Prohibition

France: en route vers la légalisation?

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Alors que la députée Caroline Janvier s’apprête à rendre son rapport son rapport sur le cannabis récréatif, l’élue LREM verrais bien le président Emmanuel Macron porter en mai 2022 l’initiative de sa légalisation. Hasard du calendrier? Hier dimanche, le chef de l’Etat a appelé  « à lancer un grand débat national sur la consommation de drogue« . Les jours de la prohibition de l’herbe sont-ils comptés?

Après les député François-Michel Lambert (Liberté Ecologie Fraternité), Jean-Baptiste Moreau (LREM), la sénateur Robin Reda (LR), c’est au tour de Caroline Janvier (LREM) d’inviter la question de la légalisation à la table des négociations. La députée du Loiret, rapporteur de la mission d’information parlementaire sur les usages du cannabis et à l’origine de la consultation citoyenne sur le cannabis, a déjà réservé une place au président Emmanuel Macron que l’élue « verrait bien porter le projet  » (de la légalisation NDLR).

L’intenable prohibition

Il faut dire que la position française devient de moins en moins tenable pour l’exécutif: face au succès des pays ayant légalisé (Canada, Uruguay ainsi que 16 Etats Américains) ou dépénalisé (Espagne, Tchéquie, Luxembourg, Portugal, Italie, Pays-Bas, Belgique), l’Hexagone fait bande à part et traine des pieds. Un comble lorsque l’on sait que le pays est le plus gros consommateur de cannabis d’Europe, avec 5 millions d’usagers réguliers. De plus, il  dispose de tous les atouts naturels pour être le champion de la production de chanvre bien-être et de cannabis, production qui est aujourd’hui circonscrite au textile.

La légalisation déjà au programme de plusieurs présidentiables

Politiquement, il y a urgence pour le locataire de l’Elysée: l’ensemble des partis du centre et de gauche, d’EELV au PS en passant par le Modem ou la France Insoumise, ont fait part de leur volonté d’inscrire la légalisation à leur programme pour la présidentielle de l’année prochaine.
Très discret jusque lors sur la question d’une éventuelle légalisation, le Président a pour la première fois entrouvert la porte à l’idée d’une légalisation. Une habille façon de se mettre en avant et ne pas se faire couper l’herbe sous le pied.
Autre hasard du calendrier, plus curieux celui-ci: demain nous seront le 20 avril, aussi connu comme le 4/20.
Si les voix des électeurs restent prévisibles, les voies de la ganja sont impénétrables…

To legalize or not to legalize?

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Alors que les élections présidentielles approchent en France, la question de la légalisation du cannabis s’invite dans le débat. Si les pays ayant mis fin à la prohibition de l’herbe affichent un bilan positif et que le marché du cannabis est en pleine explosion, la position des pouvoirs publique reste de faire dans la repression, sans donner de signe d’ouverture.

La France est non seulement le premier consommateur de cannabis d’Europe, avec un marché évalué par l’OFDT à plus de 3,24 milliards d’euros de revenus par an, mais aussi le premier pays producteur de chanvre d’Europe avec 35% des surfaces européennes cultivées en chanvre. Un cadeau du ciel pour les consommateurs, les entrepreneurs et l’État : la plus grande offre et la plus grande demande de cannabis sur le même territoire d’Europe… Et pourtant, les gouvernements successifs, s’ils ne rechignent pas à en débattre, refusent d’autoriser la production et la vente de fleurs de chanvre françaises.

Alors que l’État de New York vient de légaliser son usage récréatif et que le cannabis canadien légal fête ses deux ans, voyons comment se portent nos amis d’Amérique du Nord… Au Québec où la vente de cannabis est nationalisée, sous la forme des dispensaires de la SQDC, le gouvernement du Québec a encaissé 103 millions de dollars en 18 mois, dont il a reversé 20 millions aux municipalités. Le nombre de fumeurs n’a pas explosé mais augmenté de seulement 2%. Aux Etats-Unis, le marché du cannabis, alors qu’il n’est pas autorisé sur tout le territoire serait estimé à plus de 70 milliards de dollars en 2021. Ça fait quand même un peu réfléchir…

Une crise économique et sociale sans précédent se profile à l’horizon. Dans ce contexte, l’ouverture d’un nouveau marché très prometteur, qui crée de l’emploi (qualifié et non qualifié) et rapporte autant d’argent à l’État, tout en permettant d’assener un coup furieux au marché noir et à la criminalité qui l’entoure, n’est pas une mesure qu’on peut balayer avec indifférence.

