La Nouvelle-Zélande prépare la légalisation par voie référendaire

Le ministre de la Justice néo-zélandaise Andrew Little vient de dévoiler son projet de loi en faveur de la légalisation du cannabis.  Une initiative qui sera votée par référendum fin 2020, pendant les législatives.

Un cadre clair
C’est une victoire pour le Parti des Verts néo-zélandais. En effet, la préparation d’un référendum pour légaliser le cannabis à usage récréatif faisait partie de leurs conditions pour rejoindre le gouvernement de gauche issu des élections de 2017.

Intitulé Cannabis Legalisation and Control Bill (CLCB), ce projet passera d’abord par les partis politiques qui pourront proposer des modifications avant d’être présenté devant les citoyens en novembre 2020.

Bien que les députés disposent d’une bonne année avant de laisser le peuple se prononcer, le CLCB est déjà bien avancé.L’achat et la consommation de cannabis seront interdits en dessous de 20 ans (alors que la majorité est à 18 ans). De plus, la quantité maximum d’achats serait de 14 grammes par jour et uniquement en magasin (pas de livraison), idem pour la possession, ce qui est déjà bien suffisant.

Cependant, les autorités sont bien décidées à contrôler ce marché. La publicité pour le cannabis sera totalement interdite et les vendeurs devront délivrer « un message de minimisation des méfaits « . Il sera évidemment interdit de fumer un pétard dans les lieux publics. Les fumeurs devront rester à la maison. Bien que le gouvernement compte mettre en place un système de licence pour la culture et la vente, il sera tout de même autorisé pour les Néo-Zélandais de faire pousser jusqu’à 4 plants par famille, mais l’extraction (wax/rosin) restera interdite.

Très sensible à la bonne tenue du référendum, le ministre de la Santé a annoncé la mise en place d’une équipe au sein de son ministère qui aura pour mission de veiller à ce que les informations autour du projet de loi soient les plus neutres et les plus précises possible ! On salue cet intérêt au bon déroulement du débat démocratique.

Des objectifs pensés sur le long terme
L’annonce du projet de loi n’a rien d’une énorme surprise. Le gouvernement y réfléchit depuis plusieurs mois. D’ailleurs, un document daté de mai 2019 détaillait  déjà les buts du gouvernement avec ce projet de légalisation. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce document témoigne de l’attention apportée au bien-être des citoyens.

En effet, les principaux objectifs consistent à améliorer le bien-être de Néo-Zélandais en insistant sur la réduction des méfaits causés par le cannabis tout en faisant baisser la consommation grâce à l’éducation.

C’est seulement dans les objectifs secondaires que l’on retrouve l’idée de réduire la puissance des gangs et du marché noir, de réduire la population carcérale et de veiller à la bonne qualité des produits ainsi que du dosage du THC.

Encore une fois, le projet de loi néo-zélandais démontre que la légalisation est un sujet complexe qui touche un certain nombre de secteurs. Les objectifs annoncés sont tous une leçon de bon sens pour les politiques d’autres pays qui continuent de voir dans la légalisation; qu’une lubie de hippies attardés.

Vincent