Josh Kesselman, High Times

Comment Josh  Kesselman veut faire renaître de ses cendre High Times

Josh Kesselman, patron emblématique de RAW Rolling Papers, s’est offert le 17 juin le mythique magazine High Times pour 3,5 millions de dollars. Entre héritage enfumé et reboot digital, retour sur la résurrection inattendue d’une icône underground.

Après l’effondrement de Hightimes Holding Corp., contraint à moitié en faillite , High Times vit ses dernières heures en ligne en juin 2024 et stoppe sa version papier en septembre de la même année. Un fantôme de la contre-culture, flottant encore dans l’écosystème du cannabis commercial. L’arrivée de Kesselman, actée le 17 juin 2025, ramène le titre sur le devant de la scène : un montant de 3,5 M$ pour l’ensemble des actifs (magazine, site, Cannabis Cups). Et comme dans tout bon scénario de renaissance, il prévoit déjà d’injecter 1,85 M$ de plus pour relancer les plates‑formes digitales, imprimer des éditions collectors et numériser tous les numéros, devenus collectors sprituels.

La stratégie est pensée dans les règles du contre‑jeux culturel :

  • Print : pas un retour en masse, mais des numéros collectors, dans la veine underground, signés RAW. Une formule limitée, calibrée pour cultiver l’objet culte, pas la consommation de masse 

  • Web et podcasts : le digital devient un hub, hébergeant experts, témoignages, influenceurs – l’idée ? Faire vivre High Times 2.0 comme un média cross‑générationnel.

  • Cannabis Cup : la licence la plus emblématique revient, mais change la donne – à nouveau jugée par des tiers, sans “pay-to-play” ni corruption, et programmée pour début 2026.

Il s’agit de réhabiliter la parole authentique, et de replacer le magazine comme une référence de la communauté des amateurs de cannabis et les psychédéliques, non comme un brand, une marque creuse, là où avait péché la précédente formule.

Kesselman & Stang, Cheech & Chong de la presse indé’

Josh Kesselman, qui rêvait à 18 ans devant les pages de High Times, raconte que “l’adolescent stoner serait en complete disbelieve” – un type sincère dans ses émotions, presque émouvant, qui dit avoir “rappellé à la communauté ce qu’elle a fait pour moi”  Son parcours, de RAW à cette acquisition, n’a rien d’anodin : une trajectoire de militant‑entrepreneur, habité par le fun comme par l’authenticité.

Matt Stang, lui, est davantage symbole de rédemption : ancien propriétaire mis en cause, il revient pour redonner du sens. Ensemble, ils ont un objectif : faire de High Times “un phare pour la culture, une référence sur le cannabis et les psychédéliques .

Une affaire qui roule sur trois axes 

  • Crédibilité vs business : le risque de retomber dans les travers d’avant 2017 est réel – High Times avait été avalé par une machine financière (IPO, acquisitions groupées, scandales). Kesselman veut briser ce cycle : “brûler l’ancien High Times pour reconstruire l’âme

  • Audience cross‑générationnelle : renouer avec les fans historiques tout en captivant les Millennials et Gen Z. Les formats collectors, le digital moderne, les podcasts, les partenariats licencés et merchent RAW/HT offrent un mix intéressant.

  • Engagement communautaire : réintégrer la culture du cannabis comme espace de partage, contre le greenwashing corporatif, le tout ancré dans une narration

Contre culture smart

L’opération High Times de Kesselman s’inscrit dans un contexte clair : alors que les ventes de cannabis US frôlent les 33 Mds$ en 2025, la culture cherche à rester vivante face à la commercialisation massive. La marque renaissante doit donc être rebelle mais raisonnable, entre manifeste et média, entre activism et marketing.

Aux commandes, Kesselman incarne la tension entre hédonisme authentique et projecteur business. Il n’agit pas en simple investisseur, mais en curateur culturel, prêt à redonner ses lettres de noblesse à une revue qui a longtemps guidé l’underground. L’objectif : “cut through the controversy of inaccurate information” et rétablir la voix d’authenticité de High Times

Brand New Times

Ce pari n’est pas neutre. Imaginer une renaissance crédible de High Times, c’est dessiner une frontière entre la contre-culture militante et la culture mainstream. Kesselman sait que chaque page imprimée, chaque Cup jugée, chaque podcast publié doit être fidèle à l’esprit d’un magazine qui a bercé les révolutions underground depuis 1974.

Kesselman offre à la légende un nouveau corps – un corps à la fois collector et connecté, nostalgique mais digital. Et ce retour, s’il tient ses promesses, pourrait bien réinscrire High Times non seulement dans l’histoire, mais dans l’avenir d’une culture cannabis en effervescence.

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Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

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