que nous venons tous de quelque chose, d’une trame universelle. Non, nous n’apparaissons pas par magie, même si l’Église catholique voudrait nous faire croire qu’il existe une conception immaculée !“. Tommy laisse échapper un grand rire chaleureux.
« Lorsque vous entrez dans le monde physique, vous devez être physique, et c’est ce que nous faisons. Et il doit y avoir des contraires, donc il y aura toujours des opposants et des opposants. Et si vous regardez les pourcentages, ils sont quasiment égaux. Je veux croire que le bien a toujours un léger coup d’avance sur le mal. Tout du moins est-ce ma façon de voir les choses. Sinon…on est mal barrés“.

“Cannabis”, l’enquête qui pose les bonnes questions

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Le 2 avril prochain, au lendemain de la légalisation du cannabis en Allemagne, France 5 diffusera en prime time « Cannabis », un documentaire réalisé par Antoine Robin et présenté par Mathieu Kassovitz.  ZEWEED a pu voir en exclusivité cette enquête choc, dont nous vous livrons ici les grandes lignes.

Alors que le trafic de cannabis est au cœur de l’actualité avec les opérations  « Place Nette », la chaîne du service public France 5 (France télévisions) a choisi de diffuser un documentaire qui interroge sérieusement le bien-fondé de la politique menée par son employeur.

Mathieu Kassovitz est allé questionner addictologues, dealers, consommateurs, politiques et forces de l’ordre, pour dresser un état des lieux de 50 ans de prohibition en France, à ce jour la plus sévère d’Europe. Paradoxe : l’Hexagone est le pays qui compte le plus grand nombre de fumeurs de joints, avec près de 6 millions d’enthousiastes de l’herbe qui fait planer.

L’enquête se poursuit dans les pays où le cannabis est déjà légalisé ou dépénalisé : au Maroc, en Espagne, au Pays-Bas et enfin au Canada, qui a entièrement légalisé en 2018, et où le réalisateur de La Haine a rencontré son premier ministre, Justin Trudeau.

Ce 90 minutes libre arbitre, sans préjugés “pour ou contre la légalisation” se veut une invitation à ouvrir le débat sur cette question de société qui fait régulièrement les grands titres de la presse comme des journaux télévisés.

« Mon but n’est pas qu’on légalise le cannabis mais qu’on se pose la question» précisait à cet effet Mathieu Kassovitz à l’occasion d’une interview accordée à nos confrères de 20 minutes.

Il ne fait aucun doute que “Cannabis” pose les bonnes questions. Reste à savoir si elles seront entendues et quelles réponses y seront apportées.

Cannabis – Une enquête de Mathieu Kassovitz et Antoine Robin d’Antoine Robin sera diffusé mardi 2 avril à 21.05 sur France 5, et sera suivi d’un débat sur cette très actuelle question de société
France Télévisions proposera également  une version longue de cette enquête,  dans un format découpé (soit 10 épisodes de 20 minutes), disponibles dès le mardi 2 avril, sur la plateforme web France.tv.

Alex Rogers : le business comme activisme

Militant dans l’âme depuis plus de 3 décennies, Alex Rogers est l’homme derrière l’International Cannabis Business Conference (ICBC), le plus influent évènement B2B du secteur. Alors que l’Allemagne légalise le cannabis, l’ICBC s’apprête à fêter les 16 et 17 avril prochain son 10ème anniversaire à Berlin, dans une édition qui s’annonce grandiose.

ZEWEED : Comment vous est venu l’idée de fonder l’ICBC ? 

Alex Rogers : Je dirigeais une grande clinique de cannabis médicale dans l’Oregon et me suis rendu compte que cette filière était en plein essor, mais sans réel point de convergence entre les acteurs. Fort de ce constat, j’ai montée en 2014 un colloque professionnel sur le cannabis thérapeutique : l’Oregon Marijuana Business Conference (OMBC). En septembre de la même année, nous avons lancée à Portland la toute première ICBC. A l’époque, tout le monde m’a pris pour un fou : s’il n’existait aucune conférence internationale sur le cannabis, il n’y avait pas non plus de commerce international de cannabis! Mais j’étais convaincu, comme poussé par un esprit supérieur.
L’ICBC de Portland a été un bel événement mais n’a pas été rentable. Ensuite, nous avons organisé l’ICBC de San Francisco et là, ce fut un vrai succès. Pendant longtemps, nous avons été le seul évènement B2B Californien ainsi que le plus important de l’ouest Canadien (à Vancouver NDLR).
Puis je suis parti à la conquête de l’Europe, tout simplement parce que c’est ce que j’ai toujours voulu faire : être la première conférence B2B du cannabis sur le vieux continent et y planter le drapeau ICBC.

ZW : Pensez-vous qu’en organisant ces conférences, vous faites bouger les lignes politiques ? 

