A la grande Joséphine, le cannabis reconnaissant

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Alors que Joséphine Baker entre au Panthéon, Zeweed rend hommage à la plus Frenchy des américaines. Retour sur la vie mouvementée d’une chanteuse, danseuse, icône féministe, mère de 12 enfants et grande amatrice de cannabis qui n’hésitera pas à risquer sa vie pour la Résistante durant la seconde guerre mondiale.

Née en 1906 à Saint-Louis dans le Missouri, Freda Josephine McDonald a longtemps vécu dans la pauvreté la plus complète, dormant dans la rue et survivant de restes qu’elle trouvait dans des poubelles. À 15 ans son frère parvient à lui dégoter une audition pour participer à la revue d’un spectacle de Music-hall.
Avec pour seule arme une énergie débordante, un joli minois et un sourire en passe de devenir légendaire, elle décroche non seulement l’audition, mais devient rapidement la choriste la mieux payée du moment.

Le cannabis étant étroitement lié à l’histoire du Jazz aux États-Unis, c’est au contact des musiciens noirs qu’elle fait rencontre la marijuana.
Après avoir subi les affres du racisme toute sa jeunesse, elle achète avec ses économies un billet aller simple pour  la France, pays plus tolérant avec les artistes de couleur. Elle a 19 ans.

À Paris aussi son succès est immédiat. La  “Danse sauvage” qu’elle exécute presque nue avec un pagne couvert de banane en plastique devient légendaire. Une danse qui pourrait relever d’un esprit colonialiste moralement discutable. Elle en fait une satire, clamant son indépendance et sa liberté.

Dans le livre écrit par son fils Jean-Claude Baker “Josephine: The Hungry Heart”, il raconte que la diva invitait souvent des amis à fumer et à débattre avec elle avant chaque représentation. Dans cette même biographie, nous trouverons aussi le témoignage de Phillip Lesshing, 23 ans et bassiste dans l’orchestre de Buddy Rich:
“Une fois Joséphine a invité plusieurs d’entre nous à venir dans sa loge et à essayer un très bon reefer. Je suis descendu avec Harry ‘Sweets’ Edison, le trompettiste et Buddy Rich, et nous avons fumé de l’herbe avec Josephine Baker… mais la marijuana n’a pas affecté sa performance. Jamais ».

Jazz & reefers

L’herbe fait partie intégrante de sa vie, de son processus de création et elle n’hésite pas à partager sa passion avec ses proches. Après une tournée elle offrira  en cadeau de départ à Buddy Rich et à son orchestre, une coupe en or (à l’instar de celles offertes aux sportifs ) qu’elle avait fait graver des noms de toute l’équipe et remplis de cannabis.

Joséphine est une pionnière dans bien des domaines. Non contente d’être aussi une des premières artistes ouvertement bisexuelle de l’histoire du Show-biz français, Joséphine n’a pas peur de s’afficher en compagnie d’une grande variété de partenaires.
Son aura de scandale explique peut-être le succès gigantesque de son single: J’ai deux amours, qui est sa déclaration d’amour à la France.

Espionnage et microfilms

Devenue française en 1937, l’année de son mariage à un juif, elle va devenir espionne pendant la Seconde Guerre mondiale, cachant les informations dans ses partitions grâce à de l’encre invisible et démasquant de nombreux espions nazis grâce à un microfilm caché dans son soutien-gorge.
Elle reçoit en 1948 la croix de guerre et la rosette de la résistance lors d’une cérémonie en son honneur, toujours d’après son fils elle aurait fumé un joint le soir même.

Activiste avant l’heure, Joséphine continue à se battre pour ce qu’elle croit jusqu’à la fin de sa vie. Elle retourne dans les années 50 aux États-Unis usant de sa célébrité pour défendre les droits des afros américains. Elle fait le tour du pays refusant, quel que soit le prix, de jouer dans des salles appliquant la ségrégation.

Mère poule aux 12 enfants

Sa famille, constituée de 12 orphelins qu’elle baptise “tribu arc-en-ciel” en raison de leurs origines variées, lui coûtera une bonne partie de sa fortune, mais jamais son sourire.
Son fils Jean-Claude décrit une mère aimante et attentionnée même dans les jours les plus sombres.
Elle s’éteint  à 68 ans, au lendemain d’une représentation honorant ses 50 ans de carrière.


C’est encore à ce jour la seule femme d’origine américaine qui a jamais reçu les honneurs militaires complets; lors de ses funérailles à la Madeleine le 15 avril 1975.
Ultime honneur, Joséphine Baker reposera dorénavant au Panthéon, édifice sur lequel est inscrit en grandes lettres “Aux grands hommes, la patrie reconnaissante“.
De quoi faire rire Joséphine pour toujours.

 

 

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Collaborateur mystérieux à la plume acérée et a l'humour noir, Mike est notre spécialiste de la pop culture. La rumeur raconte qu'un agité bien connu des francophones se cacherait derrière ce pseudo.

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