Maroc

Haschich : Au Maroc, la révolution verte est en marche

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Au Maroc, la filière haschich fleurit! Après des décennies de commerce illégal, le Royaume a commencé à légaliser le commerce de la plante, permettant ainsi l’essor encadré et structuré d’une filière ancestrale. Un gagnant-gagnant pour les producteurs, les consommateurs… et l’Etat. Dans un remarquable podcast, RFI dessine les enjeux de cette révolution verte.

Le podcast de RFI sur la révolution verte au Maroc est disponible via ce lien

 

 

Au Maroc, le cannabis médical légal attire de plus en plus les agriculteurs

Dans le nord du Royaume, de plus en plus de cultivateurs quittent la clandestinité pour rejoindre l’industrie légale du cannabis à usage médical et industriel. Mais la lourdeur administrative, les prix faibles et l’attrait du marché noir freinent encore l’élan.

BAB BERRED, Maroc – Sous un soleil d’été écrasant, Abderrahman Talbi observe les rangées bien ordonnées de plants de cannabis qui prospèrent dans ses champs. Depuis qu’il a rejoint, il y a deux ans, l’industrie légale du cannabis au Maroc, sa vie a pris un tournant radical.
Comme beaucoup d’agriculteurs des montagnes du Rif, longtemps habitués à cultiver la plante dans l’illégalité, Talbi se dit soulagé de ne plus craindre les descentes de police et les saisies. « Je peux maintenant dire que je suis cultivateur de cannabis sans peur », confie-t-il. « La tranquillité d’esprit n’a pas de prix. »
Ce changement illustre ce que le Maroc espérait en légalisant en 2022 la culture du cannabis à des fins médicales et industrielles, tout en maintenant l’interdiction pour un usage récréatif. En encadrant la filière, le gouvernement comptait dynamiser l’économie du Rif, une des régions les plus pauvres du pays, et capter de nouvelles recettes fiscales.

Pionnier du continent africain

Ce virage a fait du Maroc un pionnier parmi les grands producteurs mondiaux et le tout premier pays du monde arabe à rejoindre le mouvement mondial mené par le Canada, l’Allemagne ou l’Uruguay, qui ont légalisé production et usage du cannabis.
L’objectif était aussi de détourner les cultivateurs du marché noir, longtemps toléré dans le Rif au nom de la paix sociale. Une région où la tension reste vive : Al Hoceïma, l’une des principales villes de la zone, a été le théâtre des plus importantes manifestations du pays entre 2016 et 2017.
La dynamique semble engagée : selon l’Agence nationale de régulation des activités liées au cannabis (ANRAC), environ 5 000 agriculteurs ont intégré le système légal cette année, contre seulement 430 en 2023. La production encadrée a aussi fortement progressé, atteignant près de 4 200 tonnes l’an dernier — soit quatorze fois plus que lors de la première récolte.

Marché noir et or vert

Mais dans les faits, le marché noir reste dominant et extrêmement rentable. Tiré par une forte demande récréative en Europe et en Afrique, il menace de court-circuiter les efforts de régulation.
Le Maroc compte actuellement 5 800 hectares de culture légale, selon l’ANRAC. Un chiffre encore bien faible comparé aux quelque 27 100 hectares de cultures illégales recensés par le ministère de l’Intérieur. Ce dernier indique que 249 tonnes de résine de cannabis ont été saisies à fin septembre 2024 — une hausse de 48 % par rapport à l’ensemble de l’année précédente.
Mohammed Azzouzi, 52 ans, connaît bien les dangers de la clandestinité. Condamné pour des délits liés au cannabis, il a passé trois ans en cavale avant d’être gracié l’an dernier, en même temps que plus de 4 800 autres personnes. Aujourd’hui, il se prépare à sa première récolte légale et espère dépasser les 10 000 dirhams (environ 1 100 dollars) qu’il gagnait auparavant chaque année dans l’économie souterraine.

