CBD

Comment le CBD a sauvé mon chat

Un nombre croissant de propriétaires d’animaux donnent du CBD à leurs compagnons poilus, tant le cannabinoïde est un excellent allié pour combattre la douleur, l’anxiété ou encore l’épilepsie. Témoignage.

“Je n’avais pas beaucoup d’amis quand j’avais 8 ans. Ma famille et moi venions de quitter la Suisse pour l’Australie et, avant de nous installer à Melbourne, nous avons passé 6 mois à traverser le désert australien dans un 4×4 camping-car.
Nous ne parlions pas anglais, ne comprenions pas la culture ou n’avions pas une vie suffisamment stable pour que je puisse me faire de vrais amis.

Des souvenirs en noir et blanc qui sont passés en Technicolor le jour où ma sœur est venue nous rendre visite en octobre 2000 pour mon anniversaire, elle m’a offert un petit chat… noir et blanc. Mon père a jeté un coup d’œil à l’animal bichrome, l’a regardé dans ses grands yeux jaune-vert et a décidé qu’il s’appellerait «Moïse». Si lors du baptême félin, il s’était déclaré parrain, j’en étais le père et gardien légal . Avec cette grande responsabilité venaient de probables grands ennuis, puisque j’étais désormais responsable de tous les accidents et bris que Moïse pourrait causer.
Cette soudaine responsabilisation me rapprocha tout de suite de Moïse, qui allait devenir mon compagnon et le témoin de ma vie jusqu’à ce jour. 19 ans plus tard, me voilà à la rédaction de cet article, que j’écris non sans émotion depuis mon appartement de Buenos Aires.

J’ai déménagé avec Moïse dans la capitale argentine il y a 5 ans, après que mon pauvre chat ait enduré un vol de 10 heures dans la soute d’un Boeing 747. Alors que je tape ses mots, il commence sa sieste à côté de moi sur le canapé, juste après avoir dévoré une demi-boîte de thon .. À l’huile de CBD.
J’ai commencé à donner à Moses du CBD il y a un peu plus d’un an. Il était devenu apathique, se cachait, ne bougeait plus en gardant les yeux ouverts, comme paniqué. Il mangeait très peu, avait le plus grand mal à sauter sur le canapé, et le lit et semblait avoir mal aux hanches et au dos.

Plus inquiétant : Moïse manifestait des signes de démence ( il poussait des hurlements déchirants la nuit, il retournait régulièrement dans son bol après avoir mangé, le regard vide, puis repartait . Un peu comme s’il avait Alzheimer… ). Pour couronner le tout, il était tombé du balcon de mon appartement : je vis au 4e d’un immeuble aux vastes espaces entre les étages. Mon vétérinaire n’en revenait pas que Moïse ait non seulement survécu à la chute, mais qu’il s’en soit sorti avec une mâchoire fracturée. Je n’irais pas jusqu’à affirmer que le CBD est la seule raison du salut de mon chat adoré. Mais que la molécule a considérablement amélioré la qualité de vie de Moïse depuis qu’il a commencé à prendre l’alcaloïde en question, oui.

Le système endocannabinoïdien, point commun aux mammifères

La raison ? Tout comme les hommes ; les chats, les chiens et autres mammifères ont un système endocannabinoïdien qui aide à réguler une pléthore de fonctions corporelles. Ce système comprend 3 composants principaux (endocannabinoïdes, cellules réceptrices et enzymes qui synthétisent, transportent et métabolisent les cannabinoïdes). Et il a en l’occurrence été démontré que le système endocanabinoïdien régule chez les mammifères : -La douleur, -Le stress, -Le système nerveux , (anticonvulsif, myorelaxant) -Le circuit lymphatique (antiinflammatoire) -Le sommeil.

Et bien qu’il y ait un manque donné sur la façon dont le CBD affecte les animaux de compagnie, la plupart des recherches sur le cannabis menées sur des rats de laboratoire suggèrent l’idée d’une interaction positive du CBD. De façon empirique, les essais menés par les maîtres et vétérinaires appuient cette idée.

En fait, toute l’industrie du cannabiniol pour animaux de compagnie (un marché estimé à près de 2 milliards de dollars d’ici 2023) est basée sur la théorie selon laquelle, en stimulant leur système endocannabinoïde, le CBD peut aider les animaux de compagnie en: soulageant la douleur et l’inflammation, réduisant l’anxiété, stimulant l’appétit, améliorant le sommeil et les problèmes digestifs.

Toutes les huiles de CBD ne se valent pas

Hélas, trouver de l’huile de CBD fiable et de bonne qualité en Argentine (ou dans tout autre pays où le cannabis reste illégal et non réglementé) est assez difficile. Personnellement, j’ai pu trouver un vendeur sur Mercado Libre (une version sud-américaine d’eBay) avec un stock limité de teinture de CBD pour animaux de compagnie à 125 mg. (Hemp Bomb)

Et même si je savais que la marque avait ses limites, je lui faisais beaucoup plus confiance que les teintures maison non marquées que je trouvais parfois des gens qui vendent sur Facebook.
Malheureusement, si, comme moi, vous vivez dans un pays où la weed est toujours illégal, vous rencontrerez sans doute des problèmes similaires en essayant de trouver un supplément de CBD pour votre animal de compagnie.

Mais, selon moi et mon expérience, ça vaut le coup de se démener un peu pour trouver une bonne huile au CBD, tant les résultats sont probant, et le bonheur de voir sa petite boule d’amour poilue heureuse est un plaisir qui vous procurera plus d’émotions que la meilleure Ganja.”

Avertissement: Steven n’est ni médecin ni vétérinaire. Aucune des informations contenues dans cet article ne doit être considérée comme un avis médical ou vétérinaire.

Traduction : Zeweed

Fumer sans se fumer la santé : la révolution des vaporisateurs.

Oubliez le gros joint qui tâche (les poumons et les artères) et passez au vaporisateur, génial invention qui réduit les risques multiples liés à la combustion, tout en préservant la qualité des terpènes et autres agents actifs. Qu’il s’agisse de CBD ou de TRHc (dans les pays qui ont légalisé) ZEWEED a demandé à un praticien spécialiste de faire le point sur cette séduisante alternative.

En matière de réduction des risques pour les fumeurs d’herbes en tout genre, que l’on parle de tabac, de CBD ou de cannabis, la vape s’est imposée comme la plus saine des alternatives, patch exclu. Problème des vapoteurs : les terpènes passent tous à la trappe, laissant l’usager avec une belle fumée en bouche, mais aucun goût réel de la plante. Les vaporisateurs, eux, offrent une fumée riche de saveurs tout en préservant nos poumons des dangers de la combustion.

