Dimanche Philo : Ce que Platon aurait pu dire de la weed.

Pour ce dimanche-Philo, notre journaliste Morgane s’attaque au tout puissant penseur grec : Platon. Figure incontestable de la philosophie occidental.

La théorie des simulacres chez Platon réduit l’intégralité de ce que nous pensons être « le réel » à une simple apparence. L’allégorie de la caverne (dans La République, livre VII) illustre ainsi l’idée selon laquelle, prisonniers de nos sens, nous n’avons accès qu’à des images dégradées de ce qu’il appelle les Idées, c’est-à-dire les choses véritablement réelles et invisibles.

Expliquons : les hommes de l’Antiquité comme nous-mêmes – résidents du XXIe siècle – sont comme prisonniers d’une caverne, enchainés dans une nuit que seule l’ouverture lointaine éclaire faiblement. L’espèce humaine est tournée en spectatrice vers le mur du fond, sur lequel sont projetées les ombres des choses. Le problème selon Platon est alors que ces hommes enchainés confondent ces ombres qu’ils perçoivent avec la réalité qui existe dans le monde extérieur. Cela vient du fait qu’ils n’ont jamais vu la véritable lumière du jour ni sa source, le soleil. Leur perception se cantonne au faible rayonnement qui traverse la caverne et accède jusqu’à eux, ou à celui d’un feu souterrain qui les éclaire artificiellement. Les sons qui leur parviennent ne sont que des échos.

Il incombe donc à l’homme de s’émanciper de ses chaines, et cela est rendu possible par l’acquisition de la connaissance et du savoir, c’est-à-dire par l’éducation de l’âme. Or, l’âme selon Platon procède notamment par la contemplation : c’est en se livrant à cette sorte de « non-activité », de méditation qu’elle accède aux choses véritables.

On peut imaginer alors que la consommation d’une plante aux vertus divinatoires et relaxantes (le cannabis) puisse disposer le disciple platonicien à cette contemplation, à cette libération qui l’achemine vers la connaissance réelle du monde.

Bien entendu, en voyant le jour pour la première fois, il est évident que l’homme sera ébloui par delà l’imaginable. Son esprit tentera d’opposer une première résistance contre cette révolution radicale dans l’ordre de ses conceptions. C’est là que l’effet relaxant de l’herbe mystique trouvera son intérêt. Dès lors, il ne voudra ni ne pourra revenir à son état antérieur, tout subjugué qu’il sera par sa découverte. Il aura rencontré « les merveilles du monde intelligible » et sera chargé de la mission de partager auprès de ses semblables son illumination.