Les français attendent des candidats qu’ils s’emparent de la thématique et prennent position, à l’instar des citoyens qui ont répondu très clairement à la consultation nationale lancée par le gouvernement avec un écrasant 80,8% de répondants favorables la légalisation du cannabis récréatif. Je ne crois pas qu’un politique, de quel bord soit-il, puisse passer à côté de 80% des électeurs, dont certains ne voteraient probablement pas si cette question n’était pas abordée (on rappelle que le taux d’abstention des dernières élections présidentielles était de 25% soit un quart des votants).

On peut imaginer que la question de la légalisation du cannabis en France devienne un des axes centraux des prochaines présidentielles, voire même qu’elle prenne la forme d’un référendum (qui ferait du bien aux français qui ressentent plus que jamais le fossé entre eux et leurs élus).

Cannabis et addictions

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« Légaliser pour mieux encadrer », c’est la réponse à la question de santé publique des pays ayant parié sur la légalisation.
En légalisant la vente et la consommation de cannabis, l’Uruguay, le Canada et une partie des USA auront permis d’offrir à tous une alternative bien-être au THC : le CBD.

Le 11 décembre 2013, l’Uruguay devenait le premier pays à légaliser le cannabis récréatif. Le 18 octobre 2018, sous l’impulsion de Justin Trudeau, c’est au tour du Canada de mettre fin à la prohibition du chanvre qui fait rire. Le 6 avril dernier, l’Etat de New York autorisait la vente et consommation de cannabis et devenait le 15ème Etat (le 16ème avec Washington D.C.) à lever l’embargo sur l’herbe aux US.
En légalisant et en encadrant la vente de cannabis, les trois pays ont permis au secteur de se développer et offrir aux consommateurs un large éventail de produits. A l’instar de la fin de la prohibition sur l’alcool sous Roosevelt en 1933, qui a vu  les américains redécouvrir les charmes de boissons plus raffinées que l’alcool de contrebande, la réhabilitation du cannabis a permis l’offre de plaisirs récréatifs plus subtiles. Parmi eux, une molécule cousine du THC: le cannabiniol (CBD), qui n’a pas d’effets psychotropes, n’entraîne aucune d’accoutumance mais procure en sensation de bien-être.

CBD, l’alternative THC

Normal donc que le  CBD ai le vent en poupe tant il a tout pour séduire. Tout comme son grand frère le THC, il détend l’esprit et relaxe physiquement. Mais à contrairement à  son sulfureux jumeau THC, il ne modifie pas la perception, n’altère pas le jugement ou la motivation.
Et ça, c’est une combinaison gagnante pour les grands aficionados de la ganja qui avec le temps cherchent des sensations, mais sans effets secondaires.
Cette petite révolution n’aurait jamais été possible sans la légalisation du cannabis, qui aura déjà permis à la recherche d’être financée et d’offrir une belle alternative au gros pétard qui tâche.
Aujourd’hui, le CBD est légal dans la plupart des pays (en Europe depuis le 18 novembre 2020) et semble ravir un nombre croissant de consommateurs qui voient en cette weed light un parfait compromis entre santé et hédonisme.

Info-Intox? Le documentaire: « La jeunesse en fumée », diffusé sur France 2.

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France 2 a diffusé le mardi 8 avril un documentaire sur la consommation de cannabis chez les jeunes. Au travers de témoignages, nous apprendrons que le cannabis est tout aussi dangereux que les drogues dites dures.

Meet Aurélien (29 ans), Johanna (22 ans) et Randy (24 ans). Leur point commun? Avoir perdu leur jeunesse et gâché leurs vies après avoir consommé du cannabis.
Le documentaire « La jeunesse en fumée« , diffusé ce soir à 22h50 sur France 2, fait état sans détours des ravages de cette drogue prétendue douce.
Au travers de trois portraits, qui d’après la réalisatrice Andre Rawlins-Gaston reflètent « de la réalité des jeunes face au cannabis », le reportage nous démontre que l’herbe se pose comme un des défis sanitaires majeurs de ce début de  XXIème siècle.
En 2021, le cannabis est dix fois plus puissant et dix fois plus nocif qu’il y a 20 ans. Une toxicité qui fait des ravages.
Ce 70 minutes diffusé sur la première chaîne du service publique se propose de dresser un état des lieux de la consommation de cannabis chez les jeunes. Et le constat est franchement effrayant.

