Légalisation

Jerry Rubin, Yippie Manifeste.

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« Une société qui abolit toute aventure fait de l’abolition de cette société la seule aventure possible » professait Jerry Rubin dans son manifeste révolutionnaire. Un concept qui résume parfaitement la philosophie Yippie, ce mélange de culture Hippie, anar’ et communiste. Portrait d’un militant flower power (to the people).

Un personnage intéressant ce Jerry Rubin. D’origine américaine il s’engage très tôt dans le combat pour les droits des Afro-Américains et fonde peu après le VDC (Vietnam Day Committee). En 1966, il organise les premières manifestations contre la guerre au Vietnam.

La postérité, il la rencontrera un an après avoir fondé le mouvement Yippie (Youth International Party) avec son ami Abbie Hoffman. L’initiative étudiante et contestataire née sur le campus de Berkley  va se retrouver au centre de la grande affaire de ce Summer of Love.
Ce sera le procès des « Chicago 7 » (immortalisé dernièrement par un film éponyme disponible sur Netflix), durant lequel Rubin, Hoffman et cinq autres activistes vont se retrouver sur le banc des accusés, inculpés de conspiration et d’ incitation à l’émeute. Après plusieurs jours d’un procès haut en couleurs, ils seront libérés.

Sacha Baron Cohen en Abbie Hoffman, Jeremy Strong en Jerry Rubin (The Trial of the Chicago 7)

Favorable à une dépénalisation du cannabis, son mouvement organise les premiers Smoke-In (l’équivalent du sit-in, mais en décollant) sur les marches du Pentagone, et en pleine révolution psychédélique, Robin propose de verser un peu de LSD dans les canalisations d’eau des grandes villes… Son livre Do it !(sous-titré Scénarios de la Révolution) est précédé d’un introduction d’Eldridge Cleaver, un militant Black Panther qui s’était présenté aux présidentielles de 1968, on le cite : «Je me joins à Jerry autour du désir absolu de détruire l’ordre social existant aux Etats-Unis d’Amérique. »

Le drapeau officiel des Yippies. Fond noir, étoile rouge et feuille de Ganja: l’ambiance est donnée.

C’est pourtant ce même homme qui reniera son passé révolutionnaire pour se lancer dans de profitables opérations boursières, qui lui vaudront la haine fratricide de son ami Abbie Hoffman (qui se suicidera en 1989) avant de mourir écrasé  par une voiture alors qu’il traversait la rue pour rejoindre une femme, hors des clous…
Et si l’on est fantasque, on peut s’autoriser à penser qu’elle lui vaudront aussi la note poétique de sa mort.

Le révolutionnaire, look de Rock Star échappée de Woodstock

Entre les lignes de son œuvre, se glisse une poésie lumineuse, une agilité des mots qui fait danser ses propos même les plus venimeux, parmi ces phrases qui restent en l’air on compte : « l’herbe voyage à travers une chambre comme un baiser sans cesse en mouvement », ou « la marijuana est le théâtre des rues de l’esprit », ou encore « l’école fait de nous des cyniques. Le hash fait de nous des rêveurs ». Mais il s’en dégage aussi une conviction voire une promesse de violence qui semble une fleur de rage dans un champ de belles paroles : « Légalisez la marijuana, la société se déglinguera. Continuez à l’interdire, vous aurez bientôt une révolution. »
Chiche?

90 ans de prohibition en 11 affiches.

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Les concepteurs-rédacteurs n’auront jamais manqué de créativité pour trouver des accroches mémorables, y compris lors de campagnes contre le cannabis. Zeweed a retrouvé pour vous quelques perles des campagnes anti-ganja menées depuis 1932.

Jack Herer, l’homme qui voulait chanvrer le monde.

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Si vous êtes un ganja aficionado, vous avez probablement déjà gouté à la fameuse Jack Herer.
Vainqueur de la High Times Cannabis Cup 95’, cette variété de cannabis à dominante sativa est une référence particulièrement appréciée des consommateurs pour son côté ultra-tonique et cérébrale. Mais au fait, c’est qui, ce Jack Herer ?
Portrait d’un activiste écologique qui voyait en la belle plante le salut de l’homme.

L’histoire de la légalisation du cannabis dans le monde a été marquée par quelques personnalités extrêmement fortes. Leur principal point commun ? Un humanisme certain, empreint d’empathie et de créativité.
Si le premier dispensaire a vu le jour grâce aux actions de  militants pro-LGBT, et que des breeders comme Arjan Roskam ont révolutionnés le marché de la weed, c’est à Jack Herer que l’on doit la première encyclopédie du cannabis.

