Et si la légalisation ne produisait pas les effets redoutés ? Aux États-Unis, l’usage du cannabis chez les jeunes diminue, y compris dans les États qui ont légalisé. Une évolution que la Drug Enforcement Agency (DEA) ne peut plus ignorer… puisque c’est à elle que l’on doit cette information.
Cette observation, tirée d’un quiz en ligne diffusé sur la plateforme « Just Think Twice », dédiée à la prévention, vient contredire une idée largement répandue chez les opposants à la légalisation. Ceux-ci affirment de longue date que l’assouplissement des lois favoriserait une hausse de l’usage chez les adolescents.
Les données avancées par l’agence fédérale disent l’inverse. Entre 1995 et 2025, la proportion de jeunes ayant consommé du cannabis au cours de l’année écoulée a nettement diminué dans plusieurs tranches d’âge scolaires. Elle passe de 15,8 % à 7,6 % chez les élèves les plus jeunes, de 28,7 % à 15,6 % chez les lycéens intermédiaires, et de 34,7 % à 25,7 % chez les plus âgés.
Le quiz qui questionne
Ces chiffres, issus de l’enquête nationale « Monitoring the Future » soutenue par le National Institute on Drug Abuse, confirment une tendance déjà observée par de nombreuses études : la légalisation ne s’accompagne pas d’une explosion de la consommation chez les mineurs. Dans certains cas, celle-ci diminue ou se stabilise.
Pour les partisans d’une régulation du cannabis, ces résultats illustrent l’effet des politiques encadrées. L’accès légal pour les adultes, dans des points de vente soumis à des contrôles d’âge stricts, tend à réduire le poids du marché illicite, où ces règles sont absentes. Plusieurs États ont également intégré des campagnes de prévention destinées aux jeunes.
La DEA, toutefois, ne fait pas évoluer sa position de fond. Dans une autre question du quiz, elle insiste sur les risques associés au cannabis, évoquant notamment des troubles de santé mentale, un ralentissement du développement cérébral et un lien avec les accidents de la route — des affirmations qui font l’objet de débats scientifiques.
L’agence poursuit ainsi sa stratégie de communication auprès du grand public, notamment des jeunes, en multipliant les formats interactifs. Elle avait déjà proposé, l’an dernier, un quiz sur l’argot des drogues, ou encore diffusé un guide d’interprétation des emojis supposément utilisés pour évoquer des substances illicites — initiatives parfois critiquées pour leur décalage avec les usages réels.
Cette image d’institution en retrait des pratiques culturelles contemporaines s’est également illustrée en 2023, lorsque la DEA suggérait aux adolescents de privilégier des alternatives comme les jeux vidéo ou la quête de notoriété sur Instagram plutôt que la consommation de drogues. Une addiction contre une autre…
