Weed VIP - Page 3

Le Fantastic Mr Murray

Incarnation sublime du décalé décalqué, toujours au centre de l’action mais toujours à côté de la plaque,  Bill Murray a imposé en quarante ans de carrière un délicieux profil d’agité débonnaire, élevant au rang d’art la notion de coolitude bien frappée. Portrait d’un acteur qui, de son arrestation pour trafique d’herbe à la fausse annonce de sa mort, est resté fidèle à sa devise : It doesn’t matter”.

Ganja Buster
Ce sera à l’aéroport Chicago O’Hare, flanqué de deux énormes valises en métal et de cinq kilos d’herbe que le facétieux Bill Murray rencontrera son premier public.
Le jeune homme s’apprête à rallier Denver pour y entamer des études de médecine. Les temps étant un peu durs et la consommation de ganja dans l’air du temps, Bill se dit que ce serait  un bon coup d’allier détente et revente de weed sur le campus de son université. C’est donc avec 10 livres de sinsemilla mexicaine que le comique  se présente à l’enregistrement en ce 21 septembre 1970. Précisément le jour de son 20e anniversaire.

Je transporte deux bombes“: pas un bonne idée de blague quand on essaie de faire passer 5 kilos d’herbe à l’aéroport

Est-ce un état un peu fébrile, les réminiscences des volutes consommées la veille ou un sens très pointu du comique de situation?
Toujours est-il que dans la file d’attente, lorsqu’un voyageur lui demande, dans un souci de conversation légère ce qu’il peut transporter dans de si lourdes valises,  Murray lui glisse, complice:  “deux bombes”.
La bouffonerie, définitivement très Bill Murray, ne fera pas rire le bouffonné qui ira avertir les autorités aéroportuaires. Le bouffon, lui, voyant la farce tourner court quitte presto la file d’attente pour se précipiter vers les consignes où il tentera frénétiquement et en vain, de faire rentrer ses deux malles dans un casier trop petit. Il est arrêté, les valises sont ouvertes, et l’aspirant interne se retrouve derrière les barreaux.  “Mais pas sans que j’ai eu le temps d’avaler le chèque d’un de mes clients” (de l’avantage des munchies?) “Ce type me doit aujourd’hui sa carrière et sa réputation” s’en amusera-t-il ensuite. N’ayant aucun antécédent judiciaire,  il n’écopera miraculeusement que de cinq ans de mise à l’épreuve. Ses études de médecine, elles, sont mortes. Bill Murray se retourne alors vers un vieil ami qui lui propose une collocation à New York: John Bellucci.

John Bellucci

De Hunter S. Thompson à Wes Anderson.

La rencontre avec le talentueux et stupéfiant John Belushi lui ouvre, à coup de grands hasards, les portes du petit écran. Sa première apparition en tant que comédien sera dans le  “Saturday Night Live “ (NBC), émission culte outre-Atlantique. Le succès est immédiat.  Le public ne se lassant pas des apparitions de ce clown  lunaire, désabusé, toujours à deux doigts du dérapage mezzo-controlé. Sa carrière est lancée.

Son premier succès au cinéma sera Caddyshack, en 1980 dans lequel il campe un employé de club de golf, tout à fait initié aux subtilités de l’herbe magique. Il y livre d’ailleurs une analyse de  vrai connaisseur « Il s’agit d’un hybride de bluegrass du Kentucky et  de sensemilia du nord de la Californie. Ce qui est étonnant, c’est que vous pouvez jouer 36 trous en fumant tout l’après-midi, puis, en rentrant à la maison le soir, vous défoncer encore plus, du genre au-dessus et en dessous de la ceinture”.C’est noté, Bill.

Fidèle à ses convictions comme à ses mentors et finalement peu versé dans les rôles de composition, Murray incarnera en 81 ( bien avant Johnny Depp) un Hunter S. Thompson aussi barré que nature dans “Where The Buffalo Roam”. Dans le très bon “Broken Flowers” de  Jim Jarmush en 2005, lors d’une scène où il partage un gros joint avec son voisin,  on l’entend deviser entre deux tafs et dans une voix en apnée   “Ça… ça oui, c’est juste de la très bonne Sativa”. Ce laconisme cash, son trademark.

“Stoner of the year” en 2005

Dans La Vie Aquatique de Wes Anderson en 2005, il campe un ersatz de commandant Cousteau ne cachant pas son amour immodéré pour la weed. (amour immortalisé dans  la mythique scène du joint partagé avec Owen Wilson, son fils, sur un fond de “Life on Mars “de Bowie).
Autant de choix de rôles de smoker de ganja sympa et easy-going qui lui vaudront  le très convoité titre  de… “Stoner of the year 2005” lors des  Stony Award organisés par le hautement respecté High Times magazine. (Le précédent lauréat était Snoop, le suivant sera Seth Rogen… La barre du bong était haut placée).

Puis Zombieland en 2009 : Il y jouera son propre rôle avec un tantinet de fiction (il se retrouve reclus dans sa maison de Beverly Hills à la suite d’une invasion de zombies). Un caméo d’un quart d’heure tournant autour d’un magistral bong-chicha de skunk partagé avec Woody Harrelson et Emma Stone, et les jeux de stoner goofy découlant de ladite inhalation cannabique. En l’occurrence une tentative de remake assez fumeuse d’une scène de Ghostbuster.

” Vie et leçons d’un homme mythique”

C’est en 2018 que  l’art imitera la nature (de Bill Murray) avec l’improbable documentaire de Tommy Avalone “The Bill Murray Stories : Life and lessons learned from a mythical man.”

Le pitch: depuis quelques années trainent de nombreuses légendes urbaines au sujet de Bill Murray.
L’acteur-performer se serait par exemple pointé à l’improviste dans une fête d’une cinquantaine d’étudiants à Austin qu’il ne connaissait absolument pas. Pour y faire un peu la bringue tout d’abord, puis pour jouer avec le groupe local après avoir fait le roadie en portant amplis et drum-kits. Puis, plus tard dans la nuit pour convaincre la police venue pour tapage, de les laisser faire. Avec succès. Les trois policiers dépêchés sur place esquisseront même quelques pas de danse… le double effet Murray.

Bill Murray, le happening permanent

Dans la même ville, il aurait été spotté dans un pub où il n’avait jamais mis les pieds, et aurait fini par faire le barman. Pour donner un coup de main au vrai barman . Le (vrai) barman lui  aurait annoncé qu’il devait  s’éclipser pour s’occuper de son chien malade. Et qu’il fallait donc qu’il ferme le pub un moment. Bill, pas de chien, aurait pris la relève derrière le zinc avec le sourire.