AR : C’est une excellente question. En 1993, j’ai rencontré Jack Herer qui a été mon mentor. Jack m’avait embauché, entre autres choses, pour diriger sa campagne Signature en Californie du Nord. A l’époque, j’étais un activiste hardcore. Il y a environ 17 ans, j’ai été incarcéré en Allemagne pour du cannabis. En sortant de prison, je suis revenu en Oregon où j’ai été repris ma casquette de militant pendant quelques années. Ensuite, j’ai lancé ma clinique de cannabis médicale, qui a rencontré un certain succès.

“Tout ce que je fais avec l’ICBC vise à faire évoluer les politiques”

J’ai alors compris que c’est à la tête d’une entreprise dégageant de beaux profits que mon activisme aurait le plus de portée. Et c’est ainsi, en actionnant le levier commercial et financier, que j’ai commencé à faire avancer les politiques sur le cannabis.
Tout ce que je fais avec l’ICBC vise à faire évoluer les politiques. Et je le fais très simplement ; en rassemblant des professionnels. Parce que c’est comme l’œuf et la poule : l’industrie mène la politique et la politique conduit l’industrie. L’ICBC a été un moteur majeur du marché Européen et continu de l’être, en Allemagne particulièrement. Il ne fait aucun doute que nous avons contribué à faire avancer les choses en portant l’industrie du cannabis pour les raisons susmentionnées.

 ZW : Certains estiment que la légalisation en Allemagne est une légalisation en demi-teinte dans la mesure où les consommateurs ne pourront pas acheter de cannabis comme au Canada ou certains Etats américains… 

 AR : Pour moi qui a pu observer la légalisation et ses effets dans les Etats américains dans lesquels j’ai vécu, que ce soit la Californie et l’Oregon ou encore avec le modèle canadien, les dispositions prises en Allemagne en font à mon sens une légalisation idéale. Comme je le dis toujours, le plus important est de décriminaliser le cannabis. C’est ce que fait l’Allemagne, et c’est crucial. Il y a de nombreux exemples de légalisation basés sur un modèle où tout est très contrôlé, industrialisé. Or, on voit que cela ne fonctionne pas. Ce qui fonctionne, c’est lorsque le cannabis est véritablement libéré, sans laisser la possibilité aux grands groupes d’absorber le marché. Les idées forces à mon sens sont de laisser tout un chacun libre de faire pousser son cannabis à domicile, de réduire systématiquement les sanctions pénales et de retirer le cannabis de la liste des stupéfiants. Et là, nous avons un système de légalisation vertueux.

“Ce qui fonctionne, c’est lorsque le cannabis est véritablement libéré, sans laisser la possibilité aux grands groupes d’absorber le marché”

Quand on voit la facilitée avec laquelle on pouvait obtenir une ordonnance pour du cannabis médical en Californie, je me demande encore s’il était nécessaire de légaliser le récréatif en Californie, alors que le système entourant la délivrance de marijuana médicale était déjà très «  laisser faire  » (prononcée en français durant l’interview, NDLR).
D’ailleurs, je suis presque sûr que le cannabis n’a jamais été rayé de la liste des stupéfiants en Californie, et cela mérite réflexion.

ZW : C’est à dire?

AR : Si l’Allemagne avait suivi le modèle Californien, elle aurait maintenu les sanctions pénales appliquées, aurait laissé le cannabis inscrit sur la liste des stupéfiants et imposé une réglementation sur les licences de distribution. Si cela avait été le cas, la production et la distribution auraient rapidement été monopolisées par les grands groupes, parce que c’est ce que la grosse industrie fait, et c’est ce qu’elle fera un jour en Europe.
Le cadre juridique de la légalisation en Allemagne laisse à ce jour aux petits producteurs une chance d’exister et croître. J’entend souvent les gens dire : « c’est une mauvaise légalisation parce qu’il n’y a pas vraiment d’argent à se faire, parce que seuls sont autorisés les social clubs à but non lucratif et les associations de cultivation… ». Or, il existe toutes sortes de façons de gagner de l’argent différemment dans ce secteur. Dans le cas du modèle Allemand, c’est le petit gars du coin, le petit producteur qui prospérera, et c’est une très bonne nouvelle.
Grâce à cette loi et ses dispositions, en Europe, le marché du cannabis restera pendant de nombreuses années à l’abri d’une monopolisation par les géants de l’industrie.

“Dans le cas du modèle Allemand, c’est le petit gars du coin, le petit producteur qui prospérera, et c’est une très bonne nouvelle”

Pour illustrer mon propos, il y a une bonne comparaison à faire avec la bière artisanale:
Depuis quelques années, tout le monde peut acheter sa bière locale issue d’une petite production. J’habite en Slovénie et il y a plus de microbrasseries qu’il n’y en avait il y a un an et  cela doit représenter 20 % du marché Slovène. Mon point : il y aura toujours de la place pour le cannabis artisanal des petits producteurs. Et les grandes entreprises ne pourront jamais produire une excellente weed. C’est comme ça que ça marche. Le connaisseur, le consommateur, le client, le patient… c’est nous qui dirigeons le marché! Aux Etats-Unis, le marché du cannabis s’est consolidé autour de l’industrie lourde parce que les consommateurs n’étaient pas préparés et instruits. Il est donc important que vous soyez intelligent, que vous trouviez une marque, que vous trouviez une niche, que vous trouviez une valeur ajoutée. Ce sont des paramètres cruciaux que les acteurs de la filière doivent intégrer pour réussir et s’assurer une longévité dans l’espace européen et international du cannabis.

