Histoire du cannabis en Chine.

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La Chine est en pleine évolution. Véritable moteur économique mondial, elle fournit le monde en CBD mais durcit le traitement de ceux qui consomment du cannabis dans ses frontières. Une position inédite dans le monde.  Petit panorama du lien entre le pays de Mao et la plante de Bob.

Le Cannabis est une plante interdite en Chine depuis 1985. Une décision prise par le gouvernement communiste, 9 ans après la fin de la  révolution culturelle en 1976. À la manière de leurs voisins russes, c’est avant tout dans un souci de contrôle de la population et en particulier des jeunes que l’interdiction est mise en place : les drogues sont considérées comme sources d’incivilités et de chaos.

Cela s’est fait en dépit d’une très longue histoire du pays avec la plante.  En reculant dans le temps, la plante verte fut utilisée par des moines taoïstes pour des rituels “purifiants” dès le 4e siècle, bien conscients des effets psychotropes, ils expliquent qu’il est possible de l’utiliser pour communier avec les immortels (les 8 divinités du Taoïsme). Une sorte de solution “de remplacement” par les moines pour ceux qui ne peuvent pas se rendre dans les montagnes

8 divinités du Taoïsme

La Chine est d’ailleurs  le pays qui détient la plus ancienne référence de l’histoire à propos du cannabis.
Des textes médicaux utilisent le terme “ma” qui équivaut à amer en mandarin ( 2700 ans av. J.-C.) pour en faire la description. Pendant de très nombreux siècles, le chanvre sert en Chine pour le textile, pour faire du papier et pour la médecine traditionnelle.

En 1998 les champs de chanvre de la province du Yunnan, la plus grande région agricole pour la plante, sont expurgés par les forces de l’état. Une répression dut au relâchement des producteurs qui faiblissent leurs activités depuis déjà deux ans. Deux provinces auront alors la possibilité de demander à l’État une autorisation exceptionnelle pour poursuivre leur travail dans les champs de chanvre et pour cultiver des plants de cannabis avec toutefois, une très légère concentration en THC.

Depuis, les provinces d’Heilongjiang et du Yunnan ont produit 13 tonnes de Cannabis en 2019 (la plupart utilisées pour le textile).
Si la consommation du produit est formellement interdite, l’export est une des priorités du gouvernement qui s’intéresse ,de près, au potentiel économique du marché.
Un des plus grands producteurs de CBD chinois, Pan Zongbing, s’est installé dans la région du Yunnan en 2011. Après une longue période de mise en place (puisqu’il a fallu partir de zéro), les deux usines de Pan produisent dorénavant  4 tonnes de CBD par an (pour une valeur supérieure à 20 millions de dollars). L’énorme majorité de ses produits partent ensuite à destination des États-Unis et du Canada. Pan a pour ambition d’ouvrir une troisième usine et de quadrupler sa production pour lui faire atteindre 17 tonnes par an. 

Un nombre de plus en plus important d’utilisateurs chinois prônent les atouts médicaux du CBD qu’ils commandent via des sites américains ou européens. Une exposition qui vient en grande partie de l’ouverture des frontières. Les jeunes Chinois qui voyagent à l’étranger sont « corrompus » par les Occidentaux qu’ils fréquentent, et ne perçoivent pas « les dangers » du Cannabis. C’est le message officiel de prévention.

Si une autorisation du Cannabis en tant que telle est impossible, le Business Insider et le Wall street journal évoquent une possible ouverture au “marché bien-être” cher aux jeunes actifs. Après tout, sans effet psychotrope, la substance ne représente pas une menace et elle fait indéniablement partie du patrimoine médical chinois.

 

Mike Teeve

 

Mike Teeve

Collaborateur mystérieux à la plume acérée et a l'humour noir, Mike est notre spécialiste de la pop culture. La rumeur raconte qu'un agité bien connu des francophones se cacherait derrière ce pseudo.

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