Et pourtant, rien ne prédestinait Jack “L’Hemperor” à devenir l’empereur du chanvre. Né à Buffalo, New York, en 1939, issu d’une famille très conservatrice, il s’engage à 17 ans dans l’armée pour 3 ans avant de fonder une famille dans un esprit des plus conservateur et républicain.
Alors que la guerre du Vietnam éclate, il admet qu’à l’époque il était “persuadé que (les américains) étaient toujours les gentils”.
Un jour, sa nouvelle petite amie lui fait tester la belle plante, celle-là même  que la propagande d’état dénonçait avec acharnement… et c’est la révélation pour Jack!

Jack the « Hemperor »

Il découvre des choses qu’il n’avait jamais ressenties, une paix et une curiosité nouvelle. C’est à ce moment-là que le désir de partager son expérience avec le monde naît en lui. En 1973, il monte un magazine underground dédié au cannabis : “Grass”, qui devient culte dans les milieux branchés. Toujours en 73, il ouvre un des premiers Headshop américains (une boutique qui vend bongs, pipes, vaporizers et autre vecteurs de combustion cannabique).

Ce revirement assez extrême n’est en réalité que le début de son parcours de combattant; à travers ses recherches, il réalise le potentiel écologique et la réalité ethnologique du chanvre, une plante qui suit l’humanité depuis plusieurs millénaires :« Il n’y a qu’une seule ressource naturelle et renouvelable qui est capable de fournir la totalité du papier et des textiles sur la planète ; répondant à tous nos besoins en termes de transport, d’industrie et d’énergie, tout en réduisant simultanément la pollution, en reconstruisant le sol, tout en nettoyant l’atmosphère… Et cette ressource est – la même qui était utilisée à cet effet auparavant – le cannabis, le chanvre, la marijuana ! » professait-il déjà.

Jack Herer (à droite) et Redman, la fine fleur de la weed

Pour Jack, le chanvre est la réponse à la crise des énergies fossiles, à la déforestation et à l’arrêt de la surproduction polluante. Dans cette optique, il crée le HEMP (Help End Marijuana Prohibition), multiplie les conférences et parcourt le pays pour propager la bonne parole, tout en accumulant les ressources documentaires.
En 1985, c’est la sortie de son chef d’oeuvre “The Emperor Wears No Clothes” ou “L’Empereur nu” en français, qui compile l’intégralité de ses connaissances sur le sujet du cannabis.
Le livre est un énorme succès littéraire, c’est une véritable bible d’informations vertes, qui sera même mise à jour une dizaine de fois, jusqu’à la mort de l’écrivain en 2010. Un must d’avant l’ère d’Internet, dont on vous recommande encore fortement la lecture aujourd’hui : https://www.amazon.com/Emperor-Wears-Clothes-Marijuana-Conspiracy/dp/1878125028

Deux fois candidat à la Présidentielle US

Ce personnage hors du commun aura marqué son époque par sa passion, oui, mais surtout par quelques coups d’éclats : en 1988 et en 1992 il se présente à l’élection présidentielle américaine pour, de son propre aveu, forcer les médias à écouter son message.
C’est d’ailleurs à Jack qu’on doit une bonne partie du changement des mentalités aux États-Unis, grâce à une offre de 100 000 dollars à quiconque pourrait prouver que le cannabis est mortel. Bien entendu, cet argent n’a jamais été réclamé, prouvant que la guerre faite à la plante était basée sur un mensonge.

Icône de la green culture

Aujourd’hui encore, le combat de Jack résonne. En 2018, le cannabis est enfin autorisé dans un cadre récréatif en  redevenant  légal au Canada, pays berceau d’une florissante industrie.
La variété éponyme qui lui a été dédiée, une hybride à majorité Sativa, élaborée par Sensi Seeds au début des années 90, est connue pour son high clair et pour ses effets sociabilisants.
La Jack Herer est si populaire qu’on la retrouve dans nombre de chansons de rap américain avec un hommage de Redman (qui était un ami de Jack Herer), de Joey Badass et même en France d’un ancien membre du groupe IAM,  Akhenaton.
Un bel hommage à cet homme du peuple à qui une compétition internationale (la Jack Herer Cup) a été dédiée.
L’événement se tient  tous les ans à Amsterdam, en Colombie, en Jamaïque, à Las Vegas ainsi qu’en en Thaïlande.
L’occasion de faire le tour du monde en 80 joints.

