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Edito : Free Brittney !

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Alors que la basketteuse américaine Brittney Griner encourt neuf ans de prison après avoir été arrêtée à l’aéroport de Moscou en possession de cartouches de THC, le débat sur la légalisation du cannabis et son utilisation chez les sportifs est relancé. Si la Russie assume sa politique rétrograde, du coté américain, de nombreux efforts restent à faire. A commencer par Joe Biden qui, malgré ses promesses de campagne, continu à voir rouge dès qu’il s’agit de dépénaliser la verte.

Jeudi 4 août, la star américaine du basket Brittney Griner a été condamnée à neuf ans de prison pour possession et trafic de drogue.
En février la  célèbre « pivot »  des Phoenix Mercury avait été arrêtée à l’aéroport Cheremetievo de Moscou, en possession de quelques cartouches de e-liquide au THC.
Démentant toute intention de traffic, Brittney Griner avait alors reconnu que cette faible quantité était pour sa consommation thérapeutique personnelle et à des fins analgésiques.
Comme beaucoup d’athlètes de haut niveau, Griner a choisi de se soigner au cannabis pour soulager certaines douleurs chroniques.

Depuis son arrestation, plusieurs grandes figures du monde sportif américain ont pris la parole pour défendre l’athlète. Parmi les sportifs de renom à voler au secours de Brittney, Shawn Kemp, l’un des meilleurs dunkeurs de la NBA (National Basketball Association) des années 90. Dans une interview accordée au New-York Times, l’allier des Supersonics de Seattles confesse que le cannabis l’a toujours accompagné dans sa carrière :  « J’avais l’opportunité de pouvoir consommer du cannabis en rentrant le soir, ce qui permettait à mon corps de se reposer ».
Shawn Kemp explique que les vertus analgésiques du cannabis lui convenaient parfaitement pour traiter les douleurs articulaires dont il souffrait, sans les effets secondaires de traitements conventionnels.
Aujourd’hui, Shawn Kemp est co-propriétaire à Seattle d’un dispensaire de cannabis.

Autre légende du sport américain à apporter son soutient à Griner, la star du football américain Eugene Monroe, premier joueur de la NFL (National Football League ) à militer pour la reconnaissance du cannabis comme médicament.
Durant des années, l’attaquant des Jaguars de Jacksonville se faisait prescrire des opiacés et anti-inflammatoires pour juguler ces douleurs, avant qu’il ne découvre le cannabis sur les conseils d’un co-équipier.

« 85% des joueurs de la NBA consomment de la marijuana sous une forme ou une autre » Al Harrington

Grâce au travail de Shawn Kemp et quelques autres stars du sport US, la NBA a suspendu en 2020 les tests de dépistage de cannabis. La fin de  l’hypocrisie dans le milieu du basket : selon Al Harrington « 85% des joueurs de la NBA consomment de la marijuana sous une forme ou une autre ». Le célèbre défenseur des New-York Knicks avait lui aussi fait du cannabis son unique médicament antalgique, anti-inflammatoire et de récupération.
Mais si la NBA a assoupli ses règles, long reste le chemin a parcourir avant une réhabilitation de l’herbe comme médicament et sa légalisation  (ou en tous cas l’assurance qu’en consommer ne vous envoie pas en prison).

« Personne ne devrait aller en prison pour avoir consommé du cannabis » Joe Biden

« C’est inacceptable et je demande à la Russie de la libérer immédiatement afin qu’elle puisse retrouver sa femme, ses proches et ses coéquipières»  a réagit le président américain à l’issu du verdict.
Ce même Joe Biden qui clamait il y a encore deux mois que « personne ne devrait aller en prison pour avoir consommé du cannabis » en faisant libérer en fanfare 72 détenus américains incarcérés pour des infractions sur le cannabis.
72 détenus sur des dizaines de milliers d’américains emprisonnés pour avoir consommé ou acheté de l’herbe dans le mauvais Etat.
Rien qu’au Texas, plus de 16.000 personnes sont incarcérées pour simple consommation et détention de cannabis.

Pourtant, Joe Biden avait fait de la grâce des détenus inculpés pour consommation et détention de cannabis un des arguments de campagne. Le future 46ème président américain avait aussi promis de dépénaliser la consommation d’herbe au niveau fédéral en début de mandat.
Las! Le naturel semble être revenu au galop pour celui à qui l’ont doit en grande partie la crime law de 1994, responsable de centaines de milliers d’incarcération pour des infractions à la législation sur le cannabis.
Le match de la dépénalisation de la weed aux Etats-Unis est donc loin d’être gagné, malgré les efforts des démocrates et de certains républicains pour faire bouger les lignes.
Si Brittney Griner devrait bientôt retrouver la liberté à la faveur d’un échange de prisonnier, des milliers d’américains resteront à l’ombre en espérant que Joe Biden tienne un jour ses promesses.

Lil’Nas: Black and Pride

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Alors que la Gay Pride 2021 va battre le pavé, Zeweed met à l’honneur l’une des rares icône gay du rap américain: Lil’Nas. A 22 ans l’auteur de Old Town Road a déjà retourné la Country, twerké sur le diable et surfé sur les tendances comme un pro de la glisse.
Portrait d’un artiste aussi cool que fière.

Certaines personnes deviennent célèbres par accident, d’autres par chance, dans le cas de Lil Nas X, c’est par pure ténacité. Un fait d’autant plus impressionnant, quand on connaît son jeune âge.
Il entame sa carrière en 2015. Enfant de la génération X, il se fait une réputation en enchaînant les vidéos sur les réseaux sociaux. Il joue avec les mèmes, devient une mini célébrité d’internet et monte une page hommage à Nicky Minaj, qu’il ne reconnaîtra que bien plus tard de peur d’être “outé”.
Dans sa petite ville de Georgia, dans le rap et dans la communauté afro-américaine, son identité sexuelle est encore “problématique” comme il le dit avec un tact certain, mais jamais d’amertume.


Le jeune homme se cherche, enchaîne les joints purs et les petits boulots au parc d’attractions du coin. Des joints toujours purs car comme il le dira plus tard sur twitter : “Je peux fumer de la weed toute la journée et tousser pour la moindre fumée de clope”.
Il prend le pseudo de Lil Nas X en hommage à son idole Nas (un autre amateur de cannabis, qui a monté sa propre marque et qui a même joué pour la Cannabis Cup) et achète pour 30 dollars sur internet le Beat de son premier tube Old Town Road en 2018.