Lenteur administrative

Le cannabis récréatif restant interdit, et chaque maillon de la chaîne nécessitant une licence spécifique délivrée par l’ANRAC, la bureaucratie pèse lourd. De nombreux agriculteurs hésitent encore à franchir le pas.
Pour cultiver légalement, il faut intégrer une coopérative agréée, qui se charge de racheter la récolte pour la transformer en dérivés médicaux ou revendre la résine à des fabricants autorisés. C’est le cas de Biocannat, la coopérative de Talbi, située près de Bab Berred, à environ 300 km au nord de Rabat. En 2023, elle a racheté quelque 200 tonnes de cannabis à 200 agriculteurs environ, avant de le transformer en résine, compléments alimentaires, capsules, huiles et poudres à usage médical ou cosmétique.
A Issaguen, principal bassin de production situé à une soixantaine de kilomètres de là, l’enthousiasme s’est émoussé. Mohamed El Mourabit, cultivateur, avait accueilli la loi de 2021 avec espoir. Aujourd’hui, il se dit désabusé : « Le processus est trop compliqué », soupire-t-il.

Et le cannabis récréatif ?

Au-delà des lenteurs administratives, le nerf de la guerre reste l’argent. Alors que les coopératives mettent parfois des mois à payer les cultivateurs environ 50 dirhams le kilo de plante brute, le marché noir propose jusqu’à 2 500 dirhams le kilo de résine transformée. Un différentiel qui continue de peser lourd dans les décisions des agriculteurs.
Certains plaident pour une légalisation élargie à l’usage récréatif, seul moyen selon eux d’endiguer réellement le marché illégal. Mais cette hypothèse reste à ce jour improbable.
Mohamed Guerrouj, directeur de l’ANRAC, l’a affirmé clairement : la consommation récréative ne sera envisagée que dans un cadre médical. « L’objectif est de développer l’industrie pharmaceutique marocaine, pas des coffee shops », tranche-t-il.

Zeweed avec Reuters

Avec 67 produits validés, le Maroc lance ses premières exportations de cannabis thérapeutique

Du Rif aux laboratoires, le Maroc accélère sa mue cannabique. En un an, le royaume est passé des licences expérimentales aux premières exportations officielles, tandis que 67 produits dérivés ont déjà obtenu leur feu vert sanitaire pour exportation. Entre encadrement strict, promesses économiques et héritage de la Beldia, la légalisation encadrée du cannabis prend une tournure prometteuse.

Le grand bond de la Beldia

Au Maroc, la saison 2025 marque un tournant historique. Sur les collines du Rif, la Beldia – variété traditionnelle, longtemps traquée puis tolérée – s’impose désormais comme vitrine officielle du canna-business légal. Selon l’Agence nationale de régulation des activités relatives au cannabis (ANRAC), en un an, les surfaces dédiées à cette souche ont plus que triplé  : 4 400 hectares contre 1 400 en 2024. Taounate, Chefchaouen et Al Hoceïma regroupent désormais 4 490 producteurs, fédérés en 250 coopératives.
Cette légalisation encadrée bouleverse les équilibres. Là où la culture illégale nourrissait une économie grise et des réseaux transfrontaliers, l’État entend substituer un circuit transparent, sous contrôle administratif. Avec 3 800 nouvelles licences distribuées en 2025, et près de 3 000 renouvellements, le Maroc verrouille son dispositif, tout en affichant son ambition : transformer l’herbe historique du Rif en or vert exportable.

Produits sur ordonnance et cosmétiques

L’autre indicateur de ce basculement se lit dans les rayons à venir : 67 autorisations de mise sur le marché ont été délivrées par l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé. Dans le lot : 26 cosmétiques et 41 compléments alimentaires. Rien qui évoque le joint récréatif – toujours prohibé –, mais une gamme qui annonce la montée en puissance d’une filière pharmaceutique et bien-être.
Les contrôles se multiplient pour rassurer partenaires et investisseurs : 2 202 opérations menées en 2024, dont la majorité liées au transport, mais aussi des inspections sur la culture, la transformation ou l’exportation. Un arsenal bureaucratique destiné à prouver que la légalisation marocaine ne se fera pas à la légère.

Du Rif à l’Australie

L’ouverture internationale, elle, est déjà amorcée. Le royaume a expédié ses premières cargaisons légales vers l’Australie et la Tchéquie, une première qui marque la volonté d’installer le Maroc comme acteur responsable du cannabis médical et industriel. Dans un marché mondial en pleine expansion, où l’Europe s’interroge encore sur ses régulations, le geste pèse.
Derrière les chiffres et les communiqués, une équation délicate demeure : transformer une culture séculairement associée à la marginalité en filière légale, rentable et respectée. Les coopératives du Rif, longtemps stigmatisées, deviennent les partenaires d’un État qui veut conjuguer tradition et modernité, exportation et développement local. Une révolution économique et sociétale qui ne dit pas son nom, mais qui redessiner le rapport du Maroc au cannabis. Seconde étape attendue de tous les agriculteurs de la filière et nombre d’acteurs du secteurs : la légalisation de cet or vert qu’est le cannabis récréatif. 