Fumée sans feu

Que cela concerne le CBD ou le cannabis thérapeutique, les vaporisateurs présentent l’avantage énorme d’éviter d’inhaler les produits cancérogènes liés la combustion. Les effets nocifs inhérents à la combustion seraient ainsi réduits de 95 % en passant à la vaporisation. Adieu goudron, ammoniac, monoxyde de carbone, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)… Pour le professeur Jean-Michel Delile*, “la vaporisation est donc un levier non négligeable pour diminuer les cancers, les AVC, le risque d’impuissance et le tabagisme passif. De ce fait, c’est un double argument en faveur de la vaporisation : c’est intéressant immédiate- ment car cela permet de moins mettre sa santé en danger, et c’est par ailleurs un bon moyen de diminuer la consommation de tabac fumé. La vaporisation est de toute façon un excellent outil de réduction des risques car elle gomme l’essentiel de la toxicité liée à la combustion”.

Principes actifs conservés

La biodisponibilité des principes actifs du CBD varie beaucoup selon les techniques de prise. La vaporisation permet une meilleure absorption du CBD que lorsque fumé. Tandis que 80 % des principes actifs sont disponibles par vaporisation, ce taux chute à 20 % par combustion. En effet, la majeure partie des cannabinoïdes est détruite par le processus de combustion. L’efficacité des vaporisateurs est de ce fait indiscutable puisque la vapeur induite conserve tous les bienfaits des cannabinoïdes, sans créer les multiples toxines liées au processus de combustion. Qui dit meilleure efficacité dit moindre consommation de CBD pour les mêmes effets, donc économies non négligeables à la clé. À noter également que la vaporisation conserve les terpènes lors du processus, ce qui n’est pas le cas avec la combustion qui les brûle. Enfin, la vaporisation libère quasi instantanément l’effet des cannabinoïdes, ce qui permet de pouvoir aisément réguler sa consommation par rapport aux effets escomptés.

Mise en garde pour le tabac

Cependant, si la vaporisation est plus que recommandable en ce qui concerne le CBD et le cannabis thérapeutique, le bilan est plus nuancé pour le tabac : “Si la diminution des produits toxiques liés à la combustion du tabac est un aspect positif, certaines toxines pré- sentes dans le tabac continuent à passer, même à basse température.” C’est d’ailleurs l’industrie du tabac qui en fait la promotion. C’est le cas du dispositif IQOS développé par Philip Morris. Le géant du tabac avance que c’est un outil sans danger qui peut aider les gens à décrocher de la cigarette alors que rien ne le prouve. Il est d’ailleurs établi que pour compenser la baisse des ventes du tabac fumé dans les pays développés, les industriels ont développé ce type de dispositif afin de ne pas être marginalisés par le vapotage. “Selon l’OMS, il n’est pas établi que cela soit un outil de réduction des risques. Certaines toxines seraient même présentes à des niveaux plus élevés dans les aérosols que dans la fumée de cigarette classique. Il y a donc du pour et du contre.

En l’état actuel des choses et des connaissances, il convient donc de rester prudent en attendant d’avoir des données plus fiables. D’ailleurs, si Bertrand Dautzenberg, éminent professeur en pneumologie, est à fond pour le vapotage (la e-cigarette), il est hostile aux vaporisateurs de tabac. On voit que ce n’est pas utilisé par les usagers comme un dispositif d’aide à la réduction de la consommation de tabac, voire au sevrage tabagique”, ajoute Jean-Michel Delile. La nocivité au plan chimique n’est pas écartée à moyen et long termes et cela revient à entretenir le cycle addictif.
Enfin, les dispositifs comme IQOS, bien qu’interdits aux mineurs, peuvent être une forme d’entrée dans la consommation de tabac, alerte le président de Fédération Addiction.
Quelles que soient les alternatives à la cigarette, il n’y a pas de fumée sans feu sans sur la santé…

*Le docteur Jean-Michel Delile est psychiatre et président de la Fédération Addiction www.federationaddiction.fr
 

Néo cannabinoïdes : le dangereux jeu du chat et de la souris

En février 2022, le Conseil d’État légalisait définitivement le commerce de CBD en France. Exit les batailles juridiques sans fin qui ont déchiré l’Hexagone : pourvu que son taux de THC n’excède pas les 0,3 %, ces fleurs peuvent se vendre ! Depuis, les boutiques se sont multipliées et le chanvre bien-être s’est installé jusque dans les vitrines de province. Mais, derrière cette normalisation, se cache une dangereuse dérive : celle des cannabinoïdes de synthèse. Ultrapuissants, imprévisibles et bon marché, ces ersatz de cannabis récréatif sont devenus un véritable enjeu de santé publique. Notre enquête.

Par Juliette Ihler-Meyer

Printemps 2025, un groupe de lycéens défraie la chronique : après avoir fumé un joint de CBD, ils ont fini à l’hôpital. Car, dans leurs cigarettes roulées à ce qu’ils pensaient n’être que du cannabidiol (CBD), il n’y avait pas que la molécule naturelle.
Depuis quelques années, derrière des petits noms inoffensifs comme « Pète ton crâne » (PTC) ou « Buddha Blue » se cachent en réalité des cannabinoïdes de synthèse, ces substances psychoactives particulièrement puissantes et potentiellement dangereuses. Vaporisées sur des fleurs de CBD ou introduites dans des e-liquides, elles font ravage chez les consommateurs, souvent pris au dépourvu. C’est le cas de notre bande de jeunes fumeurs en herbe : pensant se relaxer avec du CBD, les ados s’étaient en réalité envoyés des substances chimiques censées reproduire les effets du THC – le cannabinoïde du chanvre qui rend stone et qui est interdit en France. Une défonce légale aux effets dévastateurs, et pas que pour ceux qui l’expérimentent. Les vendeurs eux-mêmes ne sont pas toujours au courant de ce qui peut se cacher derrière du chanvre bien-être vendu par le grossiste comme du simple CBD.

Des molécules légales plus dangereuses que le THC

Le paradoxe est là : le CBD naturel n’est ni addictif, ni dangereux. Il ne fait pas planer, n’est pas considéré comme un stupéfiant. Le CBD trafiqué aux molécules de synthèse, lui (conçu pour non seulement imiter mais souvent surpasser les effets du THC), joue dans une tout autre cour, avec des effets potentiellement dévastateurs pour la santé physique et mentale. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) recense une avalanche d’effets indésirables : malaises, vomissements, pertes de connaissance, comas, crises de parano, convulsions… voire une potentielle dépendance. Les témoignages récoltés durant la rédaction de cet article donnent froid dans le dos : des nuits sans sommeil, des jambes insensibles pendant des heures, de la fièvre à 43 °C, des cœurs au bord de l’implosion… La montée et la descente sont rudes.

