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Graine de légende la Haze de Nevil Schoenmakers.

Il est des noms qui s’écrivent à la lisière de la légende, dans ce territoire incertain où l’histoire se confond avec le mythe. Celui de Nevil Schoenmakers, souvent surnommé le « King of Cannabis », appartient à cette catégorie. Sa trajectoire, commencée dans les années 1980, a façonné une part essentielle de la culture cannabique moderne et son nom reste indissociable d’une variété devenue culte : la Haze.

Par le collectif Cannamoustache

Né en 1956 en Australie, élevé aux Pays-Bas, Nevil Schoenmakers incarne la rencontre improbable entre la rigueur scientifique et l’instinct visionnaire. Dans une Europe encore marquée par les tabous, il fonde en 1984 la Seed Bank of Holland : première banque de graines de cannabis au monde. Ce geste, apparemment anodin, ouvre une brèche historique : pour la première fois, les cultivateurs peuvent accéder à des génétiques stables, sélectionnées et croisées avec méthode. L’ombre artisanale des cultures clandestines cède la place à une approche quasi académique, où la plante se pense comme patrimoine vivant.

Au cœur de cette révolution se trouve la Haze : variété américaine née dans les années 1970 en Californie, fruit des expérimentations des frères R. et S. Haze. Ces pionniers avaient marié des sativas venues de Colombie, du Mexique, de Thaïlande et du sud de l’Inde, créant une lignée d’une intensité psychédélique inédite. Mais la Haze, capricieuse et exigeante, restait une plante difficile à cultiver, réservée aux initiés. Nevil Schoenmakers, en croisant ces génétiques avec des variétés plus stables, la Northen Light #5 et la Skunk, permit à la Haze de franchir les frontières et de s’inscrire dans une histoire mondiale.

La Haze devint alors plus qu’une simple variété : une mythologie vivante. Ses arômes d’encens, de bois précieux et d’agrumes semblaient convoquer l’Orient et l’Occident, le sacré et le profane. Elle incarnait un voyage intérieur, une expérience de l’esprit autant que du corps. Dans les serres hollandaises, sous les lampes artificielles, elle prenait des allures de plante totémique, gardienne d’un savoir ancien.

Mais la légende de Nevil Schoenmakers ne s’écrit pas sans zones d’ombre. En 1990, il est arrêté en Australie à la demande de la DEA américaine, accusé d’avoir exporté des graines vers les États-Unis. L’affaire, surnommée « Green Merchant Operation », fit trembler tout le milieu cannabique. Libéré sous caution, il échappa à l’extradition et disparut des radars, laissant derrière lui une aura de fugitif romantique, à la fois traqué et vénéré.

Aujourd’hui encore, la Haze demeure la pierre angulaire de nombreuses génétiques modernes. Qu’il s’agisse de la Super Silver Haze, de la Neville’s Haze ou des innombrables hybrides qui en portent l’empreinte, toutes rappellent la main de ce sélectionneur visionnaire. Nevil Schoenmakers n’a pas seulement domestiqué une plante : il a ouvert un imaginaire. La Haze, avec ses fleurs effilées et ses effets transcendants, reste le symbole d’une époque où l’utopie psychédélique croisait la rigueur botanique.

Ainsi, l’histoire de Nevil et de la Haze s’écrit comme une épopée moderne. Elle mêle la quête de pureté génétique à la lutte contre les interdits, le rêve d’une plante universelle à la réalité d’un monde répressif. Comme toutes les légendes, elle oscille entre la lumière et l’ombre, mais son parfum, lui, continue de flotter dans les consciences. Et dans chaque graine de Haze, c’est un fragment de cette histoire mythique qui se transmet, de génération en génération.

Nevil Schoenmakers (1956-2019), sa life en 3 phrases.

Nevil Schoenmakers, surnommé le « roi du cannabis », fut un pionnier australien dans la sélection et l’hybridation de variétés de chanvre. Installé aux Pays-Bas, il a fondé la première banque de graines de cannabis, révolutionnant la culture et la diffusion mondiale de génétiques. Son parcours reste une référence incontournable dans l’histoire contemporaine du cannabis.

 

 

Tarpé à son âme : rencontre avec le rouleur de joints de Thierry Ardisson

Homme en noir, mais jamais en manque de fumée blanche, Thierry Ardisson a fait du pétard un accessoire de sa vie comme un autre. Témoignage de Marco, son assistant et… rouleur officiel des « plus beaux joints de Paris ».

Entretien Guillaume Fédou

Cet article est issu du Zeweed magazine #10. Pour le trouver près de chez vous, cliquez sur ce lien
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Allumage de pétard en direct sur le plateau du « Grand Journal », façon Gainsbourg, allusions tous azimuts lors de ses émissions, soutien inconditionnel à Michaël Blanc, longtemps détenu à Bali pour possession de cannabis… Peu de personnalités de premier plan auront autant fait que feu Thierry Ardisson pour la cause « pétardesque ». Afin de lui rendre un hommage natural mystic, nous sommes allés à la rencontre de Marco, son jeune assistant qui était aussi son rouleur de joints personnel – « les plus beaux de Paris ». Entre eux, pas l’épaisseur d’une feuille de papier à rouler. 

Zeweed :  Marco, tu peux nous raconter ta rencontre avec Thierry Ardisson ? 
Marco : Oui, j’étais fraîchement arrivé de Normandie pour des pseudo-études à Paris quand j’ai tout de suite décroché un stage pour Ardimages. C’est làa que j’ai appris que Jérémy, l’ancien assistant de Thierry, se barrait et qu’il avait proposé mon nom. Thierry m’appelle : « Il paraît que tu sais bosser… E, est-ce que tu veux faire la même chose en étant bien payé ? Viens demain matin à 9 heures. »

Tu ne l’avais pas encore vu, donc, même en bossant pour lui ?
Non, le stress total ! Et me voilà à 9 heures pétantes au 214, rue de Rivoli. Il m’ouvre en short noir et me dit : « Installe-toi.» Je suis pétrifié et je note qu’il s’agite un peu, il fait des va-et-vient sans son bureau et finalement me dit : « Tiens, ben roule un joint. ». Grosse panique, j’avais intérêt à bien rouler le joint de ma life. Je fais de mon mieux, il le prend, le trouve bien roulé, tire une taffe et le repose.

Juste une taffe ?
Oui, une taffe ou deux. Il faisait très attention, tout était sous contrôle ; il avait juste besoin d’un petit hit. Ensuite, l’entretien a porté sur des choses perso, sur ma vie privée : «T’as une copine, un appart ? » – ce genre. En plein milieu, il me tend le joint. Hors de question pour moi de fumer en entretien d’embauche, qui se serait transformé en entretien de débauche, et je lui réponds : « Merci mais je ne fume jamais avant que le soleil ne soit couché. » Il m’a alors dit : « Très bonne réponse, tu commences demain. »

« On ne pouvait jamais savoir s’il avait fumé ou pas »

Dès le début, tu as compris que ta mission consisterait à rouler des joints ?
Non, j’étais son assistant pour tout mais c’est vrai que, pour les joints, ça le dépannait car il n’a jamais su rouler. C’était grotesque : on aurait dit des cigares pour fumer dans les coins ; en plus, il mettait le carton après avoir roulé, ça ne ressemblait à rien… Ce qu’il adorait, c’était des joints très peu tassés.