Un mix entre rap et country, qui reprend les codes des westerns et qui évoque le mythe de Django. Le cowboy noir et fier de l’être.

Coming Out

En quelques mois, la chanson fait un tabac grâce à TikTok : des millions de jeunes se filment sur le morceau et il arrive même au Top 50 country. Un fait impensable jusque-là, surtout dans l’Amérique de Trump.
Évidemment, États-Unis oblige, elle est retirée par l’institution Billboard, car n’étant “pas assez country”. Traduction : pas assez blanche.
Peu importe : un “vrai” musicien country, devenu fan de son travail, Billy Ray Cyrus (le père de Miley) participe avec lui à un remix, qui en fait un hit planétaire et le fait connaître du grand public.

Ensemble, Billy ray et lui vont partager une belle amitié et pas mal de joints… “Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui possédait autant de Cannabis avant, il en a BEAUCOUP” raconte-t-il en interview.

Même s’il ne fume maintenant que de manière récréative, le Cannabis l’a beaucoup aidé, quand il a perdu sa grand-mère, alors qu’il connaissait enfin le succès, fin 2018. Il se décrit comme devenant presque “Hypocondriaque”, se réveillant la nuit avec des crises de panique, lors d’une interview pour Variety.

Cette expérience dramatique le pousse à repenser son équilibre et à améliorer sa vie, sans peur des jugements.
Il fait son coming out en 2019 sur Twitter. Pas pour la publicité, mais parce qu’il voulait “que les gamins gays puissent aussi se sentir représentés dans le milieu du rap, qu’ils se sentent vus” comme il l’explique dans cette interview dans un barbershop américain pour HBO.
Il n’est plus pour lui question de se cacher, il veut créer sa propre voie et elle est spectaculaire.

Porté par les vagues de soutien qu’il reçoit (notamment de son ami Billy ray et à la grande surprise de son père). Il se lâche sur les réseaux et commence à être de plus en plus explicite dans ses paroles, ce qui donnera son chef d’œuvre : Montero.

Twerk avec le diable

Montero, c’est le vrai prénom de Lil Nas X, une manière de s’assumer enfin. La chanson est en réalité beaucoup plus douce que le laisse présager l’énorme polémique autour du clip de la chanson, dans lequel il fait un lap dance pour le diable (qui est simplement une métaphore pour ses pulsions auto-destructrices).

C’est une histoire d’amour un peu désespérée, pour un homme pas encore sorti du placard. Une histoire vraie, dont la structure est inspirée par “Call me by your name”, un des premiers films d’amour gay qu’il ait jamais vu, alors qu’il écrivait la chanson en 2020.

Bien sûr, les paroles sont explicites (il parle entre autres “d’avaler ses enfants” et de plateaux remplis de “Ganja et de poudre blanche”), mais plutôt que choquer, son but est avant tout de changer les normes.

Après des centaines de chansons explicites hétérosexuelles, il fallait bien tourner le volume jusqu’à 11, pour qu’il puisse se faire entendre. Son but ? Normaliser l’homosexualité dans la musique rap.
Une démarche qu’il explique avec brio, dans cette courte vidéo décryptant les paroles de sa chanson pour Vice.
Alors qu’il s’apprête à célébrer son 23ème anniversaire, l’avenir du grand Lil’Nas s’annonce aussi coloré qu’un arc-en-ciel.

 

 

Flying high à bord du Starship

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Le Starship, c’est le Boeing 720 qui transporta les plus grands groupes de rock entre 1973 et 1977. Entièrement refait pour répondre aux besoins de ses turbulents passagers, théâtre de tous les excès, le « Party Plane » contribuera à forger l’image de groupes comme Led Zeppelin, les Allman Brothers ou Deep Purple.

Les années 1970 verront l’avènement des Rock-Stars. Suivies par des hordes de groupies, ces nouvelles idoles des jeunes jettent des téléviseurs du 10e étage des hôtels, en saccageant consciencieusement les chambres et roulent à tombeau ouvert dans de sublimes bolides qui finissent rapidement à la casse ou dans une piscine.
C’est aussi l’époque où les tournées aux Etats-Unis deviennent de plus en plus longues avec des dates dans beaucoup de villes moyennes, et où les musiciens passent de plus en plus de temps dans des bus ou des vols moyen-courrier, avec tous les tracas que cela suppose (perte ou retard de bagages, déboires avec la police ou les populations locales, fouilles complètes à l’aéroport etc).

Led Zeppelin en 1973, les premiers locataires du Starship.

A Starship is born

En 1973 le chanteur Bobby Sherman et son manager rachetèrent à United Airlines un Boeing 720 dans le but de le convertir en jet pour les tournées et de le louer.
C’est ainsi que naquit le légendaire « Starship ».
Acheté pour 600.000 $, cet avion de ligne de 138 places fut complètement remodelé à la demande de ses nouveaux propriétaires pour accueillir le rock’n roll lifestyle (40 places après la transformation). Après 200.000 $ de travaux de rénovation le Starship offrait une cabine centrale avec un canapé de 10 m de long, un téléviseur et un magnétoscope, avec une collection de video K7 qui allait des Marx Brothers à Deep Throat, un bar avec un orgue électronique, une suite avec un waterbed king size et des couvertures en fausse fourrure, et même une fausse cheminée.

Le premier groupe à louer le Starship fut Led Zeppelin, nous sommes en 1973.
Le manager du groupe, Peter Grant, avait décidé dès la formation du groupe que pour arriver au sommet il fallait d’abord conquérir les Etats-Unis. Grant se démena pour assurer un maximum de dates dès la 1ère tournée, en 1969, tout en maintenant la presse à l’écart. Il refuse sciemment toutes les demandes d’interviews pour laisser les musiciens cultiver le mystère. Mais ces tournées, très longues et aux multiples dates n’étaient pas de tout repos pour ces musiciens brit’ aux cheveux longs, pour ces fumeurs de weed paumés dans le Midwest où les habitants sont peu versés dans la mouvance hippie (on pense au film Easy Rider sorti la même année et à sa fin tragique).