Bons baisers de la vallée du Rif

Alors que le Maroc a légalisé la production de cannabis thérapeutique à l’exportation, notre journaliste sans frontière s’est rendu dans la vallée du Rif, où l’industrie du haschich assure 80% des revenus locaux et fournit plus de 80% du taga vendu en France. Reportage.

« Chefchaouen est la seule ville dans la région qui dispose d’une infrastructure pour accueillir des touristes, c’est donc là que je prends rendez-vous pour retrouver celui qui m’amènera visiter une ferme de kif.
Surnommée « la ville bleue », Chefchaouen est à 115 km au sud-est de Tanger, en passant par Tetouan. C’est la ville la plus touristique de la région, même si en cette saison et avec les restrictions liées au Covid, les touristes se font plutôt rares.
J’arrive dans une ville aussi sublime que calme, dont le bleu uniforme des rues vides n’est perturbé que par le contraste des orangers qui bordent les voies.

C’est dans un magasin d’antiquités/souvenirs de la medina que j’ai rendez-vous avec Ali*, le guide recommandé par mes amis de Tanger et qui m’accompagnera toute la journée
Aux alentours de 15h, nous partons à pied vers la montagne située au-dessus de Chefchaouen, en direction de la ferme. La randonnée, réputée facile,  est particulièrement agréable sous les douces températures de ce début novembre.

Direction une ferme de cannabis, kilomètre zéro de la route du haschich

Après trois quart d’heure de marche, nous arrivons à une petite maison où nous attend Redouane, un homme d’une trentaine d’années dont la famille cultive le kif depuis 3 générations.
Il nous accueille dans son salon où sa femme nous apporte du thé, avant que nous ne passions dans la pièce arrière qui ressemble à un local de stockage. Avant de pénétrer dans la pièce, Redouane me demande de laisser mon portable dans le salon: je ne pourrai pas prendre de photos.
Grosse déception.  j’aurais aimé être prévenu avant…que faire maintenant? Maintenant que je suis là, autant voir de quoi il retourne: la marche -aussi délicieuse fut-elle-  n’aura pas été vaine.

Nous entrons dans une pièce mal éclairée et bien encombrée de sacs en plastique remplis d’herbe séchée.
Redouane nous fait avancer jusqu’au fond de la petite salle, allume une lampe sur une étagère et nous montre un grand seau recouvert de gaze sur lequel il place deux grosses poignées d’herbe séchée qu’il recouvre d’un sac plastique transparent.  Il sort ensuite 2 grandes baguettes et commence à tambouriner vigoureusement sur l’herbe.
Redouane nous montre ensuite la poudre qui est tombée dans le seau à travers la gaze, nous la fait sentir avant de la chauffer avec son briquet. Au bout de quelques secondes, la poudre commence à devenir collante.  Il en fait une boulette qu’il nous fait passer.

Pollen directement extrait des fleurs (photo d’illustration)

Nous repassons ensuite au salon où Redouane place le hasch dans une pipe de 30 cm de long pour la dégustation.
Content d’avoir pu assister au processus traditionnel de fabrication du hasch, même si déçu de ne pouvoir avoir pu prendre de photos de la visite, je remercie Redouane et sa femme et repars avec mon guide vers Chefchaouen. La nuit a beau être tombée, dans ma tête, le Soleil brille comme jamais. »

*le prénom a été changé
En bonus, Kif-Kif, l’excellent reportage de Jacques Henri Bidermann, Philippe Lachambre et Olivier Pousset sur le haschich et sa culture autour de la petite ville de Ketama.

Le Maroc, future royaume du cannabis légal?

