Ali Nasra Shamas : le “Pablo Escobar libanais”

L’identité des groupes armés qui protègent et gèrent la production de haschich au Liban est une zone d’ombre. A l’exception d’une figure notoire qui a décidé de se montrer au grand jour : Ali Nasra Shamas.

“Tout comme l’Europe et les Etats-Unis exportent le terrorisme chez nous, nous leur vendons des drogues”. C’est avec ce genre d’incisives qu’Ali Nasri Shamas, celui qui aime à se faire appeler le “Pablo Escobar libanais”, s’est fait connaître du grand public.  Notamment sur Twitter, mais également en se livrant à une entrevue complète avec la BBC.

 

S’il partage le minimum de détails sur son identité, le chef de guerre de la Bekaa revendique ouvertement ses affrontements armés contre l’armée syrienne aussi bien que Daesh. Après s’être vanté d’être intouchable, “Dites juste “Ali Nasra Shamas”, et personne ne vous touchera”, dit-il au journaliste de la BBC, la réponse de l’État-major a été rapide. Le général Chamseddine, chef des autorités de lutte contre la drogue, a rétorqué dans le même registre : “Personne ne peut le toucher? J’ai 100 soldats prêts au combat et il est fait comme un rat”. Le 21 mars 2017, deux semaines après la publication du reportage de la BBC, l’armée nationale libanaise a effectué un raid sur trois propriétés de Shamas situées dans la Bekaa. Si les militaires n’ont pas trouvé le bandit, ils ont saisi une voiture, deux lance-roquettes, 4,5 kg de cocaïne, 14,5 kg de haschich et de nombreux outils destinés à la fabrication du haschich.

Depuis, moins de nouvelles de la part d’Ali Shamas. De manière générale, la situation politique et militaire quant au haschich se fait muette depuis plus d’un an au Liban, même dans la presse locale. Avec l’annonce d’un projet de légalisation, il semble que les différents acteurs impliqués, gouvernement, communautés de la Bekaa et paramilitaires restent tapis dans l’ombre, dans l’attente d’éventuels développements.

Ariel