Georges Desjardin-Legalt

Journaliste, peintre et musicien, Georges Desjardin-Legault est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu au Canada, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du site.

Cannabis, cuisine et télévision.3

3ème et dernière partie de notre sélection des meilleurs vidéos culinaire aux fines herbes.

High Cuisine le trois étoiles Michelin de la gastrono-weed sur écran.
Noah Tucker et Anthony Joseph, deux chefs américains aguerris, ont conçu l’année dernière aux Pays-Bas un   « diner psychédélique parfait » composé de huit plats. Le menu fou  a été servi dans  un restaurant d’Amsterdam, deux soirs de suite, à une vingtaine de  veinards. Pour 80€, les invités auront eu droit (entre autres) à une soupe de Belladone, une salade de  foie gras à l’huile de haschisch, un risotto aux truffes et  psilocybes , un filet de cabillaud sauce Lemon Haze, des feuilles de Coca caramélisées et pour faire glisser le tout  des infusions dont la composition est restée un mystère. Attachez vos serviettes. Les clients sont ravis, les autorités locales moins, les compères en resteront là en ce qui concerne la restauration stupéfiante. Fort du buzz et succès de l’opération, Noah et Anthony décideront de partager leur savoir sur le net en produisant High Cuisine. Soit douze épisodes légendaires d’une cuisine pour stratosphère. Hélas, à l’instar des bons restaurants, l’émission est difficile d ’accès puisqu’elle est uniquement disponible sur la plate-forme néerlandaise Videoland ou en téléchargement. Pour ceux qui ne trouveront pas de table à leur show TV,  les frères pétard de la vitrocéramique ont sorti un livre de recettes issu des plats présentés dans l’émission.

(https://www.highcuisine.com/buy-high-bites)

Verdict : probablement le must du must, mais clairement réservé aux Keith Richards de la fourchette.  À consommer avec la plus grande modération et prudence si vous vous lancez dans l’aventure chez vous.

-The cannabis cooking channel.
Plus confidentielle, disponible uniquement sur Youtube, la chaine n’en est pas moins pointue et pratique. La production est plus modeste dans cette émission qui nous est présentée par « Jeff the 420 Chef », un chef qui derrière son plan reçoit un invité-cuisinier pour des créations pas compliquées à faire à la maison. Les quinze épisodes disponibles sont filmés low-cost, façon « La cuisine des mousquetaires de Maïté ».  Gobe ta weed expliqué Old School, c’est l’angle pédagogique et finalement utile de la Cannabis Cooking Channel.
Verdict :Le Ryanair des show gastrono-weed : comment planer efficace et cheap.

Bonus fooding-légende :-un diner chez Hunter S. Tompson (Vice).
Pour fêter la légalisation du cannabis au Colorado, David Bienenstock, pilier du magazine High Times,  a organisé un diner dans le chalet que le très regretté Hunter S Thompson possédait à Aspen. Huit invités de marque, dont la veuve et gardienne du temple de Hunter S.Thompson, se mettent à table pour un mémorable ganja-bouffe. Ça vaut le détour, ne serait-ce que pour reluquer la demeure de l’auteur de Las Vegas Parano.

Vidéo disponible sur le site de Vice.

Alexis

Cannabis, cuisine et télévision.2

Partie 2 de votre guide culinaire pour stoner.

-Bong appetit Cook Off
Diffusé après deux saison de Bong Appétit ,  « Bong appétit Cook Off »   se savoure toujours sur Viceland, mais sur un format plus classique et convenu  puisque l’émission est à 90% tournée  en plateau. Nous y croiserons B-Real (Cypress Hill)  en  maitre d’hôtel /présentateur. B-Real est flanqué de deux juges ( Vanessa Lavorato et  Miguel Trinidad),  qui  distribuent bons et mauvais points aux  trois candidats-chefs du jour. Trois marmitons en herbe qui viennent de tous horizons, du chef de restaurant à la mère au foyer qui fait traiteur à ses heures perdues en passant par le lauréat d’une saison de Top Chef US.  Chaque épisode met à l’honneur une variété de weed que les participants devront bien entendu intégrer au plat qu’ils auront choisi de confectionner. Pineapple OG, Lemon Tree, Purple Lights et Durban Poison seront ainsi dispensés sans compter aux cuistots qui s’affrontent dans une festive et fumante ambiance. Quelques autres règles sont à observer, comme se servir des ingrédients de la « Hot Box »,  une cloche sous laquelle se cachent trois éléments surprise que les marmitons devront incorporer à leur recette.
On trouvera dans la « Hot Box » aussi bien du caviar et des truffes que du beurre de cacahuète ou de la confiture de fraises.  Pendant que les popotiers s’agitent dans la chaleur des fourneaux, B.Real et les deux juges se la collent tranquilles sur un sofa du plateau. Ry Prichard, docteur ès cannabis aux mille ganjas surprenantes en profite pour faire découvrir d’étonnantes herbes au  trio de coach surfer. Trio qui s’enfile par ailleurs de masto-joints avec  une très professionnelle résistance. Inhérent au conducteur de ce genre de show : le portrait minute de chaque participant  filmé in situ dans son habitacle naturel.  Nous rencontrerons ainsi Unika dans son food truck à Washington, Niki dans son intérieur cossu de San Francisco ou  Maya dans sa ferme du Colorado… Cook off rattrape cette petite lourdeur avec une jolie surprise du chef en guise de trou normand. Au milieu de chaque épisode déboule l’invité de jour, et là, c’est pas du petit lait. Nous croiserons dans des moments plein de saveurs George Clinton, Wiz Khalifa, Doug Benson ou Cheech et Chong.

Verdict : On salive et on sourit béatement devant l’écran. Cook Off est de ces sources de joie simple, qui, à défaut de vous rendre plus smart, vous aura suffisamment mis l’eau à la bouche pour lécher votre collage.

