France : les buralistes se voient déjà en débitants de Ganja.

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En 20 ans, le nombre de fumeurs en France a diminué de moitié. Face à cette crise et après avoir raté le coche des vapoteuses, les buralistes comptent désormais sur le cannabis bien-être et récréatif pour faire un tabac.

« Nous sommes pour le cannabis récréatif s’il est réglementé. Et nous sommes prêts à en commercialiser dans nos bureaux de tabac (…) Si le législateur l’officialise (la vente de cannabis NDLR), nous aurons le meilleur réseau encadré et contrôlé pour le distribuer ». Un plan de relance sans ambiguïté que Philippe Coy, président de la confédération des buralistes (CdB), avait dévoilé en 2018 dans une interview accordée à Libération.

Une volonté de placer le réseau à la carotte rouge en distributeur officiel de weed confirmée par l’intéressé dans les colonnes du magazine spécialisé « Cession Commerce », où le jeune président de la CdB avait appuyé son propos : « Si le législateur l’officialise, nous avons le meilleur réseau encadré et contrôlé pour le distribuer ».

Un virage -que d’aucuns pourraient juger d’opportunistes- qui tient plus de la survie pour les 5240 débitants de nicotine que compte la France (contre 12000 en 1999) que de l’âpreté au gain.

La politique anti-cancer lancée en 2003 sous le gouvernement Raffarin ayant porté ces fruits (entre campagnes de prévention et prix du paquet de cigarettes qui flambe, ce ne sont pas moins de 12 millions de consommateurs qui ont renoncé au tabac en 20 ans), les buralistes n’ayant pas fermé boutique ont du repenser leur offre et positionnement, avec cette fois-ci un peu plus de jugeote qu’en 2008.

Cette année-là, alors que la planète se met à vapoter et que les fumeurs retrouvent un second souffle avec la cigarette électronique, les buralistes refusent tout bonnement de vendre des vapoteuses et e-liquides, partant du postulat que « c’est n’est pas dans notre ADN de vendre ce genre de substituts ».
Mauvaise pioche : les boutiques indépendantes d’e-cigarettes fleurissent aussi vite que se fanent les finances des bureaux de tabac. Pour combler le manque à gagner, les buralistes obtiennent de l’État l’autorisation de vendre jeux de la FDJ, presse, timbres et tickets de transport en commun.

Un coup de pouce qui ne sauve pas la profession, qui, malgré une aide de l’État de 20 millions d’euros en 2018 (soit 33.000 euros alloués à chaque bureau de tabac pour qu’il se « modernise »), continue de sombrer.

Alors que la légalisation se profile et s’impose comme une donne inéluctable en Europe, Philippe Coy, qui a vu la profession rater le train de la vapoteuse, ne compte pas rater celui du cannabis, bien-être comme récréatif. « Nous sommes prêts à commercialiser tous les produits légaux que l’État nous octroiera », confiait le président des buralistes à la Nouvelle République hier. Avant de conclure « Je veux que l’on devienne des drugstores du quotidien ». C’est tout le bien que l’on vous souhaite.

 

Alexis

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en est aujourd'hui le rédacteur en chef.

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