politique

Front popul’herbe

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Alors que le résultat des législatives redessine le paysage politique français en faveur du Front Populaire, la question de la légalisation du cannabis, chère aux partis composant la nouvelle majorité à l’Assemblée nationale, a de grandes chances de trouver une issue favorable.

Au surlendemain des résultats des élections législatives, plusieurs tenors de la gauche plurielle ont fait savoir leur volonté de voir nommer à Matignon un membre du Front Populaire, notamment par la voix de Mathilde Panot  (LFI) qui « (exige)  qu’Emmanuel Macron respecte le vote populaire en choisissant de nommer un Premier ministre ou une Première ministre qui serait issu du Nouveau Front populaire » ou encore celle de Manuel Bompard (LFI ) qui estime qu’“aujourd’hui, nous nous préparons à gouverner. Nous nous préparons à appliquer le programme qui est le nôtre”.
Un optimisme justement tempéré par l’élue écologiste Marine Tondelier “On ne peut pas faire croire aux gens que dans la situation politique inédite qui est la nôtre, d’un claquement de doigts, on va sortir avec un Premier ministre, un gouvernement, tous les postes à l’Assemblée répartis par magie. Ça ne marche pas comme ça”

Soigner sa gauche

En effet, s’il est peu probable que le président remercie Gabriel Attal pour nommer un premier ministre qui soit issue de la nouvelle majorité relative, l’actuel ou futur locataire de Matignon devra refondre le gouvernement pour y inclure des ministres frontpopulairiens. Au marocain de la santé et au travail, exit Catherine Vautrin, farouche opposante au cannabis récréatif et thérapeutique. Le nom de Dominique Voynet circule déjà, une bonne nouvelle pour les partisans d’une fin de prohibition. Une inclinaison au progressisme  qui se retrouve dans la majeure partie des membres de la nouvelle majorité.
Après avoir fait les yeux doux à l’électorat de droite, Emmanuel Macron va donc devoir soigner sa gauche et revoir (encore) sa position sur le statut légal de l’herbe : en 2017 il estimait que « La légalisation a une forme d’efficacité ».
Au delà des arguments de santé publique, une de ces formes d’efficacité est de remettre de l’argent dans les caisses de l’Etat alors que le budget de a explosé (5, 1% du PIB en lieu des 4,4% prévus par Bruno Le Maire) et que Bercy cherche plus de 10 milliards pour respecter ses engagement vis-à-vis de Bruxelles. Légaliser le cannabis, récréatif comme thérapeutique, pourrait rapporter entre 10 et 30 milliards à l’Etat, avec à la clef la création de 200.000 emplois.

Evidence économique

Une économie que l’on ne saurait refuser en  temps d’austérité et d’incertitude. Jouer au gaulois réfractaire nous place à contre-courant de la marche empruntée par nos voisins allemands et Luxembourgeois qui ont légalisé, tandis que la République tchèque et la Slovénie en prennent le chemin, que la Belgique annonce aussi sa volonté de changer de politique. Cette même politique répressive qui continue d’être appliquée en France à grand coups d’épée dans l’eau et d’opérations « Place nette XXL ». 
Pourtant, en 2020, plusieurs députés de la majorité dont Caroline Janvier et Jean-Baptiste Moreau  avaient laissé entendre que pour les élections présidentielles de 2022, qu’Emmanuel Macron serait le champion d’un changement de législation au profit d’une légalisation encadrée, à l’instar de celle pratiquée au Canada. Modèle vertueux récemment loué sur la chaîne du service publique France 2, dans le documentaire de Mathieu Kassovitz  “Cannabis”.
Les mêmes causes produisant les mêmes résultats, s’entêter a suivre une politique de répression vieille d’un demi-siècle relève de l’obscurantisme. Reste à espérer que ce nouveau gouvernement sortira la France de l’ornière pour lui redonner son titre de pays des lumières.

Gabriel Attal, Premier ministre de la légalisation du cannabis?

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Gabriel Attal vient d’être nommé à Matignon pour succéder à Elisabeth Borne. Le bon élève du gouvernement, désormais premier de la classe, a sur le cannabis des idées plus ouvertes que ses prédécesseurs. Un espoir pour la légalisation ? Éléments de réponse.

Le 15 janvier, au micro de BFMTV, Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, prenait position sur la légalisation de l’herbe qui fait rire. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin alors qu’une mission interministérielle sur le cannabis venait de lancer ses travaux à l’initiative du député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, le plus jeune membre d’un gouvernement sous la Vème République a tenu un discours des plus progressistes.

“On ne peut pas simplement dire : oui, il faut légaliser, sans se poser la question de savoir comment on l’accompagne” G. Attal

Lorsque Jean-Jacques Bourdin lui demande s’il faut ouvrir un débat sur la légalisation du cannabis, le futur ex-ministre de l’éducation nationale se fait très libertaire, tout du moins au regard de l’opinion du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et du reste du gouvernement Philippe.
« Le débat, il doit se faire sur l’ensemble du sujet. Il doit se faire aussi sur les questions de prévention, sur les questions de sanctions, sur les questions de contrôle. Il y a quelques mois j’étais en déplacement au Québec, dans le cadre de mes fonctions liées à la jeunesse, je préside l’Office franco-québécois de la jeunesse, et j’en ai profité pour aller rencontrer des acteurs, puisque le cannabis a été légalisé au Québec il y a maintenant quelques mois. J’ai vu la Cité québécoise du cannabis, j’ai vu des médecins de prévention, de santé publique, j’ai vu des personnes qui consomment. Ma conviction, la conviction que ça m’a donné, c’est que l’enjeu principal c’est celui de la prévention. On ne peut pas simplement dire : oui, il faut légaliser, sans se poser la question de savoir comment on l’accompagne » développait alors Gabriel Attal dans “Bourdin direct”.