 

 

En Californie, les mineurs ne doivent pas compter sur les dispensaires pour acheter du cannabis

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En Californie, les dispensaires de cannabis sont réglos : une récente enquête nous apprend que les vendeurs de weed observent scrupuleusement la loi quant à l’interdiction de vente aux mineurs. Un argument de plus en faveur d’une légalisation contrôlée de l’herbe douce.

Une nouvelle étude réfute (encore) l’argument qui consiste à dire que la légalisation facilitera l’accès au cannabis aux moins de 21 ans.
Des chercheurs ont envoyé des clients infiltrés qui semblaient mineurs dans 50 dispensaires sélectionnés au hasard en Californie pour voir s’ils pouvaient obtenir de l’herbe sans fournir au préalable une pièce d’identité, comme requis. Tous les dispensaires impliqués ont passé le test haut la main, ce que les chercheurs ont confessé avoir trouvé « quelque peu surprenant« .

50 dispensaires surveillés, pas un contrevenant

L’étude, intitulée « Quelle est la probabilité que des jeunes mineurs puissent obtenir du cannabis dans des points de vente agréés en Californie, un État où la marijuana récréative est légale? » a été publié dans le Journal of Safety Research et mis en ligne le 18 mai.

Les données corroborent des études antérieures montrant que le Colorado et Washington sont tout aussi respectueux de la loi et vérifient l’âge des consommateurs systématiquement.

Aux Etats-Unis, depuis 2020, la consommation de cannabis diminue chez les jeunes.

En 2020, la consommation de cannabis chez les jeunes a diminué, et non augmenté, selon des données récentes. Une enquête récente de la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA) a montré que la consommation de cannabis chez les adolescents au cours de l’année écoulée avait chuté d’environ 3 %.

Une autre étude publiée dans Substance Use and Addiction est arrivée avec des résultats similaires, concluant que la consommation de cannabis chez les jeunes n’a pas augmenté, même lorsque les États ont légalisé la plante. Plusieurs autres études sont parvenues aux mêmes conclusions, ne trouvant aucun changement ou une diminution de la consommation de cannabis chez les adolescents ou les jeunes alors que les États légalisent le cannabis.

En théorie, la légalisation serait un arme implacable pour éviter que les jeunes aient accès au cannabis. En théorie pour l’instant, car les très lourdes taxes imposées par le gouvernement fédéral et chaque Etat empêchent encore les revendeurs légaux de rivaliser avec les prix du marché noir.

Le Bloc de Gauche dépose un projet de légalisation du cannabis à l’Assemblée de la République du Portugal.

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La coalition de gauche (Bloco) a déposé lundi 6 juin à l’Assemblée de la République du Portugal un nouveau projet de loi (PL) légalisant le cannabis à usage personnel. Si il était adoptée, le PL permettrait la création d’établissements commerciaux spécialisés, la vente de cannabis en ligne et la culture privée de cinq plantes par personne.

La différence entre ce PL et le précédent est que le Bloco a enlevé une disposition interdisant les produits comestibles ou les boissons au cannabis. Ce qui est signe d’avancées dans l’approche socio-économique de la légalisation, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un marché au potentiel de plusieurs millions d’euros. En revanche, « la vente de cannabis enrichi d’arômes, de saveurs ou d’additifs » serait interdite. La vente de cannabis synthétique serait également prohibée et l’État se réserverait le droit de limiter les niveaux de THC.

« L’État doit réglementer l’ensemble du circuit de culture, de production et de distribution, en pouvant déterminer une limite maximale de THC, ainsi que le prix à la consommation, afin de lutter contre le trafic et le marché illégal » précise le PL.

Auto-culture légalisée jusqu’à 5 plantes par personne

La proposition présentée lundi stipule également que « la vente au détail de plantes de cannabis, de substances ou de préparations pour consommation personnelle sans ordonnance médicale et à condition qu’à des fins autres que médicinales, soit soumise à l’autorisation de la Direction générale des activités économiques« .

Pedro Filipe Soares, député membre du Bloco, soulignait le même jour que la légalisation serait un moyen de « lutter contre le marché noir » et les « substances manipulées« . Il fait également valoir que le Portugal doit accompagner les pays qui ont déjà légalisé le cannabis à usage personnel, comme à Malte, et ceux qui s’y préparent, à l’instar de l’Allemagne.