Aurélien en est venu à voler dès l’âge de 16 ans pour nourrir son addiction à l’herbe (téléphones portables, ordinateurs puis sa famille). Il ira même jusqu’à violenter sa maman, la bâillonner et l’attacher à une chaise dans une crise de folie liée à sa consommation de weed et à l’argent dont il avait besoin pour acheter sa dose quotidienne de fumette. « Je mangeais des pizzas dans mon lit et écrasais mes cigarettes par terre, j’était comme un junkie à l’héroïne ou au crack. Tout ce qui je voulais, c’était baver de la bouche et être une véritable loque humaine« . Aurélien passera par des périodes d’intense manque physique pour se débarrasser de son addiction à la marijuana. A l’heure du reportage, le jeune homme de 29 ans vit dans un centre de désintoxication de jour.

Johanna, 22 ans, admet qu’elle a fini par « voir les fumeurs juste pour (son) cul et son corps. Avant de (se)réveiller hagarde le lendemain , attendant de pouvoir fumer un joint qui me fera repartir vers le même enfer ». Le tapin pour le pétard… qui l’eut cru?

Randy, 24 ans, a lui aussi tout perdu. Incapable de travailler, obligé de suivre un lourd traitement au lithium et aux neuroleptiques à cause de ce cannabis dont il n’arrive toujours pas à se défaire « (sa) vie est foutue« .

Il est bien loin, le bon vieux joint rigolo!
Le Dr Hélène Donnadieu prévient d’amblé les curieux qui pourraient avoir envi de tater du pétard: « quand on arrête de fumer du cannabis, on est saisi de manque physique: spasmes et douleurs au ventre, tremblement, fébrilité, accès de violence ou accès psychotiques. Il est véritablement très difficile de sortir de l’addiction au cannabis, et ce quel que soit l’âge(…) Pour l’addiction à l’héroïne, il y a la méthadone. Or, pour le cannabis, il n’existe aucun traitement de substitution à l’heure actuelle« .

Trois portait emblématiques de la détresse des jeunes face au cannabis, prévient la réalisatrice. De quoi s’inquiéter pour les 5 millions de fumeurs de joints que compte la France, et de la crise sanitaire en instance de s’abattre sur le Canada ou les USA, qui ont légalisé et/ou dépénalisé. A moins qu’il ne faille s’inquiéter de l’emprise du lobby big pharma et du dangereux entêtement du gouvernement français à diaboliser le cannabis plutôt que d’encadrer sa consommation.

Bonne séance!

La jeunesse en fumée, diffusé sur France 2 à 22h50 le 6 avril est disponible en VOD par ici

Via ce lien pour les abonnés Orange.

Howard Marks: Portrait d’une Rock-Star du trafic de Hasch

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Howard Marks, AKA Mr. Nice, c’est l’anglais qui dans les 70’s a démocratisé le haschich, ouvrant pour toujours les routes de son commerce vers l’Occident.
Au pic de sa carrière, il en expédiait 30 tonnes par mois en Europe et aux US, tout entretenant de cordiales relations avec la CIA, le MI6, la Mafia et les Yakusas. Portrait du trafiquant le plus cool (et déroutant) du taga-business.

C’est en 1967 qu’Howard Marks découvre le cannabis. Le jeune étudiant débarqué du Pays de Galles entame alors des études de physique au prestigieux Balliol College d’Oxford. Issu d’une famille modeste mais d’un caractère flamboyant et à la personnalité charismatique, Howard Marks devient rapidement la coqueluche du campus, toujours affable, drôle, jouissant d’un incontestable succès auprès des filles… et des garçons. Mais pas pour les mêmes raisons : s’il séduit les premières, sa cote de popularité avec les petits gars d’Oxford est en grande partie due à ses connections cannabistiques : Marks deal de l’herbe à droite à gauche, et toujours avec le sourire.