Face à cette déferlante de « néocannabinoïdes », l’ANSM a fini par taper du poing sur la table, en juin 2024. Elle interdit alors le HHC (parfois jusqu’à quatre cents fois plus puissant que le THC), ainsi qu’une ribambelle de ses cousins issus des laboratoires : le Pinaca, le H4CBD, le H2CBD, le HHCO, le HHCP, le HHCPO, le THCP, le THCA… Problème : l’hydre a trop de têtes ! À peine une molécule interdite, trois autres débarquent sur le marché. Les chimistes du Legal High ont toujours un coup d’avance et continuent d’inonder le marché avec de nouvelles molécules de synthèse…

« Si les CBD shops ne vendaient que du CBD, ça ferait longtemps qu’ils n’existeraient plus. » Julien, gérant d’un  CBD shop

Car le nerf de la guerre, ce n’est pas que l’offre ; c’est aussi (et surtout) la demande. Sophie*, gérante d’un shop marseillais, l’a bien compris. Elle vendait du CBD « propre »… jusqu’à ce que les ventes s’effondrent : « C’est officieux, mais après l’interdiction des cannabinoïdes synthétiques en juin 2024, on a perdu 70 % du chiffre d’affaires. Si les shops ne vendaient que du CBD, ça ferait longtemps qu’ils n’existeraient plus. » Pourquoi ? Parce que, bien souvent, ce que veut le client, c’est se retourner le cerveau sans perdre son permis – ces molécules n’étant pas détectables dans l’urine. « Les jeunes se foutent du CBD. Ils veulent l’effet “défonce” que les synthétiques garantissent. Les gens qui fument du CBD, eux, ont plutôt entre trente et soixante ans. Ils ont un job, des enfants, ils veulent se relaxer peinards sans test salivaire derrière. » Bref, les industriels rajoutent de la chimie pour répondre à la demande… Président de l’Union des professionnels du cannabis bien-être et détente (UPCBD), Paul Maclean enfonce le clou : « Ces produits synthétiques s’adressent en général à un public différent de celui du CBD bien-être. Ce sont des consommateurs à la recherche d’effets psychotropes proches du cannabis récréatif illégal. Pour les atteindre, les fabricants mettent souvent en avant la présence de ces molécules synthétiques à travers des noms commerciaux attrayants ou ambigus. En revanche, l’identité exacte des substances est rarement précisée, ce qui rend leur nature réelle difficile à déterminer, même pour un œil averti. » Conclusion : même un pro peut se faire avoir.

« La Suisse a vingt ans d’avance dans le monde du CBD. »

Alors que faire ? Interdire le CBD ? Non, ce dernier a été reconnu comme non nocif par l’Organisation mondiale de la santé et son commerce légalisé par la Cour de justice de l’Union européenne en 2020. Protéger différemment les consommateurs ? C’est ce que fait la Suisse, comme nous l’explique Julien*, responsable de la chaîne d’approvisionnement de différents CBD shops : « En Suisse, tout ce qui est synthétique est interdit, à moins de prouver que ça n’est pas nocif pour la santé. En France, c’est l’inverse : tout est autorisé jusqu’à ce que l’on prouve que c’est toxique. Résultat : il faut entre trois jours et une semaine pour créer un nouveau synthétique, et environ six mois pour l’interdire. » Julien le dit sans détour : la Confédération helvétique aurait dix ou vingt ans d’avance dans le monde du CBD par rapport à la France où les molécules sont interdites de façon nominative.

Certains fournisseurs de l’Hexagone le savent et jouent aux petits chimistes : il suffit d’ajouter un atome pour créer une nouvelle molécule et contourner les interdictions en vigueur. Cette course est sans fin. Dès qu’une formule est bannie, une nouvelle la remplace ; les molécules deviennent plus complexes et leurs noms incompréhensibles. « Il n’y a pas débat, c’est du poison, lâche Julien. Fabriquées dans des labos clandestins, avec des solvants chimiques pas évaporés, sans aucune norme ni contrôle. Le vrai problème, c’est pas le Buddha Blue ou le PTC. Le problème c’est qu’on autorise les synthétiques. Il faut changer la loi. » Président du Syndicat professionnel du chanvre, Soïc Gay-Pereira tient cependant à nuancer : « Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de réglementation pour interdire ces molécules qu’elles sont légales ! Sans recul scientifique, elles ne sont pas approuvées par les autorités de sécurité sanitaire et restent dans le flou. » En attendant, sous l’appellation CBD, des produits stupéfiants sont donc vendus légalement.

Quand la législation accuse un retard toxique

C’est cet encadrement juridique clair, doté d’une réglementation plus protectrice pour les vendeurs et les consommateurs, que réclament depuis des mois les syndicats du chanvre. En vain. Paul Maclean soupire : « Nous ne pouvons pas accepter que des substances nouvelles soient commercialisées sans aucune évaluation préalable. Certaines molécules devraient être strictement interdites, d’autres évaluées scientifiquement avant toute mise sur le marché. Il en va de la santé publique et de la crédibilité de la filière… » Et ces produits chimiques sont souvent ajoutés hors de France où « ils arrivent ensuite transformés, sans que les distributeurs ou les revendeurs ne disposent toujours de l’ensemble des informations nécessaires à leur sujet ». Résultat : une confusion juridique persistante et une prolifération de produits douteux. Afin d’encadrer sérieusement une filière en plein essor, de vrais choix politiques devraient être pris. L’Union des professionnels du cannabis milite ainsi pour l’interdiction pure et simple de toute manipulation sur les fleurs de CBD visant à leur conférer des propriétés stupéfiantes. Mais, malgré les multiples relances et propositions concrètes du syndicat, les autorités ont refusé d’établir un cadre clair et lisible.

Le CBD passé à tabac?

De l’autre côté des Alpes, la Suisse montre que c’est possible. Là-bas, le CBD est traité comme le tabac et soumis aux mêmes réglementations : tracé, contrôlé, surveillé. Les producteurs sont inspectés, les paquets scellés avec des numéros de lot permettant leur traçabilité ; les vendeurs comme les consommateurs protégés par une filière complètement transparente. Julien résume : « Dans nos boutiques, on travaille avec des cultivateurs suisses que l’on connaît. Et le CBD est vendu explicitement comme produit à fumer alors qu’en France, il est vendu comme des fleurs séchées ou du pot-pourri avec, pour conséquence, une traçabilité hyper floue. » Résultat : en Suisse, le strict cadre légal permet de travailler sereinement alors qu’en France, c’est encore souvent du bricolage… Pour l’Union des professionnels du cannabis, « il faut sortir du flou généralisé actuel, obliger les professionnels du secteur à une traçabilité claire, et que tous les maillons de la filière soient responsables de la conformité des produits que l’on retrouve en magasin ou en e-commerce ».