Dès le matin donc ?
Oui, j’arrivais le matin à 9 heures précises chez lui ; ça ne servait à rien d’arriver plus tôt et surtout pas plus tard. J’avais la presse du jour avec moi (que j’allais chercher au kiosque alors tenu par le père de Pedro Winter) ; on récupérait des mémos écrits à la main, comme un e-mail en papier. Le plus souvent, il avait déjà fumé quelques taffes en regardant les Tuileries par la fenêtre, avant que j’arrive ; parfois avec un joint qu’il avait gardé ou l’un de ses cigares dont il a le secret. Le jeudi, il y avait l’émission et il ne voulait pas fumer le jour de l’émission… Avant l’émission, je veux dire car, après, c’était parti !

Tu sortais le grand jeu, ce jour-là ?
Oui car il fallait que je lui roule trois joints : un pour le debrief, un deuxième au cas où des invités voudraient partager des taffes avec lui et un autre pour le lendemain. Et les trois avaient intérêt à être roulés à la perfection. Mais j’y arrivais ! Il me présentait souvent comme son « assistant qui roule les plus beaux joints de Paris». Moi, je ne tirais jamais dessus ; de toute façon, je ne suis pas hyper fan du cannabis en journée : ça me rend groggy, comme un café à l’envers. Pareil pour l’alcool, je ne bois jamais le midi. Et j’ai toujours microdosé mes pétards.

En public, Thierry a toujours dit qu’il fumait mais sans prosélytisme. Juste un certain goût de la provocation ?
C’est vrai, il a toujours eu un discours responsable par rapport à ça ; je ne l’ai jamais vu faire l’apologie du produit pour les autres, en dehors de lui-même. On ne connaît pas vraiment sa position sur la légalisation. Un jour, on lui a posé la question ; il a répondu : « Ah bon, c’est pas légal ? Moi, si j’en cherche j’en trouve. » Il aimait bien provoquer, comme sur le plateau du « Grand Journal » [(en 2010, Thierry allume un joint en direct devant un Michel Denisot médusé, NDLR]). Une sorte d’hommage à Gainsbourg ! Il avait aussi écrit un de ses articles « clés en mains » titré : « J’ai légalisé la marijuana » dans les années 1980, où il se baladait dans Paris avec son paquet de pPétardos. Rappelons tout de même qu’il a aussi été interdit de territoire aux États-Unis pendant dix ans, pour avoir laissé un bout de hasch dans ses poches de veste. Il adorait laisser traîner des miettes… Quand c’était trop petit pour être effrité, il mettait ça dans une boîte et iIl finissait par avoir beaucoup de boîtes qu’il donnait à qui voulait, en passant chez lui.

« Thierry a été interdit de territoire aux États-Unis pour avoir laissé un bout de hasch dans ses poches de veste »

Tu as déjà vu Thierry défoncé ?
Non, je ne l’ai jamais vu stone et je pense que personne ne l’a vu perdre le contrôle. On ne pouvait jamais savoir s’il avait fumé ou pas. Rappelons que le cannabis ralentit ldes cerveaux, donc s’ils sont rapides, ça peut aider à canaliser (comme dans le cas d’Ardisson) ; mais s’ils sont lents, c’est la catastrophe ! Ce n’était même pas un sujet pour lui : la weed faisait simplement partie de sa vie. Il m’est arrivé de devoir aller la chercher aussi.

Et maintenant que Thierry nous a abandonnés à notre sort de pauvres Terriens, que fais-tu de tes dix doigts ?
Maintenant, je bosse avec son fils Gaston, que je connais depuis longtemps, sur son initiative OXYGEN Oxygen WATERWater® – de l’eau en canette écoresponsable. Le lien s’est fait sur une idée de Thierry, après qu’il a perdu son émission « Salut les Terriens », et moi, mon boulot par la même occasion. Il y a eu toute une histoire autour du joint que Gaston se serait allumé aux funérailles de son père… Mais comment lui rendre un meilleur hommage ? De toute façon, Gaston est plus de sa génération et préfère le CBD. M, mais rassurez-vous, il se débrouille tout seul.

Quand le cannabis fait foi: ces reliques en chanvre qui ont forgé le christianisme

Si le cannabis est diabolisé depuis une cinquantaine d’année, l’Histoire nous compte une toute autre approche de la belle plante. Indissociablement lié à la religion ainsi qu’à la royauté, le chanvre accompagne vers l’éternel quatre figures majeures du christianisme que je vous propose aujourd’hui de redécouvrir.

LE « SAINT CHANVRE »

Il s’agit d’un morceau de la corde censée avoir lié les mains du Christ à la Croix lors de la Crucifixion, elle porterait, dit-on, les traces du sang de Jésus. Cette relique déposée, d’après la tradition, par Sainte Hélène au 4ème siècle, est toujours visitable au monastère de la Sainte-Croix (Timios Stravos) à Omodos, l’un des plus anciens de Chypre, fondé vers l’an 200.
Sainte Hélène était la mère de l’empereur romain Constantin 1er, qui décréta le christianisme religion officielle. C’est à la suite d’un pèlerinage et de fouilles à Jérusalem, sur le lieu du Calvaire, qu’elle découvrit la Sainte Croix. De retour vers Rome, elle fit escale à Chypre en 327, à l’âge de 80 ans, pour y faire ce don sacré.
De nombreux miracles furent attribués à ce Saint Chanvre et la chapelle devint un lieu saint pour tous les chypriotes.

Le Saint Chanvre: il faut le voir (ou le fumer) pour y croire.

LES SANDALES DU CHRIST

Résultats d’analyses (microscope à balayage électronique, analyse spectrométrique) du professeur Gérard Lucotte, directeur de l’Institut d’anthropologie génétique moléculaire, concernant la Relique des Sandales du Christ :
« Les trois couches originales de la sandale : au-dessus une couche fine de chanvre (étudiée) ; au milieu une couche épaisse de palmier oriental (étudiée, sang en étude) ; au-dessous une couche fine en bois (olivier ? en étude). » L’or identifié fut daté de l’antiquité et le sable d’aragonite découvert sur le cuir, se retrouve spécifiquement à Jérusalem.

En 2005, Gérard Lucotte sera tenu à l’écart par la communauté scientifique : analysant la tunique d’Argenteuil, il affirmera y avoir  retrouvé l’ADN du Christ, reconstituant « le portrait d’un homme d’origine moyen-orientale, à la peau blanche, opiomane et porteur de morpions. »
Don du pape Zacharie en 752 au roi Franc Pépin III, ces reliques furent rapportées de Jérusalem à Rome par Sainte Hélène en l’an 327.
Elles sont aujourd’hui exposées à la basilic de Prüm en Allemagne.

Les sandales du Christ

LE LINCEUL DE PHILIPPE Ier (1052-1108)

La tombe de ce roi de France fut découverte le 1er juillet 1830, dans l’abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire (45730). Son corps avait été enveloppé dans une longue cape rouge tissée, après analyse, avec « une armure de toile, chaîne et trame de chanvre, une deuxième trame de laine a été passée, entre deux fils de trame chanvre. » (A. France-Lanord, La tombe de Philippe 1er à Saint-Benoît-sur-Loire, p. 377, 1992).

Ce 4ème roi capétien, au 3ème plus long règne de l’histoire de France (48 ans), fut inhumé à Fleury car ayant été excommunié pour avoir répudié sa femme, Berthe de Hollande, il ne désirait pas être enterré à côté de ses ancêtres, dans la basilique royale de Saint-Denis.
Sa sépulture est la seule d’un souverain français médiéval à n’avoir été ni violée, ni déplacée de son emplacement original.
D’autres linceuls de chanvre sont attestés, dont celui de la reine mérovingienne Arégonde (520-580), épouse de Clotaire 1er (basilique Saint-Denis).