La connaissance vient de l’expérience

Si l’ancien élève de l’école Alsacienne est aussi souple et renseigné, c’est parce qu’il parle en connaissance de cause. Lorsque Jean-Jacques Bourdin lui tance un « vous avez déjà fumé ? », le 1er ministre en devenir répondra d’un « oui » franc et massif… Pondérant ensuite d’un raisonnable et pudibond « je ne suis pas un consommateur, et j’ai vu aussi auprès de camarades, lorsque j’étais plus jeune, j’ai vu ce que ça a produit aussi pour des jeunes qui étaient complètement accros, parce que franchement il faut aussi le rappeler ça, on parle de cannabis récréatif, on parle de manière assez légère, pour des jeunes qui fument régulièrement, qui tombent là-dedans, ça ramolli les neurones, et moi j’ai vu des jeunes qui ont été totalement déscolarisés et qui sont sortis de tout circuit, et ça, ce n’est pas acceptable. Donc c’est pour ça que c’est un sujet qui est très important, très lourd et qui mérite qu’on regarde l’ensemble des facettes ».

Une pandémie et nombre de crises politiques plus tard, le discours de Gabriel Attal s’est fait plus ambigüe, notamment lorsqu’il était ministre délégué chargé des Comptes publics auprès de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. En février 2023, le futur locataire de Matignon s’était en effet félicité, en compagnie de son n+1 à Bercy, des saisies record de cannabis.

Reste à savoir comment, après avoir formé son gouvernement, il conjuguera la question cannabis sur le mode du « en même temps » cher au président.

 

 

Jean Baptiste Moreau creuse le sillon de la légalisation

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Jean Baptiste Moreau fait parti des élus LREM qui se sont ouvertement prononcés pour une fin d’interdiction de l’herbe, quitte à froisser la ligne prohibitionniste du gouvernement et du candidat Macron qui se dit “défavorable à la légalisation”  Dans un entretien accordé à Zeweed*, le député et rapporteur de la mission d’information sur le cannabis nous confiait pourtant que la légalisation du cannabis serait au programme du candidat à la présidentielle 2022. Faudra-t-il attendre les législatives pour que l’ex et futur locataire de l’Elysée (s’il est élu) tienne promesse? Il y a un an, le député de la Creuse y croyait en tout cas.

Jean-Baptiste Moreau doit aimer l’herbe. Quand il ne s’occupe pas de celle que vont brouter quotidiennement les 300 vaches de son exploitation agricole, c’est de celle que fument les français dont il se mêle, en soutenant la légalisation du cannabis. Membre de La République En Marche dont il est porte-parole depuis 2019, Jean Baptiste Moreau est député de la Creuse depuis 2017. A contre-courant de la politique du gouvernement, il recommande en mai dernier la fin de la prohibition sur la cannabis à l’occasion de la remise du rapport de la mission d’information sur le cannabis (MIC).
Sa pugnacité et celle d’autre rapporteurs LREM de la MIC comme la députée du Loiret Caroline Janvier aura payé, puisqu’un référendum sur la légalisation serait au programme électoral d’Emmanuel Macron  pour les élections présidentielles de 2022. L’élu creusois nous a accordé un entretien téléphonique depuis sa voiture, garé sur une aire d’autoroute de son département.

Quel regard porter sur 50 ans de prohibition?
Celui d’un échec total. Malgré la prohibition, la consommation n’a cessé d’augmenter en France. A tel point que nous sommes le plus gros consommateur de cannabis d’Europe, avec une des politiques les plus répressives. On voit bien que cette gestion, qui aboutit à un million de consommateurs réguliers dans l’hexagone, ne fonctionne pas. Ca me rappelle la prohibition de l’alcool aux USA de 1929 à 1933, à laquelle Roosevelt a judicieusement mis un terme.
La prohibition ne peut pas fonctionner pour des consommations de masse comme l’alcool ou le cannabis.

“La prohibition ne peut pas fonctionner pour des consommations de masse comme l’alcool ou le cannabis”.

La Mission d’Information Parlementaire sur le Cannabis (MIC), dont vous êtes rapporteur, a rendu son rapport qui recommande entre autre la légalisation du cannabis récréatif. Pourtant, le gouvernement continu de camper sur des positions prohibitionnistes : Tout ça pour ça?
Effectivement, c’est un peu frustrant. Après, nous verrons si le temps donne raison à nos recommandations. Pour moi, qui ai suivi une formation scientifique, je pars du principe que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Nous avons mené une politique de prohibition sans aucun succès durant 50 ans. Je ne vois pas pourquoi cette même politique fonctionnerait aujourd’hui ou dans les 20 prochaines années. Ce n’est pas en multipliant les effectifs de police que l’on va éradiquer le marché illégal. Un commissaire haut gradé de la brigade des stupéfiants me confiait récemment le coté illusoire et vain de cette lutte contre le deal: quand une opération est menée, avec tout ce que cela suppose en mobilisation d’effectifs et de moyens, trois autre points de vente apparaissent le lendemain. On sait le caractère inefficace de la prohibition, mais on continu à s’entêter dans cette voie.