Autre problème : en France, ce sont les douanes qui examinent les cargaisons de CBD mises sur le marché. Mais leur radar se limite au taux de THC. Si le 0,3 % légal est respecté, les douanes ne procèdent pas à une recherche de molécules synthétiques. Ce n’est donc pas parce qu’un lot a été restitué qu’il est propre. Il peut très bien contenir du Pinaca ou d’autres molécules indésirables. Certains commerçants, une fois alertés, préfèrent jouer la sécurité et détruisent la marchandise. En effet, Paul Maclean se permet de rappeler que « si une molécule est classée comme stupéfiant, tout revendeur qui la propose peut être poursuivi pour trafic de stupéfiants » et Soïc Gay-Pereira d’ajouter que chaque professionnel est invité à se rapprocher du Syndicat professionnel du chanvre (SPC), lequel détient « une liste de partenaires et de laboratoires agréés parfaitement capables d’analyser chacun de leurs lots et de détecter ces synthétiques ». Mais d’autres, à bout de souffle, ferment les yeux. Ce Syndicat professionnel du chanvre observe cependant un durcissement des contrôles de terrain concernant les molécules interdites…

« Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de réglementation pour interdire ces molécules qu’elles sont légales ! Elles ne sont pas approuvées par les autorités de sécurité sanitaire et restent dans le flou. » Soïc Gay-Pereira, président du SPC

En attendant la grande réforme, certains consommateurs tentent de se protéger comme ils le peuvent. Des tests individuels comme ceux de EZTest ou de NarcoCheck permettent de détecter certains cannabinoïdes de synthèse (Spice, K2), mais restent chers et limités puisque de nouvelles molécules apparaissent chaque mois et que « pour détecter une substance, encore faut-il savoir ce que l’on cherche ». C’est ce que rappelle Paul Maclean, pour qui la responsabilité devrait être endossée par les pouvoirs publics et non pas par les professionnels et les particuliers : « On ne peut pas se contenter de colmater les brèches. Il faut construire un cadre cohérent. »

On peut aussi choisir sa boutique avec attention… À Marseille, Widad tient une boutique de CBD, rue Thiers, où elle ne vend que du naturel. Elle connaît ses fournisseurs, et ses fleurs sont choisies pour leurs vertus apaisantes : « Du CBD pour dormir ou calmer les douleurs », dit-elle simplement. Elle n’ignore pas que d’autres magasins écoulent des produits boostés aux cannabinoïdes de synthèse, sans la moindre indication sur l’emballage. Pourquoi ? « Pour faire plus de marge, sûrement », avance-t-elle. Bref, si votre joint de CBD vous envoie sur orbite, c’est sans doute qu’il a reçu un petit coup de pouce… pas très naturel.

Circuit court, circuit sain: préférez la beue blanc rouge 

Sur les étals des CBD shops hexagonaux, les fleurs suisses règnent en maîtresses. Sauf que le pays alpin autorise un taux de THC allant jusqu’à 1 %, soit plus du triple du seuil légal en vigueur dans l’Union européenne. Résultat : pour rendre ces fleurs « conformes » à la législation française (0,3 %), elles sont souvent rabaissées à coups de butane, altérant de facto leur qualité et leur innocuité. Bref, pour éviter la chimie, une autre solution serait de consommer du CBD local, donc français. Paul Maclean, le patron de l’UPCBD, veut croire à l’émergence d’un « terroir » français débarrassé de la chimie : « La transparence, la confiance et la proximité sont les meilleurs gages de qualité. » Le plus sûr reste donc de se tourner vers des commerçants spécialisés connaissant les producteurs et privilégiant les circuits courts !

* Tous les prénoms ont été modifiés.

 

Cannabis et mémoire

Si personne n’a oublié que le cannabis avait des effets notoires sur l’activité cérébrale, peu d’études ont quantifié l’impact réel de l’herbe sur la mémoire. Une donnée est en revanche incontestable:  tous les cannabinoïdes (CBD, CBG, THC…)  n’ont pas les mêmes effets – à court et long terme- sur le cerveau. Leur rôle dans le traitement et la perception des souvenirs diffère lui aussi en fonction de la quantité et de la fréquence de consommation.

Le CBD antagoniste du THC?

Rappelons le, toute substance ingérée qu’elle soit nocive ou non, a une incidence sur le cerveau. Le cannabis n’échappe pas à la règle : plusieurs études en neurosciences ont démontré que sa consommation impactait directement la circulation du sang dans diverses parties du cerveau : l’hippocampe, les lobes frontaux et le cervelet, entraînant ainsi des modifications notables de l’activité cognitive.

Les différences de variétés de cannabis jouent également un rôle non négligeable. Tandis que le cannabis Sativa est connu pour ses effets stimulants et énergisants, le cannabis Indica lui, ralentit l’activité cérébrale et peut provoquer une sensation de somnolence,  la mémoire en prend donc un coup au passage…
De nombreuses études ont démontré que la présence de THC dans l’organisme altère les capacités de mémorisation, notamment l’encodage des informations, la vitesse de traitement et le temps de réaction.  Mais les facteurs comme l’âge, la quantité et la fréquence de consommation sont déterminants pour évaluer les dommages sur la fonction mnésique.

Après trois mois d’abstention de consommation, les capacités redeviennent normales. Les dommages peuvent donc être réversibles à condition d’arrêter sa consommation suffisamment longtemps.
Le cannabidiol (CBD) quant à lui, n’a pas les mêmes effets sur le cerveau. Il agit sur les mêmes récepteurs endocannabinoïdes (CB1 et CB2) mais n’a pas de fonction psychoactive, autrement dit il épargne l’activité psychique tout en optimisant l’activité cérébrale. Plusieurs chercheurs ont découvert que le CBD augmentait le flux sanguin vers l’hippocampe, la zone du cerveau qui gère les souvenirs et l’apprentissage. Le CBD serait donc un allié intéressant pour la mémoire de travail et la mémoire sémantique.

L’équipe de l’Université du College London affirme même que « les résultats pourraient offrir de meilleures thérapies cibles pour ceux qui souffrent de maladies affectant la mémoire. » Telles que la maladie d’Alzheimer et le trouble de stress post-traumatique.

Zoom sur les différents types de mémoire

  • La mémoire de travail ou mémoire à court terme est la mémoire du présent. Sollicitée en permanence, c’est elle qui nous permet de retenir les informations pendant la réalisation d’une tâche ou d’une activité.
  • La mémoire sémantique est celle du langage et des connaissances sur le monde et sur soi. Elle se construit avec l’apprentissage et l’expérience tout au long de la vie.
  • La mémoire épisodique ou mémoire à long terme nous permet de nous situer dans le temps et l’espace. Raconter un souvenir d’enfance ou se projeter dans l’avenir fait appel aux mêmes circuits cérébraux.
  • La mémoire procédurale est celle des automatismes inconscients (faire du vélo, conduire, jouer de la musique etc).
  • La mémoire perceptive est liée à nos 5 sens. Elle permet de retenir des odeurs, des images ou des sons.

Une étude fédérale américaine confirme l’efficacité du CBD dans le traitement de l’alcoolisme

Une nouvelle étude fédéralement financée et publiée dans la très sérieuse revue Nature indique que le CBD réduit les symptômes de sevrage liés à l’alcool ainsi que le risque de rechute, tout en offrant des effets neuroprotecteurs. Menée par l’Université de Californie à San Diego, cette recherche sur modèles animaux renforce l’idée déjà épousée que le CBD pourrait être un traitement de choix contre l’alcoolisme.