Le party plane des Stones, Led Zeppelin, Bob Dylan et Elton John

A ces premiers inconvénients, il faut ajouter les fréquentes turbulences aériennes que subissent les petits monomoteurs à hélice qui étaient généralement utilisés. Ceux-là mêmes qui coutèrent la vie à Buddy Holly, Otis Redding, Glenn Miller ou Stevie Ray Vaughan.
Lorsque Led Zeppelin inaugure le Starship, c’est un des plus grands groupes de rock du monde.
C’est la fin des innombrables arrêts dans les motels:  le Starship ramène  tous les soirs le groupe et son entourage à L.A, où la fête commencée à bord se poursuit dans les bars du Sunset strip ou au Hyatt Hotel , surnommé le «Riot House».

Le Starship était devenu le nouveau standard pour les rock-stars et fut utilisé (entre autres) par : les Rolling Stones, Deep Purple, John Lennon, Alice Cooper, Bob Dylan & the Band, Peter Frampton, les Allman Brothers, les Bee Gees ou encore Elton John.
Ce dernier, qui avait loué le Starship pour sa tournée US de 1974, s’était retiré dans la suite de l’avion pour faire une sieste. En se réveillant, il eu la surprise de trouver Stevie Wonder chantant « Crocodile Rock »  au piano situé derrière le bar.

Les Stones, toujours plus haut.

Lorsque le groupe Allman Brothers Band entra dans le Starship pour leur tout premier trajet ils furent accueillis par un « Welcome Allman Brothers » écrit en lignes de cocaine par les précédents occupants: Led Zeppelin.
Quand les Rolling Stones louèrent le Starship pour leur tournée « STP », alors qu’il découvre l’intérieur de ce Las Vegas volant,  Mick Jagger s’exclamera « it’s very tacky » (c’est très tape-à-l’oeil). Ce sera le seul à se plaindre, les autres groupes adulant le « party plane ».
Peter Frampton, lui, racontera que ses musiciens avaient pris l’habitude de dissimuler leur stock de weed dans leurs sacs de linge sale pour échapper aux contrôles des chiens renifleurs des douanes.

« C’est de mauvais goût » (Mick Jagger à propos de la décoration de la cabine)

Le Starship symbolisera aussi l’isolation croissante des rock-stars durant les 70’s.
Un ancien dirigeant d’Atlantic Records se souvient qu’à l’issue d’un concert de Led Zeppelin à Minneapolis, le guitariste Jimmy Page était déjà en train de se faire servir un homard Thermidor à bord du Starship sur la piste de décollage alors que la foule en délire réclamait un rappel dans le concert qu’il venait de quitter.
Il était fréquent pour les musiciens de s’engouffrer depuis leur hôtel en peignoir dans une limousine, direction le Starship, dans lequel ils prolongeaient leurs courtes nuits.
Pour les Rolling Stones en 1975, le Starship avait un avantage: celui de réveiller Keith Richards avant chaque concert, dans une période où il s’enfonçait de plus en plus dans la dope.

Elton John, perché sur le tarmac.

1977 fut la dernière année de bons et loyaux services du  Starship, avec la tournée de Led Zeppelin puis de Peter Frampton (celle de l’album « Frampton Comes Alive »).
On raconte que pour beaucoup de managers de groupes de rock le Starship était un indicateur de leur position dans le music business. Il était fréquent d’inviter des journalistes et des personnalités à bord, et tous les caprices étaient permis, comme par exemple partir manger un homard à Boston lorsqu’on est à Miami (Deep Purple).
Le Starship fut ensuite vendu à divers propriétaires, pour finir en pièces détachées en 1982. Entre-temps il y avait eu le 2e choc pétrolier: l’époque n’était plus aux tournées en super jets.
Il reste les photos et la musique de cette époque totalement déjantée.

Josh Kesselman: Rock’n Roule!

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Entrepreneur, inventeur, philantrope, le fondateur de la marque Raw Josh Kesselman est un homme au caractère aussi brûlant que les papiers qu’il vend avec succès depuis près de 20 ans. Portrait d’une rock-star de l’emballage de weed.

La première fois que j’ai vu Josh Kesselman, c’était dans une de ses vidéo de démonstration, qu’il post sur Facebook chaque semaine. J’étais persuadé qu’il s’agissait d’un “Hype man”. Ce genre de personnages qu’on retrouve dans les téléachats anglo-saxons et dont les démonstrations semblent tellement enthousiastes qu’on ne sait plus s’ils vendent une essoreuse à salade ou la pierre philosophale.
Au fur et à mesure des semaines, j’ai réalisé que cet homme à l’énergie débordante et au sourire omniprésent n’était pas un simple employé : c’était le fondateur et le président de Raw, la marque de papier à rouler la plus importante au monde.
Avec son look de rock-star (on le voit toujours affublé d’écharpe à la Keith Richards surmontée d’une coupe toute aussi inspirée du fameux Stones),  Josh est loin de ressembler à un chef d’entreprise classique.
Vegan, engagé, l’homme cultive le paradoxe en jouant au trublion hyper-actif (et tout aussi agaçant) qui vient de découvrir le mot fuck (voir notre vidéo).

Look à la Keith Richards

Sa fortune, estimée est de 42 millions de dollars, lui permet de bien s’amuser oui, mais aussi d’agir pour les autres et pour le globe.
Exemple green-bling: il roule dans la seule Ferrari dont la composition n’a pas nécessité une seule trace de produits animaux, même pour la colle utilisée (tout comme son papier à rouler).
Si il est frivole, l’homme à la Ferrari végan a aussi financé un programme humanitaire qui aura réussi a sauver 25 000 personnes de la famine en Afrique et aux Philippines.
Là où des Bill Gates ou des Elon Musk pourraient être accusé de payer moins d’impôts au travers du financement de leurs fondations, Josh n’hésite pas à mettre la main à la poche en payant ces impôts plein pot, sans en faire aucune publicité.
Dans une interview pour High Times , il clamait ce carpe diem non sans égo qui le définit aussi« Je me rappelle constamment que je n’ai qu’un nombre de jours limités avant d’être mort et enterré et je veux être légendaire ».

Descente du FBI

Ses très nombreuses innovations lui ont été inspirées par ses propres problématiques de fumeur, en commençant par son obsession pour le papier.
En 1993, il utilise toutes ses économies pour lancer sa première boutique entièrement dédiée aux consommateurs de ganja. Il vit dans l’abri de jardin d’un ami. C’est là que ses affaires commencent à décoller grâce aux ventes de papiers à rouler de bien meilleure qualité que ceux disponibles jusque lors aux États-Unis. Son truc: les faire importer aux US  par des amis en voyage.