1968-1970: Sobre contre tous

Jusqu’à une arrestation en 1968, lorsque lors d’une soirée trop festive, un invité meurt après avoir avalé de l’opium. La police est dépêchée sur les lieux du drame, Howard est embarqué par les bobbies. Coup de chance: seul quelques résidus de marijuana seront trouvés sur les lieux. Le futur «  Mr Nice » ressortira après 48h00 de garde à vue, très refroidi par cette chaude nuit.
Entre 1968 et 1970, il poursuit à l’université du Sussex son cursus scientifique et deux ans durant, de 68 à 1970, Howard Marks fera montre d’une sobriété exemplaire. Alors que tout Londres swing et se pète joyeusement la tête, il est en liberté surveillée et doit régulièrement justifier d’une bonne conduite auprès des autorités.
Lorsque qu’il retouchera au chichon et son commerce, ce sera en 1970 et de façon quasi-confidentielle : profile bas et petites quantités uniquement. Il restreint ses activités à ses connaissances proches.

Fin  1970, il se laisse persuader par sa petite amie de l’époque de venir en aide à son pote Graham Plinston qui est emprisonné en Allemagne, soupçonné de trafic. Alors que Plinston est derrière les barreaux, une BMW remplie de hasch (que les policiers n’ont pas localisé) attend Marks à Berlin.
Le jeune Howard accepte de ramener la voiture fourrée en Angleterre; ce sera son premier passage de frontière avec 250 kilos d’Afghan noir cachés dans les portières et les banquettes arrière. Quelques semaines plus tard, après avoir fait grande sensation à Londres avec son hasch d’une qualité rare, Marks rencontre Mohammed Durrani, un trafiquant pakistanais qui lui propose de vendre un cannabis exceptionnel en grandes quantités dans le Royaume de sa Majesté.
En à peine trois ans, le trafic de Marks explose, à tel point qu’il en étend sa distribution à l’Europe du Nord.
La politique du profil bas n’est plus qu’un lointain souvenir pour un Howard Marks aux allures de rock-Star et à l’attitude flamboyante.
En février 1973, il se fait griller lors d’un contrôle par la police néerlandaise. Grâce à une improbable connexion (un ami et client travaillant au MI6) Marks ressort libre de son arrestation, en attente de son jugement.
Il choisira de ne pas se  rendre à sa convocation au tribunal, grillera son joker MI6 et passera les dix années suivantes en cavale.

1973: Naissance du Nice

C’est en 1973 qu’il devient « Mr Nice ». Si l’homme est réputé adorable, joviale et drôle, ce n’est pas pour autant la raison de son nouveau nom : cette année-là,  il parvient à se procurer l’identité d’un prisonnier décédé mais non enregistré en tant que tel … Un certain Ruppert Nice.
Après être retourné clandestinement au Royaume-Uni, Marks, qui fait de nombreux aller-retour en Inde sous l’identité de Ruppert Nice, importe en Europe un haschisch d’une qualité irréprochable : du Népalais noir.
Entre 1975 et 1978, avec l’aide des Yakuza et da la Mafia, il expédie quelque  55 000 livres d’une résine premium  à partir de l’aéroport John F. Kennedy. Il est aussi à l’époque officieusement couvert par la CIA qui l’utilise comme informateur pour ses liens avec l’IRA, avec laquelle il fait aussi du trafic.
La liste des autres groupes impliqués dans ces opérations  surprend autant qu’elle force le respect : outre la Mafia, les Yakuza, et la CIA, le Brotherhood of Eternal Love, l’armée thaïlandaise et l’Organisation de libération de la Palestine… et les Pink Floyd qui acceptent de cacher une partie de son hasch dans ses enceintes d’une gigantesque tournée américaine.

A la fin des années 70, Marks évite de justesse une accusation de trafic de drogue en plaidant « non coupable » .
Il sera en revanche condamné à deux ans derrière les barreaux pour usage…de faux passeport.
A sa sortie de prison, Marks renoue avec le trafic de drogue douce (il n’acceptera jamais de faire d’autre négoce illégal que celui du cannabis).
Après une dizaine d’années d’une vie des plus confortables sous le soleil espagnol, la Drug Enforcement Agency de l’oncle Sam mettra finalement la main sur l’homme qui aura démocratisé le cannabis marron sur la planète bleue, du vieux continent au nouveau monde.
Il est condamné à 25 ans de prison et à une amende de 50 000 $.
Il n’en fera que 7 : en avril 1995, Marks obtient une libération conditionnelle pour son comportement de  « prisonnier modèle ».