Modèle animal

Les chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont voulu comprendre comment ce cannabinoïde non enivrant pourrait agir chez les personnes souffrant de trouble de l’usage d’alcool (AUD). Les résultats de cette étude menée sur des rongeurs apportent des preuves supplémentaires du rôle potentiel du CBD dans la réduction des effets de l’alcool. Au total, 166 rats ont été inclus. Deux cohortes ont reçu par voie intraveineuse des doses de CBD de synthèse (30 ou 60 mg/kg), tandis qu’un autre groupe servait de témoin. Trente minutes après l’administration, une batterie de tests a évalué la manière dont le CBD pouvait atténuer les dimensions comportementales et neurobiologiques de la dépendance à l’alcool.

Aide au sevrage et frein à la rechute

Les auteurs concluent que le CBD est efficace à cet égard en « modulant l’excitabilité neuronale et en prévenant la neurodégénérescence, ce qui soutient son potentiel thérapeutique pour l’AUD et fournit des éclairages mécanistiques pour de futures recherches ».
« La présente étude démontre qu’une administration chronique de cannabidiol (CBD) atténue les manifestations comportementales et neurobiologiques de la dépendance à l’alcool dans des modèles rongeurs“, écrivent-ils. Plus précisément, le CBD a réduit la prise d’alcool et les symptômes de sevrage, diminué les comportements de type rechute, normalisé l’excitabilité neuronale dans l’amygdale basolatérale (BLA) et empêché la neurodégénérescence induite par l’alcool dans des régions striatales associées à la récompense et à la formation d’habitudes.  « En outre, le CBD n’a pas potentialisé les effets sédatifs de l’alcool, comme le montrent l’absence de différence dans la durée de perte du réflexe de redressement ou dans l’activité locomotrice pendant l’intoxication alcoolique, tout en augmentant le temps passé au centre du champ ouvert, ce qui indique des effets anxiolytiques. Ces résultats soulignent l’utilité thérapeutique potentielle du CBD pour le trouble de l’usage d’alcool (AUD) et fournissent des éléments mécanistiques sur ses modes d’action. »

Résultats concordants

À titre d’exemple, des chercheurs de l’Université de Sydney ont récemment publié une étude chez la souris montrant que le CBD réduit les taux d’épisodes de binge drinking ainsi que les concentrations d’alcool dans le sang. Les résultats d’une autre étude, parue dans la revue Molecular Psychiatry, indiquent aussi qu’une dose unique de 800 milligrammes de CBD peut aider à gérer certaines envies d’alcool chez des personnes atteintes d’AUD, ce qui plaide pour l’usage de ce composant du cannabis comme option potentielle de traitement pour les buveurs à problème. Par ailleurs, des recherches fédéralement financées sur les effets du cannabis sur la consommation d’alcool ont constaté que les personnes qui utilisaient de la marijuana juste avant de boire consommaient ensuite moins de boissons alcoolisées et déclaraient des envies d’alcool plus faibles.

Le CBD pour lutter contre l’addiction au THC?

Cette étude s’inscrit dans le sillage d’une analyse d’enquête publiée en mars, selon laquelle trois jeunes adultes sur quatre déclarent substituer le cannabis à l’alcool au moins une fois par semaine — une tendance « en plein essor » qui reflète la « rapide expansion » du marché des produits à base de chanvre. Un rapport de Bloomberg Intelligence (BI) observe qu’à travers différentes catégories démographiques, le cannabis est de plus en plus utilisé comme alternative à l’alcool et même aux boissons non alcoolisées, à mesure que davantage d’entreprises — y compris de grands opérateurs multi-États (MSO) — élargissent leur offre. Ces constats sont largement cohérents avec un corpus croissant d’études montrant que le cannabis — qu’il s’agisse de chanvre, légal au niveau fédéral, ou de marijuana encore prohibée — est adopté comme substitut par de nombreux Américains dans le contexte des réformes. Une enquête antérieure de YouGov révèle, par exemple, qu’une majorité d’Américains considèrent qu’une consommation régulière d’alcool est plus nocive qu’une consommation régulière de marijuana. Ils sont toutefois plus nombreux à déclarer préférer boire de l’alcool que consommer du cannabis, malgré les risques sanitaires. Un autre sondage publié en janvier indique que plus de la moitié des consommateurs de marijuana affirment boire moins d’alcool — voire plus du tout — après avoir utilisé du cannabis.

Les américains préfèrent le cannabis à l’alcool

Un autre sondage — soutenu par le National Institute on Drug Abuse (NIDA) et publié en décembre — montre que les jeunes adultes sont près de trois fois plus susceptibles d’utiliser la marijuana que l’alcool au quotidien ou quasi-quotidiennement. Ce sondage apporte des résultats plus précis par tranches d’âge qu’un rapport similaire publié l’année précédente, en concluant que davantage d’Américains, dans l’ensemble, fument de la marijuana chaque jour qu’ils ne boivent de l’alcool quotidiennement — et que les buveurs sont plus enclins que les consommateurs de cannabis à estimer qu’ils bénéficieraient d’une réduction de leur consommation. Une étude distincte, parue l’an dernier dans la revue Addiction, arrive à une conclusion similaire : il y a plus d’adultes américains qui consomment quotidiennement de la marijuana que d’adultes qui boivent de l’alcool chaque jour. En décembre, BI a également publié les résultats d’une enquête indiquant que la substitution du cannabis à l’alcool « explose » à mesure que la légalisation progresse au niveau des États et que les perceptions relatives des risques évoluent. Une part significative des Américains déclare aussi substituer la marijuana aux cigarettes et aux antalgiques.

Les alcooliers avalent de travers

Une autre analyse de BI, publiée en septembre dernier, projette que l’extension du mouvement de légalisation du cannabis continuera de représenter une « menace significative » pour l’industrie de l’alcool, les données d’enquête suggérant que de plus en plus de personnes remplacent les boissons alcoolisées, comme la bière et le vin, par le cannabis. Une étude supplémentaire sur l’impact de la consommation de marijuana sur l’usage d’autres drogues, publiée en décembre, suggère que, pour beaucoup, le cannabis pourrait agir comme un substitut moins dangereux, permettant de réduire la consommation d’alcool, de méthamphétamine et d’opioïdes tels que la morphine. Au Canada, où la marijuana est légale au niveau fédéral, une étude a montré que la légalisation était « associée à une baisse des ventes de bière », ce qui suggère un effet de substitution. Ces analyses concordent avec d’autres données récentes sur les perceptions comparées de l’alcool et du cannabis aux États-Unis. Un sondage Gallup indique par exemple que les répondants jugent le cannabis moins nocif que l’alcool, le tabac et les cigarettes électroniques à la nicotine — et qu’il y a désormais plus d’adultes qui fument du cannabis que de cigarettes. Un autre sondage, publié l’an dernier par l’American Psychiatric Association (APA) et Morning Consult, conclut également que les Américains considèrent la marijuana nettement moins dangereuse que les cigarettes, l’alcool et les opioïdes — et qu’ils estiment le cannabis moins addictif que chacune de ces substances, ainsi que moins addictif que la technologie.