C’est une affaire qui roule… jusqu’en 1996. Cette année là, il aura le tord de vendre un bong à la fille d’un employé du gouvernement.
Qu’importe s’il n’était pas au courant, sa boutique est détruite par des agents fédéraux armés jusqu’aux dents, qui menacent de tirer sur son chien. Les Feds lui confisqueront toute sa marchandise… Sauf ses carnets de feuilles à rouler.

Juicy Jay’s et papier de riz

La raison de la clémence des officiers de l’Oncle Sam? Au pays du dollar, le papier est sacré et quelle que soit son utilisation, on ne peut pas l’interdire.
Dans la même année, comme un pied de nez, il ouvre une boutique dédiée exclusivement à cette gamme de produits nommée “HBI” et part à Alcoy en Espagne, la mecque du papier depuis l’arrivée en Europe du tabac que l’on doit à Christophe Colomb.
Sur place, il va créer deux marques devenues cultes avec un fabriquant local : Juicy Jay’s (des feuilles aromatisées) et Element, qui produit un vecteur de combustion à la texture comparable au papier de riz.

Adoubé par Snoop Dogg

C’est grâce à sa part des bénéfices qu’il va lancer Raw en 2004 avec 1 million de dollars. Il proposera le premier papier Vegan,  non blanchi et complètement naturel (contrairement aux papiers traités à la javel ou à la craie).
Qui plus est, les feuilles à bonheur sont fabriqué à partir de fibres de chanvre qui préserve le goût de l’herbe, un must pour les puristes.
17 ans plus tard, Josh continue d’innover au gré de son inspiration et surtout de sa propre consommation. S’il a lancé le rouleau “infini” de papier à rouler, que vous pouvez couper à la longueur de votre choix, c’était avant tout pour pouvoir fumer des joints longs comme son bras.
Sa consommation légendaire, qui rivalise avec celle du grand Snoop Dogg, lui a même valu un hommage par son ami Wiz Khalifa, qui lui a dédié une chanson logiquement nommée Raw.

 Une leçon de roulage du maestro et l’accès à sa chaine Youtube démente (et interdit au moins de 18 ans) via ce lien.

Kevin Smith: Dettes, mensonges et vidéos

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Comment Kevin Smith, un geek du New Jersey, est-il devenu une icône du cinéma de genre ? Grâce à pas mal d’herbe, un peu de bluff et une relation quasi-symbiotique avec sa fan base. En passant du statut de réalisateur paumé à celui de Star indé, pour arriver à celui de magnat de la Pop culture (sans jamais lâcher son joint), Kevin Smith a changé le monde, une collaboration à la fois. Un monde plus fun, plus polémique et bien entendu plus Nerd, c’est ce que propose l’irrévérencieux trublion depuis près de 30 ans.
Portrait d’un artiste unique qui a sérieusement bousculé les conventions mainstream d’Hollywood.

Cinéma, endettement et Sundance

Kevin Smith naît dans une ville perdue du New Jersey, en 1970. Il grandit avec une passion du hockey et des comics, qu’il achète toutes les semaines avec son argent de poche.
À l’instar de Wes Anderson qui avait dépensé toute sa bourse étudiante pour tourner son premier film « Bottle Rocket » (ce qui lui valut de se faire virer de son son école de cinéma), Kevin Smith a commencé sa carrière envers et contre tous. Son premier film “Clerks” ne s’est fait que grâce à une lourde dette qu’il a accumulée à travers six cartes de crédits poussées aux limites de leurs découverts.
Comme il l’a déclaré dans l’un de ses trois podcasts hebdomadaires « j’ai atterri à Sundance en 1994 pour vendre mon film en jouant le tout pour le tout ».

Un pari risqué, qui lui a permis de se faire connaître à Hollywood, grâce à un film aux dialogues acérés, tourné en noir et blanc et basé sur sa propre lassitude du monde du travail.
Kevin est le scénariste, le réalisateur et un des acteurs du film. Il joue le muet, en duo avec son meilleur ami, le très volubile Jay.
Jay et Silent Bob sont devenus des références pour tous les stoners, deux dealers exubérants, grossiers et attachants, présents dans 5 films et dans une variété de caméos en dépit d’origines plus qu’accidentelles : « J’ai pris le rôle de Silent Bob uniquement parce que je n’arrivais pas à me souvenir du texte ».
Le film lui a ouvert les portes d’Hollywood et l’aura propulsé sur le devant d’une scène pas toujours bienveillante.

Self care et weed

Si le réalisateur a dépassé ses propres limites, c’est grâce à des rencontres, comme il le narre dans son autobiographie : « [il] a longtemps été une grosse feignasse ».
Quand il fait la connaissance de Jennifer Schwalbach Smith, sa femme depuis 1999, il est au bord de la dépression et du diabète.
Grâce à elle, il va retrouver la santé (devenant vegan au passage), un rythme de travail plus équilibré et une ganja de qualité.

L’origine de son état ? Hollywood, qui l’a sucé jusqu’à la moelle. Après avoir été menacé par Harvey Weinstein, pour qui il a refusé de travailler et avoir été viré de son projet pour un nouveau Superman avec Nicolas Cage, il a senti les limites de la notoriété et s’est recentré sur les projets qui le passionnaient… Dont le lancement d’une marque de cannabis, pour partager les meilleures variétés qu’il a découvertes dans sa quête pour une meilleure fumette.

C’est cette passion pour la weed qui l’a, de nombreuses fois, aidé à garder sa bonhomie légendaire. Dans cet esprit, il a même manifesté avec des fondamentalistes chrétiens contre son propre film, le génial Dogma sorti en 1999. À l’occasion, il a même répondu à des journalistes pour une hilarante interview. Quand on lui reparle de cette anecdote, il répond simplement qu’il était très high à ce moment là, qu’il trouvait ça drôle et qu’après tout, fondamentalistes chrétiens ou pas, il s’agissait de « gens de sa ville » ce qui les rendait attachants à ses yeux.