On l’aurait aussi vu s’incruster dans la cabine déjà réservée d’un karaoké à Charlottesville (oui, un peu comme dans Lost in Translation) pour le plus grand bonheur des quatre chanteurs en herbe présents.
Dans l’état de New York, on  l’aurait aussi vu débarquer dans la maison d’un couple qu’il connait à peine, mais dont il avait appris que c’était l’anniversaire de mariage. Pour les aider à préparer le diner, le partager avec eux puis faire la vaisselle à la fin.
Évidemment, tout est absolument vrai, démontrera Avalone dans le documentaire.

La Vie Cannabique

Au sujet du cannabis (et de sa légalisation, pour laquelle il milite activement), l’acteur estime “(qu’il) trouve tout  de même très ironique que la chose la plus dangereuse au sujet de la weed, soit de se faire arrêter en  sa possession”.

Plus direct et politique, il a affirmé que “la marijuana est la cause d’une grande partie des incarcérations, pour le seul crime d’auto-médication. Et cela coûte des millions et milliards de dollars d’emprisonner des personnes pour ce crime contre elles-mêmes. Les gens réalisent que cette guerre contre la drogue est un échec (…) ne créant qu’une armée de personnes (de l’administration pénitentiaire NDLR)  et d’incarcérés.”

Ou plus récemment “le fait que les états passent des lois en faveur de l’herbe prouve bien que le danger supposé du cannabis a été nettement surévalué. Les psychologues recommandent de fumer plutôt que de boire si on a besoin de se détendre” “Personnellement, je joue la carte de la sécurité. Je fais les deux. Je ne plaisante pas avec ça: c’est une question de rigueur”.
Amen.

 

Camille Bazbaz : Radical Feeling

Ça démarre fort pour Camille Bazbaz, qui a vingt-deux ans quand il fait ses débuts discographiques au sein du Cri de la mouche, groupe « punkoïde » signé sur le label de Michel Sardou. La suite ? Une dizaine d’albums entre Paris et Kingston avec des musiciens devenus des amis, comme Winston McAnuff, cinq B.O. pour son « poto » Pierre Salvadori et, aujourd’hui, l’aboutissement d’un projet de quinze ans : The Salmon, enregistré avec Tchiky, alias Jérôme Perez, et le chanteur Kiddus I – inoubliable interprète de « Graduation In Zion » dans le film de Theodoros Bafaloukos, Rockers (1978). C’est chez moi qu’il s’est livré et prêté au jeu de la divine interview.

Propos recueillis par Olivier Cachin

ZEWEED : Cinq mots pour te définir ?
Camille Bazbaz : Douceur, colère, amour, reggae, punk-rock.

Trois lieux qui te définissent ?
Paris, Brest, Kingston.

Cinq albums à emporter au Paradis
– J. J. Cale, Troubadour
– Gregory Isaacs, Cool Ruler
– Erik Satie, Gnossiennes
– John Barry, le générique de The Persuaders (Amicalement Vôtre)
– Serge Gainsbourg, Mauvaises Nouvelles des étoiles

Plutôt paradis céleste ou artificiel ?
Ni l’un ni l’autre. L’enfer est sur Terre, c’est ma certitude. Je ne suis pas obsédé par les défonces non plus, ni par l’idée d’un meilleur ailleurs. J’aime bien la vie sur Terre : même si c’est difficile, c’est ici que ça se règle. Je ne crois pas à l’au-delà.

Crédits : Sathy Ngouane

Une journée au paradis de Bazbaz, ça serait quoi?
C’est écrire une chanson, faire de la musique avec les gens que j’aime, boire un coup au comptoir avec mes potes ou me réveiller le matin avec ma chienne, quand j’en ai une, c’est ça mon paradis. Je n’ai pas de fantasme de groupe idéal comme Yarol, je n’ai jamais eu de poster de rock star chez moi, même si j’aime Gregory Isaacs, Jim Morrison, Sly Dunbar, John Bonham. La musique, c’est un peu comme faire l’amour sans se toucher : il y a une intimité partagée. Je m’en fous de Jimi Hendrix et des rock stars, je les aime et je les emmerde.

Ta source préférée de paradis artificiel ?
L’herbe et le whisky.

Quels souvenirs gardes-tu du Cri de la mouche ?
Ma première et plus grande histoire d’amour. J’étais un ado plein de boutons, si je n’avais pas rencontré cette bande de mecs au lycée, je ne suis pas sûr que j’aurais fait de la musique. Dans cette bande de mecs avec qui je traînais depuis la sixième, il y avait le génial Thomas Kuhn ; le chanteur qui, malheureusement, est mort à trente piges. Faire le Belmondo à seize ans, escalader les grues pour impressionner les meufs et les débiles dont je faisais partie, OK, mais avec dix ans de rock’n’roll et d’excès dans la gueule, et peut-être plus… Moi, derrière, qui essaie de le rattraper : « Non, tu ne sauteras pas du Pont-Neuf. Non, tu ne monteras pas sur cette moto bourré »… C’est un peu pour ça que je me suis barré du groupe ; moi, j’avais envie de vivre.

Ton premier album, Dubadelik, est influencé par le reggae…
Les Clash, les Pistols, tous les groupes anglais étaient copains avec les rastas londoniens. Ce sont eux qui m’ont amené au reggae. Mes parents écoutaient « Could You Be Loved » de Bob Marley ; pour moi, c’était un peu du disco débile. À quinze ans j’écoutais The Cure et les Clash, je n’aimais pas le funky à la Kool & The Gang. C’est « Police and Thieves », version Clash, qui a tout déclenché. Je tombe sur l’original de Junior Murvin et je me prends une baffe. Pas du tout le reggae de Marley ! J’ai découvert LKJ parce que j’avais vu une photo, dans Rock & Folk, de Sid Vicious avec un badge de LKJ. Je pensais que c’était un truc antifasciste. Il avait son tee-shirt avec la croix gammée cassée, super provoc’. Je finis donc par écouter Linton Kwesi Johnson et ça me retourne. Je me dis qu’il n’y a pas que la puissance de la guitare, il y a aussi la violence de la basse. Les Jamaïcains ont mis leur hargne dans la basse et le riddim minimal.

