Auto-Culture

La Tchéquie légalise la possession de cannabis et sa culture à domicile

Le président de la République tchèque, Petr Pavel, a promulgué une loi réformant en profondeur la politique en matière de drogues du pays. Ce texte légalise la possession de cannabis et sa culture à domicile, tout en ouvrant la voie à l’utilisation médicale de la psilocybine.

Environ deux semaines après que le Sénat lui a transmis le projet de loi, le président tchèque a donné son feu vert définitif. Ses dispositions entreront en vigueur au début de l’année 2026.
Les réformes adoptées s’inscrivent dans un ensemble plus vaste d’amendements au code pénal tchèque. Leurs partisans estiment qu’elles permettront de réduire les dépenses consacrées aux infractions mineures, de désengorger les prisons et de limiter la récidive.
« Cet amendement aidera le droit pénal à mieux distinguer les comportements réellement nuisibles à la société des cas qui ne devraient pas relever de procédures pénales », précisait le mois dernier dans un reportage de la chaîne publique Česká Televize (CT)  le ministre sortant de la Justice, Pavel Blažek.

Cannabis : possession légalisée, culture encadrée

Concernant le cannabis, la loi autorise désormais la possession de jusqu’à 100 grammes à domicile ou de 25 grammes dans l’espace public. Elle permet également la culture de trois plants de cannabis à domicile. La culture de quatre ou cinq plants sera considérée comme une infraction mineure, tandis qu’au-delà de cinq plants ou en cas de possession de plus de 200 grammes, l’infraction redeviendra pénale.
Zdenka Němečková Crkvenjaš, députée à la Chambre et membre du Parti civique démocrate, a été la principale cheffe de file de cette réforme. Après l’adoption du texte par la chambre basse, elle a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il s’agissait de « la fin des poursuites absurdes contre les seniors qui cultivent du cannabis à des fins médicinales ».

Psilocybine : usage médical désormais permis

En ce qui concerne la psilocybine, la réforme ouvre la voie à son usage médical. La République tchèque affiche déjà une approche relativement libérale sur le cannabis : elle a légalisé le cannabis médical et, depuis 2010, la possession de moins de 15 grammes pour un usage non médical est considérée comme une simple infraction civile.
Parmi les autres mesures étudiées mais finalement écartées de la réforme figure la légalisation des salles de consommation supervisées, où les usagers auraient pu consommer des drogues dans un cadre encadré, avec possibilité de tester les substances pour en vérifier la composition.
Le projet de loi comprend également des modifications portant sur des domaines connexes tels que la pension alimentaire, les crimes haineux, la liberté d’expression politique et d’autres sujets.

Un signal en Europe : la Slovénie suit le mouvement

Pendant ce temps, en Europe, moins d’un an après que les électeurs slovènes ont approuvé deux mesures référendaires en faveur du cannabis, les législateurs du pays ont récemment introduit un projet de loi visant à encadrer spécifiquement le cannabis à des fins médicales et scientifiques.
Déposé par les partis Mouvement de la liberté (Gibanje Svoboda) et La Gauche (Levica), ce texte prévoit la légalisation des extraits, des plants et des résines de cannabis, en retirant ces substances de la liste slovène des drogues interdites. Le THC, toutefois, resterait interdit sauf usage médical ou scientifique.
« Notre objectif est de protéger les patients et les usagers de cannabis contre les produits non vérifiés du marché noir, de garantir un approvisionnement ininterrompu en cannabis médical, et de combler les lacunes juridiques actuelles en matière d’usage médical et scientifique du cannabis » a commenté le Mouvement de la liberté après l’adoption définitive de la loi.

La République tchèque s’apprête à légaliser l’autoculture de cannabis

Avec un large soutien parlementaire, les députés tchèques viennent de faire un pas décisif vers la légalisation du cannabis. Sous réserve d’une adoption finale par le Sénat et le président -ce qui ne devrait être qu’une formalité-, le texte entrera en vigueur avant la fin de l’année.

Une réforme largement saluée

Cette semaine, la Chambre des députés de République tchèque a approuvé un ensemble de réformes de grande envergure visant à dépénaliser la possession de cannabis et à autoriser sa culture domestique. Le texte, adopté par 142 voix contre 159, doit encore passer devant le Sénat, avant d’être soumis à la signature présidentielle.
Porté par la volonté de désengorger le système judiciaire et de réduire les peines pour des infractions jugées mineures, cet amendement du code pénal vise, selon ses soutiens, à concentrer les ressources pénales sur les comportements véritablement nuisibles. « L’amendement permettra au droit pénal de mieux distinguer les comportements véritablement socialement nocifs des cas qui ne relèvent pas du tout des poursuites pénales », expliquait  le ministre sortant de la Justice Pavel Blažek sur la chaîne Česká Televize.

Jusqu’à 3 plants et 100 grammes à domicile

Concernant le cannabis, la nouvelle législation autorise la possession jusqu’à 100 grammes à domicile ou 25 grammes en public. La culture de trois plants maximum est également permise. Au-delà – quatre ou cinq plants – l’acte sera considéré comme une infraction mineure, tandis que plus de cinq plants relèveront du délit. La possession de plus de 200 grammes entraînera également des poursuites pénales. À l’origine de la mesure, Zdenka Němečková Crkvenjaš, députée du Parti civique démocrate, a salué un tournant en faveur du bon sens. Sur les réseaux sociaux, elle s’est félicitée de la fin des « poursuites inutiles contre les personnes âgées cultivant du cannabis à des fins médicales ». « Merci à tous les collègues d’avoir soutenu l’amendement » a ajouté l’élue sur X. Si la République tchèque adopte une approche plutôt libérale en matière de cannabis – avec la légalisation du cannabis médical et la dépénalisation de la possession de 15 grammes depuis 2010 –, ce nouveau texte constitue une avancée majeure.

