musique

Flying high à bord du Starship

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Le Starship, c’est le Boeing 720 qui transporta les plus grands groupes de rock entre 1973 et 1977. Entièrement refait pour répondre aux besoins de ses turbulents passagers, théâtre de tous les excès, le « Party Plane » contribuera à forger l’image de groupes comme Led Zeppelin, les Allman Brothers ou Deep Purple.

Les années 1970 verront l’avènement des Rock-Stars. Suivies par des hordes de groupies, ces nouvelles idoles des jeunes jettent des téléviseurs du 10e étage des hôtels, en saccageant consciencieusement les chambres et roulent à tombeau ouvert dans de sublimes bolides qui finissent rapidement à la casse ou dans une piscine.
C’est aussi l’époque où les tournées aux Etats-Unis deviennent de plus en plus longues avec des dates dans beaucoup de villes moyennes, et où les musiciens passent de plus en plus de temps dans des bus ou des vols moyen-courrier, avec tous les tracas que cela suppose (perte ou retard de bagages, déboires avec la police ou les populations locales, fouilles complètes à l’aéroport etc).

Led Zeppelin en 1973, les premiers locataires du Starship.

A Starship is born

En 1973 le chanteur Bobby Sherman et son manager rachetèrent à United Airlines un Boeing 720 dans le but de le convertir en jet pour les tournées et de le louer.
C’est ainsi que naquit le légendaire « Starship ».
Acheté pour 600.000 $, cet avion de ligne de 138 places fut complètement remodelé à la demande de ses nouveaux propriétaires pour accueillir le rock’n roll lifestyle (40 places après la transformation). Après 200.000 $ de travaux de rénovation le Starship offrait une cabine centrale avec un canapé de 10 m de long, un téléviseur et un magnétoscope, avec une collection de video K7 qui allait des Marx Brothers à Deep Throat, un bar avec un orgue électronique, une suite avec un waterbed king size et des couvertures en fausse fourrure, et même une fausse cheminée.

Le premier groupe à louer le Starship fut Led Zeppelin, nous sommes en 1973.
Le manager du groupe, Peter Grant, avait décidé dès la formation du groupe que pour arriver au sommet il fallait d’abord conquérir les Etats-Unis. Grant se démena pour assurer un maximum de dates dès la 1ère tournée, en 1969, tout en maintenant la presse à l’écart. Il refuse sciemment toutes les demandes d’interviews pour laisser les musiciens cultiver le mystère. Mais ces tournées, très longues et aux multiples dates n’étaient pas de tout repos pour ces musiciens brit’ aux cheveux longs, pour ces fumeurs de weed paumés dans le Midwest où les habitants sont peu versés dans la mouvance hippie (on pense au film Easy Rider sorti la même année et à sa fin tragique).

Le party plane des Stones, Led Zeppelin, Bob Dylan et Elton John

A ces premiers inconvénients, il faut ajouter les fréquentes turbulences aériennes que subissent les petits monomoteurs à hélice qui étaient généralement utilisés. Ceux-là mêmes qui coutèrent la vie à Buddy Holly, Otis Redding, Glenn Miller ou Stevie Ray Vaughan.
Lorsque Led Zeppelin inaugure le Starship, c’est un des plus grands groupes de rock du monde.
C’est la fin des innombrables arrêts dans les motels:  le Starship ramène  tous les soirs le groupe et son entourage à L.A, où la fête commencée à bord se poursuit dans les bars du Sunset strip ou au Hyatt Hotel , surnommé le «Riot House».

Le Starship était devenu le nouveau standard pour les rock-stars et fut utilisé (entre autres) par : les Rolling Stones, Deep Purple, John Lennon, Alice Cooper, Bob Dylan & the Band, Peter Frampton, les Allman Brothers, les Bee Gees ou encore Elton John.
Ce dernier, qui avait loué le Starship pour sa tournée US de 1974, s’était retiré dans la suite de l’avion pour faire une sieste. En se réveillant, il eu la surprise de trouver Stevie Wonder chantant « Crocodile Rock »  au piano situé derrière le bar.

Les Stones, toujours plus haut.

Lorsque le groupe Allman Brothers Band entra dans le Starship pour leur tout premier trajet ils furent accueillis par un « Welcome Allman Brothers » écrit en lignes de cocaine par les précédents occupants: Led Zeppelin.
Quand les Rolling Stones louèrent le Starship pour leur tournée « STP », alors qu’il découvre l’intérieur de ce Las Vegas volant,  Mick Jagger s’exclamera « it’s very tacky » (c’est très tape-à-l’oeil). Ce sera le seul à se plaindre, les autres groupes adulant le « party plane ».
Peter Frampton, lui, racontera que ses musiciens avaient pris l’habitude de dissimuler leur stock de weed dans leurs sacs de linge sale pour échapper aux contrôles des chiens renifleurs des douanes.

« C’est de mauvais goût » (Mick Jagger à propos de la décoration de la cabine)

Le Starship symbolisera aussi l’isolation croissante des rock-stars durant les 70’s.
Un ancien dirigeant d’Atlantic Records se souvient qu’à l’issue d’un concert de Led Zeppelin à Minneapolis, le guitariste Jimmy Page était déjà en train de se faire servir un homard Thermidor à bord du Starship sur la piste de décollage alors que la foule en délire réclamait un rappel dans le concert qu’il venait de quitter.
Il était fréquent pour les musiciens de s’engouffrer depuis leur hôtel en peignoir dans une limousine, direction le Starship, dans lequel ils prolongeaient leurs courtes nuits.
Pour les Rolling Stones en 1975, le Starship avait un avantage: celui de réveiller Keith Richards avant chaque concert, dans une période où il s’enfonçait de plus en plus dans la dope.