Philippe 1er, inhumé dans une cape de chanvre pour l’éternité

LE CILICE DE SAINT LOUIS

Ce gilet porté par le célèbre roi, est encore en parfais état aujourd’hui. Composé de crin et de chanvre, il est daté aux alentours de 1260. C’est l’un d’un des trois seuls vêtements royaux du 13ème siècle conservés en France. Une étiquette porte l’inscription : « C’est la haire saint Louis roy de France ».

Le Silice de Saint Louis.

Il est exposé à l’église Saint-Aspais de Melun, France
Le fait que ses reliques soit composées de cannabis sativa rend crédible leurs authenticités, appuyé par le précepte In dubio pro traditione : en cas de doute, priorité à la tradition!

Hunter S. Thompson : guns, ganja & gonzo.

Il y a 20 ans, le pape du Gonzo-journalisme Hunter S. Thompson nous quittait. Grand adepte d’armes à feu et de drogues, l’écrivain canonisé* était aussi un Ganja-aficionado de premier ordre. Portrait du plus fumé des auteurs américains.

Une plante aux racines bien ancrées

Il est assez logique que Bill Murray, grans amoureux de l’herbe lui aussi,  soit le premier acteur à avoir interprété H.S.Thompson au cinéma. C’était en 1980  dans “Where the Buffalo Roam”, film culte tiré du livre éponyme, et qui s’ouvre sur le procès absurde de trois jeunes condamnés à de la prison pour un joint.

Les deux artistes ont passé des semaines à fumer, à boire et à accomplir les défis les plus absurdes pendant le tournage. Une expérience qui a changé Hunter contribuant à faire de sa légendaire nonchalance sa marque de fabrique.
Et c’est là tout le génie de Thompson : bousculer les préconceptions.
Qui d’autre peut jauger la qualité d’un homme en le faisant tirer au fusil à pompe sur des bidons de Nitroglycérine, comme le raconte Johnny Depp ?

Hunter et le cannabis

Sans l’herbe qu’il fumait de manière quotidienne, il est certain que Hunter n’aurait jamais tenu les cadences infernales qu’il s’imposait. C’est le principe de la gravité : tout ce qui monte doit redescendre. Quoi de mieux pour éponger des litres de Chivas, des cartouches entières de Dunhill et plus de poudreuse que sur les pistes d’Aspen, que l’herbe sacrée qu’il faisait pousser ?
Systématiquement armé, souvent violent et parfois paranoïaque, l’hédoniste était conscient des limites de son mode de vie. Son incroyable productivité (il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages et des centaines d’articles) était bien plus le résultat de son génie que de ses états seconds. 

Une youtubeuse néo-zélandaise a tenté d’imiter sa routine quotidienne pour déterminer si elle allait devenir aussi brillante et s’est retrouvée… complètement cassée. Nous ne conseillons donc pas d’imiter son exemple, mais simplement de l’écouter.
Hunter était aussi fou que sage et il recommandait le Cannabis comme solution à beaucoup de problèmes.

Le calumet de la paix

Comme il le disait lui même : “J’ai toujours aimé la ganja. Elle a été une source de joie et de réconfort pour moi, depuis des années. C’est une des bases de la vie, pour moi, au même titre que la bière et le jus de pamplemousse et des millions d’américains sont du même avis.”
Un de ses meilleurs amis est d’ailleurs le fondateur de l’association NORML, la plus grande ONG pro-cannabis des États-Unis, qui se réunit encore tous les ans dans la fameuse “Owl Farm”, sa résidence devenue un musée.
Lors d’un dîner cannabique organisé sur place par nos confrères de Vice, celui-ci confie qu’il était l’ami le plus intéressant, mais aussi le plus difficile à gérer. Évidemment, c’est autour d’un joint qu’il parvenait le mieux à communiquer.

Un fait qu’il a lui-même confirmé à un journaliste lors d’une interview filmée :

Je pense que ce sera mieux, d’une manière générale, si je fume un joint pour me calmer. L’expérience a montré que mes pétages de câbles n’étaient pas la meilleure manière de donner des interviews. Je pense que je vais simplifier ma vie et la vôtre en prenant le temps de fumer. »
Sa veuve, Anita, raconte que c’était la seule chose qui lui permettait d’équilibrer ses pulsions de violence et de profonde générosité. Un peu comme si Dr. Jekyll et Mr. Hyde avaient besoin d’un calumet de la paix.
Un calumet qui s’est éteint brutalement en février 2005, mais dont la mémoire reste incandescente.

 

*Pour ses funérailles, Hunter avait demandé à ce que l’on place ses cendres dans un canon de 155mm, fourni par son ami Johnny Depp. C’est l’acteur lui-même qui appuiera sur le déclencheur, offrant à l’écrivain la plus retentissante des obsèques.

That High Couple : la relève smart et fun des Weedtubers

Dans la galaxie des WeedTubers, Alice et Clark, alias That High Couple, ne font pas dans le cliché dreadlocks aux  yeux myxomatosés  mais dans le fun pétillant, forts d’un lifestyle aussi brillant qu’un bong chromé. Mariés et épousant la même vision créative, ils incarnent l’anti-couch-lock avec une énergie débordante. Zeweed magazine les a rencontré.

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« Le cannabis a apporté tellement de joie, de créativité et de connexion dans nos vies, qu’on voulait partager cette perspective avec les autres. Pendant trop longtemps, la culture autour du cannabis a été associée à des stéréotypes dépassés, il était temps de montrer un côté plus léger et réaliste. En se concentrant sur nos propres expériences positives, on espère démontrer que le cannabis peut faire partie d’un mode de vie heureux, sain et épanouissant », lâche Alice avec un sourire lumineux.

Clark et Alice. Crédits : That High Couple

Le mantra de That High Couple ? Dépoussiérer les vieilles images de stoners déconnectés pour montrer que la weed peut être synonyme de bien-être et de bonne humeur. Leur secret ? Miser sur leurs propres expériences positives pour faire passer le message. « Quand quelqu’un nous dit qu’il n’avait jamais vu le cannabis sous cet angle, on sait qu’on est sur la bonne voie », explique Clark.

« Pendant trop longtemps, la culture autour du cannabis a été associée à des stéréotypes dépassés, il était temps de montrer un côté plus léger et réaliste » Alice

Alice et Clark incarnent une alchimie rare dans l’univers du WeedTubing. Et non, ce n’est pas que la weed qui les relie. Leur duo créatif repose sur un équilibre parfait entre spontanéité et organisation. « On plonge souvent dans nos sessions ensemble, mais si l’un est trop high pour organiser, l’autre prend le relais », confie Alice en riant.
Clark, c’est le geek du setup, du cadre parfait. Alice, c’est la rêveuse qui éclaire les brainstorms. « On se complète à chaque étape, et ça se ressent dans nos vidéos : du fun, mais toujours bien ficelé », précise-t-il.

Aux petits soins pour leurs followers

Leur communauté, c’est leur moteur. Alice raconte cette fois où, à un festival, un fan leur a offert un joint roulé spécialement pour eux… « Il nous a dit que nos vidéos l’aidaient à assumer sa consommation », se souvient-elle, touchée. Ces interactions, loin d’être anecdotiques, nourrissent leur stratégie : chaque commentaire ou DM inspire de nouvelles idées. « Notre public nous guide autant qu’on le guide », admet Clark.

«Sur la weed, YouTube, c’est un champ de mines » Clark

Être WeedTuber, ce n’est pas que du smoke and chill. Avec des plateformes qui « flaguent » au moindre faux pas et une féroce compétition, Alice et Clark doivent constamment innover. « Sur la weed, YouTube, c’est un champ de mines. Les algorithmes changent tout le temps, donc on doit jongler », soupire Clark. Diversification, collaborations stratégiques, et même un livre prévu pour 2025 : leur réponse est simple :  s’adapter ou se crasher.