Restauration et NFT

Cette candeur teintée de générosité est au centre de son travail. Quand il n’est pas en train de militer pour un plus grand respect des femmes dans le monde de la BD, il lance un pop up restaurant basé sur la franchise fictionnelle Mooby, qu’on retrouve dans tous ses films depuis “Clerks 2”, afin de réconforter sa fan base en ces temps de pandémie. Les restaurants sont des sortes de “Hard Rock Cafe pour stoners”, grâce à un grand nombre de clins d’oeils, d’accessoires venus de tournages et même un soda très décontractant au CBD.
Rien d’étonnant, puisque sa propre marque de cannabis est aussi dédiée aux fans, proposant des comics aux effigies de Jay et de Silent Bob pour chaque achat d’un joint pré-roulé.
Il a d’ailleurs monté sa propre boutique de Comics, nommée « Jay and Silent Bob’s Secret Stash » dans le New Jersey.

Son dernier projet ? Vendre son prochain film d’horreur sous le format NFT, afin de rendre le pouvoir volé par les studios aux fans.
L’artiste n’est plus très fan des majors depuis le tournage de Cop Out en 2010, pour lequel il a eu à gérer la mauvaise humeur chronique de Bruce Willis prêt à tout saboter. Un cauchemar sous-payé qu’il souhaite ne jamais reproduire, même si on lui propose le poids de Snoop en Cannabis.

Quand ça tourne dans le bureau ovale.

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Sur quarante-six élus à avoir exercé la magistrature suprême, dix (sans compter Clinton) auront entretenu une liaison assumée avec le cannabis. Soit un président aux yeux rouge pour quatre locataires de la Maison Blanche. Une inclinaison pour l’herbe et ses lénifiants pour dont Vladimir Putin ferait bien de s’inspirer
Petits portraits des dirigeants  les plus détendus du monde libre.

Georges Washington

Au XVIIIème siècle, le chanvre était largement cultivé afin de produire cordes et textiles (le chanvre utilisé pour sa fibre ne contient en revanche qu’une faible quantité de THC, l’agent psychoactif). Si le premier président des États-Unis a largement incité ses concitoyens à faire pousser la plante pour sa fibre, les cultures personnelles de Georges W. étaient destinées à un tout autre usage. Le 5 mai 1765, le premier président des États-Unis notera « qu’il est nécessaire de séparer plants mâles et femelles dès que possible, afin de tirer du chanvre le meilleur profit ».  À la fin de la même année l’homme  dont ont retrouve le visage sur tous les billets de 1 dollar écrira que « le chanvre est une remarquable plante, tant pour ses applications textiles et maritimes que pour ses vertus médicinales hautement appréciables».  Un Nouveau Monde est né !

Thomas Jefferson

Avant de devenir Président, Jefferson occupait le poste d’ambassadeur des États-Unis en France.
En cette fin du XVIIIème siècle, alors que le futur chef d’Etat est encore diplomate, le tout Paris s’entiche du cannabis. Salons et clubs dédiés au haschisch fleurissent et s’installent dans les beaux quartiers de la capitale. Jefferson est immédiatement conquis par l’effet de la plante, tant et si bien qu’une fois revenu au pays, il fit venir de Chine des graines d’indica réputées pour leur puissance psychotrope. Le co-rédacteur de la Déclaration d’Indépendance écrira au sujet de ses stupéfiantes habitudes que  « Certaines de mes meilleures heures ont été passées assis sur ma véranda arrière, fumant du chanvre et observant à perte de vue. » Dude présidentiel.

James Madison

Le père et co-rédacteur de la Constitution des US a régulièrement soutenu que c’est un beau soir de juillet qu’il avait soudainement eu  « l’inspiration et la perspicacité » de concevoir et rédiger les bases du texte fondateur de la démocratie américaine. Wikileaf précise à cet effet que « il est probable que le président Madison se réfère à une variété de cannabis récréatif très prisée par les premiers colons. » Et tout porte à croire que la partie «perspicacité» » dont il fait mention, lorsqu’il rédigeât une grande partie de la constitution, fait référence aux propriétés psychotropes de la belle plante.

James Monroe

France encore. Dans le pays de toutes les tentations, le futur président James Monroe qui fut (comme Jefferson) ambassadeur des États-Unis en France, s’est adonné à Paris (encore comme Jefferson) aux plaisirs du haschisch.  De retour aux États-Unis,  le  premier chef d’Etat du Nouveau Monde à avoir pris parti contre l’esclavagisme continuera de consommer du haschisch régulièrement, et ce jusqu’à sa mort à 74 ans.

Andrew Jackson

Le célèbre général de l’armée américaine et président Andrew Jackson consignait régulièrement dans son journal fumer du cannabis avec ses troupes. « Pour apaiser ma conscience comme celle de mes hommes après l’horreur du combat ». (durant les peu glorieuses guerres amérindiennes du Mississippi). Une intuitive initiative tant il est désormais prouvé que le cannabis est un très bon traitement contre la douleur les angoisses post-traumatique.

Zachary Taylor

À l’instar de Jackson, le 12e président américain fumait de la marijuana avec ses officiers et soldats. Toujours à l’instar de Jackson, le chef de l’exécutif avait souligné les avantages thérapeutiques de mère ganja, remarques scrupuleusement notées dans son journal. Il fut emporté par le choléra après seulement un an et quatre mois de présidence.

Franklin Pierce

L’un des trois militaires de cette liste à devenir président. L’un des trois présidents issus de l’école la plus stricte qui soit; l’armée. Et pourtant, tout comme ses illustres prédécesseurs Jackson et Taylor, le président Pierce aimait tâter du pétard autour du feu avec ses troupes, durant la guerre américano-mexicaine.  Dans une lettre à sa famille, Franklin Pierce écrira que fumer de la weed était «à peu près la seule bonne chose à faire dans cette guerre ».  Les G.I envoyés au front pendant la guerre du Viet Nam suivront le conseil.

 

John F. Kennedy

JFK a utilisé la marijuana pour traiter de sévères douleurs au dos. Selon nombre de témoignages écrits, dont celui de Michael Meagher qui dans «John F. Kennedy: A Biography», décrit une scène à la Maison Blanche: «Le 16 juillet au soir, Jim Truitt, Kennedy et Mary Meyer ont fumé de la marijuana ensemble. … Le président a fumé trois des six joints que Mary lui a apportés. Au début, il ne ressentait aucun effet. Puis il ferma les yeux et refusa un quatrième joint.  » « Peut-être pas une bonne idée… supposons que les Russes fassent quelque chose maintenant ».