1995- 2019 : libre et à l’ombre de la justice

D’aucun racontent qu’à sa sortie il aurait repris sans la moindre hésitation ses stupéfiantes activités. Une rumeur seulement puisque Mr Nice ne sera plus jamais inquiété par la police jusqu’à sa disparition à 70 ans, des suites d’un cancer. De 95 à 2019, Marks a par ailleurs été des plus prolixe dans d’autre domaines : il écrira son autobiographie, participera au scénario de  Mr Nice, un  biopic sur sa vie, parcours le globe, donne des conférences, et est régulièrement invité dans des show télés quand il ne fait pas du stand-up.
Howard Marks nous quittera le 10 avril 2019, s’éteignant paisiblement dans sa belle demeure de Leeds, entouré par l’amour de sa femme et ses enfants. A very nice ending.

 

Bonus: un doc. assez génial (et barré) tourné lors d’un voyage en Jamaïque du Nice guy:

 

Prohibition : le Top 10 des affiches de propagande anti-cannabis.

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Les concepteurs-rédacteurs du monde publicitaire n’auront jamais manqué de créativité pour trouver des accroches mémorables lors de campagnes contre le cannabis. Qu’elles soient drôles, surannées ou saugrenues ZeWeed a retrouvé pour vous quelques perles de la propaganda anti-ganja.

 

 

Un Goûter au Pays de la merveilleuse Alice B. Toklas

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La Journée de la Femme… Quelle plus belle occasion de leur exprimer tout l’amour et toute l’admiration que je leur porte?  Vous êtes la couleur et la musique, la passion et le voyage de ma vie de poète, vous êtes ce que je connais de plus précieux et de plus essentiel. Femmes… Je vous aime, c’est un honneur pour moi que d’avoir la chance de vous rendre hommage.

J’ai choisi pour cela de faire le portrait d’une des femmes les plus rock’n roll du XXème siècle: Alice B. Toklas. Femme de lettres américaine, elle fut la compagne de Gertude Stein et l’auteure du Livre de cuisine d’Alice B. Toklas. Ouvrage passé à la postérité pour sa célèbre recette de fondants au haschich et ses Recettes d’Amis réunissant les recettes-anecdotes favorites de Cecil Beaton, Pierre Balmain, Marie Laurencin pour ne citer qu’eux.

Le salon qu’elle tient à Paris avec Gertrude Stein devient rapidement le centre névralgique de la scène artistique du début du siècle ; Hemingway, Fitzgerald, Picasso, Matisse, Braque… tous sont des amis proches qui arpentent ce salon et les immortaliseront dans leurs tableaux et romans comme le couple délicieusement sulfureux qui conquit Paris.

Alice B. Toklas, photographiée après après un bon space-goûter

Alice B. Toklas écrit son livre de cuisine dans son style fin et mordant où ses recettes, pleines de connivence et de tendresse pour ses amis et ses souvenirs, semblent n’être que le prétexte d’un voyage entre les lignes de sa vie.

Sa recette du fondant au haschich qui fît scandale (et publicité rêvée pour Alice) est la recette magique de Brion Gysin, un écrivain qui vivait au Maroc et qu’elle rencontra dans les années 30. Elle présente ses fondants comme la nourriture du paradis : «  une euphorie et de grands éclats de rire, des rêveries extatiques et une extension de la personnalité sur plusieurs niveaux simultanés sont à prévoir avec satisfaction. Presque tout ce que Sainte Thérèse a fait, vous pouvez le faire encore mieux si vous vous laissez aller à un rêve éveillé ». Tout un programme.

On retrouve des clins d’œil à ses gâteaux planants dans les films et la musique de la culture hippie, le plus connu d’entre eux est sans doute I Love You Alice B. Toklas avec Peter Sellers. Quarante ans plus tard l’écrivain et dramaturge Diana Souhami racontera l’histoire du couple célèbre dans Gertrude et Alice. 

« I love you Alice B.Tolkas » (1968), film délirant sur fond de space-brownies, avec le tout aussi space Peter Sellers

Artiste, femme de lettres, ouvertement en couple avec une femme, icône parisienne, et championne des exquis effets du cannabis… Alice B. Tolkas, en avance sur son temps et hors du temps, originale et assumée qui s’était arrogé par son courage le droit de n’être rien d’autre que ce qu’elle voudrait être. Une égérie dont la vie marqua sublimement le XXème siècle et continuera d’inspirer, je l’espère, les générations à venir.

Le précieux livre de space-cuisine d’Alice B.Toklas est disponible sur Amazon ici

« Très inventif: une histoire de haut niveau de la quête de l’homme pour l’herbe »: l’indispensable lecture sur le trône.