ZW : Après le Luxembourg, Malte et l’Allemagne. Quelle est à votre avis le prochain pays à légaliser en Europe? 

AR : Je sais que la République tchèque s’en rapproche, ainsi que la Slovénie. Je ne sais pas si nous sommes sur le point de légaliser le cannabis, mais nous sommes sur le point de procéder à de grands changements dans ce domaine là où je vis, en Slovénie. Il y a aussi l’Espagne qui pourrait évoluer.

ZW : L’Espagne, c’est beaucoup de va-et-viens, une sorte de tango prohibition-légalisation… 

AR : On peut dire ça, oui (rires). La politique là-bas est certes compliquée. Fondamentalement, en Espagne, il est toléré dans une certaine mesure de ne pas appliquer la législation au sens strict , dans un pays où 90% des lois sont vraiment observées.
Je pense que la Croatie a beaucoup de potentiel. Il semble aussi qu’il se passe beaucoup de choses en Grèce. Mais à mon avis, c’est la République tchèque qui sera le premier pays à suivre l’Allemagne. 

ZW : Et la Suisse? 

AR : La Suisse est également intéressante. J’ai vécu en Suisse il y a 25 ans, où c’était de facto légal selon certains critères. Vous saviez qu’il y a 25 ans, on pouvait fumer dans le train en Suisse?

ZW : Vraiment?

AR :  Absolument, notamment en Suisse alémanique. Ce n’est pas une blague. Le contrôleur passait et s’en foutait. Tu avais ton joint, tu lui donnais ton ticket, et c’était cool… c’étais l’âge d’or!
La Suisse est un étrange animal en matière de politique relative au cannabis. Ils ont leurs projets pilotes, mais ils disent qu’ils vont attendre cinq ans pour voir ce que donnent les projets pilotes avant de légaliser. Il y a un coté « Je le fais et je ne le fais pas ». C’est une donne difficile à prévoir en Suisse. Ils ont fait des choses merveilleuses et progressistes tout en étant un pays relativement conservateur. D’ailleurs, en Europe, certains états conservateurs ont fait beaucoup de choses progressistes en matière de cannabis (à l’instar des Pays bas, NDLR) contrairement aux pays dits libéraux (à l’instar de la France et l’Italie NDLR).
J’ai ma théorie là-dessus, et c’est parce que nous revenons à une société agraire. Et donc ces pays conservateurs, à l’instar de la Suisse, voient le cannabis d’un bon oeil « le cannabis, ça pousse vite et simplement, ça sent bon, tu peux utiliser sa fibre, ses graines et t’amuser en fumant ces jolies fleurs”. Pour moi, ç’est déjà dépénalisé en Suisse. En fait, ça l’a toujours été dans une certaine mesure…ils n’en ont tout simplement rien à foutre (rires).

Le lien vers le site de l’ICBC en cliquant ici

 

L’ICBC de Berlin se tiendra les 16 et 17 avril prochains:  tickets disponibles ici

L’ICBC en Slovénie se tiendra le 13 septembre 2024 : tickets disponibles ici 

L’Allemagne légalisera le cannabis lundi 1er avril (et ce n’est pas une blague)

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Avec cette loi historique,  l’Allemagne emboîte le pas à Malte et au Luxembourg, qui ont légalisé le cannabis à usage récréatif respectivement en 2021 et en 2023. La possession et la consommation de weed restera formellement interdites aux moins de 18 ans.

A partir du 1er avril, soit le lundi de Pâques, nos voisins Allemands pourront tranquillement fumer un joint à la terrasse des cafés et faire pousser de la ganja dans leurs jardins ou sur leurs balcons sans inquiétude aucune . Le Bundestag avait adopté fin février le projet de loi sur la légalisation du cannabis. Ce matin, c’est le Bundesrat, la chambre représentant les Länder, qui a avalisé l’une des législations les plus progressives d’Europe. La version finale du texte de loi avait été soutenu avec vigueur par les Verts et les Libéraux au sein de la coalition tricolore menée par Olaf Scholz.

Plusieurs associations de médecins, policiers,  juristes ou encore d’enseignants avaient fait part de leurs réserves au cours des derniers mois. Parmi les doléances de ces corpus : Comment la police sera-t-elle en mesure d’assurer le respect de la réglementation, en l’occurence contrôler le nombre de grammes de cannabis détenu par chacun, s’assurer que les consommateurs sont en état de conduire sans mettre en danger la sécurité des autres ou mesurer précisément  le périmètre d’interdiction de consommer du cannabis à proximité des écoles, des jardins d’enfants et salles de sports. Ce périmètre est-il tenable quand on sait que les salles de jeu doivent quant à  elles faire respecter une distance de 1 000 mètres aux consommateurs.

