France : L’expérimentation du cannabis thérapeutique en panne de weed ?

Prévue pour le mois de septembre, l’expérimentation du cannabis thérapeutique bute sur un problème d’approvisionnement de Ganja made in France. Pour avoir accumulé trop retard en la matière, les pouvoirs publics n’auront d’autre choix que « d’avoir recours à des producteurs étrangers »

Ce n’est pas parce que l’herbe est plus verte chez nos voisins que les futurs patients français consommeront du cannabis produit à l’étranger, mais bien parce que les pouvoirs publics auront été pris de court en matière de production de weed à visée médicale.

En cause, une politique de l’autruche qui, au-delà ne n’avoir porté ses fruits sur le plan sociétal, n’aura pas non plus su produire les fleurs nécessaires à cette phase d’expérimentation.

Faute de ne pas avoir actionné à temps les bons leviers afin d’autoriser la production d’ un cannabis thérapeutique de qualité made in France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’aura d’autres solutions que d’aller pécho chez le voisin de palier ou plutôt de frontière, en l’occurrence au Portugal (voir notre article) et en Italie

Une information confirmée mercredi 22 janvier à l’AFP par la directrice générale adjointe de l’ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil lors des premières auditions de la mission d’information parlementaire sur le cannabis lancée à l’Assemblée nationale.

« Septembre, c’est demain, c’est très proche », a ajouté Mme Ratignier-Carbonneil . Compte tenu de ce délai, l’ANSM envisage plutôt « d’avoir recours à des producteurs étrangers » pour fournir le cannabis, la législation française interdisant actuellement la culture des plants contenant des taux de THC supérieurs à 0,2 %.

Toutefois, « si un producteur national est en capacité de répondre aux critères (…) , il pourra être retenu », a précisé Mme Ratignier-Carbonneil, en ajoutant que des réflexions sont actuellement en cours entre le ministère de la Santé et celui de l’agriculture pour permettre une production française. « Notre seul objectif reste la qualité des produits qui doivent être mis à la disposition des patients. »

Quant aux quelques producteurs qui obtiendraient miraculeusement une licence pour faire pousser de l’herbe en France, nous les renvoyons avec plaisir à notre dossier «Homegrowing pour débutants».

 

Alexis