La résilience du WeedTuber

« On voit ça comme un défi, pas une fatalité. On essaye également de se concentrer sur l’éducation et la normalisation. En étant transparents, en montrant le cannabis sous un jour positif et en plaidant pour sa légalisation, on fait notre part pour déconstruire les stigmates. C’est un défi, mais on croit que la constance, l’authenticité et une volonté d’adaptation sont les clés de la croissance », développe Alice.

Le feu de l’amour. Crédits : That High Couple

Passion ou stratégie ? Pourquoi pas les deux ? Revues de produits, guides DIY et festivals psychédéliques, leur contenu oscille entre spontanéité et stratégie. « Ce qu’on crée doit nous passionner, mais aussi coller aux envies de nos abonnés », poursuit-elle. Qu’il s’agisse d’un partenariat ou d’une vidéo sans sponsor, leur marque reste intègre et alignée avec leurs valeurs. Alors que la légalisation gagne du terrain sur le globe, That High Couple prouve que le cannabis peut aussi être un style de vie aussi lumineux que coloré. 

Par Doria A.

 

POTUS Cannabis club

Onze présidents américains ont flirté avec la weed. Des champs de cannabis de George Washington aux space cakes de Bill Clinton, petite histoire enfumée de la Maison Blanche.

Georges Washington

Le plus cultivateur.
Au XVIIIème siècle, le chanvre était largement cultivé afin de produire cordes et textiles (le chanvre utilisé pour sa fibre ne contient en revanche qu’une faible quantité de THC, l’agent psychoactif). Si le premier président des États-Unis a largement incité ses concitoyens à faire pousser la plante pour sa fibre, les cultures personnelles de Georges W. étaient destinées à un tout autre usage. Le 5 mai 1765, le premier président des États-Unis notera « qu’il est nécessaire de séparer plants mâles et femelles dès que possible, afin de tirer du chanvre le meilleur profit ».  À la fin de la même année l’homme  dont ont retrouve le visage sur tous les billets de 1 dollar écrira que « le chanvre est une remarquable plante, tant pour ses applications textiles et maritimes que pour ses vertus médicinales hautement appréciables».  Un Nouveau Monde est né !

Thomas Jefferson

Le plus esthète.
Avant de devenir Président, Jefferson occupait le poste d’ambassadeur des États-Unis en France.
En cette fin du XVIIIème siècle, alors que le futur chef d’Etat est encore diplomate, le tout Paris s’entiche du cannabis. Salons et clubs dédiés au haschisch fleurissent et s’installent dans les beaux quartiers de la capitale. Jefferson est immédiatement conquis par l’effet de la plante, tant et si bien qu’une fois revenu au pays, il fit venir de Chine des graines d’indica réputées pour leur puissance psychotrope. Le co-rédacteur de la Déclaration d’Indépendance écrira au sujet de ses stupéfiantes habitudes que  « Certaines de mes meilleures heures ont été passées assis sur ma véranda arrière, fumant du chanvre et observant à perte de vue. » Dude présidentiel.

James Madison

Le plus inspiré
Le père et co-rédacteur de la Constitution des US a régulièrement soutenu que c’est un beau soir de juillet qu’il avait soudainement eu  « l’inspiration et la perspicacité » de concevoir et rédiger les bases du texte fondateur de la démocratie américaine. Wikileaf précise à cet effet que « il est probable que le président Madison se réfère à une variété de cannabis récréatif très prisée par les premiers colons. » Et tout porte à croire que la partie «perspicacité» » dont il fait mention, lorsqu’il rédigeât une grande partie de la constitution, fait référence aux propriétés psychotropes de la belle plante.

James Monroe

Le plus régulier.
France encore. Dans le pays de toutes les tentations, le futur président James Monroe qui fut (comme Jefferson) ambassadeur des États-Unis en France, s’est adonné à Paris (encore comme Jefferson) aux plaisirs du haschisch.  De retour aux États-Unis,  le  premier chef d’Etat du Nouveau Monde à avoir pris parti contre l’esclavagisme continuera de consommer du haschisch régulièrement, et ce jusqu’à sa mort à 74 ans.

Andrew Jackson

Le plus vétéran.
Le célèbre général de l’armée américaine et président Andrew Jackson consignait régulièrement dans son journal fumer du cannabis avec ses troupes. « Pour apaiser ma conscience comme celle de mes hommes après l’horreur du combat ». (durant les peu glorieuses guerres amérindiennes du Mississippi). Une intuitive initiative tant il est désormais prouvé que le cannabis est un très bon traitement contre la douleur les angoisses post-traumatique.

Zachary Taylor

Le plus bref.
À l’instar de Jackson, le 12e président américain fumait de la marijuana avec ses officiers et soldats. Toujours à l’instar de Jackson, le chef de l’exécutif avait souligné les avantages thérapeutiques de mère ganja, remarques scrupuleusement notées dans son journal. Il fut emporté par le choléra après seulement un an et quatre mois de présidence.

Franklin Pierce

Le plus franc-tireur.
L’un des trois militaires de cette liste à devenir président. L’un des trois présidents issus de l’école la plus stricte qui soit; l’armée. Et pourtant, tout comme ses illustres prédécesseurs Jackson et Taylor, le président Pierce aimait tâter du pétard autour du feu avec ses troupes, durant la guerre américano-mexicaine.  Dans une lettre à sa famille, Franklin Pierce écrira que fumer de la weed était «à peu près la seule bonne chose à faire dans cette guerre ».  Les G.I envoyés au front pendant la guerre du Viet Nam suivront le conseil.

 

John F. Kennedy

Le plus méfiant
JFK a utilisé la marijuana pour traiter de sévères douleurs au dos. Selon nombre de témoignages écrits, dont celui de Michael Meagher qui dans «John F. Kennedy: A Biography», décrit une scène à la Maison Blanche: «Le 16 juillet au soir, Jim Truitt, Kennedy et Mary Meyer ont fumé de la marijuana ensemble. … Le président a fumé trois des six joints que Mary lui a apportés. Au début, il ne ressentait aucun effet. Puis il ferma les yeux et refusa un quatrième joint.  » « Peut-être pas une bonne idée… supposons que les Russes fassent quelque chose maintenant ».

Bill Clinton

Le plus sémantique.
Sacré Bill, jamais avare de quelque étonnante pirouette sémantique ( voir son témoignage devant le congrès à la suite de l’affaire Lewinski). En 1992, au sujet de sa consommation de marijuana  le 42e président américain declarera: «Quand j’étais en Angleterre, j’ai expérimenté la marijuana une ou deux fois. Mais je n’ai jamais inhalé la fumée parce que je n’aimais pas. ». Une rhétorique d’avocat dans toute sa superbe: effectivement, Clinton dit vrai comme le confirmera Christopher Hitchens, un de ses amis étudiants à Oxford de l’époque : « Bill ne fumait pas. Il n’aimait pas la fumée. Mais les space cakes en revanche, oh oui ! ».
Son compagnon d’études précisera :  « Bill, il était très brownies chocolat-pécan au beurre de cannabis. Ça, oui, il aimait beaucoup. Mais effectivement, il ne les inhalait pas. »

 

George W. Bush

Le plus évasif.
Le successeur de Bill, nettement plus candide, est connu pour avoir dans sa jeunesse abusé de l’alcool et des excitants colombien, travers  qu’il a à plusieurs reprises admis. Maias curieusement, Georges W. esquivait toute question concernant sa consommation de weed. Un soucis de discrétion vite balayé par le naturel de Junior qui en 2010 confessera à son biographe Douglas Wead (oui, à prononcer comme «weed») «Je ne répondrais pas aux questions sur la marijuana. Tu sais pourquoi? Parce que je ne veux pas qu’un petit enfant fasse ce que j’ai essayé ». Douglas Wead fera évidemment mention de cette phrase dans le livre…