Dans l’introduction du PL, le Bloco souligne que « la politique prohibitionniste n’est pas une solution, en fait, elle fait partie intégrante du problème et renforce son aggravation, protégeant la clandestinité du trafic et mettant en péril la santé publique ».

Commerces de détail spécialisés et semences disponibles dans les magasins agricoles

Les établissements de vente de cannabis devront  avoir, « uniquement, comme activité commerciale, la vente de plantes, substances ou préparations de cannabis », à l’exception des  » établissements commerciaux dont l’activité principale est la vente de matériel agricole ou similaire, de machines et plantes où le commerce des graines de cannabis est autorisé« .

Le précédent PL du Bloc de gauche avait été présenté il y a environ un an, parvenant jusqu’à la commission, dernière étape avant le vote et l’adoption définitive de la proposition de loi, mais avait été rendu caduc par le changement de gouvernement qui arrivait en fin de mandat.

 

Tommy Chong: l’interview weed & wisdom

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A 83 ans, Tommy Chong est sans nul doute le plus célèbre des activistes de l’herbe. De ses débuts en tant que musicien dans un strip-club de Vancouver au statut de star du box-office, en passant par la case prison avant un come-back aussi spectaculaire que salué, le parcours du plus fumé des canadiens force le respect. Après un demi siècle de militantisme, Tommy Chong peut enfin rouler un doobie en paix : dans le pays où il est né comme en Californie où il réside, son combat pour la légalisation du cannabis est gagné. Zeweed l’a rencontré pour discuter spiritualité, religion, santé et ganja.

Quand on décroche une interview avec Tommy Chong, on s’attend à parler de beaucoup de choses, mais pas forcément de Dieu et de l’existence éternelle.
Tout commencé avec une question simple portant sur sa bataille contre les deux cancers qui l’ont atteint et des effets bénéfiques du cannabis sur sa santé.

Cheech et Chong, ancêtres made in USA des frères pétard

« J’ai ma propre théorie sur l’herbe. Soit l’observation d’un profane, oui, mais aussi celle d’un connaisseur» me glisse Tommy de façon complice.
« Notre système immunitaire est la clé de toute guérison. Et notre système immunitaire ne peut pas fonctionner correctement quand il est en alerte constante. C’est pourquoi le repos est si important et pourquoi , quand nous sommes malade, l’approche de la médecine conventionnelle consiste à nous isoler sur un lit d’hôpital, loin de tous stress ou distractions négatives.  »

« L’herbe m’a permis de vaincre mon cancer »

Ce que Tommy appelle « l’observation d’un profane » est en fait un postulat médical avéré.
« Lorsque nous sommes stressés, notre corps devient plus sensible aux infections et aux maladies. C’est parce que l’hormone du stress -le cortisol- déclenche en nous une réaction ancestrale de lutte ou de fuite, et diminue par incidence le nombre de lymphocytes (ou globules blancs NDLR) dans notre sang. En conséquence, notre corps devient moins efficace pour lutter contre les agressions extérieures.
Ce que fait le cannabis, c’est de vous placer dans un état de repos. Dès lors, votre système immunitaire, qui n’est pas solicité pour lutter contre des agressions exogènes, peut se concentrer sur le corps et assurer son fonctionnement harmonieux. » poursuit Tommy.
« Mais la vraie guérison n’est pas physique : le remède ultime est le remède spirituel. Je suis persuadé que l’herbe m’a permis de vaincre mon cancer« .

« Et mon contact avec Dieu a permis à mon corps d’y croire »

Pour Tommy Chong, le remède spirituel réside dans une connexion profonde et personnelle avec Dieu.
« Je sais que Dieu m’aime. Et quand les gens me demandent comment je le sais, je leur dis « avez-vous vu ma femme ? » s’amuse  l’humoriste (marié à la sublime Shelby Chong) en accompagnant sa blague d’un rire aussi profond que guttural.
« Quand vous avez ce lien étroit avec Dieu, vous pouvez tout conquérir», me dit-il alors qu’il a repris un ton sérieux. « Et mon contact avec Dieu a permis à mon corps d’y croire« .