Dans un second temps, la législation devrait progresser et autoriser des magasins dédiés à faire commerce d’herbe dans certaines régions, dont les noms ne sont pas encore connus.

Le détail des mesures de la légalisation du cannabis en Allemagne:

  • Chaque citoyen âgé de plus de 18 ans sera autorisé à acheter 25 grammes de cannabis par jour.
  • Chacun sera libre de cultiver trois plantes de cannabis et à en détenir jusqu’à 50 grammes .
  • Il sera en revanche interdit de fumer du cannabis dans un rayon de 100 mètres autour des écoles, des jardins d’enfants et des salles de sport.
  • Des cannabis clubs, aussi connus sous la dénomination social clubs, soit des associations à but non lucratif, proposeront à leurs membres la possibilité de se fournir en herbe, à raison de 50 grammes par mois ainsi qu’un petit coup de main lors de la récolte.
  • Dans 18 mois, un premier bilan fera état des répercutions de la loi progressive loi, en particulier en ce qui concerne la protection des enfants et des jeunes. La protection des mineurs et l’assèchement du marché noir étant les deux objectifs clés et raison d’être de cette fin de prohibition outre-Rhin.

 

Une chanson pour la légalisation du cannabis

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Puits de science cannabique, auteur d’ouvrages de référence*, Alexis Chanebau est un musicien aux multiples collaborations (Bernard Lavilliers, les Rita Mitsouko, Niagara…). Deux talents qu’il conjugue pour chanter la légalisation du cannabis, dans un clip aussi stupéfiant qu’instructif. Bonne écoute!

 

ZEWEED :Pourquoi une chanson pour la légalisation du cannabis?
Alexis Chanebau : Parce que sa prohibition est un non-sens culturel et écologique
En Europe, jusqu’en 1850, le chanvre représentait 90% des voiles et cordages de tous les navires. Il était responsable de 80% de la production de papier et de vêtements non créés à partir de fibres animales. La loi « Marijuana Tax » fut principalement organisée en 1937 par les lobbys U.S. de la pétrochimie (dont Dupont De Nemours). Le but de cette loi était pour Dupont de Nemours d’imposer des fibres issues du pétrole (nylon, polymères, etc.). Cette loi marque le début d’une ère de profit au mépris de la nature.

C’est sans compter que la culture du chanvre ne nécessite pas de pesticides ou insecticides et consomme deux fois moins d’eau que celle du coton. Qui plus est, le chanvre absorbe le CO2 mieux que n’importe quelle plante cultivée en cycle court. Cerise sur le gâteau : le chanvre assainit les sols de la plupart de produits chimiques nocifs en à peine une décennie. Quant à son entretient quotidien… il est proche de zéro contrairement au lin.
Le cannabis sativa, cultivé sans contrôle de THC, il y a encore 80 ans suscite l’espoir d’un avenir plus serein pour notre planète. Alors que le réchauffement climatique impacte toutes les zones, c’est un immense espoir!

*Le chanvre : du rêve aux mille utilités est disponible sur Amazon ici

Mémoires du chanvre français: Département par département, du Néolithique à la Prohibition est disponible via ce lien

Le parlement Allemand vote la légalisation du cannabis récréatif

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Le Bundestag a dit ya! à la légalisation de la weed en adoptant une des loi phare du gouvernement d’Olaf Scholz. Le texte a été entériné à 407 voix contre 226, et prendra effet le 1er avril. Revue de détails des modalités de cette historique fin de prohibition outre-Rhin.

La loi la plus progressive d’Europe et promesse de campagne d’Olaf Schloz prévoit d’autoriser l’achat de cannabis, en quantité limitée de 25 grammes par jour maximum via des cannabis clubs,  lieux d’échange et consommation à but non lucratif. Il sera également possible de cultiver jusqu’à trois plants chez soi pour son propre usage. La possession et la consommation de Cannabis Sativa L. à usage adulte resteront interdites aux moins de 18 ans.

Après Malte et le Luxembourg, l’Allemagne

L’Allemagne, première puissance économique du vieux continent, emboîte ainsi le pas à Malte et au Luxembourg, qui ont légalisé le cannabis récréatif respectivement en 2021 et en 2023. « La situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement n’est en aucun cas acceptable » soulignait avant le vote du Bundestag le ministre de la santé Karl Lauterbach (Sociaux-démocrates/SPD), évoquant un « marché noir criminel préoccupant ». Lauterbach aura défendu bec et ongles son texte face aux assauts de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, conservateur) et Alternative für Deutschland (AfD, extrême droite).

Le texte initial avait fait l’objet de dissensions au sein de la coalition tricolore, notamment de la part de certains membres du SPD, tandis que les Verts et les libéraux du FDP, leurs partenaires au sein du gouvernement, se montraient plutôt favorables. Cette réforme a par ailleurs suscité de vives critiques de la part des associations de médecins et de magistrats.