 

-Cooking on High,
La dernière offre de Netflix sur ce turf est sans doute la moins digeste de la sélection.  Tourné en plateau, le format impose au spectateur la portion congrue avec 14 petites minutes par épisode contre 22 pour « Bong Appétit » ou 44 pour « Bong Appétit Cook Off ». Maigre assiette. Qu’y trouve-t-on ?
-Un chef de rang/présentateur en la personne de  Josh Leyva, Youtuber que personne n’a oublié.
-Deux juges people différents à chaque émission : Ryan Reyes, Vince Royale, Heather Pasternak ou Brian Vaccarella, dont tout le monde se souvient.
-Une variété de cannabis imposés pour la préparation d’un plat, et là, rien à dire. Les fondamentaux sont révisés avec des incontournables comme l’ Amnesia,  la White Widow,  la Lemon Haze ou l’ OG Kush.
-Un thème imposé « Mex-Cannabis », « Baked Potatoe » ou encore « French Fried ».
-Deux  chefs -les pauvres-  qui talentueux ou pas, sont réduits au silence, tenu d’écouter les élucubrations de Josh Levya et ses deux invités.
Autre ingrédient qui relève un tant soit peu le tout  : la performance offerte par  Ngaio Bealum, un humoriste qui présente avec tout le savoir nécessaire la variété dont devront se servir les deux gladiateurs de la spatule.

En digestif,  une mention spéciale pour  Mod Sun, un rappeur connu pour être le mari de l’actrice  B listé Bella Thorne. Mod Sun nous explique, alors que le chef candidat lui tend son plat,  qu’il est « heureux de ne  jamais avoir eu mangé de poisson » . Mod Sun gratifiera ensuite d’un très assuré 10/10 le gâteau de morue du concurrent Andrea Drummer.

Verdict : Gros Fail pour Netflix coté cuisine. La chaine prend mal la vague du fooding vert et nous balance trop presto un show aux saveurs de beuher de fast-food.

Alexis

Canabis, cuisine et télévision. 1

À la télévision comme sur le web, les émissions mixant ganja et cuisine poussent comme des champignons.  Une très bonne raison pour se pencher sur la question et prendre dix kilos. Petite sélection des adresses incontournables.

Bong Appetit.
Diffusé sur  Viceland,  « Bong Appétit »   se déguste en deux saisons de 38 épisodes en tout. Présenté par Abdullah Saeed,   acteur au look de gendre idéal qui aurait pécho la myxomatose, chaque segment est un petit régal. Pendant 45 minutes, le téléspectateur est invité à suivre Abdullah à travers les États-Unis et dans tous les états pour y rencontrer la crème de la crème de la cuisine cannabique. L’hôte, qui ne saurait pas se faire cuire un œuf, assume sa crasse ignorance pour en faire un moteur à explications lors de chaque rencontre avec le fleuron de gastrono-weed.  Cette bonne recette du novice face à l’expert fonctionne à merveille, avec à la clef un ressort comique, l’animateur se montrant généralement assez téméraire envers le produit vert.  Bref, à chaque épisode  Abdullah prend cher. Ce qui n’a rien de surprenant non plus quand on fait la tambouille avec les inventeurs de la Girl Scout Coookies, qu’on cuisine de  la Soul Food à  Compton ou  qu’on se laisse aller à un concours de gravity-bong avec un dealer de Seattle.  Côté menu, chaque épisode célèbre un plat que le commun des stoner connaît généralement bien. Exit la nouvelle cuisine moléculaire et autre excentricités culinaires, ce soir c’est pizza (S02E05) . Nous y apprendrons aussi comment faire du pop-corn à la weed, des tacos à la weed, des cookies à la weed et des salades à l’herbe.

Verdict :Si les plats mis en avant à chaque émission peuvent paraître un peu fades, le show, qu’il soit fait par Abdullah ou ses hôtes, ne manque pas de piquant.

 

 

 

Alexis

 

Le stoner de Juin : Bernard Kouchner.

Si Bernard Kouchner n’a jamais déclaré avoir fumé de cannabis, ça ne l’aura pas empêché d’avoir plus œuvré pour sa légalisation que Yannick Noah, Joey Starr et Doc. Gynéco réunis. De « l’Appel du 18 joint 1976 » à la très récente tribune « Légalisez-la » parue dans l’Obs, le médecin qui a servi sous sept gouvernements de droite comme de gauche n’aura jamais changé de discours. Portrait d’un activiste sans frontières politiques

Le 18 juin 1976, Libération publiait dans ses colonnes le premier et plus célèbre des manifestes procannabis de l’hexagone. Intitulé non sans humour « Appel du 18 joint » (en clin d’œil à l’appel à la résistance du général de Gaulle diffusé sur les ondes de la BBC le 18 juin 1940), le texte débutait ainsi : “Cigarette, pastis, aspirine, café, gros rouge et calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple joint de cannabis peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre ».  

Le propos du pamphlet collectif était d’interpeller le gouvernement Chirac et le président Valéry Giscard d’Estain à « une dépénalisation totale du cannabis, de son usage, de sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantité de consommation courante ». Si la tribune ne se voulait pas incitation à la consommation, elle appelait en revanche à une autre politique que celle menée depuis la promulgation de la loi du 25 septembre 1970 sur les stupéfiants. Une loi qui met consommateurs d’héroïne, cocaïne et ganja dans le même panier. Les 176 signataires demandaient alors à l’exécutif d’adopter une législation semblable à celle des Pays-Bas.