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Quel est le point commun entre Christophe Colomb, Louis Armstrong et Al Capone ? La réponse est à trouver dans « Très inventif: une histoire de haut niveau de la quête de l’homme pour l’herbe ». Entretient avec les auteurs.

«J’ai beaucoup d’idées mais toutes ne sont pas bonnes», me confesse au téléphone BS Wedeman une des plumes responsables de l’hilarant et instructif  Très inventif: une histoire de haut niveau de la quête de l’homme pour l’herbe.
«Mais c’était une bonne idée», coupe rapidement Ted Tronnes, co-auteur du livre, qui vient d’arriver sur notre conference-call.
Ensemble, Ted et BS Wedeman ont écrit et illustré cette compilation d’anecdotes cannabiques.

Ce «bouquin de WC», comme le décrivent si affectueusement les auteurs, contient une collection de vignettes et d’illustrations qui offrent un aperçu détaillé, décalé et ultra-drôle de l’histoire de l’homme avec l’herbe qui fait rire.
«L’idée est née, comme la plupart de mes idées», lâche BS Wedeman en riant, «c’est à dire alors que je roulais un joint « .

«J’avais lu un livre sur Benjamin Franklin, qui a  inventé les lunettes à double foyer. J’utilisais mes verres à double foyer ce jour là pour rouler mon joint, et j’ai commencé à réfléchir: Qu’ont fait d’autres hommes, par quelque invention ou découverte, pour  influencer ma capacité à apprécier pleinement ma weed», m’explique Wedeman, évoquant certains personnages de son livre.

Parmi eux:  John Landis Mason, qui a inventé le « Pot Mason » (un récipient incontournable de tout bon stoner), Luis Marcus qui a inventé l’épingle à cheveux (que nombre d’américains utilisent pour tenir un joint), et les Phéniciens, qui ont découvert le soufflage du verre et ont peut-être inventé dans la lancée les premières pipes de la même matière.
«Immédiatement, j’ai appelé Ted et lui ai parlé de ma nouvelle idée», poursuit-elle.

Madison, Weed,
James Madison, quatrième président des États-Unis, confesse que le chanvre lui a donné du recul sur la façon de structurer une démocratie, et lui a inspiré la rédaction de la Constitution. Contrairement à un autre président américain plus récent, Madison a sans doute inhalé…

« L’idée m’est venu comme toutes les autres: alors que je fumais un joint »

De l’Égypte ancienne aux États-Unis coloniaux, Ted et BS Wedeman ont réussi à combiner près de 90 anecdotes liées à la weed, proposant un loquace panorama de l’usage de la ganja depuis l’invention du feu.
Saviez-vous, par exemple, que des pharaons égyptiens comme Hatchepsout et Toutankhamon utilisaient du cannabis pour soulager les crampes menstruelles, la fente palatine, la scoliose, le paludisme et les hémorroïdes?
Ou qu’aux USA,  refuser de cultiver du chanvre en tant qu’agriculteur était jusqu’au XIXème siècle un crime passible d’une peine de prison ferme?

«L’un des plus grands défis auxquels nous avons été confrontés était de faire la différence entre ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas» précise Ted.
Heureusement, BS Wedeman est professeur et chercheuse professionnelle, un statut qui lui a permis d’avoir accès à des confidentielles bases de données et informations fiables.
Afin d’ajouter un peu de consistance aux histoires qu’elle et Ted ont inclus dans le livre, les deux auteurs ont décidé d’y ajouter une annexe avec des liens pour les lecteurs souhaitant plonger plus profondément dans l’histoire de la weed.

Aujourd’hui, près de 18 mois après que BS Wedeman ait fait part à Ted de son idée, les deux compères se félicitent de leur collaboration
«Nous n’avions jamais imaginé publier un livre sur l’herbe», poursuit Ted, qui travaille comme graphiste et directeur artistique indépendant à Kansas City, dans le  Missouri.

Trump, weed,
« Un peu d’indulgence pour la ganja rend les dirigeants américain beaucoup plus faciles et plus agréables à traiter« . John Adams a écrit cela 1763 sous le nom de plume «Humphrey Ploughjogger»,  pour le Boston Evening Post. « Il me semble que si les grands hommes ne laissent pas d’écrire de la politique, se casser les têtes, les oreilles de boxe, le nez qui sonne et les culottes voudra bientôt un monde de chanvre pour notre propre consommation ». En d’autres termes, très peu de choses ont changé en politique au cours des 250 dernières années.