“Nous avons mené une politique de prohibition
sans aucun succès durant 50 ans.
Je pars du principe que les mêmes causes
produisent les mêmes effets”.

Quel est le point de blocage qui empêche la France d’aborder le problème comme l’on fait le Canada, les USA et une grande partie des pays membres de la communauté Européenne qui ont assouplit leur législation ?
Je pense que nous sommes restés dans une position trop dogmatique sur le sujet, et que les ministres concernés par ce dossier ignorent tout bonnement la question pour des raisons personnelles. En exemple, le premier ministre, qui est en charge de la réécriture de l’arrêt de 1990 (qui encadre les dispositions entourant la vente de chanvre bien-être NDLR) n’a même pas lu notre rapport sur la question CBD, fruit de deux ans de travail. Autant dire que ce n’est pas très engageant pour ouvrir un dialogue.
Encore une fois, les à-priori et positions dogmatiques tuent dans l’oeuf toute discussion. Quand je constate que certains membres du gouvernement  font encore la confusion entre CBD et THC… je ne peux que regretter que les travaux de la MIC n’ai même pas été gratifiés d’une lecture. C’est dommage, ça aurait contribué à grandement clarifier le débat.

“Certains membres du gouvernement
  font encore la confusion entre CBD et THC”

De fait, nous sommes encore dans la caricature,  quand j’entend par exemple certains ministres opposer à la légalisation le danger de l’escalade vers des drogues dites dures. C’est tout le contraire! C’est justement parce qu’aujourd’hui, le dealer a tout intérêt à vendre autre chose que du cannabis qu’il propose des drogues addictives et dangereuses, son intérêt étant d’accrocher le client.
Or, une des idées force de la légalisation est de couper du marché noir les consommateurs de cannabis!

Jean-Baptiste Moreau, la légalisation, il y croit dur comme vert.

La député LREM Caroline Janvier nous confiait dans un récente interview qu’un référendum sur la légalisation serait très vraisemblablement au programme d’Emmanuel Macron pour les présidentielles de 2022. Vous y croyez?
Oui, j’y crois. A l’image de ce qu’a fait Justin Trudeau au Canada (qui a légalisé le cannabis récréatifs quelques semaines après son élection en 2018 NDLR).
J’y crois parce que les positions du président sur la question, sauf dernièrement, ont toujours été mesurées. Il n’a pas de certitudes sur le sujet, et à ce titre, je crois en la capacité du LREM à en faire un des axes de sa campagne présidentielle.
Dans ce cadre-là, un référendum sur la légalisation du cannabis me paraît très probable.
D’ailleurs, il en a parlé récemment, de cette volonté d’organiser un débat autour de cette question.

“Dans le cadre de la campagne présidentielle (…)
Un référendum sur la légalisation du cannabis me paraît très probable”.

Ce serait pour quand, ce référendum, si Emmanuel Macron venait à être réélu?
Pour le premier semestre suivant l’élection. Encore une fois , à l’image de ce qu’a fait le premier ministre canadien Justin Trudeau, ce genre de décision s’impose en tout début de mandat, sinon, ça n’a pas de sens.

Et cette légalisation, justement, vous la voyez comment? Entièrement régie par l’Etat, comme l’imagine François-Michel Lambert, ou plus ouverte comme la conçoivent Caroline Janvier ou Eric Coquerel?
Je suis pour que l’Etat joue un rôle de régulation et de contrôle. Le but n’est pas de suivre un modèle type Colorado où c’est du tout-business avec de la publicité pour encourager à consommer ce qui reste tout de même une drogue. L’idée est de faire baisser la consommation, pas de l’inciter. Il m’apparaît important que l’Etat contrôle la distribution et la qualité des produits mis en vente. Je suis pour un commerce du cannabis sous contrôle de l’Etat et non pas fait par l’Etat. On voit bien que quand la production, la transformation et la distribution sont entièrement régies par l’Etat, comme en Uruguay, les résultats ne suivent pas:  le marché noir subsiste.

“Au Canada on voit que ça marche,
la consommation de cannabis chez les mineurs
est en baisse dans tout le pays”

Un modèle à la canadienne, le Québec** mis à part?
Oui, au Canada on voit que ça marche;  la consommation de cannabis chez les mineurs est en baisse dans tout le pays ainsi que la consommation de bière, avec des profits substantiels enregistrés dans les caisses de l’Etat. Après, il faut que cet argent dégagé sur les ventes de cannabis serve à mener des campagnes d’information et de prévention dans les écoles et quartiers sensibles. Il s’agit de créer un cercle vertueux.

Sur le récréatif, vous croyez à une filière française?
Pas en intégralité: les filières d’approvisionnement qui existent, il va falloir les traiter d’une façon ou d’une autre en les intégrant légalement au marché.  Bien entendu en contrôlant la qualité et le mode de production des produits importés. Sur cet axe, je pense notamment au Maroc. Nous avons des atouts pour proposer des produits de qualité, mais ne compter que sur la filière française pour alimenter ce marché me paraît peu réaliste.