Tommy s’arrête un instant, repensant à son enfance sans le sous et cette petite bicoque au fin de l’Alberta, au Canada, dans laquelle il a passé son enfance et adolescence.
« C’était la maison la moins chère, la seule que mon père pouvait nous offrir. Il l’a acheté sur un coup de chance pour quelque chose comme 500 dollars. »

Tommy Chong: toujours bien équipé pour arriver au 7ème ciel

Aujourd’hui, Tommy prend mon appel depuis son domicile niché sur les hauteurs de Pacific Palisades, un des plus beaux quartiers ne à Los Angeles, entre Malibu et Santa-Monica.
Il y a quelques jours, la maison d’un de ses voisins a été vendu pour 50 millions de dollars. « Je n’en revient pas d’habiter dans un endroit où une maison coûte littéralement 10 000 fois plus cher que celle où j’ai grandi. Même si fondamentalement, je m’en fout. Ma femme et ma famille s’occupent de tout cela. Moi, je suis juste assis ici et je reste en contact avec Dieu » s’amuse Chong en souriant paisiblement.

 » Je n’en revient pas d’habiter dans un endroit où une maison coûte littéralement 10 000 fois plus cher que celle où j’ai grandi. Même si fondamentalement, je m’en fout »

Pour lui, se connecter avec Dieu, ou son « higher power » (sic) comme il l’appelle parfois, est une pratique simple : «Nous sommes tous de Dieu. Toi, moi, le monde entier. Tout le monde. Les bons, les mauvais, chaque créature vivant sur terre. Nous sommes tous des êtres éternels, que vous vouliez le croire ou non».
L’autre moitié du célèbre duo Cheech et Chong se souvient avoir lu récemment un journal que chaque goutte d’eau qui était sur terre au commencement est toujours là aujourd’hui, sous une forme ou une autre.

« Nous sommes constituées à 90% d’eau ». Chez Tommy Chong, les 10% restant sont d’origine végétale.

« En tant qu’humains, nous sommes constitués à 90 % d’eau. Il est donc scientifiquement prouvé que 90% de nos particules ont toujours été ici, sous une forme ou une autre. Alors pourquoi pas les 10 % restants ?  Nous sommes des êtres éternels. Rien ne disparaît. Nous réapparaissons simplement sous une autre forme. C’est aussi un karma physique« .
En tant qu’êtres éternels, Tommy croit que nous existons dans deux mondes : un qui est physique et un qui est spirituel.
« Dans le monde physique, il y a un conflit constant. Il y a des contraires. Dans le monde physique, vous ne pouvez pas avoir de haut sans bas, vous ne pouvez pas avoir de justes sans injustes, vous ne pouvez pas avoir Joe Biden sans Donald Trump« .

Et tout comme il y a la possibilité de faire le bien, ou de « rester sur la bonne voie » comme le dit Tommy, il y a aussi la possibilité de faire le mal.
« Dans l’histoire de notre existence, nous avons vu à quel point la vie peut être brutale » se souvient-il en évoquant son incarcération.  « Mais seulement jusqu’à un certain point, puis vous partez, vous entrez dans le monde spirituel. Et dans le monde spirituel, il n’y a rien d’autre que l’amour« .

« Je veux croire que le bien a toujours un léger coup d’avance sur le mal. Sinon, on est mal barrés. »

Notre passage dans ce monde physique est selon Tommy une opportunité de grandir, de s’élever. Il compare cela à l’école ; profitez-en pour faire le bien et vous vous élèverez. Choisissez le contraire, et vous régresserez.

« En tant qu’êtres humains, nous avons un devoir : celui de s’entre-entraider. Parce que nous venons tous de quelque chose, d’une trame universelle. Non, nous n’apparaissons pas par magie, même si l’Église catholique voudrait nous faire croire qu’il existe une conception immaculée !« . Tommy laisse échapper un grand rire chaleureux.
« Lorsque vous entrez dans le monde physique, vous devez être physique, et c’est ce que nous faisons. Et il doit y avoir des contraires, donc il y aura toujours des opposants et des opposants. Et si vous regardez les pourcentages, ils sont quasiment égaux. Je veux croire que le bien a toujours un léger coup d’avance sur le mal. Tout du moins est-ce ma façon de voir les choses. Sinon…on est mal barrés« .

En Uruguay, la consommation de cannabis légal supplante celle issue du marché noir.

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Quatre ans après l’ouverture de la vente au détail de cannabis, la weed provenant de commerces légaux et de cultures autorisées approvisionne une majorité de consommateurs.

Les données, fournies par un récent rapport de l’Instituto de Regulacion y Control del Cannabis (IRCC), sont basées sur une enquête réalisée auprès des consommateurs entre août et septembre 2021.

Les résultats de l’enquête chiffrent à 250 000 le nombre de consommateurs de cannabis âgés de plus de 18 ans (âge légal d’accès), soit environ 7 % de la population totale et de 10% des quelque 2,6 millions d’Uruguayens qui ont l’âge légal d’accès.

