Alors qu’en France, les cannabinoïdes de synthèse mettent à mal la filière CBD, en Espagne, le gouvernement passe à l’action en bannissant les ventes de comestibles contenant ces molécules hautement toxiques, censées reproduire les effets du THC. Une très bonne nouvelle pour les consommateurs.
Longtemps à la pointe en matière de cannabis, l’Espagne serre désormais la vis. À Barcelone, les autorités lancent une offensive contre les confiseries contenant des cannabinoïdes semi-synthétiques, accusées d’intoxiquer des consommateurs souvent étrangers. Le gouvernement ajuste ses lois pour clarifier une zone grise réglementaire.
Une tendance inquiétante
Depuis plus d’une décennie, l’Espagne a été précurseur dans le domaine de la politique cannabique, avec une tolérance affichée envers les social clubs qui organisent la culture et la consommation de la plante. Les salons du chanvre, lieux de rencontre et d’innovation, y prospèrent, attirant amateurs et curieux venus découvrir les dernières tendances de consommation.
Mais récemment, une nouveauté inquiète particulièrement les autorités : les bonbons et confiseries infusés de cannabinoïdes semi-synthétiques ou synthétiques. Vendus légalement jusqu’ici en raison d’une faille réglementaire, ces produits ressemblent à des bonbons ordinaires mais provoquent des effets psychotropes souvent imprévisibles et parfois intenses.
Hausse des intoxications
La mairie de Barcelone tire la sonnette d’alarme après avoir enregistré un doublement des cas d’intoxication liés à ces confiseries en seulement deux ans. Rien qu’en 2024, vingt-quatre cas nécessitant une intervention médicale ont été signalés, touchant majoritairement des touristes d’âge moyen séduits par ces « souvenirs » atypiques proposés notamment dans les magasins spécialisés et certaines boutiques alimentaires.
Face à cette situation, le ministère espagnol de la Santé a décidé d’intervenir, modifiant une loi en vigueur depuis 1977, initialement conçue pour encadrer les substances psychotropes et les préparations médicinales. Depuis le 23 avril dernier, la vente et la distribution de ces bonbons contenant des cannabinoïdes semi-synthétiques sont désormais strictement interdites.
Contrôles renforcés et sanctions à venir
Pour veiller au respect de cette nouvelle réglementation, Barcelone annonce une intensification des contrôles, impliquant les autorités sanitaires et la police locale. Albert Batlle, adjoint au maire chargé de la sécurité, prévient que des poursuites pénales pourraient être engagées en cas d’infraction.
L’année dernière déjà, 45 inspections avaient été réalisées dans 30 entreprises, mais les autorités locales n’étaient intervenues que lorsque ces produits étaient vendus comme de simples aliments conventionnels. Désormais, les règles sont claires : détecter, punir, et prévenir. Une nouvelle phase dans l’histoire espagnole du cannabis, nettement moins permissive.