Pionnier africain dans la régulation du cannabis, le Maroc a franchi une étape majeure fin  2024. Avec un secteur légal désormais solidement structuré et un respect scrupuleux des normes de conformité, le royaume chérifien poursuit cette année son objectif assumé : devenir un modèle en matière de gouvernance du cannabis 

C’est à Rabat, lors de l’assemblée générale annuelle de l’Agence Nationale de Régulation des Activités liées au Cannabis (ANRAC), que Mohamed El Guerrouj, directeur général de l’agence, a dévoilé les performances impressionnantes du secteur.
« En 2024, environ 4 000 tonnes de cannabis ont été produites sur une surface de 2 169 hectares », s’est félicité M. El Guerrouj. Une progression qui reflète la montée en puissance d’une industrie légale en pleine expansion. Mais au-delà des volumes, c’est l’absence totale de non-conformité réglementaire qui inquiète « Aucune infraction liée à la non-conformité n’a été enregistrée », précise à cet égard le directeur de l’ANRAC

Un écosystème structuré et inclusif

Cette réussite est le fruit d’une collaboration étroite entre autorités locales, ministères concernés et institutions publiques. Un dispositif renforcé par des mécanismes de soutien destinés aux agriculteurs et aux opérateurs du secteur, afin de leur permettre de répondre aux exigences strictes de production et de distribution.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 4 158 demandes de licences déposées en 2024, 3 371 ont été approuvées, soit un taux de validation avoisinant les 81 %. Parmi celles-ci, 3 056 permis ont été octroyés à 2 907 agriculteurs, contre seulement 430 licences accordées en 2023. Une augmentation spectaculaire qui traduit la volonté du gouvernement d’intégrer les petits producteurs dans ce marché légal. En parallèle, 315 licences ont été attribuées à 158 opérateurs industriels.

Manne économique

Cette régulation ne se limite pas à encadrer le marché : elle redessine les perspectives économiques du pays. Création d’emplois durables, augmentation des revenus des agriculteurs et structuration d’un secteur privé compétitif figurent parmi les bénéfices attendus.
« Nous voulons formaliser l’industrie, consolider les bases légales et accompagner les acteurs locaux dans leur développement » appuie El Guerrouj. L’objectif est clair : faire du Maroc une référence internationale dans le secteur du cannabis légal.
Pour 2025, l’ANRAC voit plus grand encore. La priorité sera donnée à l’intensification des mesures de traçabilité des produits et au renforcement de la compétitivité du marché national.

Investisseurs internationaux

L’ambition ? Attirer davantage d’investissements étrangers et stimuler les exportations.
En s’appuyant sur une politique rigoureuse mais ouverte, le Maroc aspire à devenir un acteur incontournable d’un marché mondial en pleine mutation. Avec des réformes pensées pour conjuguer croissance économique et gouvernance exemplaire, le royaume entend prouver qu’une régulation stricte peut rimer avec opportunités pour les communautés rurales et dynamisme pour le secteur privé.
Alors qu’il mise sur une vision aussi audacieuse que  transparente, le Maroc est en passe de gagner son pari : s’imposer comme un leader de l’or vert, fort d’un modèle socio-économique qui a tout pour faire école, que ce soit Afrique, en Asie ou encore en Europe.

 

ZEWEED avec Prohibition Partners, APANews et Reuters

Maroc : Mohammed VI gracie plus de 4 800 cultivateurs de cannabis

Premier producteur mondial de cannabis, le pays, qui a adopté en 2021 une loi encadrant les usages industriel et médicinal de la plante, compte ainsi booster la filière légale.

C’est à la veille d’une fête nationale que le roi « a bien voulu accorder sa grâce à 4 831 personnes condamnées, poursuivies ou recherchées dans des affaires liées à la culture du cannabis », a indiqué le ministère dans un communiqué. En effet, le royaume s’est fixé pour objectif de lutter contre le trafic de drogue, de se positionner sur le marché mondial du cannabis légal, tout en désenclavant économiquement la région du Rif, où la plante est cultivée depuis des siècles – faisant vivre entre 80 000 et 120 000 familles en 2019, selon des estimations officielles.

« C’est une initiative exceptionnelle qui va permettre à ces agriculteurs et leurs familles de vivre dans la sérénité et la quiétude, et de participer à la nouvelle dynamique de la légalisation », a commenté pour l’AFP le directeur de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (Anrac). Voulant profiter de la légalisation de l’usage thérapeutique de cette herbe par 21 des 27 pays membres de l’Union européenne, les acteurs du secteur au Maroc tablent sur des revenus annuels des exportations entre 400 et 600 millions d’euros d’ici à 2028.

 

Kif et nostalgie dans les cafés de Tanger.