Et vous, vous l’avez expérimenté ce cannabis récréatif?
Ca fait quelques années maintenant, mais oui, j’ai essayé. Quand on est jeune, on essaye des choses..  et lors de fêtes, ça m’est arrivé d’en consommer. A titre personnel, je n’en garde pas un souvenir impérissable: ça me donnait mal à la tête (rires)

*Interview réalisée en juillet 2021
**Au Québec, c’est le gouvernement de la province qui assure la production et la vente de cannabis dans des dispensaires d’Etat gérés par la SQDC.

 

Les candidats à la présidentielle font-ils la différence entre CBD et THC? Pas vraiment.

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Alors que le gouvernement souhaite toujours interdire la vente de fleurs de CBD et que le candidat Macron vient d’annoncer ne pas être favorable à la légalisation du cannabis, Konbini a demandé à 8 candidats quel était la différence entre THC et CBD. Le résultat laisse franchement pantois puisque seul 2 postulants à la magistrature suprême ont (à peu près) su faire le distinguo entre les deux cannabinoïdes. Zeweed a relevé les copies.

Si tous les politiques ont un avis bien tranché sur la légalisation du cannabis et l’interdiction de commercialisation de fleurs de chanvre bien-être (CBD), leur connaissance de la plante laisse franchement à désirer. Sur 8 postulants à la présidence de la République française, un seul aura su correctement répondre à la question “quelle est la différence entre le CBD et le THC“,  alors qu’un second s’en tirait tout juste à coup d’approximations. Un grand travail d’information s’imposant, la rédaction a fait parvenir aux intéressés une invitation à venir suivre un cours de rattrapage dans nos bureaux parisiens. En attendant leurs réponses à notre courrier, voici les leurs à la question posée par le média en ligne Konbini.

Nathalie Arthaud: 0/20
Créditée de moins de 2% d’intentions de vote, la chef de file de lutte Ouvrière appelle dorénavant à fumer ses idées.
“Non, je ne peux pas vous dire la différence, (…) mais j’appelle la jeunesse à se droguer aux idées révolutionnaires”.

Anne Hidalgo: 0/20
La maire de Paris aurait-elle été prise dans un embouteillage qui lui aura fait rater la précieuse information?
“Euhh..; je sais pas, Je ne saurais pas vous dire”, concède la candidate socialiste.

Dupont Aignan: 0/20
Le chef de file de “Debout la France” peut aller se coucher au fond de la classe. L’outsider d’extrême droite ayant gratifié la question d’un très souverain: “Je sais qu’il y a une différence mais ça ne m’ intéresse pas”. 

Philippe Poutou: 0/20
“Là, vous me posez une colle”. Ca alors! Des bisous, Philou.

Eric Zemmour: 0/20
Le polémiste a eu le verbe moins haut que d’accoutumé. Si l’ancien journaliste a toujours réponse à tout, il n’aura pas fait sensation sur la verte question dont la réponse est restée bloquée aux frontières de ses connaissances.
“Le THC,  je crois que c’est le taux de …. de…  dans le dans le cannabis quoi.”

Valérie Pecresse: 2/20
La candidate de la droite modérée botte gauchement en touche  d’un “j’ai pas d’avis sur les substances qui sont considérés comme non toxiques par la science c’est à la médecine de dire ce qui est toxique et ce qui ne l’est pas”. Comprenne qui pourra…

Yannick Jadot: 12/20
Le candidat écologiste, pro-légalisation, déçoit par son imprécision sur un dossier qu’il dit pourtant maîtriser . Si le THC est bien le cannabinoïde psychotrope de l’herbe, ce n’est pas un taux…
“Le THC est le taux de psychotropes dans le cannabis”

Fabien Roussel : 19/20
Le communiste aux 1,4% d’intention de vote s’avère le plus compétant sur la question, bien plus loquace que lorsqu’il était attaché parlementaire.
“Le CBD est ce cannabis qui est en ventre libre, non toxique et que l’on peut fumer sans avoir les effets nocifs du cannabis” (illégal NDLR).

 

Présidentielles: qui est pour la légalisation du cannabis? (et qui est contre)

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A quelques jours du premier tour des présidentielles, Zeweed fait le point sur la position des candidats au sujet de la légalisation du cannabis. Demandez le programme!

Yannick Jadot : pour la légalisation 

Le premier à avoir dit oui
Si Emmanuel Macron a été le dernier à clarifier sa position en annonçant “n’être pas favorable à la légalisation“, c’est Yannick Jadot qui fut le premier à se prononcer sur le vert sujet dans le cadre de la Présidentielle 2022.
Pour le chef de file EELV pro-légalisation, cette dernière “est un enjeu majeur de santé publique et de sécurité“.
Le député européen estime qu’une fin de prohibition “mettrait fin à l’emprise de mafias dans certains quartiers en réduisant les trafic et serrait  une solution pour traiter de façon efficace l’addiction”.
Le candidat écologiste regrette notamment que “de plus en plus de jeunes consomment des produits de qualité médiocre” et souligne non sans justesse que : “la France est le pays le plus dur du point de vu de la loi, et le pays où les jeunes fument le plus”.
Concrètement, Yannick Jadot souhaiterait ouvrir des points de vente “sous contrôle d’État”,  tout en menant une vaste politique de soin et prévention des addictions.

 Le sujet légalisation est abordé par Yannick Jadot à 26’50 après le début de l’entretient.