Parmi les frondeurs signataires, Gilles Deleuze, André Glucksmann, Edgar Morin, Bertrand Tavernier, Isabelle Hupert… et un certain Bernard Kouchner. Lors de la parution de l’appel, Kouchner est connu pour ses régulières collaborations dans les pages de l’irremplaçable magazine Actuel, dirigé par le tout aussi irremplaçable J.F. Bizot (qui lui aussi sera cosignataire de  l’appel  du 18 joint), et  est surtout connu pour son « tapage médiatique » pour reprendre l’expression du médecin. Un tapage médiatique entamé en septembre 1968, et qui restera son cheval de bataille comme son péché mignon.

Le médecin et les médias
En 1968 éclate la guerre du Biafra (une guerre civile au Nigeria). Le gastro étheirologue, dont l’expérience dans le domaine humanitaire est quasi nulle, signera, quelques jours après un diner avec Marek Halter, un contrat de médecin bénévole avec la croix rouge. Deux semaines plus tard, il part pour l’Éthiopie.
En novembre de la même année, deux mois après être arrivé, face à la brutalité des forces nigériennes (deux de ses confrères décéderont sous ses yeux ), Kouchner constate un conflit qui tourne en crise humanitaire. Il sortira alors de sa réserve et appellera les journalistes à venir témoigner du génocide qui se déroule dans une totale indifférence. « Nous voulûmes le faire savoir afin que l’opinion publique protégeât nos blessés mieux que notre faible présence ne pouvait y parvenir. Nous inventâmes ainsi la loi du tapage médiatique à laquelle la Croix-Rouge était hostile », se rappelle le médecin-bénévole le plus célèbre de cette crise.

Kouchner comprend que la presse peut être plus efficace que trois avions-cargos remplis d’antibiotiques et de denrées. Passé par cette épreuve du feu, le co-fondateur de médecin du monde retiendra la leçon. S’en suivront la Jordanie, le Kurdistan, le Liban, autant de fronts où l’on verra Kouchner défendre les victimes de ces conflits,  sac de riz sur l’épaule, souvent face aux caméras. Quitte à être raillé par des donneurs de leçons qui n’en ont jamais reçu de la part de cette vie pour laquelle Kouchner se bat. De 1968 à Sarajevo en 1992, le médecin se moque des moqueries, son but est autant de sauver les hommes que d’éveiller les consciences. Et si le message a plus de portée dans un tube cathodique que dans l’hémicycle, ainsi soit-il.  La faim justifie les moyens.

Kouchner superstar, Kouchner avocat du vert.
Si la médiatisation des interventions du mari de Christine Ockrent a agacé plus d’un politique, l’effet a été l’inverse sur l’opinion publique. Entre 1998 et 2018, le ministre de la Santé est régulièrement cité comme la personnalité favorite des Français. Aux côtés de Yannick Noah. Une position idéale pour continuer à mener un autre combat qui lui tient à cœur, celui de la légalisation du cannabis.Déjà connu pour ses tribunes dans Actuel durant les années 70 et le fameux appel du 18 joint 1976 le médecin ne reniera pas un instant les convictions de sa verte jeunesse. En 1998, alors qu’il est secrétaire d’État à la santé sous Jospin/Chirac, il commande un rapport sur l’usage de stupéfiants en France. Ce sera le rapport Roques.

Les conclusions de Kouchner sont claires :  il est impératif de dissocier les différentes drogues et d’apporter une réponse adaptée à chaque produit. Un sacré pied de nez à la rigide législation sur les stupéfiants de 1970. Concernant le cannabis, Kouchner recommande sa dépénalisation comme la nécessité d’une approche thérapeutique. En 2001, il  enfonce un peu plus le clou, arguant que l’alcool et le tabac font entre 50 et 60 000 morts « directs », contre zéro pour le cannabis.« Il y a un racisme des drogues » lâche-t-il « nous tolérons celles que nous fabriquons ».C’est dit.

Un an plus tard, alors qu’il est désormais ministre délégué à la santé sous Jospin/Chirac, Kouchner appuie son propos :« En France, je le répète, les dégâts causés par le tabac et l’alcool sont bien plus importants que ceux causés par d’autres substances. Je pense en l’occurrence au cannabis« .« Ce qui a été considéré comme le plus accoutumant, c’est l’alcool, le tabac et l’héroïne », « et, dans une toute petite mesure, le cannabis, mais  bien bien loin après« .« Il semble que la consommation de cannabis parmi les jeunes de 17 à 19 ans ait augmenté et que plus de la moitié des jeunes ait déjà fumé du cannabis« , expliquera  le ministre. « Il faut reconsidérer la chose. Il faut responsabiliser les gens, leur fournir toute l’information et ne pas interdire seulement« .
Bernard Kouchner, à ce moment-là, ne se prononcera toutefois pas pour la dépénalisation du cannabis. « Certainement pas », déclare-t-il. « L’opinion n’est pas prête pour cela ». Selon lui, « c’était déjà une merveille de faire accepter, dans un pays qui boit et fume beaucoup, que l’alcool et le vin soient considérés comme des toxiques qui créent une accoutumance ». À bon entendeur…

Chez Bourdin (BFM TV), en Avril 2015 , le ministre des Affaires Etrangères et Européennes des gouvernements Fillon I et II va plus loin : «On imagine que la répression marche. Ca ne marche pas ! (…) Il faut légaliser !»

Même son de cloche trois ans plus tard sur Public Sénat en juillet 2018, où le député européen estimera que « nous nous trompons (…) il faut modifier cette loi de 1970 !  Regardez ce qui se passe ailleurs »,

Une cohérence de propos qui le mèneront tout naturellement à cosigner la tribune de l’Obs daté du 20 juin 2019 « Légalisez-la ». Cette fois, au coté de 70 personnalités dont des députés LREM, EELV, d’anciens ministres,  un  syndicat  de police et tout ce que le corps médical compte comme ponte en la matière verte, il exige une légalisation totale du cannabis. Celui qui fit depuis quarante-quatre ans, tout sermons hypocrites sur la question cannabique, n’a peut-être pas encore gagné cette bataille. Il a en tous cas gagné sa place dans notre très respectable ordre des stoners du mois.