Les Allemands semblent quant à eux plutôt divisés sur la question : selon un sondage YouGov publié vendredi 23 février, 47 % des personnes interrogées sont favorables à la légalisation et 42 % contre. La réforme doit, d’après le gouvernement, permettre de lutter plus efficacement contre le marché noir. Un point contesté par l’opposition conservatrice, les syndicats de policiers et certains députés du SPD.

Cannabis clubs et culture à domicile

La consommation sera interdite à proximité d’écoles, crèches et installations sportives. La culture et la distribution de cannabis ne seront pour leur part possibles qu’à partir du 1er juillet par l’intermédiaire de cannabis clubs. Ces associations à but non lucratif pourront céder un maximum de 25 grammes par jour et pas plus de 50 grammes par mois à leurs membres. Chaque cannabis club ne pourra être composé au plus que de 500 personnes, et seuls les adultes de plus de 21 ans pourront en devenir membres. Entre 18 et 21 ans, les jeunes enthousiastes de la ganja ne seront autorisés à acquérir et consommer du cannabis à un taux de THC inférieur à 10 %.

Les cannabis clubs seront également chargés de distribuer graines et boutures à leurs membres pour la culture à domicile, à hauteur d’un maximum de sept graines ou de cinq boutures … pour trois plans par foyer. A la vue de certaines incohérences, amendements et petits ajustement devraient voir le jour dans les prochains mois.
Reconnaissant qu’une surconsommation de cannabis pouvait être  dangereuse  pour les jeunes, dont le cerveau se développe jusqu’à 25 ans, le ministre de la santé a fait savoir qu’une campagne sensibilisation allait être mise en place.

En 2029, le commerce de cannabis devrait être généralisé en Allemagne, avec projet de loi qui sera élaboré en fonction des enseignements tirés de cette légalisation light. Même si elle est moins permissive que prévu, cette fin de prohibition n’en demeure pas moins historique.

Arnold Schwarzenegger, champion de la weed

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Des fumeuses frasques de sa jeunesse aux lois pro-cannabis votées sous son gouvernorat, Arnold Schwarzenegger n’aura jamais caché ni renié son penchant pour la ganja, au plus grand bonheur des Californiens. Petit portrait d’un géant vert.

C’est avec un titre de M. Univers Europe pour seul bagage et un corps aussi robuste qu’un bong en acier qu’Arnold Schwarzenegger arrive aux États-Unis en 1968. S’il est bien taillé, le jeune homme débarque du vieux continent franchement fauché. À 21 ans, il n’a qu’un objectif:  devenir le culturiste numéro un des States. Une profession qui outre-Atlantique rapporte gros.
Il y parviendra, en 1970 précisément, grâce à une discipline tout autrichienne et un régime des plus naturels. Élu M.Olympe à 23 ans  (faisant de lui le plus jeune mortel récompensé par la plus haute distinction des mecs qui ne se dégonflent pas), il  devient en quelques semaines mondialement célèbre. Incarnant dans la foulée et à juste titre un des athlètes les plus en forme(s) de la planète.  Une excellente nouvelle pour les défenseurs d’une consommation de cannabis intelligente et saine. Parce que si l’homme fort du culturisme a mérité ses médailles à la force entre autres du poignet, il n’a jamais eu les doigts patauds lorsqu’il s’agit de s’en pomper un gros. De joint.

Totale rigole

En effet, les séances dans les salles de muscu’ sont intenses. Comme nombre de ses haltères-égo, Arnold trouve dans la weed une manière saine de se détendre, de faire passer les douleurs dues aux lourds entrainements comme de se donner un appétit suffisant pour remplir ce grand corps en devenir.
Tommy Chong, un de ses collègue et partenaire de sudation, se souvient d’ailleurs bien de son Autrichien d’ami:«  Arnold, c’était le Golden Boy du bodybuilding, un des types les plus sains de la planète. D’une incroyable force mentale quand il travaillait.  Après il fumait de l’herbe. Il en fumait pas mal parce qu’il savait que c’est inoffensif » (propos confirmés par le Governator lui-même qui ajoutera : « c’est vrai, avec Tommy on passait de très bons moments, on savait s’amuser »)

Pour autant, si Arnold a toujours assumé ses folles et vertes années cannabiques (véhiculant par la même occasion une image aux antipodes du stoner sofa-surfer)  c’est surtout son engagement politique en faveur de la weed qui lui vaut aujourd’hui, la reconnaissance à laquelle il a droit.

Total légal (genesis)

En 2003, l’acteur et ex-bodybuilder devient le 38e Gouverneur de Californie. Élu républicain, cette étiquette conservatrice ne l’empêchera pas pour autant d’agir de concert avec Obama contre le changement climatique ou d’imposer dans son état une politique toute keynésienne de grands travaux publics.
Mais surtout de faire passer deux lois qui poseront les bases juridiques nécessaires à la future légalisation du cannabis en Californie.

