Le cannabis, grand espoir pour soulager le mal de dos.

Un essai clinique international, publié dans la très sérieuse revue Nature Medicine,  révèle que le cannabis thérapeutique réduit significativement la douleur chez des patients souffrant de lombalgie chronique. Si dans l’étude, le signal de sécurité ne souligne aucun risque de dépendance ni d’abus, en France, les patients risquent d’attendre longtemps avant d’avoir accès à la molécule.Explications.

L’étude menée en double aveugle confirme ce qui était déjà démontré : la cannabis est un excellent antalgique, avec le grand avantage de ne pas créer de dépendance physique, avec peu d’effets secondaires (contrairement à la morphine, codéine ou la cortizone). La nouveauté est que dans le traitement de la lombalgie chronique, il est particulièrement efficace. Pour mémoire, la lombalgie est une  une pathologie qui touche 4 français sur 5 au cours de leur vie. Soit 40 à 45 millions de français . D’après Santé publique France, la lombalgie chronique atteind 7 à 10% des personnes en proie aux lombalgies. Soit 2,4 à 3,4 millions de français. Quant au coût sur les entreprises des lombalgies, il s’élève selon l’Assurance Maladie, à 1 milliard d’euros.

L’étude 

L’essai clinique VER-01 a été mené sur 820 patients atteints de lombalgie chronique, répartis en deux groupes : l’un recevant un extrait standardisé de cannabis, l’autre un placebo. Après douze semaines, la douleur a diminué en moyenne de 1,9 point chez les patients traités, contre 1,4 dans le groupe recevant un placébo. Si la différence peut sembler limitée, elle est jugée statistiquement significative. Après six mois, les participants ayant pris l’extrait ont déclaré que leur douleur avait diminué de 2,9 points. Les participants ont également fait état d’une amélioration de leur sommeil, de leur mobilité et d’une meilleur qualité de vie .

Le médicament

Le produit testé, baptisé VER-01, est un extrait pharmaceutique issu d’une souche brevetée de Cannabis sativa. Il contient 5 % de THC, le principal cannabinoïde psychoactif, à raison de 2,5 milligrammes par dose, assortis de faibles concentrations d’autres composés naturels de la plante. Le traitement est ajusté progressivement selon la tolérance des patients, jusqu’à dix doses par jour.

Contrairement au cannabis fumé ou aux préparations artisanales, VER-01 est un médicament contrôlé et standardisé, conçu pour un usage strictement médical. Les effets indésirables observés — vertiges, somnolence, fatigue, nausées — ont été le plus souvent légers et transitoires. Aucun signal d’abus, de dépendance ou de sevrage n’a été détecté, selon les outils d’évaluation utilisés.

Cannabis thérapeutique : l’exception française

 L’expérimentation française du cannabis médical, initiée en 2021, qui ne devait durer que deux ans, s’est officiellement achevée fin 2024. Pour éviter une rupture de traitement, les 1683 patients encore inclus dans l’expérimentation pourront cointinuer à bénéficier du cannabis trhérapeutique  jusqu’en mars 2026. Depuis mars 2025, la Haute Autorité de Santé évalue les médicaments à base de cannabis autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette évaluation doit déterminer s’ils peuvent être inscrits au droit commun et remboursés par l’Assurance maladie.

Pour l’heure, seules quelques indications sont reconnues : douleurs neuropathiques résistantes, certaines formes d’épilepsie, spasticité liée à la sclérose en plaques et soins palliatifs. La lombalgie chronique, pourtant l’une des affections les plus fréquentes, ne figure pas dans la liste.

Dans un paysage thérapeutique où les anti-inflammatoires non stéroïdiens montrent leurs limites et où les opioïdes reculent, l’idée d’un antalgique non opioïde validé scientifiquement suscite un intérêt croissant. Les résultats de l’essai VER-01 ne constituent pas une révolution, mais ils apportent un signal solide : le cannabis médical pourrait, à terme, trouver sa place dans la prise en charge du mal de dos chronique.
Encore faut-il que la France, souvent lente à intégrer ces innovations, accepte d’en tirer les conclusions

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Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

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