Tu as fait cinq B.O. pour les films de Pierre Salvadori.
Ça a commencé très pro avec un message du producteur sur mon répondeur : « Bonjour, M. Pierre Salvadori aimerait beaucoup vous rencontrer et pourquoi pas travailler sur la musique de son film. » En plus, je venais de voir Les Apprentis (1995) ; j’avais l’impression qu’il racontait ma vie ! On se rencontre et on devient potes instantanément. On a passé une après-m à parler de tout sauf du film. Sex Pistols, Tina Turner, Creedence, Jim Morrison… La musique, c’est un passeport, un langage. Et il m’a fait confiance. La musique de film, c’est hyper différent : tu as un cadre, un boss. J’adore me mettre au service des autres.

“Winston McAnuff est un gros smoker. Il ne boit pas, il ne prend pas de drogues dures, il a soixante-sept ans et il fume comme des petits-bourgeois prennent du Xanax”

Tu as aussi travaillé avec un musicien jamaïcain, Winston McAnuff, avec qui tu as notamement joué à la Bob Marley tribute party, organisé par ZEWEED au NoPi en mars dernier.
Bosser avec Winston m’a appris que le reggae est une musique punk, proche du rock’n’roll. Winston me disait : « Quand tu joues ta note, ta caisse claire, imagine que tu es à la chasse au canard. Tu prends ton fusil. » Moi, je voyais Elmer Fudd et Daffy Duck dans les dessins animés. « You want to shoot the bird, shoot BEFORE ! » C’est avant, parce que le temps que ton cerveau donne l’ordre à ton bras, c’est déjà trop tard. C’est génial. Des petites phrases Carambar dub mais, en vrai, ce sont des choses que j’applique toujours. Winston est  un gros smoker. Il ne boit pas, il ne prend pas de drogues dures, il a soixante-sept ans et il fume comme des petits-bourgeois prennent du Xanax. C’est pas un junkie psychopathe sous Fentanyl !

Crédits : Thomas Boujut

Raconte-nous ta rencontre avec Winston.
Le jour où il vient en studio, je prépare un reggae comme un con, parce qu’il est jamaïcain. Il écoute et il me dit que c’est de la merde. Je ne savais pas tuer l’oiseau, j’avais oublié mes années punk. Je le ramène à son hôtel, on se dit à peine au revoir, je me dis que c’est un gros con, je retourne chez « oim », je raconte ça à ma chérie et elle me dit : « Mais tu ne lui as pas fait écouter tes trucs à toi ? » À l’époque, je maquettais mon album Sur le bout de la langue (2004) qui a cartonné. Elle me dit que je suis un con, la nuit passe et je me réveille en me disant qu’elle a raison en fait. Je rappelle Winston, je lui propose de venir écouter d’autres trucs. Et là, il kiffe. Il me dit : « Enlève ta voix, j’ai une idée. » Ce qui aurait vexé des grands chanteurs de variétés, mais moi, connaissant le modus reggae où ,avec un instru’, on peut faire 100 chansons, direct j’enlève ma voix sur deux-trois titres, on commence l’album A Drop (2005) et notre amitié est née. Winston m’a rappelé ce que disait ma grand-mère bretonne : « C’est pas à une Bigoudène qu’on apprend à faire des crêpes. » J’ai revu la tête de ma grand-mère Yvonne mélangée à celle de Winston, il avait trop raison, ce con !

“Lee Perry me demande ce que je fous là, je lui réponds que je suis venu voir si je pouvais lui pomper tous ses plans, il me regarde méchamment… et se marre”

C’était comment, ton premier trip à Kingston ?
Je déboule avec mon ingé son ; à l’aéroport, on attend nos valises qui n’arrivent pas. On va au comptoir Air Jamaica où il y a trois pin-up genre SAS trop sexy qui nous regardent à peine. On sort de l’aéroport, on dit à Winston que nos bagages sont perdus, il va au guichet, tape sur le comptoir, dit aux trois nanas : « Hey man ! » et règle l’histoire. Je passe quinze jours là-bas et quand je repars, je regarde par le hublot et je m’attends à voir Ricardo Montalban et Hervé Villechaize – le nain de L’Île fantastique ! C’était vrai tout ce qu’on a vécu ? Aller acheter du poulet à minuit avec U-Roy qui faisait la queue, Kiddus que je rencontre en studio le troisième jour et qui me saute dans les bras en me disant qu’on va aller acheter des bières à la station-service… Et il y avait un mec dans le studio planqué au fond, Winston me fait : « Tu veux rencontrer Lee Perry ? » Lee Perry est en mode Roland-Garros, comme s’il s’était enduit d’huile et jeté dans un bain de terre battue : il est rouge, sur un trône. Lee Perry me demande ce que je fous là, je lui réponds que je suis venu voir si je pouvais lui pomper tous ses plans, il me regarde méchamment… et se marre. Et tout était comme ça. J’avais une « beuh de ouf », la kiki ; je dormais avec, sous mon oreiller. J’y suis retourné avec Yarol [Poupaud, NDLR] ; je n’y suis jamais allé en touriste, toujours pour la musique.

Comment démarre l’aventure de The Salmon ?
Kiddus, je l’ai rencontré dans un bar à Belleville, en 2008. À force de discuter avec Winston qui savait que j’avais vu Rockers, il a déboulé avec Kiddus : « Tiens, je te présente ton chanteur préféré ! » Je suis en train de boire un café calva, à 11 heures ; il me demande ce que je bois, je lui en commande un, il goûte et trouve ça génial. On s’en enfile 10, on rigole. Punky reggae party ! On s’entend bien ; au bout de deux heures, on trace à mon studio, on commence à bosser. Et ça nous a pris quinze ans. On a enregistré, au fur et à mesure, The Salmon, il y a dix ans ; « Wiggling » il y a un an ; « The Long Road » il y a quinze ans, avec mon pote guitariste Jérôme « Tchiky » Perez, qui a fini par réaliser l’album et le mixer avec moi. Kiddus, on ne savait jamais quand il venait… C’est un tigre blanc ! Un jour, on avait un flûtiste en studio, un autre jour un violoncelliste ; trois ans plus tard, Pam Hall, la choriste de Peter Tosh, un tromboniste, deux percussionnistes dont Fabrice Colombani, alias Cubain, le bassiste des Roots Radics, des batteries de Sly Dunbar, Style Scott et Raphaël Chassin, le bordel total ! On doit être 27 sur l’album.