 

Zeweed avec Marijuana Moments et Nature

La Haute Cuisine au CBD par Chef Jessie

Haute Cuisine au CBD ? L’idée est séduisante tant en France, les préparations culinaires au chanvre bien-être se limitent encore aux pizzas et crêpes au cannbidiol.
Si au pays de la Grande Cuisine, nous n’avons pas encore accès à des délices gastronomiques chanvrés, il suffit de traverser la Manche pour rencontrer une sommité en la matière : Jessie L.E, alias chef Jessie.
Chef Jessie est LA spécialiste des dîners au CBD qui agitent désormais tout le West London. Zeweed a pu s’entretenir avec cette toquée du chanvre bien-être.

Bonjour Jessie, parle-nous un peu de ton apprentissage et de ton expérience en tant que chef.
Depuis mon enfance, j’ai toujours aimé regarder les émissions de cuisine à la télé. Si se nourrir est un besoin vital, la façon dont les chefs subliment les aliments m’a hypnotisé. Je m’évadais en regardant leurs prouesses sur le petit écran.
A cela il faut ajouter que ma mère adorait aller au restaurant. Etant fille unique j’ai eu la chance de fréquenter très jeune des lieux sophistiqués, de goûter de nouveaux plats et me former le palais. Ma mère ne cuisinant pas à la maison, j’avais une liberté totale dans la cuisine. Elle me laissait acheter les ingrédients que je voulais et j’ai pu ainsi explorer librement la gastronomie.
Plus tard, pendant mes études supérieures de mode, j’ai toujours travaillé en cuisine, que ce soit dans les restaurants ou en service traiteur, même si je n’ai jamais pris de cours.

Canapés Saumon-Cream-cheese.

Je travaille maintenant depuis 10 ans comme chef privé, dans des évènements ou au domicile de mes clients. Je crée des menus sur mesure pour des personnalité exigeantes.
Chaque prestation est différente, donc pour mes clients,  avoir un chef qui comprenne leurs goûts est fondamental.
Actuellement je travaille pour la Saatchi Gallery, où je ne crée que des expériences sur mesure. Je travaille aussi pour www.hometainment.com, j’ai d’ailleurs réalisé un dîner en mai dernier.

CBD Radish

Comment t’es venue l’idée des dîners au CBD ?
J’avais depuis longtemps l’idée de proposer un dîner gastronomique au chanvre bien-être à Londres, mais je n’avais pas la clientèle.
A cette époque, j’ai rencontré Antoine, le fondateur de HOMETAINMENT (NDLR : « Home + Entertainment » l’agence londonienne qui offre toutes sortes d’expériences sensorielles à la maison).

Cannabidiol Roe Pate

Antoine m’a offert la possibilité de promouvoir mes dîners au CBD sur sa plateforme et m’a trouvé mes premiers clients.
J’ai ainsi eu la chance de pouvoir être en contact avec une nouvelle clientèle, partager mes connaissances sur cette plante magnifique, créer des plats originaux et intéressants que je ne présentais jusqu’alors pas dans mon activité quotidienne de chef privé.

Depuis combien de temps proposes-tu cette expérience de dîner au CBD?
Tout a réellement démarré durant l’été 2020. J’avais passé beaucoup de mon temps pendant les confinements à cultiver toutes sortes de chanvre CBD et étudié comment faire teintures et huiles. A partir de là,  j’ai commencé à trouver des équilibres de saveurs, des profils, des mariages de goûts.

Roe Toast

Tu utilises aussi des ingrédients prêts à l’emploi ?
Tout le CBD que j’utilise pour mes dîners vient de mon jardin dans West London.
Le fait de le cultiver moi-même m’a complètement ouvert les yeux sur le CBD que l’on peut acheter en magasin, et sur ce qu’est la vraie qualité.
C’est précisément cela que mes clients apprécient le plus dans mes dîners : le fait de savoir que le produit vient d’une source fiable, est cultivé en bio et est issu de la 1ère pression.
Je cultive même certaines variétés en utilisant uniquement des produits vegan.
Je fais mes propres teintures et huiles et suis toujours à la recherche de parfaits équilibres dans les plats que je crée.

Salmon, capers, dill & grapefruit (Saumon, câpres, aneth et pamplemousse)

Quelles variétés de CBD utilises tu ?
Depuis 2 ans j’ai cultivé environ 3 douzaines de variétés.
En voici les principales :Valentine X, Cherry wine,Suzy Q, ACDC, Charlotte’s web et la Sour Tsunami

Nous connaissons les effets bénéfiques du CBD, mais le goût du CBD est-il vraiment important dans ta création de menu ?
Oui, il y a évidement des arômes très marqués et les terpènes ont un rôle majeur dans ma création de plats. Que ce soit avec des agrumes, des fruits de mer ou du chocolat blanc, il y aura toujours une variété de CBD qui va agrémenter le produit au mieux.
J’expérimente de plus en plus à mesure que j’avance dans le métier. J’ai découvert des profils de saveurs que je n’aurais jamais imaginés si ce n’était grâce aux caractéristiques spécifiques de chaque plante.

 

Smoked Carrot (carotte fumée)

 

Verde Gazpacho

Peux-tu nous donner un exemple de menu au CBD ?
Oui, en voici un que j’ai réalisé très récemment :

  • -Amuse bouche – avec teinture Organic blueberry OG
    Sashimi de thon albacore/vinaigre de sureau/petals d’amarante/confiture d’annanas et piment scotch bonnet
  • -Entrée –avec huile Organic Jilly bean et vinaigre
    Crabe / fenouil rose/ coleslaw / bottega râpée / pain de seigle à l’encre de seiche
  • -Plat – avec Organic Orange peel
    Carré d’agneau mariné au gingembre et à l’anis, avec une croute de noisettes/pommes de terre nouvelles fumées/ chou palmier/sorbert hibiscus
  • -Dessert – avec teinture Organic Harle-tsu flower indoor& cows die
    Panna cotta au lait de céréales/ rayon de miel / huile basilic

Chaque plat a été élaboré avec une variété de CBD qui se marie parfaitement avec les autres ingrédients et qui surtout rehausse leur saveur. Mais le mieux est encore d’y goûter (rires).

Propos recueillis par Yves de Roquemaurel.

Témoignage : “J’ai troqué le THC pour du CBD”

Grand fumeur de joints devant l’Eternel, notre journaliste Hugo a troqué depuis quelques mois son THC pour du CBD. Et il en est ravi. Un choix sain pour bien commencer l’année, ou en tous cas entamer un vrai dry January. 

