18 overdoses à Paris depuis janvier, dont 9 attribuées au Chemsex

Neuf personnes sont mortes d’overdose depuis janvier dans la capitale, en lien avec la pratique du chemsex, qui consiste à avoir des relations sexuelles sous l’emprise de drogues. Un chiffre largement sous estimé selon les associations de prévention. France Inter a consacré un podcast au sujet, que nous relayons ici. 

 

« C’est complètement sous-estimé » s’insurge Sébastien Quenu, président de l’association Chems Pause. « Ce n’est que la phase visible de l’iceberg. Il y a toute cette phase invisible qu’il est importante d’aller dénicher. » Le parquet de Paris dévoile ce lundi 20 avril que 18 personnes sont mortes d’overdose dans la capitale depuis janvier, dont neuf cas qui sont liés à la pratique du chemsex. L’association de prévention, de son côté a recensé au moins 20 personnes décédées lors de rapports sexuels sous drogue depuis le début de l’année..

Certains dommages collatéraux ne sont pas pris en compte

Selon Sébastien Quenu, trois raisons expliquent l’écart avec les chiffres officiels. D’abord, certaines familles refusent les examens toxicologiques après le décès et quand il y a examen, il est parfois trop tard, les traces de drogue ont disparu de l’organisme. Enfin, il y a les dommages collatéraux qui ne sont pas pris en compte. « Le problème avec ces drogues, c’est que ça entraîne beaucoup de crises de tachycardie et de paranoïa, explique Sébastien Quenu. Et cette paranoïa peut entraîner une personne à devenir complètement folle au point de se défenestrer. Là, on va classer ça comme un suicide ou un accident domestique, alors qu’en fait, c’est en lien avec la consommation de produits ». Autre point soulevé par les associations : si une personne appelle les secours dans le cadre d’une soirée chemsex, elle peut faire l’objet d’une enquête, voire d’une sanction pour usage de drogue.

« On compte nos morts et ce ne sont même pas les bons chiffres »

Pour Jean-Patrick Fabre, ancien pratiquant du chemsex et cofondateur de Chems Pause, mieux chiffrer les décès, c’est aussi réduire les risques : « C’est important de mettre en lumière ces morts pour qu’il y en ait de moins en moins« . En face de lui, Sébastien Connus s’agace : « On attend quoi ? On compte nos morts tout simplement et en plus ce ne sont même pas les bons comptes ». Les associations de prévention réfléchissent désormais à mutualiser leurs données pour ensuite les partager au grand public sur internet.

Le Podcast de France Inter est disponible ici

 

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Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

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