Kiddus I est une personnalité à part…
C’est un prince mais il est en haillons. À force de ne pas vouloir louvoyer dans le monde de Babylone en l’attaquant frontalement, voilà ce qui se passe. Il vit dans les collines à Kingston. Il déboule à Paris fin octobre pour deux mois. Les paroles de Kiddus sont géniales, on comprend ce qu’il dit, pas comme les nouveaux mecs du dancehall, ils ont perdu de la poésie. C’est pas rigolo le monde dans lequel ils vivent et, en même temps, le Trenchtown de Bob Marley, ça n’était pas mieux, même pire, mais il y écrivait « Three Little Birds ». Maintenant, les mecs te gueulent dessus, tu ne comprends même pas l’insulte ! Je fais mon vieux con, mais j’ai du mal. D’ailleurs, ils n’écoutent plus que du R & B de merde, limite Céline Dion.

Propos recueillis par Olivier Cachin

Album The Salmon chez 22D Music Group

Insta : @bazbazcamille

 

Hip hop, jet-set & weed

Les années 90, c’est la décennie du gangsta rap et de la guerre East Coast/West Coast. Celle-là même qui coûtera la vie à Notorious Big et Tupac et faillit stopper net la carrière de Snoop Dogg, inculpé de complicité dans un “drive by shooting”. Flashback.

Pendant les années 90 les ventes d’albums de hip hop atteignent des ventes record et l’on voit apparaître une aristocratie du hip hop (Hip hop royalty). Les nouveaux moguls du hip hop (Jay Z, 50-cent, Russell Simmons, Sean Combs alias Puff Daddy puis Diddy, Snoop Dogg, Kanye West) ont soif de respectabilité et de reconnaissance.
Ils créent leurs marques de streetwear et  s’affichent avec de gros cigares et des bouteilles de cognac.
Mais ce n’est pas assez pour arriver au sommet de la société qui est encore majoritairement WASP ( blanche anglo-saxonne et protestante).
Lorsqu’en 1998 Diddy lance dans les Hampton’s (chasse gardée de la haute société blanche) sa White Party a l’occasion du Labor Day, peu s’imaginent que cet événement deviendrait un rendez-vous incontournable de la haute société américaine et internationale  avec des marques de luxe qui se bousculent pour être sponsors.

Diddy, Gastby des temps modernes

Le magazine Hollywood Reporter qualifie alors Diddy de « Gatsby des temps modernes ».Interrogé par un journaliste qui lui demandait si il avait lu le roman « Gatsby le Magnifique », Diddy lui répondit alors tout naturellement : « Pas la peine, je suis Gatsby ».
La White party de Diddy s’est depuis déplacée à Beverly Hills et à St Tropez et a donné tort à tous les habitués des Hampton’s qui annonçaient qu’une horde bruyante et vulgaire allait en finir avec leur lieu de villégiature privilégié.

Puff Gatsby en black in white

L’aristocratie du hip hop après avoir conquis les lieux préférés de la jet set et investi massivement dans le cannabis est maintenant passée à l’étape suivante : faire rentrer la weed dans les codes de la jetset.
Ainsi, au printemps dernier la campagne de Monogram, la société de distribution de cannabis de Jay Z recrée les images mythiques de Slim Aarons le grand photographe de la jetset avec des personnages qui fument de la weed au bord d’une piscine de villa paradisiaque.

Bro’s & ho’s in Palm Springs; la hype-hop attitude version West Coast.

Le film est magnifique et l’association avec Slim fonctionne à merveille, la weed se trouve ainsi élevée au même rang que le cognac et le cigare.

A$AP Rocky, fashion icon.

Cela marche d’autant mieux que la culture hip hop et son aristocratie jouissent à l’heure actuelle d’une influence considérable sur la mode.
Le légendaire tailleur de Harlem, Dapper Dan, qui était poursuivi par Fendi dans les années 80 pour usurpation de logo collabore aujourd’hui avec Gucci.
Virgil Abloh, le fondateur de Off White est le directeur artistique de Vuitton, Kanye West est au 1er rang de toutes les fashion weeks parisiennes, et continue à créer la surprise avec sa marque Yeezy, A$AP Rocky, rapper protégé de Snoop est adoubé par Kris van Asche et Raf Simmons et considéré comme une icône de la mode.
Forte de cette suprématie sur la musique et la mode, l’aristocratie du hip hop installe ainsi la weed dans un monde sophistiqué où les noirs étaient jusqu’alors peu représentés.
Nul doute que la campagne de Monogram est le début d’une nouvelle ère, comme la White party de Diddy l’a été à l’époque.
A suivre donc.

Flower Power Forever

Le printemps est enfin là! Pour célébrer l’arrivée de  la saison des amours, ZEWEED a choisi de rendre honneur au plus peace and love des mouvements : le Flower Power.

Tout comme “faire l’amour pas la guerre”, “Flower Power” est un des slogan utilisé par les hippies à la fin des années 60. La fleur devient alors le symbole de l’idéologie Peace and Love. L’expression est née durant le Summer of Love de 1967, grand rassemblement estival qui se tint à San Francisco durant lequel les participants avaient pour consigne de porter des fleurs dans les cheveux et d’en distribuer autour d’eux. Les baby-boomés aux pieds nus devinrent alors les « Flower Child », s’illustrant dans des coups d’éclat verdoyants comme offrir une rose blanche aux policiers pendant une manifestation ou glisser des chrysanthèmes dans les fusils des forces anti-émeutes.

La célèbre photo de Bernie Boston, prise à Washington lors de la marche pacifique sur le congrès (1968).

Sur la route du Flower Power

C’est paradoxalement sur le macadam et sous la plume de Jack Kerouac -un énervé pas peace du tout-  que le mouvement est né. Si l’auteur de “On the road”  est considéré comme le parrain du Flower Power, il est loin d’être un doux rêveur qui fume des joints en courant nu dans les champs. Kerouac boit trop, il est bagarreur, ses cheveux sont courts et gomminés.
Il n’en sera pas moins  le premier écrivain US à revendiquer la non-violence, la liberté de vivre librement une sexualité libérée et le droit de se péter joyeusement la tête. Avec Ginsberg, Burroughs et Corso, il sera parmi les premiers militants radicaux, pacifiques et politiquement très engagés. Le message anti-guerre, Kerouac et sa bande le fera passer en brulant en public leurs ordres de mobilisation pour le Vietnam, en appelant à la désobéissance civile, au rejet de la société de consommation et ces valeurs traditionalistes.