Depuis 1996, il était déjà possible d’y obtenir du cannabis à usage médical : mais sous d’assez strictes conditions.
La prescription magique devait émaner d’un des rares médecins agréés, uniquement pour de lourdes pathologies et avec à l’époque très peu de points de vente.Qui plus est, la possession d’herbe était encore un crime.
Même en possession de l’ordonnance de toutes les convoitises, les patients devaient faire attention lors du transport de leur cargaison depuis le point de vente des dispensaires jusqu’à chez eux.
Les consommateurs même en situation légale restaient malgré tout dans une zone grise peu confortable. Une première solution législative en faveur des consommateurs de cannabis médical a été votée en janvier 2003 avec l’adoption du projet de loi 420 (oui-oui… 420, comme le fameux 4/20, ça ne s’invente pas ) du Sénat connu sous le nom de « loi sur le programme de marijuana à des fins médicales ».
Le projet de loi 420 du Sénat a mis en place un système de carte d’identité pour les patients sous cannabis médical et a permis la création de collectifs à but non lucratif pour la fourniture de cannabis aux patients.
La loi 420 a  aussi rendu l’accès au cannabis médical nettement plus aisé pour les patients,  couvrant beaucoup plus de pathologies (anxiété, dépression, anorexie…).

Le Cannabisator.

En  janvier 2010, la Cour suprême de Californie déclare que l’application de la loi  SB 420 ne limite plus la quantité de cannabis qu’un patient pouvait posséder. Toutes les limites de quantité autorisées ont donc été levées.
Puis,  le 30 septembre 2010 , grande date s’il en est,  est promulguée la loi 1449 qui stipule que  « la possession de cannabis n’est plus un crime » (en Californie).
Cela n’a l’air de rien, mais c’est une immense avancée pour la cause Ganja du Gloden State : tout simplement parce que c’est la loi 1449 qui, déjà amandée, ouvrira de facto la possibilité d’un vote en faveur d’une légalisation totale (en novembre 2016).

L’état le plus à l’ouest qui soit, fera appliquer ces très cools dispositions le 1er janvier 2018. En pleine campagne pour faire passer la loi 420 et 1449, le Governator se chargera par ailleurs de préciser son opinion  sur le sujet : « Le cannabis n’est pas une drogue, c’est une feuille » ou encore  « franchement, aujourd’hui tout le monde s’en fout de savoir si vous fumez de l’herbe ou pas ».
En normalisant la consommation de cannabis, en défendant sa non-dangerosité puis en réduisant les sanctions criminelles pour sa possession, Arnold Schwarzenegger aura mérité haut la main le balèze portrait que la rédaction ZeWeed dresse chaque mois.

 

73% du cannabis consommé au Canada provient désormais de ventes légales

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Vendredi 12 janvier, Santé Canada publiait son “Enquête canadienne sur le cannabis”.  5 ans après la légalisation de la plante, l’étude menée par le ministère de la Santé fait part de très encourageants résultats, puisque nous y apprenons notamment que le marché noir n’approvisionne plus qu’un quart des consommateurs, et que l’âge médian du “premier joint” a progressé de deux ans.

Chaque année depuis 2018, Santé Canada (ministère de la Santé) mène sa très sérieuse et scrutée “Enquête canadienne sur le cannabis”, traditionnellement rendue publique à la mi-janvier. Premier enseignement du sondage dévoilé vendredi dernier : ce sont les jeunes entre 20 et 24 ans qui sont, par tranche d’âge et toutes CSP confondues, les plus gros consommateurs de cannabis récréatif (48 %).  Chez les plus de 25 ans, l’utilisation de ce même cannabis chute à 23 %.

Depuis la légalisation en 2018, l’âge moyen du “premier joint” est passé de 19 à 21 ans

Autre fait notable :  l’âge médian de l’expérimentation de l’herbe qui fait rire est pour la première fois en très nette hausse. Elle se situait à 18,9 an en 2018. En 2023, le curseur de la “première taffe” affichait une substantielle avancée avec une primo-consommation figée à 20,9 ans.
Si fumer reste la méthode la plus largement plébiscitée (60 % des consommateurs), l’utilisation de produits comestibles (édibles) et le vapotage sont en augmentation constante.
Les achats d’édibles ont ainsi grimpé de 13% depuis la fin de la prohibition de la plante, passant de 41 % en 2018 à 54 % l’année dernière. Coté réduction des risques liés à la combustion, les vape-pen, ou vapoteuse à cannabis, ont vu leurs ventes bondir de 18%, passant de 16 % à 34 % en 5 ans.