L’Uruguay a légalisé le cannabis en 2013, mais n’a ouvert la vente au détail qu’en juillet 2017. Les consommateurs ont trois options : acheter du cannabis dans les quelques dizaines de pharmacies autorisées, cultiver leur propre cannabis ou faire partie d’une coopérative type social club où les membres partagent les fruits et fleurs de leurs cultures.

En 2021, 56% du cannabis consommé en Uruguay provenait d’un circuit légal.

Bien que peu de pharmacies aient initialement acceptées de vendre du cannabis aux Uruguayens aficionados de ganja , ce nombre n’a cessé de croître depuis quelques années, entrainant une augmentation des ventes.

Techniquement, le cannabis disponible en pharmacie est vendu en paquets de 5 grammes, avec une limite de 40 grammes par mois/consommateurs. Au 1er février, le prix d’un paquet de 5 grammes de fleurs de cannabis séchées en pharmacie était fixé à 390 pesos uruguayens, soit environ 8 euros. L’achat mensuel moyen en pharmacie en 2021 était d’environ 15 grammes.
Les consommateurs peuvent choisir parmi quatre variétés de cannabis différentes vendues dans des sacs de cinq grammes appelés Alfa I, Alfa II, Beta I et Beta II, avec environ 2 % de CBD et 9 % de THC, selon la variété.

Au 31 décembre 2021, 47 515 personnes étaient enregistrées pour acheter du cannabis dans les pharmacies, tandis que 13 441 étaient enregistrées pour cultiver le leur, et 7 032 autres pour faire pousser de l’herbe à usage personnel dans l’un des 220 collectifs de culture du pays.
De janvier à décembre 2021, il y a eu une augmentation de 11 % du nombre de personnes inscrites sur le marché réglementé et une augmentation de 31 % du nombre de personnes inscrites dans un club/une coopérative en pleine croissance.

L’auto-culture autorisée : une solution simple et efficace pour endiguer le marché noir

Bien que les données de l’enquête montrent que seulement 29 % des sondés ont déclaré avoir accès au cannabis par des voies légales, cela représenterait 39 % du marché total, juste pour les achats.
Parmi ceux qui ont répondu au sondage, 43 % ont déclaré l’avoir partagé avec leurs amis et leur famille.

Des chiffres qui sont à conjuguer avec ceux de l’auto-culture. En incluant le marché de la culture à usage personnel,  les ventes et production légales de cannabis représenterait 56 % du marché.
Dans ce pays d’Amérique du sud où l’économie parallèle est un sport national, un tel résultat démontre une fois de plus que la légalisation de l’herbe n’est pas un écran de fumé.

La Thaïlande va distribuer 1 million de plants de cannabis pour en promouvoir la culture à domicile

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Au mois de juin, le gouvernement thaïlandais va distribuer gratuitement un million de jeunes plants de cannabis aux ménages désirant se lancer dans la culture de ganja. Soutenue par le ministère de la santé, l’opération vise à promouvoir la culture légale de la plante, alors que le Royaume compte plus que jamais sur l’or vert pour booster une économie mise à mal par deux ans de pandémie.

Le ministre de la Santé Anutin Charnvirakul a annoncé la généreuse initiative décision dans un message publié Facebook le 8 mai et dans lequel il exprimait son intention de promouvoir et définir la culture de cannabis en tant « culture domestique ».
La mesure, qui entrera en vigueur le 9 juin, permettra aux thaïlandais de cultiver chez eux des plants de cannabis, à la seule condition d’en aviser leur gouvernement local. En revanche, les fleurs récoltées devront être exclusivement utilisées à des fins médicales, terminologie peu restrictive dans le pays.

La Thaïlande mise sur l’or vert…

Les dispositions entourant la distribution gratuite de pousses de cannabis imposent seulement aux bénéficiaire de prévenir les autorités locales de leur intention de se lancer dans le jardinage cannabique. Les contrevenant qui auraient oublié d’informer les pouvoirs publiques  s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 20 000 bahts (605,33 $). Une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 bahts ou trois ans de prison est prévue pour les cultivateurs qui feraient commerce sans licence de ce cannabis offert par l’Etat.

Cette décision est la dernière en date du plan thaïlandais de promotion du cannabis en tant que culture agricole légale. Environ un tiers de sa main-d’œuvre travaille dans l’agriculture, selon la Banque mondiale.
Dans une région du monde connue pour ses sanctions sévères à l’égard des drogues illégales, la Thaïlande est devenue en 2018  le premier pays d’Asie du Sud-Est à légaliser le cannabis thérapeutique.

