Marché noir

Legalize it : le cannabis vendu à Paris contient (entre autre) des traces d’excréments, de cocaïne et de pesticides

Si vous achetez du shit à Paris, il y a de grandes chances que vous fumiez de la merde. Littéralement. Ou à défaut, des pesticides, de la cocaïne ou encore de la laque pour cheveux. C’est en tous cas ce que révèle une vaste étude menée par le groupe Sanity dans plusieurs grandes villes européennes. 

L’enquête, financée par l’entreprise allemande de recherche et développement sur les cannabinoïdes Sanity, et conduite dans plusieurs grandes villes d’Europe par près de 200 volontaires, a permis de réunir plusieurs centaines d’échantillons afin qu’ils soient ensuite analysés en laboratoire. Les bénévoles, préalablement recrutés via Reddit, avaient l’obligation après l’achat de filmer l’ouverture du pochon de cannabis en utilisant un système d’horodatage et suivre un protocole strict d’isolation pour garantir l’intégrité du produit. 

Après huit mois d’analyses, les résultats sont sans appel : sur plus de 253 échantillons testés, seuls 74 n’étaient pas souillés ou toxiques. Les 179  échantillons restants contenaient soit des excréments humains et/ou d’animaux, des pesticides, des souches de Covid-19, de salmonelle ou encore d’e.coli.
Des traces de cocaïne, kétamine, méthamphétamine et MDMA ont aussi été isolées, signe d’une contamination croisée lors du conditionnement.

En ce qui concerne la ville de Paris, sur 10 échantillons de cannabis achetés dans la rue …  aucun n’était propre à la consommation.
Dans le détail, les chercheurs ont trouvé de la Pymetrozin, de la Paclobutrazol, de la Chlorfenapyr, de la Trifloxystrobin, (tous des insecticides hautement toxiques et interdits en Europe), de la laque, de la cocaïne, des traces d’excréments d’animaux ainsi que des souches d’e.coli.

Cette étude souligne, si besoin était, le besoin urgent de légaliser le cannabis afin que sa production et sa distribution soient soumises aux mêmes règles que celles entourant l’agro- alimentaire, l’alcool ou le tabac. 

L’enquête avec les résultats détaillés est disponible via ce lien

Fin de récréation pour le réseau « Haribeuh » et « Nuttelash »

Haribeuh, Nutellhash, Ohaschish… En quelque années, ces pochons reprenant des produits phares de l’agro-alimentaire s’étaient imposés comme la marque de fabrique d’un réseau de vente de cannabis bien structuré. La plaisanterie n’a pas été du goût des multinationales Ferrero, Mars et Johnson & Johnson, qui ont attaqué pour contrefaçon les dealers aux pochons pastiches.

Deux volets étaient à l’ordre du jour lors du procès qui s’est tenu au tribunal de Créteil et dont le verdict est tombé vendredi dernier.
D’un côté, celui du « four » et du service de livraison  « Caliterter », bien connu des services de police et qui opérait depuis la place du Moutier à Villejuif,  dont des dizaines de ses membres avaient déjà été condamnés en juin 2022 et juillet 2023.
De l’autre, celui de « Pochette Surprise », une agence de marketing opérant sous les radars et à laquelle Caliterter  a fait appel entre août 2022 et mai 2023 .

Agence de marketing au service du marché noir

« Nos prévenus ont du talent »

«Je voudrais souligner l’ingéniosité des prévenus. Ils sont venus utiliser la renommée de Haribo dans le cadre de la vente de produits stupéfiants» a souligné non sans cynisme l’avocat de la multinationale Haribo.
«Ça permet un avantage concurrentiel, une augmentation de l’attractivité, du chiffre d’affaires, de la communication et du profit», a poursuivi le conseil de l’entreprise à la fraise gélatinée, lequel a par ailleurs commis un lapsus durant sa plaidoirie, en se présentant comme l’avocat de « Haribeuh », suscitant plusieurs rires dans la salle. 
« Nos prévenus ont du talent dans le cadre du marketing et je les invite à envisager une reconversion professionnelle dans ce domaine-là« , a ensuite plaisanté l’avocat d’Haribo.
Pour Me Sevim Kasay, avocate de trois prévenus, accusation et parties civiles ont exagéré le rôle de ses clients. « On a scindé le dossier et pour le rendre plus attrayant, on a fait venir les marques, il fallait lui donner quelque chose de plus, attirer la presse ».

Le principal prévenu, répondant aux doux sobriquets de « Kirikou » ou  encore « Remontada Max94 », a été condamné à 10 ans de prison ferme et 50.000 euros d’amende, conformément aux réquisitions du parquet. Il était en détention provisoire à la suite d’un d’un vaste coup de filet en opéré en 2022 par la PJ du Val de Marne, mais avait continué à diriger le réseau à partir de la prison de Meaux, où il est incarcéré.
Le graphiste et l’imprimeur ont tous les deux écopé de six mois avec sursis pour contrefaçon et 2.000 euros d’amende.

 
ZEWEED avec AFP