 

Alexis

France: Légalisation du cannabis, en marche ou au point mort?

Alors que partout en Europe la législation sur le cannabis s’assouplit et qu’observateurs comme acteurs  sont en faveur d’une légalisation, le gouvernement continue à jouer au gaulois réfractaire. Une position de moins en moins tenable pour un exécutif de plus en plus seul. Retour sur les deux jours les plus ensoleillés de ce printemps du cannabis.

Le 18 juin , des députés de tous bords proposent une « légalisation contrôlée ». Emmenés par le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert (Ex LREM et désormais sous l’étiquette Libertés et Territoires), vingt-deux parlementaires issus de  quatre groupes politiques (dont sept « marcheurs »), font part à la presse d’une proposition de loi «relative à une légalisation régulée du cannabis à des fins récréatives ». La proposition de loi transmise mardi à la presse est déposée aujourd’hui jeudi 20 juin à l’Assemblée nationale.

Le 19 juin, une tribune en faveur d’une légalisation encadrée est signée par 70 personnalités (magistrats, élus, médecins).Parmi lesquelles les députés Yannick Jadot (EELV) Pierre Person (LREM) et Aurélien Taché (LREM), ou  Bernard Kouchner (ancien ministre de la Santé sous Macron) et Daniel Vaillant (ancien ministre de l’intérieur PS). On y trouvera même la signature du syndicat de policiers SUD intérieur Publiée dans l’Obs, la tribune souligne l’inefficacité des politiques répressives ainsi la nécessité d’encadrer le marché pour des raisons de santé et de sécurité. Arguant à juste titre que sortir de la prohibition est la meilleure solution pour prendre le contrôle de la distribution et par là même protéger plus efficacement mineurs et personnes sensibles.

Le 19 juin encore, le conseil d’analyse économique (rattaché au Premier ministre) remet un rapport qui recommande la légalisation pure et simple du cannabis. Dans son rapport, le conseil estime que la légalisation du cannabis permettrait de rapporter jusqu’à 2,8 milliards d’euros de recettes fiscales par an. Un pognon de dingue.

Mercredi 19 juin toujours, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM),  en collaboration les collectifs de patients et les sociétés savantes de médecine,  a remis un projet d’expérimentation détaillé d’une nouvelle gamme de médicaments dérivés du cannabis. Ce projet, transmis aux associations de patients, sera débattu le 26 juin lors d’une dernière audition prévue à l’Agence du médicament,  avant d’être soumis pour validation finale au ministère de la Santé. À ce jour, le gouvernement réfute toujours toute idée d’assouplissement de la loi de 1970 et fait la sourde oreille aux recommandations comme aux frondes de ses lieutenants qui n’adhèrent plus à cette politique prohibitionniste. Un obscurantisme d’un autre siècle qui, au Pays des Lumières, fait franchement tache.

Alexis L.

Le cannabis au cinéma : Woodshock à The Beach Bump.

Si le cannabis tient une place importante chez de nombreux artistes, la plante vertes est également passée de nombreuses fois de l’autre côté de la caméra, proposant au cinéphile une myriade de films dans lesquels la marijuana tient une place importante. Ici, nous vous proposons quelques stoner-movies à regarder avec la musique et la weed qu’il faut consommer.

Woodshock (Laura Mulleavy et Kate Mulleavy ) 2017
Ze Pitch : Woodshock ouvre sur  Theresa (Kirsten Dunst) qui ère en robe et en extase au milieu des arbres. Nous sommes à Humboldt, comté de la Californie du Nord connu pour sa majestueuse forêt et sa production de bonne ganja. Nous retrouvons ensuite Theresa  au chevet de sa mère qui habite une maison plantée au milieu des sequoias. Theresa lui confectionne un joint, lui tend et la rassure « cela ne fera pas mal »Quelques instants plus tard, la mère meurt. Nous comprenons ensuite que la fille a aidé sa maman a abréger ses souffrances en ajoutant à l’herbe, quelques gouttes d’une substance létale. Indépendamment d’être matricide au grand cœur, Theresa travaille pour un dispensaire de Marijuana médicale. Le dispensaire de marijuana est tenu par Keith (joué par Pilou Asbaek, le Euron Greyjoy de Game of Thrones). Bouleversée par la disparition de sa mère et fumant des joints auquel elle rajoute des petites doses du poison, Theresa sombre peu à peu dans la folie. Après avoir tué un ami en lui donnant une weed imbibée du même produit qui a emporté sa maman, elle quittera son job et son petit ami Nick (Jo Cole, star montante du ciné branché anglais). Finalement, elle tuera son ex-boss Keith à coups de fer à repasser. Une lente, mais radicale spirale psychotique largement due aux mortels pétards que Theresa s’enfile.  Elle allumera un dernier joint fatal, Theresa ira s’éteindre entre les arbres.

Ze Verdict : Avec ses effets de filtre, ses néons superposés et ses réfractions cristallines, Woodshock pourrait se poser comme OVNI ultra-trippant à la Gaspar Noë (Enter the void, Climax) version drogues douces. On ne peut pas s’empêcher de penser aux teintes de  Melancholia ou à la photo de Virgin Suicides alors que le film s’installe et offre une très séduisante première partie.  Avec une belle photo et bonne B.O.,  le long métrage des sœurs Mulleavy a tout pour plaire. Mais l’extatique contemplation de ces longs plans-séquences finit par lasser. Faute d’évolution formelle et de direction le film ne se se raccroche plus qu’aux mêmes figures de style dont la redondance devient limite abrutissante. Un film inégal dont on appréciera, à l’instar d’une 100% indica, que les quarante premières minutes.