 73% du cannabis récréatif consommé provient désormais de sources légales

Le chiffre le plus encourageant de l’étude menée par le ministère Canadien de la Santé est celui de la chute des ventes de cannabis récréatif issues du marché noir. En effet, le pourcentage de sondés se fournissant auprès de distributeurs autorisés a plus que doublé depuis la légalisation, passant de 37 % en 2019 à 73 % en 2023.
En matière de sécurité routière, le constat est aussi des plus favorables : alors qu’en 2018,  27% des consommateurs d’herbe avouaient avoir pris le volant sous l’influence du cannabis, ils ne sont plus que 16% aujourd’hui.

Les résultats de “l’Enquête canadienne sur le cannabis” 2023 par Santé Canada reposent sur des données recueillies en ligne entre le 2 mai et le 20 juillet 2023, avec un panel représentatif de 11 690 sondés âgés de 16 ans et plus, sur l’ensemble du territoire Canadien.

 

Gabriel Attal, Premier ministre de la légalisation du cannabis?

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Gabriel Attal vient d’être nommé à Matignon pour succéder à Elisabeth Borne. Le bon élève du gouvernement, désormais premier de la classe, a sur le cannabis des idées plus ouvertes que ses prédécesseurs. Un espoir pour la légalisation ? Éléments de réponse.

Le 15 janvier, au micro de BFMTV, Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, prenait position sur la légalisation de l’herbe qui fait rire. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin alors qu’une mission interministérielle sur le cannabis venait de lancer ses travaux à l’initiative du député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, le plus jeune membre d’un gouvernement sous la Vème République a tenu un discours des plus progressistes.

“On ne peut pas simplement dire : oui, il faut légaliser, sans se poser la question de savoir comment on l’accompagne” G. Attal

Lorsque Jean-Jacques Bourdin lui demande s’il faut ouvrir un débat sur la légalisation du cannabis, le futur ex-ministre de l’éducation nationale se fait très libertaire, tout du moins au regard de l’opinion du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et du reste du gouvernement Philippe.
« Le débat, il doit se faire sur l’ensemble du sujet. Il doit se faire aussi sur les questions de prévention, sur les questions de sanctions, sur les questions de contrôle. Il y a quelques mois j’étais en déplacement au Québec, dans le cadre de mes fonctions liées à la jeunesse, je préside l’Office franco-québécois de la jeunesse, et j’en ai profité pour aller rencontrer des acteurs, puisque le cannabis a été légalisé au Québec il y a maintenant quelques mois. J’ai vu la Cité québécoise du cannabis, j’ai vu des médecins de prévention, de santé publique, j’ai vu des personnes qui consomment. Ma conviction, la conviction que ça m’a donné, c’est que l’enjeu principal c’est celui de la prévention. On ne peut pas simplement dire : oui, il faut légaliser, sans se poser la question de savoir comment on l’accompagne » développait alors Gabriel Attal dans “Bourdin direct”.

La connaissance vient de l’expérience

Si l’ancien élève de l’école Alsacienne est aussi souple et renseigné, c’est parce qu’il parle en connaissance de cause. Lorsque Jean-Jacques Bourdin lui tance un « vous avez déjà fumé ? », le 1er ministre en devenir répondra d’un « oui » franc et massif… Pondérant ensuite d’un raisonnable et pudibond « je ne suis pas un consommateur, et j’ai vu aussi auprès de camarades, lorsque j’étais plus jeune, j’ai vu ce que ça a produit aussi pour des jeunes qui étaient complètement accros, parce que franchement il faut aussi le rappeler ça, on parle de cannabis récréatif, on parle de manière assez légère, pour des jeunes qui fument régulièrement, qui tombent là-dedans, ça ramolli les neurones, et moi j’ai vu des jeunes qui ont été totalement déscolarisés et qui sont sortis de tout circuit, et ça, ce n’est pas acceptable. Donc c’est pour ça que c’est un sujet qui est très important, très lourd et qui mérite qu’on regarde l’ensemble des facettes ».

Une pandémie et nombre de crises politiques plus tard, le discours de Gabriel Attal s’est fait plus ambigüe, notamment lorsqu’il était ministre délégué chargé des Comptes publics auprès de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. En février 2023, le futur locataire de Matignon s’était en effet félicité, en compagnie de son n+1 à Bercy, des saisies record de cannabis.

Reste à savoir comment, après avoir formé son gouvernement, il conjuguera la question cannabis sur le mode du « en même temps » cher au président.

 

 

Corée du Nord : la dictature ganja-friendly

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La Corée du Nord est une des dictatures les plus sévères de la planète, un régime qui effraie autant qu’il intrigue. Paradoxe: dans ce pays où la liberté ne se rêve plus, le cannabis y est consommée en toute impunité. ZEWEED a mené l’enquête.

Légal? Oui et Non

Dire que le Cannabis est légal en Corée du Nord serait grossièrement exagéré. Il s’agit plus d’un compromis tacite que d’une légalisation à proprement parler. Fumer est largement toléré par la population et socialement accepté. Le globe-trotteur et photographe Darmon Richter partage sur son blog un témoignage fascinant.  Il s’est fumé plusieurs joints qu’il a lui-même définis comme étant “comiquement gros” au milieu d’un marché bondé sans avoir la moindre réaction négative.
Un Cannabis assez peu chargé en THC (et donc peu psychotrope) dont il a acheté un sac en plastique rempli sur place pour la modique somme de 50 centimes.