«J’adorerais que ce livre gagne sa place dans les toilettes de tous les amateurs de weed»

BS Wedeman a également une carrière bien établie en tant qu’auteur, chercheuse et consultante renommée.
Un certain confort professionnel qui n’a aucunement ralenti son enthousiasme pour publier l’ouvrage.
«J’adorerais que ce livre gagne sa place dans les toilettes de tous les amateurs de weed», se bidonne Wedeman.
Malheureusement, comme pour la plupart des idées commerciales liées au cannabis, atteindre ce genre d’objectif relève de la gageure.
« On vient d’apprendre que nous ne pouvons pas faire de publicité sur Amazon parce que le livre se rapporte à une substance illicite » soupire Ted,

BS Wedeman a également choisi d’écrire sous un pseudonyme par peur de représailles au travail.
«Si le livre fonctionne vraiment, j’y apposerais mon nom. Mais pour le moment, je ne peux pas courir le risque »
Les deux écrivains espèrent néanmoins surmonter ces obstacles en acheminant leur publication vers des détaillants comme les magasins de vente de CBD , de vaporisateurs ou encore les head shops.

Ted et Wedeman prévoient également de lancer une nouvelle gamme de produits dérivés ainsi qu’un podcast: The One Hitter de Highly Inventive (composé d’anecdotes de 1 à 2 minutes sur la ganja).
«Pour le moment, on s’amuse. Si le livre parvient à gagner quelques dollars, nous les ferons parvenir à Haley pour  promouvoir plus encore le livre (Haley et son agence sont en charge du marketing du livre NDLR)» conclu Ted en se marrant.
Que vous cherchiez le parfait cadeau pour un pote stoner, que vous vouliez faire le plein de fun-facts pour briller en fin de diner ou faire rire vos amis en pleine smoke session, » Très inventif: une histoire de haut niveau de la quête de l’homme pour l’herbe » *est la lecture que je vous recommande… hautement.

*titre original: Highly Inventive: A Highbrow History of Man’s Quest For Weed

Disponible sur Amazon ici.

Alerte au cannabis frelaté en Europe

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Depuis quelques mois, plusieurs pays européens font face à un nombre croissant d’intoxications aux cannabinoïdes de synthèse. Vaporisés sur de l’herbe classique à l’insu des consommateurs, ces alcaloïdes de laboratoire ont déjà emportés la vie de 105 consommateurs en 2020. L’OMS et Europole tirent la sonnette d’alarme.

Bordeaux, le 30 décembre. Quatre adolescents se font tourner un joint d’une herbe achetée dans la rue. Quelques minutes plus tard, l’un d’entre eux s’écroule à terre, alors que les trois autres sont saisis de tremblements, convulsions et nausées.
Ils viennent de fumer de la weed sur laquelle a été ajouté du MDMB-4en-PINACA, un cannabinoïde de synthèse surpuissant. Quelques tafes auront suffi à créer chez les quatre jeunes vomissement, tachycardie, hypotension et évanouissements.
Ils passeront entre deux et cinq jours en observation.

Le 3 janvier, à Anvers, c’est deux adolescents qui finiront aux urgences après avoir fumé ce qu’ils pensaient être du cannabis naturel.
Là aussi, les analyses révèleront la présence de MDMB-4en-PINACA.
Apparu en Europe en 2017, le MDMB-4en-Pinaca est un des cannabinoïde de synthèse responsable d’une centaine de décès en 2020 sur le vieux continent.
Ce THC chimique, souvent vendu en poudre via le Darknet, est dilué et vaporisé sur des fleurs de cannabis de mauvaise qualité afin de les rendre « vendables » par des dealer peu scrupuleux.

Car si ces cannabinoïdes artificiellement crées sont conçus pour imiter les effets du THC en se fixant sur le récepteurs CB1 et CB2, ils sont loin d’être aussi inoffensifs que leur naturel aïeul.
Parce qu’ils sont 30 à 50 fois plus puissants que le THC et sont dépourvus de la balance psychotrope qu’offre l’effet entourage, ces poudres boostante ont des effets dévastateurs sur le cerveau et l’organisme.

La faute au Covid?