… et les 12 millions d’agriculteurs que compte le Royaume.

Le royaume a également assoupli les lois locales portant sur la plante : en 2021, le gouvernement autorisait la commercialisation des produits contenant du chanvre et du CBD.
Hier mardi 10 mai, dans une autre publication faite sur Facebook, le ministre de la Santé précisait que les entreprises thaïlandaises enregistrées pouvaient désormais vendre des produits à base de chanvre bien-être (contenant moins de 0,2 tétrahydrocannabinol, ou THC, la partie de la plante responsable de l’effet planant).

Les défenseurs locaux du cannabis ont exprimé l’espoir que l’assouplissement des lois sur la marijuana pourrait stimuler la reprise économique après la crise de Covid-19. La Thaïlande est devenue le premier pays d’Asie du Sud-Est à légaliser la marijuana médicale en 2018.

Ganja in Pyongyoung

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La Corée du Nord est une des dictatures les plus sévères de la planète, un régime qui effraie autant qu’il intrigue. Paradoxe: dans ce pays où la liberté ne se rêve plus, le cannabis y est consommée en toute impunité. Enquête sur le “Royaume Ermite” où  l’ordre règne au son des claquements de bottes, des parades militaires et du crissement des feuilles à rouler.

Légal? Oui et Non

Dire que le Cannabis est légal en Corée du Nord serait grossièrement exagéré. Il s’agit plus d’un compromis tacite que d’une légalisation à proprement parler. Fumer est largement toléré par la population et socialement accepté. Le globe-trotteur et photographe Darmon Richter partage sur son blog un témoignage fascinant.  Il s’est fumé plusieurs joints qu’il a lui-même définis comme étant “comiquement gros” au milieu d’un marché bondé sans avoir la moindre réaction négative.
Un Cannabis assez peu chargé en THC (et donc peu psychotrope) dont il a acheté un sac en plastique rempli sur place pour la modique somme de 50 centimes.

Dans un pays extrêmement surveillé, cultivant la paranoïa et la dénonciation (à l’instar de leur grand frère soviétique) un tel acte aurait pu avoir des conséquences très graves.
On peut donc en conclure que les autorités ne s’intéressent pas à la plante, une supposition appuyée par une déclaration rapportée par la radio “Open Radio for north Korea” en 2010. La radio “Ouverte à destination de la Corée du Nord” est une structure à but non lucratif installée à Séoul et financée par des Américains. Son but est de diffuser les témoignages, des chansons et des informations venant d’en dehors de la dictature. L’association a cité un déflecteur souhaitant rester anonyme par peur de représailles: selon ses propos le régime du Grand Leader nord-coréen Kim Jong-Un ne considère même pas le Cannabis comme une drogue.

Substitut de tabac

Un reportage de nos confrères de Vice datant de 2013 dresse le portrait d’un pays ayant une attitude assez proche au sujet du Cannabis de celle-là Russie soviétique pendant la guerre froide.
En effet, comme chez nos voisins slaves jusqu’en 1974, la Corée du Nord tolère le Cannabis, mais uniquement tel un vice nécessaire.
Le Cannabis est consommé comme un substitut du tabac les cigarettes étant très coûteuses pour les classes prolétaires (qui représente une énorme majorité de la population).
Le pays ayant une énorme culture du secret et une communication presque inexistante en dehors de la propagande il est impossible de connaître la position officielle du “Grand Leader” Nord-Coréens.

En extrapolant à partir des données qui nous sont disponibles deux scénarios semblent vraisemblables:
-Soit à la manière de leurs grand-frères soviétiques ils vont progressivement durcir leurs lois pour rendre le Cannabis illégal.
Une démarche qui pourrait provoquer de nombreuses révoltes, le ‘ip dambae’ (ou substitut de tabac en français) étant un des seuls vices accessibles à tous.
-Soit, à la manière de leurs anciens compatriotes sud-coréens le pays va se diriger vers une légalisation partielle. La Corée du Sud étant le premier pays d’Asie du Sud-est à autoriser le Cannabis médical elle s’ouvre à un marché juteux qui pourrait attirer des convoitises.

S’il nous est impossible de rentrer plus en détail sur la direction qui sera prise par le pays, il est certain que le royaume ermite va en tirer parti pour sa propagande.
L’attention apportée à la dictature sur le sujet a bien été remarquée par les autorités du royaume ermite.