Les hippies prônent un nouvel art de vivre, entre autres basé sur les philosophies orientales et la liberté sous toutes ses formes : cheveux longs, vêtements indiens, nudité des corps, liberté de l’amour, usage massif de cannabis et d’hallucinogènes et surtout refus de toute forme d’aliénation aux codes de la société américaine bien pensante.
Bien qu’elle n’ait pas radicalement changé la société, la philosophie hippie et ses codes auront significativement marqué  la culture occidentale. Parmi les héritages légués par la génération Peace and Love: l’égalité des rapports hommes-femmes, le refus de discrimination des minorités, la liberté sexuelle et celle de décider de son corps (avec l’avortement ou le droit de mourrir comme on l’entend).

Cheveux longs, idéaux écourtés

Que ce soit  via le Pop Art, le  living theatre,  le cinéma, la musique ou la politique, Kerouacs et ses disciples ont laissé un héritage fondamental. Ce retour aux sources donnera par exemple un sérieux boost aux mouvements écologistes.
Mais le message a bu la tasse. Coulé par le cynisme des années 80 avant d’être ringardisé par le tout digital, le rêve Hippie a fait naufrage. Aujourd’hui, porter des fleurs dans des cheveux longs relègue en un clic à la case soixante-huitard attardé, arborer un costar fleuri ne fait plus rebelle, ça fait Laurent Voulzy. Dommage.

Retour de fleurs

Nous avons chassé le naturel? Il ne tient qu’à nous de le faire revenir au galop. Ne serait-ce que pour nous faire croire en la décroissance et peut-être sauver le globe. D’ailleurs, la contestation monte et la jeunesse qui nous interpelle. Cette contestation, il nous faut l’arroser pour la faire grandir. Courageusement qui plus est, trop attachés que nous sommes à notre existence d’urbains mariés et cocus de la grande consommation. Pas facile de prôner l’ascétisme sous le Soleil quand on est scotché à Tinder. Pas facile, mais vital.
On the road again?

 

Lil’Nas: Black and Pride

Alors que la saint Valentin se profile,  ZEWEED célèbre l’amour de tous les sexes et dans toutes les combinaisons possibles en rendant hommage à l’une des rares icônes gay du rap américain: Lil’Nas.
Portrait d’un artiste aussi cool que fier.

Certaines personnes deviennent célèbres par accident, d’autres par chance, dans le cas de Lil Nas X, c’est par pure ténacité. Un fait d’autant plus impressionnant, quand on connaît son jeune âge.
Il entame sa carrière en 2015. Enfant de la génération X, il se fait une réputation en enchaînant les vidéos sur les réseaux sociaux. Il joue avec les memes, devient une mini célébrité d’internet et monte une page hommage à Nicky Minaj, qu’il ne reconnaîtra que bien plus tard de peur d’être “outé”.
Dans sa petite ville de Georgia, dans le rap et dans la communauté afro-américaine, son identité sexuelle est encore “problématique” comme il le dit avec un tact certain, mais jamais d’amertume.


Le jeune homme se cherche, enchaîne les joints purs et les petits boulots au parc d’attractions du coin. Des joints toujours purs car comme il le dira plus tard sur twitter : “Je peux fumer de la weed toute la journée et tousser pour la moindre fumée de clope”.
Il prend le pseudo de Lil Nas X en hommage à son idole Nas (un autre amateur de cannabis, qui a monté sa propre marque et qui a même joué pour la Cannabis Cup) et achète pour 30 dollars sur internet le Beat de son premier tube Old Town Road en 2018.

Un mix entre rap et country, qui reprend les codes des westerns et qui évoque le mythe de Django. Le cowboy noir et fier de l’être.

Coming Out

En quelques mois, la chanson fait un tabac grâce à TikTok : des millions de jeunes se filment sur le morceau et il arrive même au Top 50 country. Un fait impensable jusque-là, surtout dans l’Amérique de Trump.
Évidemment, États-Unis oblige, elle est retirée par l’institution Billboard, car n’étant “pas assez country”. Traduction : pas assez blanche.
Peu importe : un “vrai” musicien country, devenu fan de son travail, Billy Ray Cyrus (le père de Miley) participe avec lui à un remix, qui en fait un hit planétaire et le fait connaître du grand public.

Ensemble, Billy ray et lui vont partager une belle amitié et pas mal de joints… “Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui possédait autant de Cannabis avant, il en a BEAUCOUP” raconte-t-il en interview.

Même s’il ne fume maintenant que de manière récréative, le Cannabis l’a beaucoup aidé, quand il a perdu sa grand-mère, alors qu’il connaissait enfin le succès, fin 2018. Il se décrit comme devenant presque “Hypocondriaque”, se réveillant la nuit avec des crises de panique, lors d’une interview pour Variety.

Cette expérience dramatique le pousse à repenser son équilibre et à améliorer sa vie, sans peur des jugements.
Il fait son coming out en 2019 sur Twitter. Pas pour la publicité, mais parce qu’il voulait “que les gamins gays puissent aussi se sentir représentés dans le milieu du rap, qu’ils se sentent vus” comme il l’explique dans cette interview dans un barbershop américain pour HBO.
Il n’est plus pour lui question de se cacher, il veut créer sa propre voie et elle est spectaculaire.

Porté par les vagues de soutien qu’il reçoit (notamment de son ami Billy ray et à la grande surprise de son père). Il se lâche sur les réseaux et commence à être de plus en plus explicite dans ses paroles, ce qui donnera son chef d’œuvre : Montero.

Twerk avec le diable

Montero, c’est le vrai prénom de Lil Nas X, une manière de s’assumer enfin. La chanson est en réalité beaucoup plus douce que le laisse présager l’énorme polémique autour du clip de la chanson, dans lequel il fait un lap dance pour le diable (qui est simplement une métaphore pour ses pulsions auto-destructrices).

C’est une histoire d’amour un peu désespérée, pour un homme pas encore sorti du placard. Une histoire vraie, dont la structure est inspirée par “Call me by your name”, un des premiers films d’amour gay qu’il ait jamais vu, alors qu’il écrivait la chanson en 2020.

Bien sûr, les paroles sont explicites (il parle entre autres “d’avaler ses enfants” et de plateaux remplis de “Ganja et de poudre blanche”), mais plutôt que choquer, son but est avant tout de changer les normes.