Jean Luc-Mélenchon : pour la légalisation 

Du rouge au vert
Invité sur BFM TV par Jean-Jaques Bourdin, l’élu LFI a annoncé le 18 octobre (et pour la première fois, ce n’avait pas été le cas en 2017) son intention de légaliser le cannabis récréatif.
« Si vous êtes président, vous légalisez le cannabis ? » interroge Jean-Jaques Bourdin.
« Oui, c’est ce qu’il faut faire, le reste a échoué. Je suis un pragmatique et dans ce domaine, on fait ce qui marche. La prohibition n’a rien donné » répondra le député de la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône.
Une dizaine de jours plus tard, Jean-Luc Mélenchon confirmait sur son compte Twitter sa volonté d’en finir avec la prohibition du cannabis.

Le 18 mars, sur le site Konbini, le chef de file de la France Insoumise scellait son intention de mettre fin à la prohibition de l’herbe. Et à la question “avez-vous déjà fumé du cannabis?” Jean-Luc Mélenchon répondra “ très probablement, mais je ne m’en souviens pas“. C’est bien connu, le THC, c’est pas bon pour la mémoire…

Jean Lassalle : pour la légalisation 

Perché de montagne
L’élu lunaire des Pyrénées est pour une légalisation encadrée. Dans une video de Konbini dans laquelle 9 candidats à la Présidentielle précisaient leurs positions sur le sujet cannabis, l’ancien berger  se souvient avoir tiré sur un pétard ” sur un infime petit lagon au Québec“.

Philippe Poutou : pour la légalisation

Yeux rouges et programme red
Le chef de file du Nouveau Parti Anticapitaliste s’est lui prononcé pour une levée de l’interdit qui pèse sur la plante depuis 61 ans. En revanche, il n’a que peu tâté de la chose même si “ça fumait sans arrêt autour de moi“.

Qui est contre?

Eric Zemmour : contre la légalisation

Oui, puis non, puis oui si le non ne marche pas
Contre toutes attentes -y compris les siennes-, Eric Zemmour a été pendant quelques mois  pour la légalisation : “Mon premier réflexe est d’interdir et taper plus fort… Mais j’essaye de réfléchir en fonction des faits, des réalités. Et je me dis : ça ne marche pas, on a des chiffres terribles, il faut le reconnaître, la répression ne marche pas. Je me demande si on ne devrait pas organiser la légalisation ordonnée du cannabis” estimait alors le candidat aux présidentielles lors d’un entretient accordé à CNews. Le naturel est revenu au galop, l’ancien journaliste est désormais opposé à la légalisation. Le compagnon de Sarah Knafo estime “que nous n’avons pas vraiment essayé la répression“, et suggère d’appliquer la même recette (en plus salé) pour obtenir des résultats différents. “Et si la répression ne marche pas, je légaliserais“, a récemment précisé le polémiste qui ratisse large.

Valérie Pécresse : contre la légalisation

Fidèle au poste
Sans doutes plus par tradition et loyauté que conviction, Valéry Pécresse est contre la légalisation.
Dans le détail, la championne Les Républicains aux présidentielles rejoint peu ou prou l’actuelle politique du gouvernement (avec la mise en place de l’amende délictuelle) en expliquant “quil faut taper au portefeuille les consommateurs “.
En 2017, alors qu’elle briguait la présidence de la région Ile-de France, Valérie Pécresse avait fait de lutte contre la consommation de drogues et notamment du cannabis un de ces principaux arguments de campagne, en dépit d’une population francilienne favorable à la dépénalisation de la weed.
Le détail fumeux: en 2016 un des ses 2 fils est interpellé par la Police alors qu’il roulait un joint. Sur lui, les forces de l’ordre trouveront un peu plus de 3 grammes de cannabis. Il fera une brève garde-à-vue dans le commissariat du 15e arrondissement de Paris.

Marine Le Pen : contre la légalisation

Soigne ton extrême-droite
Pour la candidate frontiste “Ceux qui pensent qu’en légalisant le cannabis, les dealers vont devenir producteurs de melons à Cavaillon sont au mieux des naïfs, au pire inquiétants. Il faut mener la guerre contre la drogue“. Pour ce faire, tout comme son père Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen souhaite la tolérance zéro pour les revendeurs, ainsi “qu’adapter les peines des dealers en fonction des kilos ou des grammes de drogue qu’ils détiennent“.
Selon un sondage Ifop pour CBD-grams.com, 40% des électeurs du Rassemblement National seraient pourtant favorables à une dépénalisation de l’herbe.

Nicolas Dupont Aignan : contre la légalisation

“Parce que c’est mauvais pour la santé”
Le député de l’Essonne ne souhaite pas légaliser le cannabis “parce que c’est mauvais pour la santé“, et que ” légaliser augmenterait obligatoirement la consommation et la reporterait sur d’autre drogues“. Deux arguments risibles (quid des effets de la cigarette et l’alcool sur la santé/ tous les Etats et pays ayant légalisé n’ont pas constaté d’augmentation de la consommation de cannabis ni un afflux vers d’autres drogues des consommateurs de ganja à la suite de la légalisation) qui démontent qu’un grand travail d’information reste à faire auprès du candidat souverainiste.