Parti au Maroc au mois de juin pour faire un dry january, notre journaliste globe-trotteur s’est retrouvé à la Mecque de la culture haschich : Tanger. Il nous emmène dans les hauts-lieux et recoins de ce temple de la culture hippie.

Tanger la blanche, ville mythique qui a vu défiler les écrivains de la beat generation, en encore Paul Bowles ou Jean Genet, est devenue dans les années 60 une destination prisée de la Jetset, notamment grâce à la socialite américaine Barbara Hutton.

Orlovsky, Bowles, Burroughs, Ginsberg, Alan Ansen, Gregory Corso et Ian Sommerville à Tanger.

L’héritière des magasins Woolworth donnait alors de délirantes fêtes costumées dans sa maison située au coeur de la médina.
Les hippies du monde entier y débarquent, la vie est très bon marché, l’atmosphère aussi cosmopolite que tolérante et le kif… toujours abondant

Les Rolling Stones aussi découvrent Tanger en 1967 grâce à leurs égéries Marianne Faithfull et Anita Pallenberg, et fréquentent assidûment les cafés de Tanger dont certains sont encore là aujourd’hui. Brian Jones, dont ce sera le dernier voyage découvre à l’occasion de son séjour les musiciens de Joujouka dans la vallée du Rif, avec qui il enregistre l’album « Pipes of Pan at Joujouka ».

Stone(s) à Tanger

C’est donc avec tous ces fantômes qui hantent encore la ville que je pars à la découverte des cafés de Tanger.
Au Maroc le cannabis sous toutes ses formes reste illégal, mais à Tanger si l’on évite les cafés-terrasse très en vue dans le centre, il est généralement toléré de fumer du kif.

Mick Jagger, médina de tanger, 1968

Pour retrouver un peu de l’ambiance du Tanger de la grande époque, il faut commencer par la terrasse de l’hôtel Continental, hôtel historique qui a vu passer Winston Churchill et beaucoup d’autres célébrités après lui. On raconte aussi à Tanger que Mick Jagger, qui était un visiteur assidu des fêtes de Tanger dans les années 70 a voulu acheter l’hôtel, mais la vente n’a finalement pas abouti.

L’hôtel garde encore tout son charme, et même s’il faut monter beaucoup de marches pour y accéder depuis le port, la terrasse est magnifique et on peut en toute tranquilité y fumer un spliff.

L’étape suivante est le quartier de la Casbah, dans les hauteurs de Tanger, on s’y perd facilement dans un dédale de rues mais ce n’est pas immense donc on retrouve son chemin.

Point de passage obligé de tous les hippies dans les années 60-70, le café Baba n’a pas changé depuis cette époque. Les chaises sont lézardées, les vitres embrumées. On y vient toujours pour boire un thé à la menthe et fumer du kif, en regardant au mur les photos de Keith Richards et de la reine de Suède entre autres.

Juste à côté se trouve le café Cherifa, c’est un café culturel où on peut lire des livres mis à disposition et admirer les oeuvres d’artistes locaux, et fumer du kif tranquillement, avec toujours un thé à la menthe.

Autre lieu incontournable, avec une vue magnifique, le café Hafa s’étale sur plusieurs niveaux de terrasse. C’est un lieu très fréquenté le weekend, avec beaucoup de familles, mais les fumeurs de kif y sont toujours les bienvenus, la maison fournit même des feuilles à ceux qui en ont besoin. Etant totalement en plein air et suffisamment spacieux, la coexistence avec les non-fumeurs au café Hafa est cordiale.

Un autre café agréable avec une belle vue est le café Azur, toujours dans le quartier de la Casbah, également kif friendly.

On pourrait aussi mentionner le restaurant de poissons Chez Abdou sur la plage à 20 Km de Tanger, qui a vu passer toute la jet set et qui reste une excellente adresse pour la qualité des poissons, l’accueil et l’emplacement de rêve.
Même si les grandes heures de Tanger sont passées, cette ville continue d’exercer sa fascination et les diverses grandes constructions en cours montrent que sa période d’endormissement n’est plus. Tanger n’a pas dit son dernier mot. Quant à moi, j’ai loupé mon avion, sans doutes trop plongé dans les volutes de la ville. Revenu 5 jours plus tard à Paris, je regrettais de ne pas avoir raté de nouveau mon vol.