Après des centaines de chansons explicites hétérosexuelles, il fallait bien tourner le volume jusqu’à 11, pour qu’il puisse se faire entendre. Son but ? Normaliser l’homosexualité dans la musique rap.
Une démarche qu’il explique avec brio, dans cette courte vidéo décryptant les paroles de sa chanson pour Vice.
Alors qu’il s’apprête à célébrer son 23ème anniversaire, l’avenir du grand Lil’Nas s’annonce aussi coloré qu’un arc-en-ciel.

 

 

Quand la Motown chantait la ganja

Avant Dej Jam et le succès interplanétaire de la maison de disque de Bob Marley Tuff Gong, un label de Détroit se faisait déjà une sulfureuse réputation en produisant des titres louant sans équivoque des charmes de l’herbe. Zeweed vous emmène à la découverte de la Motown et de ses plus belles déclarations d’amour faites au cannabis.

Fondé par le compositeur et producteur Berry Gordy Jr en 1960, le label Motown tient son nom de la contraction entre motor (moteur) et town (ville). C’est un hommage à Détroit, qui a longtemps la grande ville de l’industrie automobile américaine.
Si le nombre de hits et d’artistes lancés par Motown est aussi gigantesque, c’est grâce au flair et à la volonté de son fondateur de rendre la soul accessible à la masse.

La plupart des artistes majeurs du label étaient amateurs de cannabis. C’était le cas de Diana Ross — qui a d’ailleurs initié Michael Jackson —, de Smokey Robinson ou encore de Marvin Gaye — qui a fumé toute sa vie en grande quantité pour calmer ses angoisses.

Le meilleur exemple reste tout de même la diva Esther Phillips. Sa reprise immortelle de “And I Love Him” des Beatles, que vous pouvez retrouver ci-dessous, fut immortalisée alors qu’elle était tellement enfumée qu’elle en avait des difficultés à marcher.

Pourtant, c’est seulement à la fin des années 60 que les premiers morceaux psychédéliques Motown sont sortis, grâce à l’impulsion des Temptations, avec “Cloud Nine”.
Un morceau enregistré en 1968, très clairement dédié à la plante, qui est sorti contre les recommandations de Gordy, suite à un vote des salariés.
Le pari est réussi: ce sera le premier Grammy du groupe et du label.

Après 10 ans de refus, Gordy, qui ne pensait pas le public américain capable d’accepter ce thème en pleine guerre contre les stupéfiants, lâche la bride.
La même année et seulement pour quelques mois, une division Weed est lancée, pour sortir l’album de Chris Clark. Un album orné d’un symbole peace, qui pastiche le rival Stax et du facétieux slogan “Tous vos artistes préférés sont dans la Weed”.

En 1971, Marvin Gaye sort un album qui parle de la guerre du Vietnam, du sexe et surtout de l’addiction.
Le chanvre sert dorénavant de paravent à la firme, ici pour parler des ravages de l’héroïne, sans braquer un auditoire bien pensant. C’est un prétexte pour s’adresser à un public large, tout en gardant sa suavitude légendaire, dans “Flyin’ high”.

Une stratégie qui sera aussi utilisée par Stevie Wonder deux ans plus tard. En dépit d’une variété qui lui a été dédiée, il n’a fumé qu’une seule fois dans la vie.
Son morceau “Too High” est un avertissement contre les stupéfiants sorti, seconde ironie, sur son album le plus psychédélique : “Innervisions”.

Bien entendu, ses avertissements ne visent pas notre plante préférée. L’album est d’ailleurs particulièrement calibré pour les sessions fumettes. Un fait loin d’être accidentel.

Le morceau le plus explicite jamais sorti par Motown est lâché par Rick James, le Superfreak, en 1978. Le transparent “Mary Jane” est un morceau fondateur de la Punk-Funk, qui a retourné les charts. Un must, quand on sait qu’il parle de la plante comme d’une délicieuse séductrice.

Rick James: “I’m stone I’m proud ” attitude.

Le chanteur s’est, de nombreuses fois, déclaré scandalisé qu’on puisse recevoir des peines de prison pour le cannabis et il fumait très régulièrement sur scène.

Ce hit, d’ailleurs, sera une influence majeure pour tout le mouvement Hip-Hop et en particulier pour le jeune Snoop Dogg, qui enregistrera même un morceau avec le maître.

Seth Rogen, Hollywood Dude

A 41 ans (dont 28 de carrière), Seth Rogen est devenu un étendard de la pop-culture et des ganja lover, le tout avec une coolitude qui ne laisserait en rien deviner qu’il pèse 80 millions de dollars.
Acteur, producteur, scénariste, entrepreneur et céramiste confirmé, le canadien est à lui seul une promo pour la légalisation, tant ce stoner de premier rang cumule les succès (entre deux tafs), clamant à tous son amour de la weed. Portrait du stakhanoviste le plus relax de la planète.

Certaines personnes ont bien vécu la pandémie. A l’instar de  Seth Rogen qui est de son propre aveu, “confiné depuis 2009”. Une blague qu’il a lancée sur le plateau de Jimmy Kimmel en avril et que son partenaire d’écriture Evan Goldberg confirme : “C’est probablement une des seules personnes contentes d’être forcée de rester en intérieur”. Car Seth Rogen n’aime pas sortir, le glamour et les paillettes. Ce qu’il aime c’est faire rire, divertir, rester dans son canapé avec sa femme et son chien en fumant des joints grands comme des bras. Avec Goldberg,  ils ont fondé l’entreprise de production et distribution de cannabis Houseplant, nommée ainsi en hommage à sa philosophie. Et le succès est encore au rendez-vous.

Premiers stand-up dans un bar lesbien

Il a commencé par du stand-up dans un bar lesbien, à l’âge de treize ans, qui lui a valu un chapeau rempli de pourboires : “Apparemment elles aimaient bien les blagues de juif” balance-t-il sur le plateau de The Ellen Show, évitant de trop parler de son mariage furtif avec une réalisatrice, en 2012.
C’est la même année qu’il fume son premier joint dans une allée de son quartier, à force d’insistance il parvient à convaincre son meilleur ami Evan de tester 2 ans plus tard.
Seth se moque gentiment de son ami en racontant qu’il a vomi sa première fois et que c’est ça le but de leur marque: que personne n’ait à commencer avec leur première fois dans une allée ou dans une fête miteuse. Le but d’Houseplant c’est le cannabis rendu accessible et sain. Une envie qui est illustrée par leurs emballages réutilisables et facilement identifiables pour savoir en un instant si on fume de l’indica avec son emballage orange ou de la sativa en magenta.
Notre recommandation? De la Pineapple express bien sûr, nommée après sa géniale comédie d’action dans laquelle une weed légendaire à l’origine d’une course poursuite démentielle avec son ami James Franco.