Emmanuel Macron : contre la légalisation

En marche à droite
Le 17 mars, Emmanuel Macron a précisé son intention en cas de réélection : celle de continuer à interdir l’usage du cannabis, avec un plan de lutte renforcé sur son commerce, dans la continuité de la politique de Gérald Darmanin. Le locataire de la place Beauvau a fait du trafic sa priorité numéro un, à grand renfort d’amendes à 200 euros pour les consommateurs (140 00 amendes délictuelles ont été dressées depuis septembre 2020, date de la mise en application de cette dépénalisation payante) et de slogans choc “hors de question de légaliser cette merde“.

D’autres membres de la majorité, à l’image de Caroline Janvier (députée LREM du Loiret) et Jean-Baptiste Moreau (député LREM de la Creuse) voiyaient pourtant le futur candidat Macron porter la légalisation en 2022, en proposant un référendum s’il était élu.
En septembre 2016, alors qu’il venait de se déclarer candidat, Emmanuel Macron avait aussi laissé planer le doute en reconnaissait à la légalisation «une forme d’efficacité».

 

Marseille accueille samedi 19 mars un grand colloque sur la légalisation du cannabis.

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Samedi 19 mars se tiendra dans la cité phocéenne une série de conférences sur les enjeux liés à la légalisation du cannabis. L’évènement est organisée à l’initiative du groupe écologiste et citoyen de Marseille, de l’association NORML France, de l’entreprise Alpha-CAT/Kanavape et  avec le soutien du groupe Les Verts/ALE au Parlement européen.

Elus locaux, personnalités politiques, spécialistes, entrepreneurs, associations et consommateurs  se sont donné rendez-vous samedi 19 mars donnent rendez-vous au parc Chanot pour une journée entière de débats sur la légalisation du cannabis.

En marge de l’évènement, un village associatif et des stands d’information  permettrons au public de faire connaissance et de s’informer au contact des acteurs impliqués dans ce débat.

Programme de la journée: 

9h – Ouverture et point presse

Ouverture des lieux, vérification des invitations et accueil du public au village associatif.

10h-10h30 – Discours d’accueil par les organisateurs

David Cormand (député européen, Les Verts/ALE), Fanny Fontan (Groupe écologiste et citoyen de la ville de Marseille), Sébastien Béguerie (PDG Kanavape/Alpha-CAT), Hugo Bessenay (Resp. Affaires Publiques NORML France)

10h30-12h00 – TABLE 1 : Echecs de la prohibition & constats.

Prof. Christian Muller (Chercheur, faculté de Pharmacie de Strasbourg), Serge Supersac (Ex-policier, chercheur à l’ORDCS), Khadidja Sahraoui-Chapuis (Chercheuse, Laboratoire Méditerranéen de Sociologie), Béatrice Stambul (Psychiatre, ASUD Mars Say Yeah).

Animation / Modération : Michel Henry (Journaliste)

12h-13h30 – Pause Déjeuner

13h30-15H15 – TABLE 2 : Réglementation actuelle et marché du cannabis : retours en France et à l’étranger.

Me Xavier Pizarro (Avocat Kanavape), Me Charles Morel (Président de l’Union des professionnels du CBD), Jouany Chatoux (Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes/La ferme Bio de Pigerolles), Ludovic Rachou (UIVEC), Nicolas Todorovski (Bural Zen), Mao Aoust (PDG, High Society).
Animation / Modération : Sébastien Béguerie (Kanavape/Alpha-CAT).

15h30-17h – TABLE 3 : L’état du débat législatif en France.

Eric Coquerel via Zoom (Député LFI), Marie Vogel (Sénatrice EELV), Farid Ghehiouèche (Cannabis Sans Frontières).
Modération : David Cormand (Les Verts/ALE)

17h15 – 19h – TABLE 4 : Quel cadre normatif et modèle économique de légalisation pour la France ?

Kenzi Riboulet (Chercheur indépendant, co-fondateur NORML France, FAAAT), Davide Fortin (Chercheur Panthéon-Sorbonne, MPG), Christian Ben Lakhdar (Professeur et maître de conférences à l’université de Lille), Céline Burgos (Habitante la Busserine).
Modération : Karima Berriche (Sociologue, spécialiste des Quartiers Nord de Marseille)

19h-20h – Conclusion de la journée.

Un moment d’interpellation des candidats et candidates à l’élection présidentielle (ou leurs représentants) sur la question de la légalisation est prévu. Priorité de parole sera donnée aux journalistes et aux participants membres des différentes associations présentes dans la salle.

Un point sur l’état des réponses du #ScoreNORML sera réalisé,  en plus d’inviter candidats et parlementaires à y participer : https://score.norml.fr

L’entrée est gratuite, mais les places limitées.

Julien Bayou (EELV) souhaite la légalisation de tous les cannabis

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Le 31 décembre, le gouvernement interdisait le commerce de fleurs de CBD. Une décision aberrante pour le secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) Julien Bayou qui souhaite, comme Yannick Jadot, la légalisation du cannabis.

Le gouvernement a interdit le 31 décembre la vente de fleurs ou de feuilles brutes de CBD, la molécule non psychotrope du cannabis. Il n’est donc plus possible d’en acheter en France alors que ses ventes représentent 60% du chiffre d’affaire des commerces de CBD.
Invité sur Europe Matin vendredi 21 janvier, Julien Bayou a dit tout le mal qu’il pensait de la décision, réaffirmant son soutient à la légalisation du cannabis, position aussi prônée par le candidat EELV aux présidentielles Yannick Jadot.