A l’époque où j’ai commencé à fumer, il n’y avait à Paris que de la weed. Le THC, c’était trois consonnes que les intervenants de la brigade des stup’ essayaient d’inscrire dans nos têtes de collégiens, et le CBD, ça n’existait pas. J’avais 14 ans et une boulette de shit dénichée dans un tiroir du bureau de mon père. Je cherchais de l’argent, mais ma trouvaille avait beaucoup plus de valeur : j’allais pouvoir être un rebelle aux yeux de mes potes avec un truc qui n’allait pas me tuer — mes parents avaient du shit et une vie stable, une santé bonne, pourquoi pas moi ?

“fumer était devenu plus qu’une habitude, c’était une évidence de mon quotidien”

Au lycée, les occasions de fumer se sont multipliées avec les journées dans les parcs, les recoins des quais de Seine ou d’obscures ruelles, les soirées dans les appartements. A la fac, ayant quitté le foyer familial, c’était plus d’occasions dont il était question, mais de fumer ou ne pas fumer. J’étais libre, je pouvais faire ce que je voulais. Alors j’ai fait ce que je voulais. D’année en année, ma consommation a augmenté avec ma liberté, et, dans toute mon indépendance, j’étais devenu dépendant. Il n’y avait plus de choix, plus de question, fumer était devenu plus qu’une habitude, c’était une évidence de mon quotidien. Quand on fait quelque chose tous les jours pendant dix ans, on se demande ce qu’on pourrait bien faire d’autre. A part ne pas le faire.

Alors, il y a quatre mois, je me suis lancé dans l’aventure. Arrêter m’a vite rappelé à quoi la weed me servait. Avec elle, pas d’impatiences, pas de pensées tourbillonnantes, pas d’insomnies, pas de crises d’angoisse. Les symptômes du sevrage, m’a expliqué un spécialiste chez qui j’étais allé étaler mon désarroi. Avant qu’il me conseille d’en prendre, je pensais que le CBD était le summum de l’inutilité, un coup marketing pour des ados influençables et peureux. Suivant les conseils de l’expert, j’ai acheté dans une des très nombreuses boutiques de CBD de Paris un flacon d’huile de CBD. « 20% pour commencer, et si c’est pas assez, tu reviens, je te mets un 30% ». Chaleureuse, cette façon de garder un peu du parler des dealers. On m’a recommandé cinq gouttes sous la langue trois fois par jour, si bien que je me baladais partout avec mon petit flacon qui ressemblait drôlement à une tétine. Quelques semaines plus tard, je regardais la petite tétine avec des yeux reconnaissants. Placébo ou non, peu m’importe :  après 8 heures de sommeil, je me réveille les idées claires alors que j’émergeais avant dans des brumes matinales qui ne se dissipaient qu’après le déjeuner. J’avais troqué contre les crises d’angoisse le niveau d’anxiété normal et réconfortant d’un Parisien lambda, et le THC devenait de l’histoire ancienne. Se voir changer grâce à un effort qu’on fait consciemment tous les jours, c’est comme prendre du muscle en allant à la salle, c’est gratifiant.

“Placébo ou non, peu m’importe :  après 8 heures de sommeil, je me réveille les idées claires alors que j’émergeais avant dans des brumes matinales qui ne se dissipaient qu’après le déjeuner”

Aujourd’hui, c’est des mois qui sont passés, et le lointain souvenir des joints qui m’assommaient ne me manque plus du tout. Le plaisir de fumer de l’herbe, en revanche, oui. Mais la bonne nouvelle, c’est que maintenant que je suis capable de passer des journées sans ma tétine d’huile de CBD, je fume de temps en temps cette herbe qui ne défonce pas. Le joint de CBD que j’ai roulé de mes mains expertes ressemble à ceux que j’ai fumés de mes 14 à 24 ans : la taille, la forme, l’odeur, le goût. Une ressemblance de surface, mais justement un peu de légèreté ça fait du bien. Outre le fait de m’avoir aidé à retrouver une stabilité mentale et émotionnelle, la consommation de CBD s’est accompagnée chez moi d’autres changements réjouissants. C’est incroyable, mais maintenant, je fais du sport tous les deux jours, je me souviens intégralement des films que je regarde et des livres que je lis, je n’ai plus jamais raté une soirée à cause d’une angoisse sociale maquillée en paresse, et à ces soirées, je parle. Tant d’avantages d’une bienheureuse transition que je vous raconterai plus en détails dans les épisodes à venir de cette chronique fumeuse.

 

Quels sont les effets du CBD et du THC sur la conduite?

Peut-on consommer du CBD si on prend le volant? Combien de temps le THC reste-t-il actif et à quel point altère-t-il  la conduite ? A Sydney, les chercheurs de l’Initiative Lambert se sont penchés sur ces questions pour nous fournir des réponses précises.

Pour la première fois, des chercheurs ont étudiés les effets du cannabis sur notre capacité à conduire. L’étude, dirigée par l’Initiative Lambert* à l’Université de Sydney a été conjointement menée à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas.

Le CBD : sans danger sur la conduite

Les résultats ont été publiés en décembre dernier dans le très sérieux American Medical Association Journal.
Nous y apprenons entre autres que le cannabidiol (CBD), n’affecte nullement la conduite, mais que des quantités modérées de THC produisent en revanche des troubles légers, qui peuvent durer jusqu’à quatre heures, mais bien loin des troubles inhérents à la consommation d’alcool ou de tranquillisants précise le rapport. L’étude confirme la nécessité d’être vigilants lorsque l’on consomme du THC. Lors d’autres observations, les scientifiques auront donc confirmé que  le caractère non-psychotrope du CBD, et par là même son innocuité au volant.

Le THC : des effets invalidants pouvant persister quatre heure

Le directeur de la recherche, le Dr Thomas Arkell, détaille les résultats :  «les données recueillies indiquent pour la première fois que le CBD, lorsqu’il est administré sans THC, n’affecte aucunement la capacité d’un sujet à conduire. C’est une excellente nouvelle pour ceux qui utilisent ou envisagent un traitement utilisant des produits à base de cannabidiol ”
Depuis quelques années, de considérables avancées ont été faite dans les traitements médicaux à base de cannabis. Un nombre croissante de produits contenant du CBD ou/et du THC pour des conditions telles que l’épilepsie, l’anxiété, la douleur chronique ou encore le traitement d’addictions ont ainsi fait leur apparition en milieu clinique et en pharmacie dans certains pays.

Dr. Thomas Arkel (crédits photo University of Sydney)

Recherches menées conjointement en Australie et aux Pays-Bas

La recherche, menée aux Pays-Bas, a été menée auprès de sujets ayant inhalé du cannabis contenant différents mélanges de THC et de CBD. Les candidats ont ensuite effectué, dans des conditions contrôlées, un trajet de 100 kilomètres sur les routes publiques. Ces test ont été menés  40 minutes et quatre heures après la consommation. Le cannabis contenant principalement du CBD n’a aucunement altéré la conduite.  Le cannabis contenant du THC, ou un mélange THC / CBD, a provoqué une légère altération mesurée 40 minutes plus tard. Après quatre heures, aucune altération n’a été remarquée.