Barack Obama

Le plus honnête.
Le président qui aura sans aucun doute le plus œuvré pour la dépénalisation et légalisation du cannabis a évoqué sans tabou sa consommation de weed dans ses vertes années, taclant gentiment  à Bill Clinton au passage «Quand j’étais plus jeune, je fumais. Et oui… j’inhalais. C’est comme ça que ça marche, non ? » (en 2008, lors de sa course à la présidence). Pendant son mandat  et de façon précise : «  Oui, j’ai fumé de l’herbe quand j’étais jeune, et oui, je considère ça comme une mauvaise habitude. Un léger vice ? Peut-être. Mais pas différent de celui des cigarettes que j’ai fumé gamin. Et je ne crois pas que cela soit plus dangereux que l’alcool » Enfin, en saluant  la  décision du Colorado et de l’État de Washington de légaliser la ganja il ajoutera : « Il est important pour une société de ne pas avoir une situation dans laquelle une grande partie des gens ont à un moment ou un autre enfreint la loi et dont seulement une petite partie soit punie pour cela. ».

 

Joey Starr : l’entretien quatre étoiles bien toquées

Plus de trois décennies après la sortie d’Authentik, le premier album de NTM, Joey Starr continue d’étonner et détonner. Que ce soit sur scène, dans sa distillerie ou en cuisine avec les plus grands chefs, Joey saute avec une déconcertante aisance d’une passion à l’autre. Olivier Cachin a réussi à  rattraper le « Jaguarrr « pour lui poser quelques questions.

« C’est quoi le nom de ton magazine ? Zeweed ? Les drogues de beatnick j’ai arrêté depuis longtemps ! » Quand JoeyStarr débarque, c’est toujours l’heure de la punchline. Artiste depuis une quarantaine d’années, l’homme que sa maman appelle Didier a grandi sous les yeux du public, passant du rôle de barbare du rap français à celui de star du petit écran avec 11 millions de téléspectateurs pour le feuilleton Le Remplaçant, dont il est à l’origine. L’ancien rappeur de NTM est désormais réalisateur de documentaires, acteur sur les planches et sur grand écran, metteur en scène de théâtre et auteur d’un émouvant récit autobiographique, Le petit Didier, récit de ses jeunes années. En plus de tout ça, il mange et boit avec des chefs cuisiniers, il en a même fait un magazine. Pour Zeweed, il nous raconte tout ça, et plus…  

Zeweed : Bonjour Didier. L’autre jour j’ai vu Zoxea des Sages Poètes de la Rue, qui était touché par le fait que Kool Shen ait arrêté d’écrire. Et toi ?
Joey Starr :J’écris toujours, mais plus comme avant. Je n’écris plus de chansons, mais du docu à caractère social axé aussi sur le mémoriel. Netflix nous a acheté les développements, donc on n’est pas en train de bricoler, j’ai monté une prod’ avec trois gars, on fait de la coécriture, je suis en train de faire un roman graphique avec eux, cinq histoires autour de l’ivresse, l’éthylisme et la distillation. Quand j’ai des velléités de faire de la musique, c’est Tuco qui écrit pour moi (L’ex Nathy, avec qui Joey a monté le duo Caribbean Dandee, NDLR). Si on refait un Caribbean Dandee, je vais regratter, mais là j’ai mis ça de côté. Mon mode d’écriture est complètement différent quand c’est pour le théâtre ou la fiction. Et j’ai fait Le Petit Didier

Le rap en solo, c’est fini ?
Je fais des Sound Systems et des Food Systems, il y a toujours de la musique. Ça peut m’arriver de faire de l’impro, j’anime beaucoup, comme un ambianceur, et je reprends des vieux standards. 

Tu as l’impression d’être devenu une star grand public ?
Ça je m’en fous. Avec le temps, je comprends que j’ai une fibre artistique qui ne va pas que dans le sens d’écrire du rap. Je traine avec des gens très apaisés, avec qui on échange beaucoup pour écrire. Mais je me sens dans la continuité de ce que j’ai fait avec ces documentaires ou ces deux magazines que j’ai sorti (Five Starr et Le Guide Bistronomique, ndr) qui sont des alibis pour parler de legs, faire du mémoriel, du social. Five Starr c’est pas des recettes de cuisine, je passe beaucoup de temps à table avec des chefs, les mecs ont toujours des histoires de ouf concernant les produits, mais qui t’emmènent sur des histoires humaines. La plupart des plats français sont des plats métissés. Si on prend l’exemple de la choucroute, le chou vient de Chine, ce sont les marins qui ont rapporté ça pour combattre le scorbut… Moi et ceux avec qui je suis, on aime raconter ces histoires de France méconnues qui vivent dans les travées. Hier je suis allé voir l’expo Sarah Bernhardt, elle était sculptrice, productrice de théâtre, comédienne, peintre, je crois que c’est ça être artiste, pas simplement se cantonner à un seul truc. Quant à être artiste grand public, déjà quand j’ai eu l’idée originale du Remplaçant, je ne pensais même pas que TF1 reviendrait vers moi ! Du coup ça s’est inscrit comme ça, tac tac, moi je l’ai pris dans la gueule comme la mère de mes enfants qui m’appelle pour me dire « Didier, t’as fait onze millions ! » Woaw. D’ailleurs si elle ne m’avait pas appelé, je crois que j’aurais été au courant une semaine après. Je suis dans ma dynamique. Cette histoire de mise en scène de Cette petite musique que personne n’entend, c’est Clarisse Fontaine qui est venue me voir. J’ai aimé son texte, ça m’a fait le même déclic que la première fois que je suis allé faire des lectures. J’avais envie d’en être. 

« C’est quoi le nom de ton magazine ? Zeweed ? Les drogues de beatnick j’ai arrêté depuis longtemps ! »

Fini l’image de barbare des débuts ?
Je suis père de famille, j’ai aussi une strate qui s’inscrit dans la normalité. J’ai la sensation de m’inscrire dans une continuité, je n’ai pas besoin d’exister, et la promo me fait toujours autant chier. J’étais -et je suis encore- en construction, il m’arrivait des trucs ou je provoquais des choses dont je n’étais pas au contrôle. J’étais un bel électron libre, je le suis encore mais je suis un chef de tribu, ça change bien la donne. Je ne refuse pas d’être un artiste grand public, mais je n’en ai rien à foutre en fait. Je ne pense pas à mon image, je fais les choses pour moi. Je ne vis pas dans l’œil de l’autre. Je me suis retrouvé à faire une dégustation d’absinthe dimanche, j’ai encore les cheveux qui tirent, ça envoie bien, j’adore. La moustache, ça me plait. Je suis très Chartreuse absinthe en ce moment. Les herbes, hein !

C’est mieux que de chasser le dragon…
C’est un autre sport, encore. Mais je me suis inscrit dans un autre truc. On fait du rhum, je cherche des financiers pour les magazines…

Tu fais du rhum ?
On monte une marque, ça s’appelle Carnival Sun Juice, toujours un peu yélélé. On fait venir de la mélasse de Belize, la Barbade et la Jamaïque, on a des trucs qui vieillissent au Cap Vert, de la mélasse d’Afrique qu’on va recevoir, on fait des assemblages, on fait vieillir, c’est un carnet de voyage. Pour la musique, je suis toujours collé avec DJ Naughty J et Cut Killer pour les Sound Systems. Cut je l’ai foutu sur le scoring de Cette petite musique que personne n’entend, il a fait toutes les ambiances musicales, et il est aussi sur le score du Remplaçant. Je ne suis pas parti comme l’autre jouer au poker et salut tout le monde. J’ai toujours ce besoin de live, de performance, que je retrouve au théâtre. Mouiller le maillot, parce que c’est bien beau de gratter mais j’avoue que j’ai des moments où je tourne en rond et je suis content d’avoir des Food Systems. L’autre jour je suis parti jouer avec deux chefs et Naughty J, j’ai animé de 17h à minuit quoi, tout en cuisinant machin. Je suis encore dans cette hyperactivité-là, en fait. 