La filière CBD française au bord du gouffre

Le CBD n’a pas d’effets psychotropes ni d’accoutumance. C’est une filière qui s’est développée, il y a 20.000 emplois et des consommateurs qui y ont recours pour le sommeil, pour lutter contre certaines douleurs, et aussi certains pour passer du cannabis – le stupéfiant – à ce produit non stupéfiant. Et nous estimons que c’est une bonne nouvelle en réalité si cela permet à certains d’arrêter la drogue et réduire les risques.” précisait l’écologiste sur Europe 1.
Julien Bayou dit ne pas comprendre la logique du gouvernement, “qui a repris à peu près le même arrêté que celui interdit au niveau européen. Il condamne la filière de ces professionnels au chômage et à la faillite. Ce n’est pas sérieux.”

Légalisation du cannabis récréatif

Julien Bayou a également confirmé qu’ EELV est en faveur de la légalisation du cannabis, comme près de la moitié des Français . “Si l’on regarde froidement les chiffres, c’est un fiasco. Nous avons la politique pénale la plus répressive d’Europe et le taux d’addiction chez les mineurs parmi le plus élevé“, a appuyé le secrétaire national du parti de Yannick Jadot.
C’est un fiasco en termes de santé, et aussi de sécurité. La police perd des millions d’heures à traquer des petits consommateurs, ça se répercute sur la justice et tout ça ne fonctionne pas” a-t-il précisé dit avant de conclure. “La légalisation a fait ses preuves au Canada, au Portugal et ailleurs. C’est ce que nous voulons faire et ça permet la prévention.”
A bon électeur, salut…

L’Assemblée nationale rejette la proposition de loi de légalisation du cannabis.

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Le groupe La France Insoumise (LFI) derrière Eric Coquerel présentait hier à l’Assemblée nationale son projet de loi sur la légalisation du cannabis. Si, sans surprise, le texte n’a pas été voté, le discours des opposants à la réforme a laissé la porte entrouverte en suggérant que seule une consultation nationale pourrait enterrer 50 ans de prohibition.

A l’exception du groupe LFI, les députés n’étaient pas venus nombreux pour débattre et voter la première proposition de loi visant à légaliser le cannabis récréatif en France. Le groupe LREM s’était tout de même assuré d’avoir suffisamment d’élus présents dans les rangs de l’hémicycle pour que l’initiative portée par Eric Coquerel ne passe à la faveur d’un manque de votes de la majorité .

Eric Coquerel (LFI), en plein plaidoyer de sa proposition de loi sur la légalisation du cannabis

19 voix pour, 54 contre

Il est 22h 45 quand le texte est rejeté (19 voix pour et 54 contre), fort de l’adoption des amendements de suppression déposés par la majorité, dont un déposé par la député LREM Caroline Janvier, rapporteuse de la mission d’information sur le cannabis et pourtant partisane de la légalisation.
Seul dissident LREM, le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, qui est intervenu à la tribune pour soutenir l’initiative progressiste de groupe LFI.

Si le projet de loi d’Eric Coquerel n’avait aucune chances de passer, le débat aura permis de voir émerger un début de compromis possible. Bien loin de la politique « hors de question de légaliser cette merde » chère au Ministre de l’intérieur, la réponse des députés LREM laisse entrevoir un assouplissement de la ligne zéro négociation sur laquelle campait le gouvernement.

Les députés LREM ne sont pas venu nombreux, mais suffisamment pour bloquer le projet de loi porté par Eric Coquerel et la France Insoumise.

“Débat de société et consultation nationale”

Si pour le député LREM Belkhir Belhaddad « une légalisation en fin de mandat n’aurait pas de sens »: rendez-vous est donné en demie-teinte après les élections présidentielles, en cas de victoire d’Emmanuel Macron évidement. Pour l’élu de la Moselle,  “il faut avant tout organiser un débat de société sur la question du cannabis, afin de consulter l’ensemble des citoyens sur sa légalisation.”

Même son de cloche du coté de François Jolivet, pourtant très proche des idées de Gérald Darmanin. Le député de l’Indre estime lui aussi que cet enjeu de taille ne peut être traité « que lors d’un débat et d’une consultation nationale », et non en fin de mandat. Ils semblent s’être donné le mot…

Une bonne nouvelle et un signe d’assouplissement de la majorité sur la question cannabis, qui ne compte pas s’offrir le luxe de tourner le dos à 1,5 millions de consommateurs réguliers et une majorité de français favorables à la dépénalisation de l’herbe.

François Hollande légaliserait le cannabis

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Après l’Allemagne, c’est Hollande qui veut légaliser le cannabis. Nous ne parlons pas des Pays-Bas mais du 7ème Président de la Vème République. Dans un entretien accordé à Kombini, François Hollande s’est en effet prononcé en faveur d’une fin de prohibition de l’herbe.

C’est à l’occasion de la croustillante interview sandwich de Kombini que l’ancien chef de l’Etat s’est déclaré en faveur de la légalisation du cannabis.
Pendant sa campagne de 2012 et durant son quinquennat, le  « président normal »  s’était pourtant opposé à toute évolution de la loi de 1970.

Les absents ont-ils toujours raison? Toujours est-il que 5 ans plus tard, François Hollande en arrive à la conclusion qu’il faudrait finalement légaliser la weed, afin mieux contrôler sa consommation, éradiquer son trafic illégal et prendre à bras le corps cet enjeu de santé publique.
L’ex locataire de l’Elysée souligne à cet effet que “la consommation de cannabis introduit depuis des années un commerce, un trafic illégal, qui a gangrené des quartiers et largement perturbé la vie des habitants“.