La Slovénie en prend de la graine

Le projet doit désormais franchir l’étape du Sénat (ce qui semble très probable) avant d’être signé par le président – qui a déjà fait savoir qu’il soutiendrait la loi.
Sur le reste du continent, les lignes bougent également. En Slovénie, moins d’un an après l’approbation de deux initiatives référendaires sur le cannabis, un projet de loi a été introduit afin de réglementer son usage à des fins médicales et scientifiques. Soutenue par les partis Gibanje Svoboda (Mouvement pour la liberté) et Levica (La Gauche), la proposition vise à retirer les extraits, plantes et résines de cannabis de la liste des substances interdites, sauf pour le THC, qui restera illégal hors usage médical ou scientifique.

Avec AFP, Marijuana Moments et Česká Televize,

Au Luxembourg, les premières graines de la légalisation ont commencé à germer.

Le Grand Duché a légalisé la culture à domicile de cannabis vendredi 21 juillet. Chaque Luxembourgeois majeur peut ainsi faire pousser chez lui jusqu’à 4 plants d’herbe.

Les 550 000 adultes du petit royaume peuvent désormais ajouter une nouvelle herbe à leur potager : la ganja. Une loi promulguée le 10 juillet autorise ainsi les luxembourgeois d’âge adulte (plus de 18 ans) à consommer du cannabis chez eux, à détenir 3 grammes de résine,  mais surtout à cultiver jusqu’à quatre plants de la belle plante qui fait rire.

Jardiniers en herbe

Le cultivateur a pour obligation de faire connaître ses stupéfiantes intentions horticoles aux autorités, les plantes doivent être étiquetées avec le taux de THC indiqué sur chaque pot ainsi que de renseigner la provenance des graines (dont la vente demeure interdite au Luxembourg :  les jardiniers en herbe doivent donc se fournir soit sur le net, soit dans les pays frontaliers). Un avertissement sur l’interdiction de produire en quantité industrielle est également obligatoire. Le but de cette légalisation est de mieux encadrer la drogue la plus consommée du pays, selon le gouvernement.

Timide légalisation

Le cannabis ne risque pas d’envahir les balcons pour autant. Ainsi, les quatre plants autorisés pour les particuliers ne doivent pas être visibles depuis l’espace public. De plus, il reste interdit de se déplacer en possession de cannabis ou de produits dérivés ; les Luxembourgeois contrôlés sur la voie publique, même avec moins des trois grammes de résine autorisés chez soi, risquent encore une amende de 145 €.
Une deuxième volet plus permissif est à l’étude.

 

La Thaïlande dépénalise l’usage du cannabis et légalise sa culture à domicile

Après avoir ouvert l’accès au cannabis thérapeutique, légalisé l’usage du CBD et inscrit certaines variétés locales de Ganja au patrimoine national, la Thaïlande s’apprête à autoriser la culture de cannabis à domicile. La disposition légale entrera en vigueur en même temps qu’une autre initiative progressiste : celle de la dépénalisation de la consommation d’herbe.

Au pays où la consommation de cannabis était encore très sévèrement punie il y a trois ans, la réforme annonce la couleur (verte) et confirme la volonté du gouvernement de faire de la Thaïlande le fleuron asiatique du cannabis thérapeutique et récréatif.

Si la nouvelle réglementation présage de futures dispositions plus souples, il faudra tout de même suivre quelques règles pour être autorisé à cultiver de l’herbe magique dans son jardin. Ainsi, les cultures privées ne pourront pas être utilisées à des fins commerciales sans licence préalable, précise le ministre de la Santé, Anutin Charnvirakul dans un communiqué publié le 26 janvier.

Le ministre de la Santé thaïlandais, Anutin Charnvirakul au cours de l’ouverture d’une clinique fournissant du cannabis thérapeutique à Bangkok | Mladen Antonov / AFP

Anutin Charnvirakul a présenté dans la foulée du projet de loi (qui n’aura pas besoin de l’aval du parlement) une annexe aux contours on ne peut plus précis et pratiques. Production, commercialisation ou usage récréatif, plus qu’un projet de loi détaillé, c’est est un véritable starter-kit à l’attention des cultivateurs et consommateurs qui a été publié dans Gazette royale, l’équivalent local du Journal Officiel français.

Il faudra néanmoins attendre le 1er mai avant que les plants de cannabis cultivées à la maison ne deviennent légales aux yeux de la loi. Si le texte précise que cette production homemade devra être utilisée à des fins médicales, il ajoute aussi que sa prescription et son utilisation peuvent se faire aussi dans un cadre conventionnel (médecine moderne) ou traditionnel (rites et coutumes). L’interprétation comme le spectre des applications est donc large.
Un pas supplémentaire vers la légalisation complète du cannabis en Thaïlande, qui, selon plusieurs sources autorisées, devrait être intervenir avant fin 2023.