Ze music « A forest, The Cure »

Ze ganja : Marionberry Kush

 

The Beach Bump (Harmony Korine) 2019.
Ze pitch : Moondog  (Matthew McConaughey) est un écrivain qui a rencontré un certain succès  avec « Keys Zest », un recueil de poèmes, mais le problème, c’était il y a quinze ans. Aujourd’hui, Moondog traine sur les plages des Keys de Floride, accroché à sa cannette de bière et son joint. Il dort sur les pontons, sous les pontons, sur son bateau et le plus souvent chez une de ses nombreuses maitresses.Il faut dire que l’écrivain au cerveau et cheveux peroxydés a toujours son petit succès. Y compris auprès de sa femme Minnie, qui indépendamment de sa très grande tolérance envers son mari, a le bon goût d’être pleine aux as. Malheureusement,  la poule aux œufs d’or meurt au volant, laissant Moondog sans le sou. Sur son testament, il est indiqué que son stoner de mari  ne touchera la moitié de la fortune (l’autre moitié allant à leur fille) que quand il aura fini le bouquin sur lequel il travaille depuis 14 ans.S’en suivront nombre de scènes fumeuses et/ou fameuses avant que Moondog ne finisse son bouquin et rencontre succès et héritage. Moondog cramera (littéralement) tout son argent avec son bateau dans un feu d’artifice final… une fin aussi cohérente que le reste du film..

Ze verdict :Si le scénario est anecdotique, le  stoner movie est en revanche bien filmé (de beaux plans que l’on doit au très NY hype Harmony Korine) La bande originale, elle aussi sort du lot, avec par exemple deux titres de The Cure (Just Like Heaven/In Between Days) qui accompagnent impeccablement les tribulations du Beach Bum. On pourra aussi s’amuser de la performance de Jonah Hill en agent littéraire cynique et arriviste ou encore celle de Zac Effron dans son rôle de fugueur/drogué sérieusement atteint. Quant à SnoopDog, il fait du Snoopdog dans son rôle de botaniste génial et dealer de haut vol. Dans une époque sans promesse ni perspective de jours radieux, les élucubrations de Moondog  ont en tous cas un effet archi cool ;  celui de nous convaincre pendant deux heures que sous le Soleil, tout va bien.

Ze Music :  Jimmy Buffett-A Pirate Looks At Forty

Ze ganja : Acapulco Gold

Alexis

CBD: la Suisse en avance sur le chanvre bien-être.

Dans la Confédération helvétique, il est possible d’acheter du cannabis  depuis 2016. Le mois dernier, la Belgique et l’Italie ont suivi son exemple, en autorisant la vente de CBD . Notre journaliste s’est rendu en Suisse pour mieux comprendre ce nouveau marché.

En arrivant à Genève en TGV, juste après la douane, il faut emprunter la sortie menant à la galerie marchande. L’escalier roulant vous conduira au petit centre commercial de gare.  Un shopping center à l’image d’un terminal duty-free d’aéroport, sans les avions ni le duty free. On y trouvera ainsi, des bureaux de change, des parfums, de l’alcool, du chocolat et beaucoup de montres. En ce mois d’avril, je m’engouffre bon gré mal gré dans ce nano- centre commercial dans l’idée d’acheter une bouteille pour mon frère qui m’invite quelques jours. Il est venu me chercher en voiture, j’ai à peine cinq minutes pour trouver un cadeau liquide.
À peine ai-je parcouru cinquante mètres et quatre boutiques que devant moi, entre un Western Union et un Sephora, apparaît une enseigne lumineuse frappée d’une impudique feuille de marijuana.  La boutique au nom sans équivoque et au slogan des plus invitants (Mary Jane «finest swiss cannabis ») est ouverte. Tous les voyants au vert, je pénètre dans le magasin de rêves. Sous les néons et mes yeux ébahis, défilent des jarres remplies de Lemon Haze, Master Kush, Northern Light, White Widow.
Des grinders « I Love Geneva », des Bongs décorés d’Edelweiss, des joints préroulés bio, des plaquettes de chocolat à l’emballage affichant une grande feuille de Ganja… Ce pays est définitivement plein de ressources comme de secrets bien gardés. Tel un gamin qui achète des cigarettes pour la première fois, je me dirige timidement vers la seule employée.


« -Bonjour… c’est vraiment du cannabis ? »
« -Oui c’est du cannabis, du cannabis légal évidemment »
« -Oui, c’est du cannabis légal évidemment » répète votre serviteur comme un redoublant de la crèche. 
La belle rousse m’ouvre un pot de Lemon Haze que je lui désigne. Pas d’erreurs c’est de la weed. Les fleurs sont compactes et sans graines, bien taillées. En ce qui concerne odeur et arômes, nous ne sommes pas exactement dans les standards de qualité d’Amsterdam, mais ça reste tout à fait acceptable.
Aussi fébrile que pressé, je prends 25 grammes en tout (White Widow 10g, Siver Haze 10g, Kush 5g) . L’addition est salée : 240CHF soit 230euros environ. Je remercie la vendeuse comme un miraculé remercie la vierge et me rue, déjà sur un nuage, vers la sortie.