Bill Clinton

Sacré Bill, jamais avare de quelque étonnante pirouette sémantique ( voir son témoignage devant le congrès à la suite de l’affaire Lewinski). En 1992, au sujet de sa consommation de marijuana  le 42e président américain declarera: «Quand j’étais en Angleterre, j’ai expérimenté la marijuana une ou deux fois. Mais je n’ai jamais inhalé la fumée parce que je n’aimais pas. ». Une rhétorique d’avocat dans toute sa superbe: effectivement, Clinton dit vrai comme le confirmera Christopher Hitchens, un de ses amis étudiants à Oxford de l’époque : « Bill ne fumait pas. Il n’aimait pas la fumée. Mais les space cakes en revanche, oh oui ! ».
Son compagnon d’études précisera :  « Bill, il était très brownies chocolat-pécan au beurre de cannabis. Ça, oui, il aimait beaucoup. Mais effectivement, il ne les inhalait pas. »

 

George W. Bush

Le successeur de Bill, nettement plus candide, est connu pour avoir dans sa jeunesse abusé de l’alcool et des excitants colombien, travers  qu’il a à plusieurs reprises admis. Maias curieusement, Georges W. esquivait toute question concernant sa consommation de weed. Un soucis de discrétion vite balayé par le naturel de Junior qui en 2010 confessera à son biographe Douglas Wead (oui, à prononcer comme «weed») «Je ne répondrais pas aux questions sur la marijuana. Tu sais pourquoi? Parce que je ne veux pas qu’un petit enfant fasse ce que j’ai essayé ». Douglas Wead fera évidemment mention de cette phrase dans le livre…

Barack Obama

Le président qui aura sans aucun doute le plus œuvré pour la dépénalisation et légalisation du cannabis a évoqué sans tabou sa consommation de weed dans ses vertes années, taclant gentiment  à Bill Clinton au passage «Quand j’étais plus jeune, je fumais. Et oui… j’inhalais. C’est comme ça que ça marche, non ? » (en 2008, lors de sa course à la présidence). Pendant son mandat  et de façon précise : «  Oui, j’ai fumé de l’herbe quand j’étais jeune, et oui, je considère ça comme une mauvaise habitude. Un léger vice ? Peut-être. Mais pas différent de celui des cigarettes que j’ai fumé gamin. Et je ne crois pas que cela soit plus dangereux que l’alcool » Enfin, en saluant  la  décision du Colorado et de l’État de Washington de légaliser la ganja il ajoutera : « Il est important pour une société de ne pas avoir une situation dans laquelle une grande partie des gens ont à un moment ou un autre enfreint la loi et dont seulement une petite partie soit punie pour cela. ».

Quant à Donald J. Trump, il est farouchement contre et a toujours soutenu n’avoir jamais tâter du pétard.  Un hermétisme aux vertus apaisantes de la belle plante (nous parlons de weed, pas de Melania) qui pourrait expliquer le troublant comportement de l’ex-locataire de la Maison Blanche.

Enfin, si Joe Biden n’a pas exactement le profil d’un grand enthousiaste de l’herbe (et ce malgré une propension à la lenteur qu’aucun sofa-stoner ne pourrait lui envier) il n’a pas encore déclaré sa flamme pour l’herbe. Gageons que quatre ans à la tête du pays de tous les possibles auront raison de ses sobres convictions.

Me Myself & High : 15 personnalités françaises déclarent leur flamme pour le cannabis.

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Tiré du podcast culte « Banana Kush »,  Me Myself & High aborde le cannabis d’une façon aussi originale que cocasse. Au travers des témoignages de 15 personnalités qui parlent sans filtre de la belle plante, Me, Myself & High pose un regard inédit sur l’herbe magique … et ses illustres aficionados.

En 2018, Christophe Payet et Camille Diao créent le podcast « Banana Kush » avec une idée géniale : aller à la rencontre de people amateurs de Ganja et les interroger sur leur relation avec cette dernière.


De Frédéric Beigbeder à Lio, de Sébastien Tellier à Jan Kounen en passant par Manu Payet ou Benoît Hamon, ce ne sont pas moins de 15 VIP de la verte qui se livrent au micro de Banana Kush pour nous dire tout le bien (et parfois le mal) qu’ils pensent du gazon hilarant.

Parmi les innombrables bonnes feuilles du livre, trois tirades récoltées auprès de la première tête apparue dans le podcast : Mathieu Kassovitz.
« J’ai trouvé quelque chose qui m’allait bien, avec lequel je pouvais continuer à être productif et qui m’aide à accepter un peu mieux le monde qui m’entoure »/« Je vous garanti que tous les acteurs fument. Tout le monde fume »/« Mes dealers sont des connaisseurs qui sont aussi pointus qu’un bon oenologue ».

Pour la gourmande Lio « les space cake, c’est ce qu’il y a de mieux pour rigoler ». L’interprète du bien nommé Banana Split nous apprendra aussi que la cuisinière de Coluche préparait « les space cake les plus dingues ».

« Le cul de la vieille », (la fin du joint en argot) revient à la talentueuse et intemporelle Liliane Rouvère, qui du haut de ses 87 printemps nous rappelle avec sagesse « qu’il ne faut pas être goulu. Il faut toucher aux choses raisonnablement, dans la mesure où c’est adéquate. Adéquate, c’est un grand mot pour moi ».
Les 256 pages de « Me, Myself & High », elles, se consomment sans modération.

Tous les épisodes de Banana Kush sont disponibles sur le site Zeweed.

Me Mysel and High,
Par Camille Diao et Christophe Payet
Nique, les éditions,
256 pages
19.90€
Dans toutes les bonnes librairies et sur Amazon via ce lien: 

Cypress Hill: pour l’amour des vers et de la verte

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Parmi les poids lourds du rap qui ont fait de l’herbe un fond de commerce, il y a bien entendu A$AP Rocky, Wiz Kalifa ou Jay-Z. Mais chez les anciens du flow fumant, à part Snoop , une seule formation fait encore référence : Cypress Hill. Soit l’aventure de quatre lascars qui après 30 ans de carrière n’ont rien perdu de leur incandescente passion pour la weed. Portrait de groupe.