Crédits : Ralph Wenig/Zeweed

Tu as essayé le CBD?
J’avais un pote qui était en pension à Clamart, donc je devais avoir treize ou quatorze ans,
et ce type, je l’ai retrouvé il n’y a pas longtemps. Il a vu que j’étais branché dans la cuisine et il me raconte qu’il a rencontré un chef d’une tribu dont les membres consommaient un truc qu’il a ramené en France. C’était du CBD. Il m’explique que ça a plein de propriétés, que ci, que ça, tac tac. C’est comme ça que j’ai découvert le truc, en fait. J’en consomme parce que tu sais,j’ai le corps qui tire et qui m’envoie des signaux, vu que je ne fais pas de sport, donc effectivement ça a des vertus thérapeutiques assez intéressantes. Sinon j’ai arrêté les drogues de beatnik, je ne fume plus ; enfin, juste mes petites cigarettes – c’est mon petit plaisir. Je ne fume pas de CBD ; en revanche, j’en prends pour mon dos, pour mon épaule… Donc vive le CBD!

Un Food System, c’est la gastronomie plus le Sound System ?
Les chefs avec qui je traine, ce sont des bons vivants. On boit, on mange, ça me va très bien. Il y a des gens qui me demandent pourquoi je fais ça, mais je me fais plaisir ! Ils croient que c’est une contrainte par corps ? Les mecs sont mes potes, ils m’apprennent des trucs, ils sont de bonne compagnie. La donnée intéressante des Food Systems, c’est qu’on joue devant des gens après les avoir fait manger, et ils ne sont pas acquis à ce qu’on va faire. Parfois la tête des gens en face c’est camping, et on arrive à les jeter avec de l’électro, de la trap, c’est magnifique. Ça me rappelle le théâtre, où le public est tout autre que ce que j’ai vécu dans la musique. Il y a plein de gens que j’ai conquis par ça et qui reviennent, et surtout j’ai une partie de mon public qui quand il voit une affiche avec écrit JoeyStarr se dit : « Nous on pensait que t’allais chanter ! », des têtes de tortue comme ça. Le Food System, l’idée c’est de les faire manger, de les faire digérer et peut-être qu’après on ira calibrer leurs étrons après digestion ! C’est des journées passées à bouffer avec des chefs, il y a de la musique, Naughty J est là aussi, et d’un seul coup tu te dis « Ça, on peut le proposer au public ». J’ai fait des soirées dans le Sud-Ouest avec un petit bar alternatif, Éric Ospital en train de cuisiner sur une plancha, les mecs sont sous MDMA, on arrive à les faire bouffer sous MD ! L’autre il leur cuisine sous le nez de ces trucs ! Si on arrive à faire ça, on peut aller plus loin. J’ai cette fibre entertainer qui est très forte.

« Je passe beaucoup de temps à table avec des chefs, les mecs ont toujours des histoires de ouf » 

Ton premier rôle de fiction c’était en 1990 dans l’épisode « Taggers » de la série Le Lyonnais.
Ouais, un truc comme ça. Je ne comprenais pas ce que je foutais là ni même ce que je racontais mais j’étais avec mes potes donc ça m’allait. Ma vraie première sensation au cinéma, je ne te cache pas, c’est Le Bal des actrices avec Maïwenn. Où je suis en impro totale, elle m’a pris au dernier moment, elle est partie en écriture pour moi, elle a senti que j’avais le débit pour la connerie assez facile, elle s’est dit « Je vais le mettre là-dedans, dans son rôle ». C’était assez jubilatoire. Après je me suis retrouvé à apprendre des textes, enfin Polisse ça n’était pas complètement écrit non plus, je me suis encore surpris. Même pour Elephant Man, je me disais que j’allais galérer pour faire rentrer tout ça. Quand j’ai commencé à lire, wow… Mais j’ai appris en chemin que j’aimais l’acting, et je me suis rendu compte que le théâtre m’apportait beaucoup. C’est une sensation particulière de se retrouver là après avoir passé 25 ans avec les mêmes personnes dans notre microcosme. Quand David Bobée m’a proposé Elephant Man, j’ai dit « Trois heures, t’es un ouf, je n’y arriverai jamais ! » Et il me dit que si je lui fais confiance, on va y arriver. Tu vois ce que fait Bobée, quand il a envie de toi tu ne peux pas dire non. Et en fait je ne savais pas que ça existait mais il m’a mis un répétiteur avec qui on s’est très bien entendu, on a beaucoup ri. Il me faisait faire des conneries, des exercices mnémotechniques, et ça marche grave ! Surtout je pensais qu’avec ce que je m’étais mis dans le cornet, je devais être un peu altéré à ce niveau-là et en fait non. Quand l’envie y est, le corps suit. Bien sûr il y a des séquelles, on ne peut pas être à la fois protagoniste et spectateur, mais ça ce n’est pas à moi d’en parler. 

Tu es un peu hypocondriaque ?
J’ai 55 piges, frère ! J’ai fait des roulades avant, nanana, mais j’ai vraiment envie de voir grandir mes fils parce que je suis très fier d’eux, les trois à leur façon, ils me régalent donc j’ai envie d’être là. Si j’étais en phase descendante, je ne sais pas comment je serais mais ça n’est pas du tout le cas en fait. Et puis je ne fais pas tous les jours la même chose : Là je fais une interview avec toi, de la promo pour la pièce Cette petite musique que personne n’entend qui va se jouer un mois au Festival d’Avignon, où on m’attend au tournant parce qu’avec mon passif et vu ce que la pièce raconte, voilà…

Crédits : Ralph Wenig/Zeweed

Ton dernier trip ?
J’ai été à Majorque faire les cérémonies Ayahuasca. Avec des vrais Amazoniens hein, pas des pompes à vélo. J’ai dû partir dix jours avant pour faire un régime sans alcool, sans viande, sans drogue, sans sel, sans sucre, sans lactose. Il reste légumes et poisson mais sans sel mec, t’as la rage. C’est une copine comédienne qui m’a engrainé. Au départ je me suis intéressé à ça pour faire un doc, finalement je me suis dit que j’allais faire don de mon corps à la science, et j’y suis allé. Dix jours sans drogue et sans alcool, eh ben ça s’est très bien passé en fait. Ensuite on a fait les cérémonies pendant quatre cinq jours et ils m’ont gardé trois jours après pour la ré acclimatation. J’étais curieux, c’est un truc que j’avais envie de raconter. 

On te revoit quand à l’écran ?
Là on repart sur une saison complète du Remplaçant, on va tourner six épisodes dans la région de Bordeaux, ça va me faire du bien. J’ai rencontré un mec que je kiffe particulièrement, Michaël Abiteboul, avec qui j’ai tourné Machine, une série qui arrive sur Arte où je joue le rôle d’un vieux Marxiste. C’est une fiction sensée raconter la différence entre le syndicalisme, le marxisme et le capitalisme, tout ça sur fond de kung-fu avec une petite blonde très menue, Margot Bancilhon. Elle a taffé : Elle démonte sept gros Coréens alors qu’elle doit peser 50 kilos ! (Il se lève, NDLR) OK c’est bon pour toi ? Alors moi, je vais vaquer à de nouvelles aventures !