T’as pécho de la Tourtel !
Cinq minutes après être arrivé dans l’appartement genevois de mon frère, je passai des portes du paradis artificiel au purgatoire des imbéciles heureux. Alors que je sortais fièrement ma précieuse acquisition, j’entends mon frère se tordre de rire. « Bro’, t’as choppé  de la Tourtel, y’a pas de THC dans ta  weed.  C’est du foin, quoi.Tu veux un jus de carotte ? » Explications.
Dans la Confédération helvétique, tout cannabis contenant plus de 1 % de THC est considéré comme un stupéfiant. Ainsi, d’après la Loi fédérale suisse sur les stupéfiants (RS 812.121), la possession la culture, la fabrication et le commerce de cannabis sont interdits et jugés comme des infractions pénales, passibles de trois ans de prison et/ou d’une amende. En revanche la culture et distribution de cannabis contenant moins de 1% de THC est autorisée depuis 2011.  Sautant sur cette inexploitée opportunité  juridique, la start-up Bio Can AG obtient en 2016 l’autorisation de commercialiser « un substitut de tabac au chanvre », à condition que le cannabis vendu ne contienne pas plus de 1% de THC. Le succès est immédiat et fera des d’émules, au point que l’on compte aujourd’hui 420 sociétés produisant et distribuant du cannabis légal dans le pays. Une aubaine juridique qui diffère de la législation en vigueur en France où la vente de produits contenant plus de 0,2 % de THC est interdite.  Une nuance de 0,8% qui change tout : faire une herbe à moins de 0.2% de THC est trop coûteux pour être rentable.Je parcours avec un peu plus d’attention l’étiquette d’un des sachets achetés et tombe sur un encadré « CBD 18%, THC 0.5% ». C’est connu, en Suisse, il ne faut pas se presser.

Le petit effet Kiss Cool
Mais comment les Suisses ont-ils réussi à vendre autant de foin au prix des meilleurs ganja ? Je n’ai d’autre choix à ce stade que d’objectiver le débat en testant la matière verte. Mon frère confectionna un vecteur de combustion à deux feuilles OCB que nous fumâmes consciencieusement. Effectivement, aucune incidence psychoactive n’a été notée. Rien qui n’altère de près ou de loin la perception ni la pensée. Mais une agréable sensation de relaxation, un doux relâchement musculaire. Un peu comme après une bonne marche ou un petit sauna. La raison de ce  très sympathique effet  myorelaxant est  simple; elle tient au fait que si la weed suisse ne contient quasiment pas de THC, elle affiche en revanche un très fort taux de cannabiniol (CBD), un alcaloïde aux multiples propriétés qui ne « défonce » pas. Un ratio nettement supérieur à celui des weed classiques, qu’elles soient naturelles ou cultivées professionnellement en serre. Un pourcentage qui oscille entre 8 et 35 en Suisse contre 0,5 à 12 % pour les ganja hollandaises. Le CBD, second alcaloïde notoire du cannabis après le THC, qui  a des vertus antiinflammatoires, antidouleurs, relaxantes et anti oxydante prouvées. Des propriétés qui conviennent à une population sur laquelle on peut compter en Suisse : les personnes âgées.

La ganja des seniors
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas aux ados ni aux quadras fêtards que l’on peut imputer le succès et le boom du cannabis légal, mais à la génération née dans les années 1950 et 1960. Des enfants de baby-boomers qui ont aujourd’hui entre 60 et 90 ans et qui  constituent plus de la moitié des consommateurs de cannabis légal. Ces enthousiastes âgés de la soft-weed, trouvent ainsi dans le CBD des effets soulageant les pathologies développées avec le nombre d’années au compteur.  Ce leur permet de baisser ou d’éviter la prise de médicaments comme les opiacées, les benzodiazépines (tranquillisants), les somnifères, les antiinflammatoires (stéroïdiens ou non stéroïdiens) ou encore les antidépresseurs. Chez Kahna Queen par exemple, 60% des clients sont âgés de plus de 60 ans. Et ce grâce au contact et aux conseils prodigué en boutique (beaucoup de points de vente de tabac vendent aussi du cannabis légal). Un dialogue qui permet de casser l’image du stoner loser scotché à son sofa et ses allocations. Des vendeurs qui orientent aussi souvent ces consommateurs vers des produits comme des huiles, des chocolats, des cookies, des crèmes hydratantes ou des infusions au CBD. Infusions qui rencontrent un franc succès, au point de représenter 15% des ventes de produits au cannabis légal. Une tendance confirmée par  Swiss Weed, qui  ne fait que 34% de son chiffre d’affaires avec le CBD fumable. La camomille de Papy vient de prendre un sérieux coup de vieux.

Le CBD, cheval de Troie du THC ?
Au sein de la branche verte, beaucoup estiment que ce franc succès augure l’assouplissement  de la législation sur la weed « psychotrope », dite récréative d’autant que le THC est de plus en plus reconnu lui aussi pour ses vertus médicales. Solidement occuper la filière du CBD, c’est aussi se positionner sur un marché potentiel qui est estimé à près d’un milliard d’euros dans la confédération. À ce jour, la Suisse est d’ailleurs excédentaire en production de cannabis légal, et commence à exporter sa ganja neutre en Belgique, Grèce et Italie. Cette riche initiative, au delà d’avoir été une aubaine pour nombre d’entrepreneurs a en tous cas à un avantage : celui de promouvoir les effets du CBD et de dédiaboliser la consommation d’une fleur de cannabis dans un joint. Les observateurs estiment que cet assouplissement de la loi en faveur du cannabis est la première étape d’une légalisation à la Hollandaise qui devrait voir le jour en 2022 au plus tard.
Au regard des politiques sur le cannabis menées par la majeure partie des pays du vieux continent, la Suisse ne donne pas dans la neutralité molle, mais fait plutôt figure d’exemple ;  la Belgique  et l’Italie ont  autorisé le mois dernier la vente de cannabis naturel. Quant à moi, je repartais à Paname fauché (La Suisse on y laisse toujours ses sous), mais heureux. J’avais appris un tas de choses, et, week-end sans THC oblige, je les avais retenues.

Un drapeau orné d’une feuille de cannabis

Internet n’est pas que la source de nombreuses vidéos de chats et de jeunes filles dénudées, c’est aussi depuis peu l’origine d’un des drapeaux les plus cools au monde.

