Anoréxie

Le cannabis et les psychédéliques seraient le plus efficace des traitements contre l’anorexie

Une étude internationale menée auprès de plus de 6 600 personnes place le cannabis et les psychédéliques en tête des substances les plus efficaces pour soulager les troubles du comportement alimentaire. Une révolution dans la prise en charge de l’anorexie.

Cannabis et champis vs antidépresseurs

Cannabis et psilocybine plutôt que Prozac ? Publiée dans le JAMA Network Open, une nouvelle étude dirigée par l’American Medical Association révèle que certaines substances encore interdites dans de nombreux pays sont perçues comme plus efficaces que les traitements médicamenteux classiques pour traiter les troubles du comportement alimentaire. Cannabis, champignons hallucinogènes (psilocybine) et LSD dominent le classement des substances les mieux notées par les patients pour soulager leurs symptômes, devant les antidépresseurs, pourtant largement prescrits.

L’enquête a été menée auprès de 6 612 personnes interrogées sur leur consommation de substances au cours de l’année écoulée et l’impact de ces dernières sur leurs troubles alimentaires et leur santé mentale. L’échantillon portait sur une large palette de drogues : caféine, alcool, nicotine, antidépresseurs, psychotropes, kétamine, MDMA (ecstasy), stimulants, opioïdes…
Parmi toutes ces substances, seules quelques-unes ont été perçues comme améliorant les symptômes des troubles alimentaires. Et à la surprise générale, ce sont les psychédéliques classiques – cannabis, LSD, psilocybine – qui obtiennent les meilleurs résultats. À l’inverse, l’alcool, la nicotine et le tabac sont désignés comme les plus nocifs. Les antidépresseurs sont jugés efficaces pour améliorer la santé mentale globale, mais beaucoup moins pour les troubles alimentaires en eux-mêmes.

Automédication cannabique

Autre constat : lorsqu’il s’agit d’auto-médication pour atténuer les symptômes des troubles alimentaires, c’est le cannabis qui arrive en tête des substances plébiscitées. En rapportant les effets perçus au nombre d’usagers, c’est cependant la fluoxétine (Prozac) qui obtient la meilleure moyenne.

Les auteurs de l’étude – une équipe de neuf chercheurs issus notamment de l’Université de Sydney, de New South Wales Health et du King’s College de Londres – soulignent que ces résultats justifient des recherches plus poussées sur le potentiel thérapeutique du cannabis et des psychédéliques dans le traitement des troubles alimentaires.
Ils notent aussi que, contrairement au LSD ou à la psilocybine, la kétamine et le MDMA n’obtiennent pas de résultats aussi convaincants, suggérant que les psychédéliques classiques possèdent des propriétés spécifiques particulièrement adaptées à ce type de troubles.

La piste prometteuse des « munchies »

L’étude avance par ailleurs une piste physiologique : dans les cas d’anorexie ou de troubles alimentaires dits « aversifs », le cannabis pourrait jouer un rôle en augmentant la valeur hédonique des aliments, autrement dit en redonnant du plaisir à manger. Un mécanisme similaire à celui des fameuses « fringales » ou munchies, que d’autres recherches, financées par le gouvernement fédéral américain, ont déjà exploré pour mieux comprendre l’effet du THC sur le cerveau. Ces travaux pourraient à terme contribuer au développement de traitements ciblés pour des pathologies telles que l’anorexie ou l’obésité.

Zeweed avec MarijuanaMoments