 

Propos recueillis par Olivier Cachin

Orlus@orlus.fr

 

Interview : Mila Jansen, 60 ans dans l’arène du hash

Du Royaume-Uni au Népal, d’Amsterdam à Katmandou, en passant par le Maroc et Goa, Mila Jansen alias « The Queen of hasch », a vécu tambour battant mille existences sans jamais se défaire de son légendaire sourire et du joint qui l’accompagne. Entretien avec la reine de tous les voyages.

ZEWEED : Comment avez-vous appris à faire du hasch ?
Mila Jansen : J’ai appris la théorie en Afghanistan, au Pakistan et en Inde, puis, en 1968, toujours en Inde, j’ai commencé en faisant du charas. J’avais appris l’art du hasch making en regardant pendant des années les cultivateurs frotter et tamiser les fleurs. Quand je suis revenue à Amsterdam, en 1988, j’ai recommencé à en produire alors que je gérais, avec des amis, 13 plantations. En 1988, je passais encore mes fleurs au tamis jusqu’à ce qu’un jour, en regardant tourner mon sèche-linge, j’invente le Pollinator*. 
À cette époque, le concept des cannabinoïdes et terpènes n’était pas connu – pas de nous en tout cas. Ce qui m’a valu pas mal d’expérimentations pratiques avant de trouver le bon équilibre [rires]. J’ai adoré cette période de mise au point. Et je voulais surtout proposer à Amsterdam un bon hasch, trouvant médiocre celui qui était vendu dans les coffee shops. Après vingt ans passés en Inde, où l’on trouvait de l’afghan, du népalais, du cachemirien, et produire le nôtre, je suis devenue exigeante !

ZW : Réussir dans un milieu aussi dangereux que masculin relève de l’exploit…
MJ. : C’est l’intelligence et une bonne idée qui m’ont donné l’occasion de percer, en créant en premier une machine qui fait tout le travail manuel, réservé aux hommes ! Cette innovation a permis aux cultivateurs de faire leur hasch en gagnant un temps fou. Quand j’ai créé mon entreprise, parce qu’il fallait bien que je nourrisse mes quatre enfants, je ne m’étais pas inquiétée d’une quelconque compétition avec les hommes parce que je n’étais pas en compétition avec eux. Oui, j’entrais dans un monde réservé aux hommes, mais mon business n’interférait pas avec les activités classiques de production, de semences, de lampes ou d’engrais qui sont aux mains de la gent masculine. Je suis certaine que si j’avais créé une banque de graines, par exemple, leur attitude aurait été très différente.

Mila à Goa

ZW : Vous êtes une icône féministe. Vous aviez le militantisme dans le sang ou c’est arrivé sans que vous n’y pensiez ?
MJ. : Il y a quelques jours, je suis tombée sur une citation de Shakespeare : « Les uns naissent grands, les autres se haussent jusqu’à la grandeur, d’autres encore s’en voient revêtir. » [Troïlus et Cressida, 1609 NDLR] J’appartiens définitivement à cette dernière catégorie car je n’ai jamais eu pour objectif de devenir une quelconque icône. J’étais mère célibataire jusqu’à ce que je crée mon entreprise. J’étais féministe et militante, oui, mais uniquement durant le peu de temps libre que j’avais, bien trop occupée à prendre soin de ma famille.

ZW : Vous avez habité à Goa, en 1968, soit les premières heures de ce qui allait devenir une Mecque de la contre-culture hippie. Ça ressemblait à quoi ?
MJ. : Goa en 1968 était le paradis que nous recherchions, niché entre les palmiers et un océan chaud. Il n’y avait que 11 voyageurs routards, cette année-là. L’année suivante, ils étaient 200 ! Il n’y avait pas d’électricité, la musique sortait d’une flûte en argent et de quelques tables, avec toujours le bruit de la mer en fond sonore. Nous faisions du stop à bord d’une charrette à buffles pour nous rendre au marché hebdomadaire, qui regorgeait de fruits, de poissons et de légumes frais, cueillis le matin même par les vendeuses du marché. Une explosion de couleurs, de soleil. Sur la plage, on achetait une douzaine de poissons frais pour deux cents américains ! Et, contre un coup de main pour relever les filets, le poisson était gratuit. Nous passions toute la nuit autour d’une énorme bougie, au son de la flûte, parfois des tablas, mais la plupart du temps juste avec le son des vagues qui s’échouaient sur le sable. Et les couchers de soleil sous LSD… Sortir de l’océan comme si nous étions les premiers à fouler cette Terre…

ZW : Vous avez connu le marché clandestin. De quel œil voyez-vous la légalisation ?
MJ. : J’espère que la légalisation arrivera le plus rapidement possible, même si je constate qu’elle semble s’accompagner d’un sacré paquet de permis, de documents, de coûts, etc. Il y a trop de règles, de contraintes ; ce qui est loin d’être idéal. Le fait que le gouvernement légalise ne veut pas dire qu’il peut mettre son nez partout. D’une manière ou d’une autre, cela semble faire le jeu des grandes entreprises, pendant que le petit agriculteur dévoué est mis à l’écart et condamné, à terme, à disparaître. Maintenant qu’on a un peu de recul, la légalisation ne semble pas vraiment rendre plus heureux quiconque que je connais.

La Mila famille au naturel

ZW : Quel est le meilleur hasch que vous ayez fumé ?
MJ. : C’est dans l’Himalaya, au-dessus de Kullu, au-dessus de la limite des arbres, que j’ai trouvé le meilleur hasch. Nous étions avec des sâdhus locaux (hommes saints indiens qui fument des chillums) à la recherche de plants de cannabis qui avaient survécu à l’hiver sous la neige ; nous les avons frottés et avons récupéré le hasch de nos mains. Nous l’avons mis dans un chillum et l’avons fumé de suite. C’était plutôt un trip acide : les sons du ruisseau babillant, les couleurs des fleurs sauvages, l’espace et la liberté dans le cerveau, la joie ! Les montagnes enneigées qui nous entourent, les forêts sans fin et les sâdhus eux-mêmes – une expérience magique !

ZW : Vos rapports avec la police ? Il y a dû en avoir quelques-uns, en soixante ans de carrière…
MJ. : Oui… En 1965, j’ai ouvert une boutique, Kink 22, où nous vendions les premières mini-jupes. Plus tard, début 1968, nous l’avons transformée en salon de thé. C’était l’époque de Timothy Leary et abandonner cette société était là où il en était. Le salon de thé attirait des gens revenant de l’Est, apportant du hasch et parfois des stocks américains réaffrétés de la guerre du Vietnam – ces gars-là rapportaient du LSD ! Régulièrement, il y avait une descente de police : le salon de thé était perquisitionné et je passais une nuit au commissariat de Leidseplein. Puis ce commissariat a fermé ses portes et a été remplacé par le Bull Dog, un coffee shop. En 2013, nous fêtions mon soixante-dixième anniversaire, très festivement au Bull Dog, justement, et, tout d’un coup, j’ai un flash : c’était là que j’avais fait de ma garde à vue !

ZW : Vous avez vraiment fait pousser de l’herbe à côté d’une caserne de pompiers ?
MJ. : Oui, c’est vrai. C’était en 1993-1994 et je cultivais beaucoup d’herbe, à cette époque. En l’occurrence, il y avait un joli spot juste à côté d’une grande caserne de pompiers. Et nous ne dépensions pas d’argent dans des systèmes de ventilation avec des filtres anti-odeurs… Ça sentait franchement l’herbe, mais ce n’était pas une odeur connue à l’époque. Nous n’avons jamais eu de problèmes avec nos voisins, les soldats du feu.