La petite ville Estonienne de Kanepi, dont le nom veut dire Cannabis en Estonien, fut nommée comme telle en 1923 en référence aux plants de Chanvres entourant la ville. Le gouvernement estonien a décidé en 2017 de remodeler son système municipal pour refléter le changement de la collectivité. Un nouveau drapeau fut commandé et un vote mis en place via Internet.

Grâce au site communautaire Reddit, les internautes ont appris le nom de la ville et ont immédiatement décidé de proposer un drapeau à fond blanc avec deux bandes vertes et une énorme plante de Cannabis.
Le nombre de votes s’est élevé à 15855, un chiffre deux fois supérieur aux nombres d’habitants de la municipalité. Des votes ont bien entendu été postés depuis les quatre coins du globe.
Le conseil municipal s’est vu laisser le choix d’appliquer ou non ce vote populaire grandement perturbé par des intervenants extérieurs.Arno Kakk un des membres du conseil s’est publiquement exprimé sur le sujet: “Je ne suis pas en faveur d’un drapeau d’une telle nature”.

Le vote fut plus que serré, donnant finalement raison aux internautes avec un score de 9 votes contre 8 (probablement grâce à la grande publicité apportée à la ville) fin 2018 . Un drapeau qui est légalement recevable, puisqu’il répond aux directives nationales estoniennes concernant les drapeaux municipaux, il trône donc devant l’hôtel de ville de Kanepi.
Le Cannabis est interdit en Estonie  mais toute possession de moins de 7,5 grammes est considérée comme négligeable et ne peut être punie que d’une petite amende. Une bonne nouvelle si vous souhaitez visiter la ville.

 

Mike Teeve

Le stoner du mois de Mai : Morgan Freeman.

Quand l’oscarisé Morgan Freeman s’est vraiment mis à la weed, il avait 70 ans. Au delà de trouver ça très bon, ça lui a sauvé la vie. Portrait d’un aficionado du pétard sur le tard.

C’est en 2008 au volant d’une Nissan Maxima que Morgan Freeman fera connaissance avec le cannabis. Ou plus précisément quelques semaines  après avoir raté son virage, fait plusieurs tonneaux, avoir été sorti par les pompiers à la scie sauteuse avant de passer cinq heures en urgence au bloc opératoire laissant l’acteur avec un bras salement amoché. Au delà de n’avoir jamais pu retrouver l’usage complet des membres accidentés, Morgan Freeman développera à la suite de cette discutable pirouette une déplaisante complication : la fibromyalgie : une maladie neuromusculaire qui procure d’insupportables douleurs.

Pour faire face aux contractions et élancements auxquels il est sujet, Freeman se voit prescrire un lourd traitement d’analgésiques opiacés morphiniques. Un traitement hautement addictif,  hautement incompatible avec sa carrière comme avec toute forme d’existence digne de ce nom. Sur les conseils de sa femme (qui est une enthousiaste consommatrice d’herbe magique depuis les années 70), Freeman essaie en ce début 2009 de calmer ses douleurs à l’aide du cannabis. En l’occurrence, il fumera de l’indica plutôt que de la sativa, tout simplement parce que l’indica contient en plus grand nombre des alcaloïdes connus pour leurs qualités antalgiques et permet aussi de trouver plus facilement le sommeil.
Résultat, ça marche sévèrement bien pour l’acteur cabossé ! Ça marche en fait si bien que le Lucius Fox de la trilogie Dark Night se fera rapidement étendard et militant de la cause cannabique, n’hésitant pas à clamer haut et fort à qui veut bien l’entendre, son amour absolu pour les fleurs du bien.

interview dans le Daily Beast

Avec cette tonitruante déclaration faite, durant une interview dans le Daily Beast, en des temps où la consommation de marijuana est encore illégale et sujette à controverses, Freeman se pose comme un soudain et inattendu défenseur de la ganja.  Étayant tout de même un peu plus son propos durant ladite conversation« «J’ai d’incroyables  douleurs, dues à une fibromyalgie dans un bras. Et la seule chose qui me soulage à part la morphine, c’est la marijuana. »
Morgan élargira son propos en blouse blanche « Les médecins ont aussi découvert que le cannabis atténuait les crises d’épilepsie, était un très bon antiinflammatoire et excellent  thymo-régulateur. On sait aussi qu’on est loin de tout savoir au sujet de cette plante divine utilisée depuis des millénaires ».
« Je pense que nous avons énormément à apprendre du cannabis à usage médical. Aujourd’hui (2015 NDLR), nous en sommes aux balbutiements de la pharmacopée cannabique. Ce qui est lié au fait  fait que l’occident ai déclaré depuis près d’un siècle  une stupide guerre contre cette plante miraculeuse. »

 

Le lauréat de l’Oscar du meilleur second rôle (Million dollar baby), toujours dans sa croisade proweed, a également souligné les avantages sociaux et comportementaux de la marijuana. En citant en exemple les très nettes différences de vibrations entre le Woodstock original de 1969, qui était clairement relax et celles du Woodstock 1999 qui a vu scènes de violences et de destruction aussi impressionnantes que gratuites.
« En 1969, tout le monde fumait, les gens ne cherchaient pas à être ivres, ils voulaient planer tranquille, faire l’amour et écouter de  la musique. Pour le trentième anniversaire de Woodstock en 99, la bibine a coulé à flots, car légale et rapportant gros aux organisateurs. Et contrairement au premier Woodstock, il y avait des contrôles de police avant de rentrer. Fatalement, ça fait moins de beuh et plus de bibine. Résultat, il y a eu d’émeutes, les gars ont foutu le feu à tout ce qu’ils voyaient, il y a eu des viols, des blessés graves et une centaine d’arrestation ! Les organisateurs ont perdu sur tous les tableaux »
Morgan enfoncera un dernier clou dans ce cercueil  orné de cirrhose qu’est pour lui l’alcool :« , il faut comprendre que l’alcool n’a pas de véritable usage médical. Peut-être que si vous buvez un verre, cela vous calmera, mais deux ou trois et vous êtes foutus. « 

Une charge des plus justifiées quand on sait que le père de Freeman, très penché sur le levé de coude, décèdera d’un cancer du foie en 1961.  Et l’acteur de conclure « la législation sur le cannabis est la plus stupide qui soit. Légalisez-la et taxez-là comme nous taxons l’alcool. »
L’homme qui a interprété un convaincant président dans le peu convainquant « Deep Impact » et  un très bon Nelson Mandela dans le tout aussi bon « Invictus » d’Eastwood a clairement choisi son parti : celui du vert cannabis. Un parti (pris) qui lui permet d’emporter haut la main, un joint entre deux doigts, l’élection du stoner du mois.