Les copains d’abord

Le secret de son succès, c’est énormément de second degré et un ancrage qu’il doit à sa bande de potes à l’image du casting de This is the end, un film qu’il a coécrit avec Evan et qu’il a réalisé. Sa bande (James Franco, Jonah Hill et Justin Long et bien d’autres) et lui affrontent dans le film l’apocalypse, ce qui fait ressortir leurs propres rivalités.
En réalité, Seth Rogen leur est resté très loyal à cette équipe qui est à l’origine de pas mal de projets à lui.
Je voulais surtout faire un film avec mes potes… et le film est parti d’une session de fumette entre amis.”

C’est suite du diagnostic d’Alzheimer de sa belle-mère qu’il a monté le festival humoristique Hilarity for charity qui a eu droit à un spécial sur Netflix et… Un Carnaval cannabique réservé aux plus de 18 ans dans le New Jersey.
Vous pouvez les voir ici parler avec sa femme et lui parler de leur engagement pour cette cause mais surtout de leur consommation sur une semaine, de quoi coucher Snoop? Non mais de quoi coucher toute la rédaction de Zeweed devant des cartoons pour un après midi.

No compromise

Cet homme – qui a révolutionné le cinéma d’animation pour adultes (avec Sausage Party qu’il a conçu), la série de Super-héros (avec The Boys qu’il a produit) et la religion (avec l’incroyable série Preacher, qu’il a développé) – a fait tout cela de son propre aveu, simplement parce que ça l’amusait.
Qu’importe les haters ou son image, il fait ce qui lui plaît et il s’attaque régulièrement à la politique anti drogue fédérale “raciste” de l’état américain. “Une politique qui sert à enfermer des personnes de couleurs depuis des décennies” selon lui.
Le Cannabis fait partie de sa vie, il veut tout simplement partager son amour pour la plante: “Tous les matins, je fume un joint avec mon café et je continue à fumer jusqu’à aller me coucher. Parfois, je me réveille la nuit pour fumer plus“, confie-t-il au New York Times en interview, entre deux histoires sur des céramiques qu’il se plaît à réaliser.
Houseplant a d’ailleurs lancé une collection de cendriers inspirés par ceux fabriqués par Seth à ses débuts qui “sont parfait pour une session fumette et pour tenir même les plus gros joints”.
Un passe-temps méditatif qui lui correspond bien et qu’il pratique sur chaque tournage, le dernier en date   “Pam& Tommy”, (qui retrace l’histoire derrière le  scandale de la sex tape du batteur de Motley Crüe Tommy Lee et de la Baywatch babe Pamela Anderson) n’a pas échappé à la règle au plus grand bonheur de 12 membres de l’équipe de tournage qui se sont vu offerts un cendrier “made by Seth“.  Awesome attitude, dude!

 

Elton John : le Rocket Man ne voit pas d’un bon oeil la légalisation du cannabis

Les temps changent, certes, mais pas pour tout le monde. Elton John, a récemment pris position contre la légalisation du cannabis dans une interview accordée à Time. Autrefois aussi célèbre pour ses frasques que pour ses tubes, le chanteur,  sobre depuis des décennies, s’inquiète autant des ravages de ses propres abus passés, avec d’autres drogues,  que des politiques visant à ne plus mettre en prison un fumeur de joints. 

Si l’on peut comprendre les épreuves personnelles que l’artiste a dû surmonter, son argumentaire pêche sur deux points essentiels : il minimise les ravages causés par la prohibition, et passe sous silence le droit fondamental de chacun de vivre librement sans ingérence de l’État tant que cela ne nuit à personne. Deux oublis majeurs.

« On prend de terribles décisions sous l’effet de la drogue » Elton John

« Je maintiens que c’est addictif. Ça mène vers d’autres drogues », confie Elton John, 77 ans, à Time, alors qu’il vient d’être sacré « icône de l’année ». « Et quand on est défoncé — et je l’ai été — on ne pense pas normalement. La légalisation du cannabis en Amérique et au Canada est l’une des plus grandes erreurs de tous les temps. »
Le chanteur sait de quoi il parle. Ancien addict aux drogues dures, il a fini par trouver son salut en cure de désintoxication. Il admet d’ailleurs avoir réalisé bien trop tard que « sous l’emprise des drogues, on prend de terribles décisions ». Mais ce qu’Elton John omet de considérer, c’est que si la dépendance est destructrice pour certains, les conséquences de la prohibition, elles, le sont pour des sociétés entières.

La guerre contre la drogue plus dangereuse que la drogue?

Depuis des décennies, la « guerre contre les drogues » menée aux États-Unis a englouti des milliards de dollars, criminalisé des millions d’individus et laissé derrière elle un sillage de vies brisées. Comme le soulignent les chercheuses Aliza Cohen et Julie Netherland dans un rapport de la Drug Policy Alliance, « plus d’1,1 million d’arrestations liées aux drogues ont eu lieu en 2020, et la majorité concernait la possession personnelle ». Environ 20 % des prisonniers américains purgent une peine pour des infractions liées à la drogue, avec des disparités raciales criantes.

La prohibition, loin de protéger les populations, pousse les consommateurs vers un marché noir aux produits de pureté douteuse. Résultat ? L’actuelle crise des overdoses, amplifiée par un approvisionnement contaminé au fentanyl. Et comme si cela ne suffisait pas, la guerre contre les drogues alimente corruption, violence et enrichit des cartels de plus en plus puissants.

Contre-appel à la tolérance

Pour les défenseurs des libertés individuelles, l’argument central reste le droit de chacun à disposer de son corps et de ses choix, même s’ils comportent des risques. Comme le rappelait le philosophe John Stuart Mill dans De la liberté, « le seul but pour lequel le pouvoir peut être légitimement exercé contre un membre d’une société civilisée, contre sa volonté, est d’empêcher qu’il nuise aux autres.
Son propre bien n’est pas une justification suffisante. »
Les prohibitionnistes, eux, avancent que les drogues affectent la productivité et mènent à des comportements irresponsables. Mais devons-nous être perpétuellement performants pour la société ? Et quid des dommages causés par les excès de prohibition elle-même : violence, vies ruinées, incarcérations massives ?
Si Elton John a vaincu ses démons personnels et aidé d’autres à s’en sortir, son expérience ne suffit pas à légitimer l’échec manifeste des politiques répressives. En voulant sauver les individus malgré eux, on a sacrifié des millions de vies et alimenté des systèmes d’oppression. À l’heure où le débat sur la légalisation s’intensifie, il serait temps d’écouter ceux qui subissent la guerre contre les drogues plutôt que de chercher à imposer une moralité par la force.