Les difficultés d’approvisionnement dues aux confinements successifs ont crée des pénuries de cannabis dans tous les pays interdisant son usage. A cela il faut ajouter une situation économique des plus précaires. Il n’en fallait pas plus pour que des revendeurs peu scrupuleux refourguent à des clients en pleine dèche un produit aussi bon marché pour les dealers que fatal pour les fumeurs.

En décembre dernier à Berne, la police a saisi des centaines de pochons d’herbe vendus comme de la marijuana naturelle et y a trouvé d’importantes quantités de CUMYL-4CN-BINACA, un autre cannabinoïde de laboratoire.
Pour la seule année 2020, c’est une centaine de décès que la fondation suisse Drug Checking impute à la consommation de ganja frelatée.
Le CUMYL-4CN-BINACA, tout comme le MDMB-4en-PINACA fait parti des cannabinoïdes de synthèse les plus fréquemment saisis par la police, confirme une enquête conjointe d’Europol et de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies .
Mais de tous ces alcaloïdes chimiques, c’est surtout le  MDMB-4en-PINACA qui inquiète au plus haut point les autorités sanitaires.
50 à 100 fois plus puissant que le THC, le MDMB-4en-PINACA fait depuis février 2020 l’objet de mise en garde répétées sur des sites spécialisés comme know-drugs.chet Safezone.ch

Alertes de l’OMS et d’Europole

En octobre 2020, l’OMS recommandait la classification du MDMB-4en-Pinaca dans le tableau I de l’Annexe IV, considérant la substance comme une drogue au fort potentiel addictif ayant aucun ou peu d’intérêts thérapeutiques, au même titre que l’héroïne ou le crack. Pour mémoire, l’ONU a retiré le cannabis -naturel- du tableau I de l’Annexe IV en décembre 2020
Toujours en octobre, une note de l’ARS* de la région PACA faisait état de « la circulation en région PACA d’herbe vendue pour du cannabis ne contenant finalement que du cannabidiol (CBD) et un cannabinoïde de synthèse (MDMB-4en-PINACA), dont la puissance pharmacologique expose à des risques pour la santé« .
Et c’est bien là le problème: rien ne peut différentier au premier regard une herbe naturelle d’une herbe frelatée.
Un dangereux jeu de roulette russe qui se profile pour les acheteurs se fournissant dans la rue, auprès de revendeurs qu’ils ne reverront jamais.

De 1929 à 1933, aux Etats-Unis,  la prohibition sur l’alcool a poussé de nombreux enthousiastes de la bibine et du profit a vendre à des consommateurs désespérés du Moonshine, un alcool bricolé qui fera des milliers de victimes. Cette crise sanitaire ne prit fin que lorsque le président F.D.Roosevelt légalisa de nouveau l’alcool, assurant aux consommateurs un liquide sans autre danger que celui d’une bonne gueule de bois.
Un argument de plus, s’il en fallait, pour une légalisation responsable du cannabis sur le vieux continent.

 

*L’Agence Régionale de Santé (ARS) est un établissement public administratif de l’État français chargé de la mise en œuvre de la politique de santé dans sa région

Amsterdam voudrait interdire les coffee shops aux touristes.

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La maire écologiste d’Amsterdam souhaite changer cette image de capitale des « touristes du cannabis ». Dans le viseur : les nuisances causées par ces derniers.

« Au cours des dernières années, nous avons constaté que _la demande de cannabis à Amsterdam a énormément augmenté_« , a précisé Femke Halsema, au cours d’une interview accordée vendredi à la télévision publique NOS.  « C’est surtout en raison de l’augmentation des touristes », a-t-elle ajouté, estimant qu’une partie d’entre eux sont des « touristes du cannabis » qui se rendent à Amsterdam exclusivement afin de consommer cette drogue.

Ces « touristes du cannabis » sont source de nuisance pour le centre-ville de la capitale. « Amsterdam est une ville internationale et nous souhaitons accueillir les touristes, mais nous aimerions des touristes qui viennent pour la richesse de la ville, pour sa beauté, pour ses institutions culturelles »

Les Pays-Bas comptent 570 coffee-shops, selon les chiffres du ministère de la Santé publique. La capitale néerlandaise en compte à elle seule 166, soit 30% de l’ensemble des coffee-shops des Pays-Bas, selon les chiffres de la ville d’Amsterdam. Depuis les années 1970, le gouvernement néerlandais tolère ces établissements qui vendent du cannabis à des consommateurs. La production de cannabis et son approvisionnement sont en revanche illégaux.

Zeweed avec AFP 

 

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