Etude de référence?

«Avec l’évolution des lois sur le cannabis à l’échelle mondiale, les Etats ayant légalisé ont besoin de légiférer sur des bases scientifiques précises et fiables. Ces résultats fournissent des informations indispensables sur les effets causés par les différents types de cannabis. Nous espérons que notre travail aidera à orienter la politique de sécurité routière, que ce soit en Australie, aux Pays-Bas ou ailleurs» , a conclu le scientifique, laissant entrevoir la possibilité que l’étude puisse servir de socle légal pour l’élaboration d’une politique internationale sur le cannabis au volant.

*L’initiative Lambert regroupe une vingtaine de chercheurs qui étudient les effets des cannabinoïdes sur l’organisme. Leurs laboratoires sont hébergés au sein de  l’Université de Sydney.

Retro-Cannes  : Rosé, champagne et rhum au CBD

Alors que le 77ème festival de Cannes bat son plein, retour sur l’édition 2021 qui a vu débarquer pour la première fois dans les soirées et cocktails une molécule au moins aussi célèbre que les stars qui grimpent les marches du Palais des festivals : le CBD.

Après un départ hésitant, ce millésime 2021 du festival de Canne s’achève en beauté avec quelques très belles fêtes,  pour une 74ème édition organisée en juillet plutôt qu’en mai, pour cause de pandémie. A l’heure de la montée des marches du Palais des Festivals, le mélange entre festivaliers et vacanciers n’aura pas manqué de surprendre, avec de cinglants contrastes du genre tongs contre escarpins ou pantacourt versus robe longue.

Et toujours des rencontres improbables avec des gens de tous horizons, beaucoup d’entre eux n’ayant qu’un rapport très lointain avec l’industrie du cinéma. C’est peut-être cela aussi qui contribue à rendre les fêtes de Cannes si uniques.

..ce qui se passe à Cannes reste à Cannes.

Et que boit-on à Cannes pendant le festival ? En plein été, avec des température moyenne de 28 degrés, le rosé est partout, à la plage l’après-midi, à l’heure du cocktail et jusqu’à tard dans la nuit dans les villas où ont lieu les plus belles fêtes.

Au sec sur sa serviette et d’humeur à rosé.

Le champagne est toujours là aussi, la boisson glamour qui accompagne les soirées des marques de mode, les défilés de maillots de bain au bord des piscines jusqu’aux soirées ultra VIP à la terrasse d’Albane.

Ensuite la vodka, omniprésente dans les soirées de lancement de films, que ce soit à la terrasse d’un hôtel, sur une plage privée ou dans une villa. C’est l’occasion pour beaucoup de nouvelles marques de spiritueux de se lancer.

C’est le cas du prince Jean-Barthélémy Bokassa, petit-fils de l’ex empereur Jean Bedel Bokassa, qui  en a profité pour lancer sa vodka, avec un trône en arrière-plan, preuve que le ridicule ne tue décidément pas.

Comme un goût du trône.

Voilà pour les classiques, mais cette année il y a une nouveauté : le rhum arrangé au CBD de Dr Drink !
Un rhum de Martinique aux nuances boisées, dominé par des notes de vanille et laissant place au goût du chanvre: la saveur est unique. Ce dernier  est vendu au bar Chupitos à Cannes mais aussi dans les boutiques Dr Smoke.

Une chose est claire, nous allons entendre parler de Mr Drink, une très bonne alternative à la vodka.

Après la fête il s’agit de récupérer et pour cela rien de mieux qu’une boisson sans alcool au CBD comme une limonade ou un ice tea, avant d’enchaîner avec une Biscanna, bière artisanale au chanvre fabriquée au Pilat. Toutes ces boissons sont disponibles au Flower Power à Cannes dans la boutique située près de l’Hôtel de Ville ou sur leur site.

Le temps de récupérer de cette semaine intense, je vous donne rendez-vous samedi prochain pour de nouvelles aventures gustatives.

CBD : Face aux évolutions et ambiguïtés réglementaires, le Syndicat Professionnel du Chanvre appelle à la cohérence.

Le Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC) fait part de ses vives inquiétudes à la vue des récentes évolutions réglementaires européennes et nationales, appelant les pouvoirs publics à adopter une politique rationnelle, basée sur des preuves scientifiques solides, en accord avec la législation européenne. 

Première préoccupation exprimée par le SPC quant à l’avenir du secteur : la proposition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) de classer le CBD comme substance présumée toxique pour la reproduction humaine (catégorie 1B). Le représentant historique de la filière chanvre bien-être dénonce une décision basée sur une étude unique, jugée insuffisamment représentative des réalités d’usage et des doses consommées par les utilisateurs. Le SPC estime à juste titre qu’une telle classification aurait de graves conséquences économiques, remettant en question des années d’investissements et d’efforts vers une traçabilité et une qualité exemplaires, menaçant directement la pérennité de nombreux emplois.
En réponse à la proposition de l’ANSES, le SPC, appuyé par l’Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes (AFPC) et l’Union des Industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC), a engagé deux expertises scientifiques indépendantes – auprès de Chemsafe et du Dr Fabian Steinmetz – afin de fournir une analyse exhaustive et objective aux autorités européennes. Le syndicat appelle à une mobilisation générale du secteur en vue de la consultation publique qui doit avoir lieu prochainement.

Second point souligné par le SPC : l’interdiction du CBD en Italie, désormais classé comme stupéfiant. Cette brutale mesure, en contradiction flagrante avec la législation européenne  et les recommandations de l’OMS, est un arrêt de mort pour la filière transalpine, qui emploie quelque 20 000 personnes et génère près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire.
Paradoxalement, pour la France, où 80 % des produits CBD commercialisés dans l’Hexagone proviennent d’importations italiennes, cette décision pourrait représenter une opportunité économique de taille. À la lumière de cette évolution du cadre légal italien, le SPC invite ainsi les acteurs français à se réorienter vers une production locale durable à la traçabilité irréprochable, à l’image de la société française Canebiera, récemment récompensée en mars au Spannabis.

Troisième problématique  : l’essor des néo-cannabinoïdes, substances synthétiques qui menacent à la fois la santé publique et la crédibilité de la filière chanvre CBD. Récemment, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a inscrit plusieurs de ces nouveaux cannabinoïdes sur sa liste officielle des stupéfiants, reconnaissant ainsi officiellement leur danger potentiel sur la santé. Le SPC souhaite que toutes ces molécules soient interdites, insistant sur la nécessité d’utiliser les outils d’analyse et de traçabilité existants pour protéger consommateurs et commerçants des dérives du marché.

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