Josh Kesselman rachète High Times pour 3,5 millions de dollars

Hightimes, le « stoner mag » emblématique des années 70 fait son retour. Après des années de dérive éditoriale, la légendaire publication de la contre culture pro-cannabis renaît de ses cendres sous l’impulsion de Josh Kesselman, fondateur de l’empire Raw,  connu pour ses feuilles à rouler brunes et les frasques de son CEO. Objectif affiché de Kesselman: redonner à la revue son ADN disruptif, loin des guides cadeaux et des publi-rédactionnels déguisés en articles.

RAW power 

Le magazine High Times, emblème de la contre-culture cannabique, vient de changer de main. Pour 3,5 millions de dollars, Josh Kesselman, fondateur de la marque RAW, s’est offert ce monument underground dont il était lui-même lecteur dans les années 1980. Il entend ressusciter l’esprit rebelle qui a fait la renommée du journal fondé en 1974 — à l’époque où ses pages accueillaient des signatures comme William S. Burroughs ou Charles Bukowski, et où ses couvertures arboraient Bob Marley ou Andy Warhol.
Depuis son rachat par un fonds d’investissement en 2017, High Times avait perdu de sa superbe. Exit les récits de contrebande ou les enquêtes acides, place aux tops « des meilleurs accessoires cannabis » et aux conseils de consommation. Mais après la défaillance financière de la maison mère, Hightimes Holding Corporation, le magazine avait été saisi par un créancier et mis en vente. Le numéro de septembre 2023 devait être le dernier.

Retour aux sources

Pour Kesselman, 54 ans, cette acquisition est une affaire de cœur plus que de business : « Ce n’est pas une opération pour faire de l’argent. Le but est de redonner à High Times ce qu’il représentait. » Ce qu’il représentait ? Une fenêtre vers un autre monde, plus libre, plus audacieux. « Découvrir High Times, c’était comme ouvrir une porte vers un univers que je ne soupçonnais même pas. »
Créée en 2005, sa marque RAW est aujourd’hui omniprésente dans les stations-service et les smoke shops du monde entier. Son chiffre d’affaires mondial avoisinerait le milliard de dollars, selon une porte-parole.
Avec son partenaire Matt Stang, ancien copropriétaire du magazine, Kesselman prévoit un retour à un format plus exigeant : éditions papier limitées et collectables, mais aussi déclinaisons numériques — podcasts, documentaires, vidéos courtes.

Cannabis Cup revival

Autre promesse phare : le retour de la Cannabis Cup, concours mythique lancé en 1988, où un jury international déguste et évalue les meilleures variétés de weed. Un événement qui, comme le magazine, mêle connaissance, expérimentation et communion d’esprit.
Pour Kesselman, il ne s’agit pas seulement de remettre la plante à l’honneur, mais aussi de recréer un espace de réflexion, de débat et de liberté. « High Times a toujours été un combat pour la liberté, pas seulement pour la plante, mais pour l’esprit même de ce que doit être un média libre. »

ZEWEED avec le New-York Times et myheraldreview.com

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Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

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