Peu de chansons provoquent autant d’excitation qu’Insane in the Brain, un hit écrit en trois heures, lors d’une session enfumée du groupe Cypress Hill.
Ils sont de véritables pionniers du style West Coast, de grands militants pour la légalisation du cannabis médical et ils sont les premiers artistes de hip-hop à se voir dédier une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.
Loin d’avoir été simplement inspirés par le cannabis, ils ont changé le monde à grands coups de rap et de joints.

Straight Outta South Gate

Si vous avez grandi lors des années 90, il vous paraît probablement normal d’entendre des rappeurs vanter les vertus du chanvre. Et pourtant, jusqu’en 1991, c’était loin d’être le cas.
C’est l’année de la sortie de Cypress Hill, l’album éponyme du groupe qui est le premier du monde du rap mainstream à ouvertement prôner la consommation de la ganja.
Alors que les radios sont saturées de rap sur le sexe et les fusillades, il prônent la paix et les gros pilons, un an avant The Chronic de Snoop Dogg. Un album produit par Dr Dre, qui affirmait en 1988 que la plante “pourrissait le cerveau” dans Express yourself.

À la sortie des années de la guerre contre les drogues, lancée par Reagan et la classification du cannabis comme une drogue de catégorie 1 (au même titre que l’héroïne). Inspirés par les humoristes hippies Cheech et Chong, les rappeurs se sont donnés comme mission de ramener le fun dans le débat autour du Cannabis. Une plante qui est à l’origine de leur plus grand hit mais aussi de leur formation.

Leur nom vient d’une rue dans South Gate, un quartier latino de Los Angeles dans lequel B-real et Sen Dog, les deux rappeurs originels du groupe se retrouvaient pour fumer.
C’est en rencontrant le fameux DJ Muggs (qui est aussi connu pour avoir travaillé avec les Beastie Boys ou pour le hit Jump around de House of Pain), que le groupe trouve leur son.
Le batteur Eric Bobo, qui les rejoint plus tard en 1995, est d’ailleurs un ami du DJ qui jouait jusque-là avec les Beastie Boys, connus eux aussi pour leur consommation.

En 1993, ils sortent Black Sunday, qui comprend le fameux Insane in the brain et ils enchaînent sur 4 albums devenus cultes, remplis de nombreux hymnes verts. Vous faire la liste de leurs chansons dédiées à la plante prendrait le reste de cet article, mais nous vous recommandons ce medley, contenant toutes les chansons les plus fumeuses du groupe (tourné en 360 degrés, comme si vous y étiez).

Fait notable, en revanche, cet album était fourni avec une liste de 13 vérités méconnues et érudites sur la plante, écrite par Jack Herer et republiée dans High Times, lors d’un partenariat.

La récolte miraculeuse

Même si on pourrait longuement parler du reste de leur illustre carrière — notamment une collaboration avec Sonic Youth pour la B.O de I love you Mary Jane —  il est plus intéressant de parler de l’empire cannabique qu’ils ont pu monter, grâce à leur grande crédibilité dans le milieu, depuis le début de la légalisation aux U.S. en 1996.
Parmi leurs réussites on peut citer The Smokebox (l’aquarium), une émission d’interviews lancée par B-real dans une voiture non climatisée. Un format très divertissant et qui réunit tout le gratin du monde du Rap.

B-real a par ailleurs monté un dispensaire, cofinancé par ses camarades, sous le nom de son alter-ego Dr Greenthumb, qui propose, selon un client très satisfait, “toutes les weeds les plus raffinées – et les plus chères – de Californie”. On peut évidemment y retrouver toutes celles lancées par son compère Sen Dog, avec sa marque Hill house et les friandises de la marque de chocolat enrichie au THC de la marque Bhang, dont DJ Muggs est le directeur créatif.
Enfin, tout comme leur ami Jack Herer, ils ont eu les honneurs d’avoir leur propre variété lancée par la Humboldt seed organisation.
Certes, c’est la consécration ultime, mais ce n’est en rien suffisant pour ruiner leur cool légendaire pour le flamboyant quatuor toujours en tournée (des salles) et dont chaque show se termine dans

Jerry Rubin, Yippie Manifeste.

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« Une société qui abolit toute aventure fait de l’abolition de cette société la seule aventure possible » professait Jerry Rubin dans son manifeste révolutionnaire. Un concept qui résume parfaitement la philosophie Yippie, ce mélange de culture Hippie, anar’ et communiste. Portrait d’un militant flower power (to the people).

Un personnage intéressant ce Jerry Rubin. D’origine américaine il s’engage très tôt dans le combat pour les droits des Afro-Américains et fonde peu après le VDC (Vietnam Day Committee). En 1966, il organise les premières manifestations contre la guerre au Vietnam.

La postérité, il la rencontrera un an après avoir fondé le mouvement Yippie (Youth International Party) avec son ami Abbie Hoffman. L’initiative étudiante et contestataire née sur le campus de Berkley  va se retrouver au centre de la grande affaire de ce Summer of Love.
Ce sera le procès des « Chicago 7 » (immortalisé dernièrement par un film éponyme disponible sur Netflix), durant lequel Rubin, Hoffman et cinq autres activistes vont se retrouver sur le banc des accusés, inculpés de conspiration et d’ incitation à l’émeute. Après plusieurs jours d’un procès haut en couleurs, ils seront libérés.

Sacha Baron Cohen en Abbie Hoffman, Jeremy Strong en Jerry Rubin (The Trial of the Chicago 7)

Favorable à une dépénalisation du cannabis, son mouvement organise les premiers Smoke-In (l’équivalent du sit-in, mais en décollant) sur les marches du Pentagone, et en pleine révolution psychédélique, Robin propose de verser un peu de LSD dans les canalisations d’eau des grandes villes… Son livre Do it !(sous-titré Scénarios de la Révolution) est précédé d’un introduction d’Eldridge Cleaver, un militant Black Panther qui s’était présenté aux présidentielles de 1968, on le cite : «Je me joins à Jerry autour du désir absolu de détruire l’ordre social existant aux Etats-Unis d’Amérique. »

Le drapeau officiel des Yippies. Fond noir, étoile rouge et feuille de Ganja: l’ambiance est donnée.