Capitalisme, famines et fonsdales

Si vous êtes déjà prêts à prendre le premier vol pour la frontière chinoise (aucun vol n’allant directement dans le pays), voici quelques faits pour relativiser “la chance” des stoners nord-coréens.
Le chanvre est cultivé dans le pays, mais uniquement pour usage de ses fibres, il n’existe pas de champs de Cannabis bichonnés par des paysans Nord-Coréens. Cela n’implique donc pas de variétés multiples ou de suivi de qualité.

Ce n’est rien de très étonnant quand on sait que les autorités doivent approuver des semences de chaque paysan, toute infraction pouvant résulter dans un internement en camp de travail ou de rééducation.
De nombreux plants de Ganja poussent de manière sauvage dans les montagnes et dans les champs comme vous pouvez le voir dans ses images prises par le Youtuber “Fun with Louis ». (le segment étant interdit aux moins de 18 ans, il vous faudra cliquer deux fois sur le lien)

 

On rappelle que même si ses images paraissent paradisiaques le pays a plus de camps de travails que de plages à surfer. Une image qui est à 1000 lieux du circuit proposé par les autorités aux journalistes de Vice lors de leur voyage y avec une délégation américaine menée par Dennis Rodman.

Ils ont découvert que de luxueux centres commerciaux existent remplis de produits étrangers et de provisions fraîches afin d’impressionner les étrangers.
Un étalage qui existe en dépit de famines récurrentes et souvent dramatiques dans le pays.
Pas de bol si vous avez une fringale après toute cette weed sauvage: les magasins ne prennent aucune carte de crédit. Si vous n’avez pas d’argent liquide, vous resterez donc sur votre fonsdale.

Enfin si vous souhaitez partir en vacances dans le pays, sachez qu’une bonne partie des guides font partie de la police secrète (et sont particulièrement sensible aux manques de respect des étrangers).
Le pays n’ayant pas à proprement parler de relation diplomatique avec l’extérieur vous pourriez terminer votre vie en prison pour avoir roulé avec la mauvaise page du Rodong Sinmun (l’organe de propagande du pays). Tous les Nord-Coréens utilisent ses pages pour rouler en faisant très attention qu’aucune mention ou photo du grand leader ne soit pliée ou endommagée. Au pays où le traducteur  imposé ne vous lâchera jamais, vous pourrez toujours vous rabattre sur le Guide du Routard: il ne vous servira à rien.

Quand Marie-France fait la promotion de graines de cannabis à faire pousser chez soi

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A défaut de pouvoir acheter légalement de la weed dans l’hexagone, les seniors peuvent compter sur Marie-France pour en faire pousser. En partenariat avec la banque de graines Dutch Passion, le mensuel féminin s’est fendu d’une promo sans équivoque sur le homegrowing de cannabis.

Les séniors ont bien changé ! Alors qu’il y a encore 10 ans, les magazines dédiés aux sexagénaires avaient comme annonceurs la Jouvence de l’Abbé Sourry, les termolactyles Damart ou les résidences Hespérides, ce sont désormais les charmes de la culture de cannabis à domicile qui sont loués à coup de publi-rédactionnel dans les pages web de Marie-France, le titre historique et mature du groupe Marie-Claire.

Si le chapeau de l’article rappelle aux obligations légales « il est très important de vous renseigner sur la loi en vigueur dans votre pays » , le reste de la réclame cannabique ne laisse que peu de doutes sur l’usage qui sera fait par les lectrices des graines de la collection « cannabinoïdes spéciaux ».

En illustration, un visuel affichant des variétés comme la Skywalker Haze Automatique (26% de THC).

Les souches recommandées par le mensuel tiré à 120.000 exemplaires vont des très sobres CBG-Force (0,11% de THC)  et Charlotte’s Angel ( moins de 1% de THC) à la plus sportive THC-Victory, qui, avec ses 7 à 8% de THC, devrait envoyer plus d’une mamie dans le cosmos.
Pas chiche, le mensuel crée en 1944 propose aux lectrices et jardinières en herbe de voyager moins cher avec 15% de remise pour toutes commandes de graines de la catégorie.

Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment. Aux Etats-Unis, l’engouement du troisième âge pour le cannabis est un vrai phénomène de société comme le rapporte nos confrères de RTBF, avec à la clef un marché du cannabis médical et récréatif chiffré à 5 milliards de dollars pour les plus de 60 ans, rien qu’en Californie. Un coche de la Marie-Jeanne que Marie-France n’a pas raté.

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