 

Ed Rosenthal, l’homme qui murmurait à l’oreille du chanvre.

Bien avant l’arrivée des growboxs et autres kits pour faire pousser chez soi, Ed Rosenthal était déjà en train de développer des techniques désormais utilisées par tous les cultivateurs en herbe.  Aux cotés de Jack Herer, le « doc' » Rosenthal est sans doute un des plus grand activiste et défenseur du cannabis aux États-Unis.
Portrait d’un gourou de la ganja.

S’ il y existait un mont Rushmore du chanvre, Ed Rosenthal y serait probablement représenté entre la reine de hasch Milan Jansen et  Jack “l’hemperor” Herer.
Comme Mila, il a fait avancer la qualité du cannabis consommé en améliorant les techniques qui l’entourent et comme Jack, il a fait avancer les mentalités mais aussi les lois des Etats-Unis.
A l’âge de 74 ans, le cultivateur né dans le Bronx profite enfin du fruit (ou dans le cas présent de la fleur) du combat de sa vie pour avoir le droit de faire pousser du cannabis en paix.
Ce maître zen de l’horticulture partage son savoir sur la plante depuis plus de 35 ans.

Rédacteur spécialisé growing chez High Times

Rien de très surprenant quand on apprend qu’il a commencé sa carrière en tant que rédacteur pour le mythique magazine High Times dans les années 80/90. C’est là qu’il développe ses talents sur le sujet aux côtés de l’intelligentsia alternative américaine et qu’il se lie d’amitié pour Jack Herer dont il s’inspirera pour de nombreuses publications.
Comme lui il a accumulé une masse presque encyclopédique de connaissances publiant des guides de jardinage bien sûr mais aussi des ouvrages sur l’apport social, économique et humain du chanvre sur la société.
Une cause qu’il embrasse jusqu’au tribunal puisqu’en 2002 (alors qu’il l’accord et le soutien absolu de la municipalité de la ville d’Oakland), il est arrêté par les agents fédéraux de la FDA.

Arrêté par la Food & Drug Administration

L’affaire fait grand bruit puisqu’elle démontre l’absurdité du système américain dans lequel les lois locales et nationales s’affrontent.
De son côté il a la proposition 215 (qu’il a participé à écrire et à faire voter) qui autorise le Cannabis médical dans la ville mais il fait face au gouvernement américain qui cherche à faire un exemple.
De l’aveu d’une jurée (dont vous pouvez trouver le témoignage ici) le procès est loin d’être impartial. Même si il n’est condamné qu’à un jour de prison il lance une procédure d’appel concluante pour révoquer la peine qu’il a déjà servi. En 2007 rebelote il est à nouveau inculpé par le Bureau du Procureur des États-Unis en personne… Mais il ne se voit pas ajouter un seul jour de prison à sa peine en dépit de sa condamnation. N’ayant jamais perdu son calme (et donc sa crédibilité) dans cette affaire très médiatique il attire une grande majorité de l’opinion publique de son côté.

Ed Rosenthal à la sortie de son procès (lunettes rondes, chemise blanche, veste gris-vert)

Deux fois condamné à un jour de prison

L’homme qui d’après Tommy Chong lui-même “a converti plus de monde au cannabis que Cheech et Chong” est loin d’être un rigolo (en dépit d’un grand sens de l’humour).
Il donne régulièrement des cours à l’université d’Oaksterdam – la seule au monde dédiée exclusivement au chanvre – afin de répondre aux questions des jeunes pousses sur leur manuel. Un manuel qui se trouve être son best seller: “Ed Rosenthal’s Marijuana Grower’s Handbook” (le guide d’Ed Rosenthal pour les cultivateurs de Marie-Jeanne).
Même si il a vendu pour plus de 2 millions d’exemplaires de ses livres, Ed a gardé la tête froide et la main verte.

Il a lancé sa propre chaîne Youtube AskEd420 dans laquelle il vante les mérites de son université située à Oakland “que les gens doivent absolument rejoindre sinon [il] se fera viré”, il donne des conseils botaniques et il explique aux internautes comment utiliser les produits qu’il a inventé.
Que rajouter si ce n’est silence:  Le prof le plus cool de la planète va parler.

 

Jeff Bridges, président stone au Capitole de Virginie

Lors d’une conférence au Clinton Presidential Center, le réalisateur Rod Lurie s’est fendu d’une anecdote croustillante, dans laquelle on apprend que Jeff Bridges, qui campait le rôle d’un futur président US dans The Contender, s’étaitenvoyé un gros joint avant un discours clé. De la panique en coulisses à la nomination aux Oscars, récit d’un tournage… très Californien.

« À la fin du film , Jeff Bridges devait prononcer un discours fort qui donnait tout son sens à The Contender, une diatribe d’anthologie, devant des centaines de personnes » explique Rod Lurie. Pour l’occasion, la production avait loué le Capitole de Virginie, doublure du Capitole américain, et rameuté une foule de figurants pour jouer les parlementaires.
Problème : «Jeff est dans sa loge. Et il ne veut pas en sortir. »poursuit le réalisateur. Après avoir envoyé un stagiaire puis un assistant sonder l’acteur, Lurie finit par se déplacer lui-même.  » J’arrive devant son trailer, j’ouvre la porte, et là je me prends en pleine figure un immense nuage de ganja. Ça m’a carrément fait reculer. »

-« Jeff, tu connais ton texte ? »
-« Quel texte? »

« Je lui dis : “Jeff, tu as trois pages de discours à sortir” Et le voilà qui s’habille… Vous savez, cette manière chaotique dont quelqu’un de bien stone enfile des fringues. Et moi je me répétais : “On est foutus. C’est mon deuxième film. Ma carrière est déjà morte.” Jeff, lui, me lance un “Hey man !” joyeux. Puis il enchaîne : “Tu as déjà goûté le cobbler de l’Emily Shaw’s Inn à Pound Ridge ? Mec, cette bouffe est incroyable. »
Lurie tente de ramener son acteur à la réalité : « Jeff, tu connais ton texte ?» Réponse immédiate : «quel texte? »

Métamorphose

À cet instant, tout laissait craindre le fiasco. Mais une fois le clap d’action donné, la métamorphose est immédiate.
« Et là — boom ! — il se transforme», se rappelle le réalisateur. « D’un coup, il devient présidentiel. Il déroule le discours, impeccable, en une seule prise. 

 

Bridges n’a pas décroché l’Oscar du meilleur second rôle en 2001, mais il a fini par obtenir celui du meilleur acteur en 2009, pour Crazy Heart.
Quant à son rôle de The Dude dans The Big Lebowski, l’acteur a déjà confié qu’il s’était abstenu de fumer pendant le tournage.

« Fonda était stone tous les jours du tournage »

Ça m’arrive de griller un peu d’herbe, mais pour ce film, j’avais décidé : “Le scénario est tellement bon, et d’une telle précision…” Ça avait l’air improvisé, mais en réalité tout était écrit au mot près. Si tu rajoutais un ‘man’ en trop, ça sonnait faux. Je voulais être au maximum de ma concentration. Je n’ai pas fumé une seule fois pendant ce film », confessait l’acteur à Yahoo news en 2014.
Jeff Bridges n’était pas le seul à planer dans les anecdotes de Lurie au Clinton Presidential Center. Le réalisateur a aussi glissé un mot sur le regretté Peter Fonda, qu’il décrit comme « un hippie total ».
« Fonda était stone tous les jours du tournage », se souvient  Lurie. « Et moi, je me disais : “Mon dieu, comment je vais m’en sortir ?” »
Plutôt bien, semble-t-il…

Zeweed avec Marijuana Moments

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