L’Etat de New York réserve 100 licenses de dispensaires de cannabis à d’anciens détenus

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L’Etat de New York fait amande honorable en réservant au moins 100 licences de vente de cannabis aux personnes (ou leurs proches) condamnées pour infraction à la législation sur le cannabis.

La mesure devrait officiellement être annoncée jeudi 15 septembre par Kathy Hochul (la gouverneur démocrate de l’Etat de New york)  dans le cadre d’une initiative visant à garantir que les membres des communautés minoritaires victimes de la « War on drugs »  soient les premiers à recevoir des licences de vente. La moitié de ces autorisation de faire commerce de weed sera aussi réservées aux femmes, aux agriculteurs en difficulté et aux anciens combattants. Depuis que l’État de New York a mis fin à la prohibition en 2021,  le débat sur un accès equitable à l’industrie du cannabis a largement été mis en avant, au point de devenir une priorité pour les législateurs.

L’initiative se pose comme une décision préventive des autorités de l’Etat New York, qui ne tient pas à faire face aux mêmes problèmes qui se sont posés précédemment dans le reste du pays. Les États ayant légalisé le cannabis récréatif ont en effet eu bien de la peine à accorder des licenses aux  petits entrepreneurs issus de minorités , qui, face aux grands groupes, ne parvenaient pas à accéder aux business vert.

Les premieres autorisations et ouvertures de point de vente de cannabis dans l’Etat de New-York sont prévues pour la fin de l’année. A ce jour,  aucun plafond n’a été fixé quant au nombre de licences qui seront accordées. Les pouvoirs publiques estimant que ce nombre dépendra de la demande.

Modèle pour l’Europe?

Si outre-Atlantique, la légalisation fleurie d’Etats en Etats, sur le vieux continent (exception faite du Luxembourg, de Malte et bientôt de l’Allemagne qui ont -ou vont-  légaliser l’usage du cannabis récréatif), elle a bien du mal à germer. Alors que l’argument « santé publique » longtemps brandit ne convainc plus personne à l’heure où le tabac et l’alcool sont la première cause de décès évitable, pouvoirs publiques et responsables politiques voient désormais en la légalisation une menace pour la cohesion sociale.

Parce que la vente de cannabis est une source de revenus conséquente dans les quartiers défavorisés, légaliser le cannabis reviendrait à mettre au chômage technique plus d’un revendeur. C’est ainsi que le Royaume-Uni, la France ou encore l’Italie s’achètent, au détriment de la santé de leurs concitoyens, une très relative paix sociale.

En invitant les acteurs et victimes de la guerre contre l’herbe à la table de la légalisation, l’Etat de New-York fait plus que faire amende honorable aux victimes de la prohibition : il pave la route d’une légalisation intelligente sur laquelle l’Europe serait bien inspirée de rouler.

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Journaliste, peintre et musicien, Alexis est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en aujourd'hui le rédacteur en chef.

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