Zeweed avec : 420 intel, New York Times, The Guardian
 

Conor McGregor, le Viking

Dans l’arène du MMA, Conor McGregor se démarque. Paradoxe : en plus de sa brutalité et de son style singulier, il se révèle également être un consommateur de cannabis affirmé.

De la furie des affrontements…

En 2006, celui qui deviendra « The Notorious » se passionne pour le MMA et se rend même à Londres, avec le combattant Tom Egan, pour assister aux spectacles de l’UFC 75 et étudier les techniques des autres athlètes. L’année suivante, il décide de faire de cette discipline sa vocation, après avoir remporté son premier combat amateur par KO technique.

Conor McGregor écrase son premier adversaire professionnel, le 9 mars 2008. Enchaînant les confrontations, malgré́ quelques revers, il domine la catégorie des –66 kg, en 2012 ; ce qui attire l’attention de Dana White, le président de l’illustre Ultimate Fighting Championship (UFC). En seulement deux ans, McGregor s’empare du titre de champion. Puis il inscrit son nom dans les annales cinq mois plus tard, en battant par KO le Brésilien José Aldo ; et ce en seulement 13 secondes. Dès lors, The Notorious devient une vedette dont les matchs sont suivis avec passion, comme en 2017 contre Floyd Mayweather ou, l’année suivante, contre la nouvelle étoile montante du Daghestan : Khabib Nurmagomedov.

… à l’apaisement du cannabis

Conor McGregor aime exposer sa vie sur les réseaux sociaux. Que ce soit en vacances sur un yacht, en train de boire de l’alcool, ou en visitant Amsterdam avec un gros joint à la main, il se moque des conventions et du qu’en-dira-t-on.

Tyson et Mac Gregor partagent le même penchant pour la frappe

En 2018, avant son combat contre Mayweather, McGregor et Mike Tyson s’étaient échangé des insultes par médias interposés. Pourtant, en novembre de la même année, il poste un message de réconciliation sur Instagram, évoquant une soirée enfumée chez la légende de la boxe : « La weed que tu cultives est vraiment cool. Ce fut un honneur de la goûter. Tu es une icône de combat et mérite un amour et un respect infini ! »

Trois ans plus tard, alors qu’il se remet d’une fracture du tibia, McGregor se retire en Californie où il intègre la consommation de cannabis à sa convalescence. Il révèle alors qu’il possède une plantation de cannabis dans l’Oregon qu’il vend comme la « meilleure des États-Unis », posant avec un blunt à la main. « Nous avons testé différentes variétés. Celle-ci est à dominante indica, mais nous avons beaucoup de produits de qualité en préparation pour nos fans », explique-t-il fièrement. Après avoir encaissé les coups des combattants de l’UFC, la légende semble désormais prête à « assommer » ses fans avec sa ganja.

Par Benjamin Cazeaux-Entremont

Harris-Walz : le duo gagnant vers une légalisation fédérale du cannabis aux Etats-Unis

En prenant Tim Walz comme colistier,  Kamala Harris a fait le choix de présenter un duo ouvertement pro-légalisation à la Maison blanche. Un choix historique et un point de bascule qui, en cas de victoire des démocrates, pourrait bien définitivement enterrer la prohibition de l’herbe aux US en 2025.

Peu connu du grand public jusqu’à son intronisation en tant de potentiel futur vice-président, le gouverneur du Minnesota Tim Walz ne l’est pas des amateurs de cannabis comme de son industrie : il est en effet un des champions de la légalisation de l’herbe chez l’oncle Sam, une figure incontournable du progressisme cannabique.

Champion progressiste du cannabis

Vétéran militaire lui-même, Walz a commencé par donner la priorité à l’accès au cannabis médical pour les vétérans de l’armée, dont il fait partie et, à cette fin, a parrainé le premier projet de loi autonome de réforme de la marijuana à passer par une commission du Congrès, une mesure destinée à promouvoir la recherche sur le cannabis médical pour les soldats revenus du front.
Le bilan de Walz en matière de cannabis contraste fortement avec celui du colistier de l’ancien président Donald Trump, le sénateur JD Vance (R-OH), qui a exprimé son soutien au droit des États à légaliser, mais a voté contre la législation bancaire bipartite adoptée en commission. Vance a également fait valoir que les États qui ont promulgué la légalisation devraient accroître les activités d’application de la loi, s’est plaint à plusieurs reprises de l’odeur du cannabis et a suggéré que son utilisation peut conduire à la violence.

En 2022, Tim Walz avait ratifié un projet de loi visant à protéger de façon permanente les entreprises de chanvre de l’État commercialisant légalement certains produits à base de cannabis, notamment des aliments et des boissons infusés de CBD et d’autres cannabinoïdes.

Légalisation du cannabis… mais pas seulement

Mais l’une des mesures politiques les plus emblématiques prises par Walz en tant que gouverneur en 2023 a été de signer un projet de loi visant à légaliser l’usage du cannabis à des fins récréatives, faisant du Minnesota le 23e État à adopter une telle réforme.« Cela a été un long voyage avec beaucoup de personnes impliquées », s’émouvait Walz lors de la cérémonie de signature de cette légalisation dans son Etat. « Ce que nous savons à l’heure actuelle, c’est que la prohibition ne fonctionne pas. Nous avons criminalisé beaucoup de gens qui vont entamer le processus de suppression de ces dossiers. » avait conclu les gouverneur.
Enfin, toujours en 2023, Walz signait un projet de loi visant créer un groupe de travail sur les psychédéliques, destiné à préparer l’État à une éventuelle légalisation de ces mêmes substances aux prometteuse fins médicales.

Si ce duo progressiste est une excellente nouvelle pour les consommateurs comme pour l’industrie du cannabis, reste à savoir, en cas de victoire, où se situeront ces réformes parmi les priorités dans l’agenda du 48ème président américain.

 

1 2 3 4 5 12