C’est pourtant ce même homme qui reniera son passé révolutionnaire pour se lancer dans de profitables opérations boursières, qui lui vaudront la haine fratricide de son ami Abbie Hoffman (qui se suicidera en 1989) avant de mourir écrasé  par une voiture alors qu’il traversait la rue pour rejoindre une femme, hors des clous…
Et si l’on est fantasque, on peut s’autoriser à penser qu’elle lui vaudront aussi la note poétique de sa mort.

Le révolutionnaire, look de Rock Star échappée de Woodstock

Entre les lignes de son œuvre, se glisse une poésie lumineuse, une agilité des mots qui fait danser ses propos même les plus venimeux, parmi ces phrases qui restent en l’air on compte : « l’herbe voyage à travers une chambre comme un baiser sans cesse en mouvement », ou « la marijuana est le théâtre des rues de l’esprit », ou encore « l’école fait de nous des cyniques. Le hash fait de nous des rêveurs ». Mais il s’en dégage aussi une conviction voire une promesse de violence qui semble une fleur de rage dans un champ de belles paroles : « Légalisez la marijuana, la société se déglinguera. Continuez à l’interdire, vous aurez bientôt une révolution. »
Chiche?

Seth Rogen, Hollywood Dude

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A 39 ans (dont 26 de carrière), Seth Rogen est devenu un étendard de la pop-culture et des ganja lover, le tout avec une coolitude qui ne laisserait en rien deviner qu’il pèse 80 millions de dollars.
Acteur, producteur, scénariste, entrepreneur et céramiste confirmé, le canadien est à lui seul une promo pour la légalisation, tant ce stoner de premier rang cumule les succès (entre deux tafs), clamant à tous son amour de la weed. Portrait du stakhanoviste le plus relax de la planète.

Certaines personnes ont bien vécu la pandémie. A l’instar de  Seth Rogen qui est de son propre aveu, “confiné depuis 2009”. Une blague qu’il a lancée sur le plateau de Jimmy Kimmel en avril et que son partenaire d’écriture Evan Goldberg confirme : “C’est probablement une des seules personnes contentes d’être forcée de rester en intérieur”. Car Seth Rogen n’aime pas sortir, le glamour et les paillettes. Ce qu’il aime c’est faire rire, divertir, rester dans son canapé avec sa femme et son chien en fumant des joints grands comme des bras. Avec Goldberg,  ils ont fondé l’entreprise de production et distribution de cannabis Houseplant, nommée ainsi en hommage à sa philosophie. Et le succès est encore au rendez-vous.

Premiers stand-up dans un bar lesbien

Il a commencé par du stand-up dans un bar lesbien, à l’âge de treize ans, qui lui a valu un chapeau rempli de pourboires : « Apparemment elles aimaient bien les blagues de juif” balance-t-il sur le plateau de The Ellen Show, évitant de trop parler de son mariage furtif avec une réalisatrice, en 2012.
C’est la même année qu’il fume son premier joint dans une allée de son quartier, à force d’insistance il parvient à convaincre son meilleur ami Evan de tester 2 ans plus tard.
Seth se moque gentiment de son ami en racontant qu’il a vomi sa première fois et que c’est ça le but de leur marque: que personne n’ait à commencer avec leur première fois dans une allée ou dans une fête miteuse. Le but d’Houseplant c’est le cannabis rendu accessible et sain. Une envie qui est illustrée par leurs emballages réutilisables et facilement identifiables pour savoir en un instant si on fume de l’indica avec son emballage orange ou de la sativa en magenta.
Notre recommandation? De la Pineapple express bien sûr, nommée après sa géniale comédie d’action dans laquelle une weed légendaire à l’origine d’une course poursuite démentielle avec son ami James Franco.

Les copains d’abord

Le secret de son succès, c’est énormément de second degré et un ancrage qu’il doit à sa bande de potes à l’image du casting de This is the end, un film qu’il a coécrit avec Evan et qu’il a réalisé. Sa bande (James Franco, Jonah Hill et Justin Long et bien d’autres) et lui affrontent dans le film l’apocalypse, ce qui fait ressortir leurs propres rivalités.
En réalité, Seth Rogen leur est resté très loyal à cette équipe qui est à l’origine de pas mal de projets à lui.
« Je voulais surtout faire un film avec mes potes… et le film est parti d’une session de fumette entre amis. »

C’est suite du diagnostic d’Alzheimer de sa belle-mère qu’il a monté le festival humoristique Hilarity for charity qui a eu droit à un spécial sur Netflix et… Un Carnaval cannabique réservé aux plus de 18 ans dans le New Jersey.
Vous pouvez les voir ici parler avec sa femme et lui parler de leur engagement pour cette cause mais surtout de leur consommation sur une semaine, de quoi coucher Snoop? Non mais de quoi coucher toute la rédaction de Zeweed devant des cartoons pour un après midi.

No compromise

Cet homme – qui a révolutionné le cinéma d’animation pour adultes (avec Sausage Party qu’il a conçu), la série de Super-héros (avec The Boys qu’il a produit) et la religion (avec l’incroyable série Preacher, qu’il a développé) – a fait tout cela de son propre aveu, simplement parce que ça l’amusait.
Qu’importe les haters ou son image, il fait ce qui lui plaît et il s’attaque régulièrement à la politique anti drogue fédérale “raciste” de l’état américain. « Une politique qui sert à enfermer des personnes de couleurs depuis des décennies” selon lui.
Le Cannabis fait partie de sa vie, il veut tout simplement partager son amour pour la plante: “Tous les matins, je fume un joint avec mon café et je continue à fumer jusqu’à aller me coucher. Parfois, je me réveille la nuit pour fumer plus« , confie-t-il au New York Times en interview, entre deux histoires sur des céramiques qu’il se plaît à réaliser.
Houseplant a d’ailleurs lancé une collection de cendriers inspirés par ceux fabriqués par Seth à ses débuts qui “sont parfait pour une session fumette et pour tenir même les plus gros joints”.
Un passe-temps méditatif qui lui correspond bien et qu’il pratique sur chaque tournage, le dernier en date   « Pam& Tommy », (qui retrace l’histoire derrière le  scandale de la sex tape du batteur de Motley Crüe Tommy Lee et de la Baywatch babe Pamela Anderson) n’a pas échappé à la règle au plus grand bonheur de 12 membres de l’équipe de tournage qui se sont vu offerts un cendrier « made by Seth« .  Awesome attitude, dude!

 

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