Dans un pays extrêmement surveillé, cultivant la paranoïa et la dénonciation (à l’instar de leur grand frère soviétique) un tel acte aurait pu avoir des conséquences très graves.
On peut donc en conclure que les autorités ne s’intéressent pas à la plante, une supposition appuyée par une déclaration rapportée par la radio “Open Radio for north Korea” en 2010. La radio “Ouverte à destination de la Corée du Nord” est une structure à but non lucratif installée à Séoul et financée par des Américains. Son but est de diffuser les témoignages, des chansons et des informations venant d’en dehors de la dictature. L’association a cité un déflecteur souhaitant rester anonyme par peur de représailles: selon ses propos le régime du Grand Leader nord-coréen Kim Jong-Un ne considère même pas le Cannabis comme une drogue.

Substitut de tabac

Un reportage de nos confrères de Vice datant de 2013 dresse le portrait d’un pays ayant une attitude assez proche au sujet du Cannabis de celle-là Russie soviétique pendant la guerre froide.
En effet, comme chez nos voisins slaves jusqu’en 1974, la Corée du Nord tolère le Cannabis, mais uniquement tel un vice nécessaire.
Le Cannabis est consommé comme un substitut du tabac les cigarettes étant très coûteuses pour les classes prolétaires (qui représente une énorme majorité de la population).
Le pays ayant une énorme culture du secret et une communication presque inexistante en dehors de la propagande il est impossible de connaître la position officielle du “Grand Leader” Nord-Coréens.

En extrapolant à partir des données qui nous sont disponibles deux scénarios semblent vraisemblables:
-Soit à la manière de leurs grand-frères soviétiques ils vont progressivement durcir leurs lois pour rendre le Cannabis illégal.
Une démarche qui pourrait provoquer de nombreuses révoltes, le ‘ip dambae’ (ou substitut de tabac en français) étant un des seuls vices accessibles à tous.
-Soit, à la manière de leurs anciens compatriotes sud-coréens le pays va se diriger vers une légalisation partielle. La Corée du Sud étant le premier pays d’Asie du Sud-est à autoriser le Cannabis médical elle s’ouvre à un marché juteux qui pourrait attirer des convoitises.

S’il nous est impossible de rentrer plus en détail sur la direction qui sera prise par le pays, il est certain que le royaume ermite va en tirer parti pour sa propagande.
L’attention apportée à la dictature sur le sujet a bien été remarquée par les autorités du royaume ermite.

Capitalisme, famines et fonsdales

Si vous êtes déjà prêts à prendre le premier vol pour la frontière chinoise (aucun vol n’allant directement dans le pays), voici quelques faits pour relativiser “la chance” des stoners nord-coréens.
Le chanvre est cultivé dans le pays, mais uniquement pour usage de ses fibres, il n’existe pas de champs de Cannabis bichonnés par des paysans Nord-Coréens. Cela n’implique donc pas de variétés multiples ou de suivi de qualité.

Ce n’est rien de très étonnant quand on sait que les autorités doivent approuver des semences de chaque paysan, toute infraction pouvant résulter dans un internement en camp de travail ou de rééducation.
De nombreux plants de Ganja poussent de manière sauvage dans les montagnes et dans les champs comme vous pouvez le voir dans ses images prises par le Youtuber “Fun with Louis”.

On rappelle que même si ses images paraissent paradisiaques le pays a plus de camps de travails que de plages à surfer. Une image qui est à 1000 lieux du circuit proposé par les autorités aux journalistes de Vice lors de leur voyage y avec une délégation américaine menée par Dennis Rodman.

Ils ont découvert que de luxueux centres commerciaux existent remplis de produits étrangers et de provisions fraîches afin d’impressionner les étrangers.
Un étalage qui existe en dépit de famines récurrentes et souvent dramatiques dans le pays.
Pas de bol si vous avez une fringale après toute cette weed sauvage: les magasins ne prennent aucune carte de crédit. Si vous n’avez pas d’argent liquide, vous resterez donc sur votre fonsdale.

Du bon usage de la presse écrite

Enfin si vous souhaitez partir en vacances dans le pays, sachez qu’une bonne partie des guides font partie de la police secrète (et sont particulièrement sensible aux manques de respect des étrangers).
Le pays n’ayant pas à proprement parler de relation diplomatique avec l’extérieur vous pourriez terminer votre vie en prison pour avoir roulé avec la mauvaise page du Rodong Sinmun (l’organe de propagande du pays). Tous les Nord-Coréens utilisent ses pages pour rouler en faisant très attention qu’aucune mention ou photo du grand leader ne soit pliée ou endommagée. Au pays où le traducteur  imposé ne vous lâchera jamais, vous pourrez toujours vous rabattre sur le Guide du Routard: il ne vous servira à rien.

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