Alexis

                                                                                                                                      

Le cannabis au cinéma : This is the End à Kid Cannabis.

Qu’elle fasse rire, qu’elle fasse peur, qu’elle vous rende riche ou vous envoie à l’ombre, l’herbe, de sa consommation à son business, est un parfait terreau à scénarios.
Zeweed a passé en revue quelques incontournables «stoner-movies»: De This is the End à Kid Cannabis, tout en vous proposant les morceaux sur Spotify à écouter( pendant la lecture de l’article)  et conseils de  weed à fumer devant le film mentionné

This is the end (2013)
Franco-Fun
Prenez tout ce que Hollywood compte de fumeurs de ganja de moins de quarante ans, mélangez ces agités dans la maison de James Franco, ajoutez Seth Rogen à la réalisation, secouez sévèrement toute idée de scénario cohérent et servez-vous deux heures d’un  stoner movie hype et hilarant.
Le pitch :Franco, Rogen, Jonah Hill, Emma Watson , Michael Cerra, Danny Mac Bride, Paul Rudd ou encore Rihanna dans la nouvelle maison de James Franco pour une fiesta. Comme dans la vraie vie, ou presque. Hélas, c’est la fin du monde avec, une histoire d’extra-terrestres, quelques tremblements de terre et des zombies, aussi.  Les survivants de cette apocalypse sont cloitrés chez leur hôte, consommant ainsi, toutes les drogues qui restent pour leur ultime soirée. Il s’agira entre autres dans ce chaos, de défendre le street art, d’envisager le viol Hermione, ou d’une sérieuse mise à mal de Channing Tatum. La comédie, qui oscille  entre semi  private jokes, smoking out (c’est quand quelqu’un fait son coming-out au sujet du cannabis *) et franc délire, a définitivement été tournée à l’ouest. Et c’est tant mieux pour le spectateur. 

Musique: KRS-One : Step into a world (rapture’s delight)
Weed: Alien Dream

Kid Cannabis (2014)
The Kid is not alright
Le pitch : Le film est basé sur l’histoire vraie  de Nate Normann (Jonathan Daniel Brown ) un ado pataud  qui vit et s’emmerde dans l’Idaho.
Le pitch : Nate rêve d’une autre vie, mais ne sait rien faire à part fumer des joints et dealer des sachets de 20 dollars en même temps qu’il livre des pizzas. Pas grave, fort de ces maigres compétences, il se fixera un objectif :   devenir LE fournisseur de weed canadienne de son Idaho d’état.  Accompagné de Tropher, son seul ami, ils vont en trois ans faire passer 18 tonnes de weed par la frontière canado-américaine, à dos d’homme, pour un chiffre d’affaires de 68 millions de dollars, avant que le FBI et le DEA ne leur tombent dessus. Normann fera 10 ans de prison.
Le film a  deux qualités : il est extrêmement précis quant à sa description du fonctionnement du passage clandestin de cannabis canadien vers les États-Unis, et il est plein d’enseignements sur la weed elle-même (les variétés, types, différents modes consommation, la culture, la conservation… tout est passé au crible. Bref, une petite encyclopédie du ganja-enthousiaste sur grand écran. Autre point funky:  dans un louable soucis de crédibilité visuelle, le réalisateur John Stockwell a été jusqu’à faire ses prises de vue dans de vrais champs de weed au Canada.  Il faut savoir qu’à l’époque, la culture de cannabis y est encore illégale. Si l’équipe de tournage a réussi à être admise chez un vrai producteur de weed, l’aller et le retour se faisaient dans deux vans aux vitres opaques afin de ne pas révéler l’endroit ou poussaient les plans de marijuana. Dans Kid Cannabis, toutes les séquences avec des plants d’herbe sont donc tournées dans des lieux bien réels. Stockwell, a aussi admis que dans la plupart des scènes, les acteurs fumaient de la vraie beuh sur le set,  «Je voulais que les acteurs soient dans l’esprit. ». Et aussi «   parce qu’à l’image, la fumée de la weed rend vachement mieux ». En effet, ça rend bien.

Musique: The Who : The kids are alright
Weed: Pink Bubba

Quelques autres mentions, plus ou moins honorables.
Eyes Wide Shut (1999) : pour la scène du pétard de weed fumé par le couple Cruiz/Kidmann, joint  qui fera partir Tom dans un trip très moyen-cool.
Evil Bong (2006): pour son coté série Z décomplexé, et la présence de l’incontournable et toujours désopilant  Chong
En cloque, mode d’emploi (2007) Pour Seth Rogen, toujours très bon dans dans son propre rôle de stoner éternel ado’.
Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo (2008) : pour continuer à se fendre la poire après avoir vu Harold and Kumar Go to White Castle  et avant de regarder Le Joyeux Noël d’Harold et Kumar (2011)
Escrocs en herbe (2009) Pour Edward Norton qui joue double (il a un jumeau), mais pas pour ce film bien simple.

 

Alexis