A l’heure où la France prend la présidence de l’Union Européenne, François Hollande observe aussi que  “en Allemagne la coalition gouvernementale va proposer la légalisation du cannabis. Il est important qu’on puisse en Europe conjuguer nos efforts pour aboutir aux mêmes solutions”.

Emmanuel Macron écoutera-t-il d’une bonne oreille les conseils avisés de son ex-mentor et les voix des 51% de français qui souhaitent en finir avec la prohibition? Réponse en février, mois durant lequel le candidat et Président sortant devrait dévoiler son programme.

Jadot 2022 : un programme qui manque de souffle?

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Le candidat des écologistes à la présidentielle décline son programme. Verdict : pas de surprise, peu d’ambition. Et zéro envie.

Yannick Jadot ne perd pas de temps. Sitôt désigné candidat à la présidentielle par la primaire des écologistes, le député européen défouraille son programme. Dans un long entretien accordé au Journal du dimanche, l’ancien directeur des campagnes de Greenpeace-France multiplie les propositions dans le domaine du social, des institutions, de l’économie. Il y glisse même quelques idées écologistes. Ma rubrique étant teintée de vert, je me consacre à ce chapitre.

D’entrée de jeu, le Picard promet d’éradiquer l’élevage industriel. Bonne idée, a priori. A ceci près que remettre dehors veaux, vaches, cochons nécessite de trouver des terres supplémentaires. Et pas qu’un peu ! La réglementation sur le « plein air » impose 4 m2 par poule. Les paysans français élèvent chaque année 40 millions de poules. Les faire vivre outdoor nécessite de trouver 16.000 hectares de terrains. Pas gagné. D’autant qu’il faudra aussi trouver des terrains supplémentaires pour les canards, les oies, les bovins, les caprins, les cochons, les dindes, les cailles, les lapins. Pas gagné en période de déprise agricole. Mais là, pas de proposition concrète du candidat vert.

Pour qui l’argent public ?

Les lobbys ? Yannick Jadot veut les « extirper » de l’économie française. Certes, mais nul ne sait comment. Alors bien sûr, « chaque euro d’argent public sera conditionné à la protection de l’environnement ». Mais entre un fabricant de batterie de véhicule électrique et un importateur de panneaux solaires chinois, qui le protège le mieux ?

A propos de sous, l’ancien porte-parole de l’Alliance pour la planète promet un programme d’investissement public de 50 milliards d’euros par an, dont la moitié sera consacrée « à la reconstruction ». On n’en sait pas beaucoup plus. Ce que nous dit, en revanche, l’institut pour l’économie du carbone (I4CE), c’est que pour atteindre les objectifs de décarbonation que nous nous sommes fixés, nous devons investir de 65 à 74 milliards d’euros par an. Faudra trouver un petit peu plus de sous, monsieur Yannick.

Un ISF climatique

Le tombeur de Sandrine Rousseau veut avancer de 10 ans (2030 donc)  l’interdiction de vente de voitures à moteur thermique. Génial ! Surtout si les industriels tricolores produisent des batteries « 100% recyclables ». Sauf que, sur la trentaine de gigafactories en train de sortir de terre en Europe, seules deux sont situées dans l’Hexagone. Ce ne sera pas facile de convaincre leurs concurrentes de passer à l’économie circulaire. Mais on peut essayer.

La taxe carbone est appelée à repartir à la hausse, semble-t-il. Sans qu’on sache très bien comment le président Jadot évitera de rallumer le mouvement des Gilets jaunes. Seule promesse : « nous ne laisserons personne au bord de la route ». Quoi qu’il en coûte ? Il faudra alors que l’impôt sur la fortune climatique (c’est prévu !) taxe très lourdement les riches émetteurs de gaz à effet de serre pour que la mesure soit socialement indolore. Rappelons que pour être efficace, la taxe carbone devrait atteindre 250 € la tonne de CO2 émise. Soit 5 fois le niveau actuel.

Gaspillages énergétiques ?

A propos de carbone, le candidat écologiste propose de rendre gratuits les premiers kWh d’électricité et les premiers m3 de gaz naturel. Ce qui n’est pas une mesure favorable aux économies d’énergie, ni aux finances d’EDF et d’Engie dont l’Etat est un gros actionnaire. Gaspillage d’énergie et d’argent public ?
Refrain incontournable d’un écolo : la sortie du nucléaire. Le Jadot 2022 la promet pour 2042. Soit. Mais que faire des millions de tonnes de déchets nucléaires que génèrera le démantèlement de 58, réacteurs si l’on ne peut les mettre quelque part ? Car Yannick Jadot le dit depuis longtemps : « l’enfouissement des déchets nucléaires : ni à Bure ni ailleurs ».

On ne va pas se mentir comme dirait Nicolas Hulot. Le programme environnement de Jadot est truffé de promesses intenables. Comme le sera celui de tous les programmes des candidats déclarés ou à venir.
Ce qui manque, c’est un souffle, un récit, une ambition. Le géant vert ne donne pas (encore ?) l’impression qu’il est celui qui fera entrer la France dans le siècle de l’écologie sociale. Il a encore six mois pour me faire mentir.