Elton John, perché sur le tarmac.

1977 fut la dernière année de bons et loyaux services du  Starship, avec la tournée de Led Zeppelin puis de Peter Frampton (celle de l’album « Frampton Comes Alive »).
On raconte que pour beaucoup de managers de groupes de rock le Starship était un indicateur de leur position dans le music business. Il était fréquent d’inviter des journalistes et des personnalités à bord, et tous les caprices étaient permis, comme par exemple partir manger un homard à Boston lorsqu’on est à Miami (Deep Purple).
Le Starship fut ensuite vendu à divers propriétaires, pour finir en pièces détachées en 1982. Entre-temps il y avait eu le 2e choc pétrolier: l’époque n’était plus aux tournées en super jets.
Il reste les photos et la musique de cette époque totalement déjantée.

Quand Gainsbourg chantait la Ganja

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Il y a 30 ans, Serge Gainsbourg nous quittait. Si l’homme à tête de choux n’était qu’un fumeur de Gitanes, il n’aura jamais été insensible aux charmes du cannabis. Un penchant pour la ganja-culture qui nous offrira le révolutionnaire Aux Armes et caetera ainsi que Cannabis, film dans lequel il donne la réplique à Jane Birkin et compose une sublime bande-originale écrite avec un certain Jean Claude Vannier.

Un an après leur rencontre sur le tournage de Slogan (1969) le couple naissant Gainsbourg/Birkin partage de nouveau l’affiche dans une romance policière réalisée par Pierre Koralnik, que Serge retrouve trois ans après leur collaboration sur le téléfilm Anna (1967).
Si le scénario comme le jeu d’acteur n’ont rien de stupéfiant dans cette production que même la splendide et systématiquement dévêtue Jane Birkin ne parvient à sauver, la musique originale signée Gainsbourg/Vannier vaut très largement de subir ce polar de série B.

Gainsbourg, Birkin, cannabis,

Après avoir composé la B.O. de  Mann 70 (1968), écrit le célèbre « Requiem Pour Un Con » pour Le Pacha (1968),  « L’Herbe Tendre », entendu dans Ce Sacré Grand-Père (1968), et le titre »L’Alouette » pour La Horse (1970), Gainsbourg signe avec Cannabis(1970) une de ses meilleures musiques de film.
Mi-rock mi-planante, la B.O.  made in Gainsbarre donnera toutes ses lettres de noblesse à ce qui est sans doute le meilleur long-métrage de Pierre Koralnik. (Les deux autre films notables du réalisateur seront Nestor Burma et l’Instit’…).

Cannabis, c’est aussi la première collaboration de Serge Gainsbourg avec Jean-Claude Vannier, génial arrangeur-compositeur avec qui il écrira deux ans plus tard un chef d’oeuvre: « L’Histoire de Mélodie Nelson« .

Parmi les meilleurs titres joués dans le film, l’éponyme « Cannabis »  que l’on retrouvera en intro et outro (en version instrumentale pour le générique de fin).
Très rock, prologue à la texture électrique de l’album « Rock around the Bunker« , « Cannabis » donne d’emblée le ton de ce polar noir interdit aux moins de 18 ans « La mort a pour moi le visage d’une enfant/Quand soudain, je perds la raison / Est-ce un maléfice? / Ou l’effet subtil du cannabis? ».
Le très inspiré « I want to feel crazy » (chanté par Jane Birkin façon Maryline Monroe) est un délicieux prélude aux sublimes arrangement que Jean Claude Vanier nous offrira sur l’Histoire de Melody Nelson.

Serge Gainsbourg, Cannabis, Jane Birkin, Cinéma,
« Chanvre Indien » tient ses promesses en nous transportant dans un planante ambiance orientale aux parfums de haschisch alors que le titre « Dernière blessure » nous rappelle autant les violons Initial BB qu’il annonce les enivrants arrangements de La Valse de Melody.
Boudé par les critiques et le publique à sa sortie, Cannabis jouit aujourd’hui d’un statut de cult-movie chez les grands Gainsbourg-aficionados.
Puisse cet article élargir le cercle des fans de Cannabis, le film.

la Bande-Originale intégrale de Cannabis avec tous les titres dont nous vous parlions, c’est ici:

Le tube kitch de l’été : La Cucaracha

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C’est le moment de retrouver votre cours d’histoire cannabique préféré : Zeweed vous raconte aujourd’hui l’origine de la plus célèbre mélodie mexicaine, un hymne insolent et entêtant. Oubliez la Macarena, cet été, on se met tous à la Cucaracha!

Vous avez dû la supporter dans les transports en commun, dans des supermarchés ou face aux milliers de gadgets Made in China qui peuplent les bazars. Cette chanson, c’est… la Cucaracha:

Vous avez dû la supporter dans les transports en commun, dans des supermarchés ou face aux milliers de gadgets Made in China qui peuplent les bazars. Cette chanson, c’est… la Cucaracha.

Un fait peu connu, puisque le consensus concernant la première chanson sur notre plante préférée est en général en faveur de “Reefer Man”, un classique provoquant sorti en 1932. Cette composition Jazz très fun, jouée par le détonnant Cab Calloway, arrive en réalité trois ans après « Muggles » (du patriarche de la trompette Louis Armstrong) mais surtout près de 20 ans après la Cucaracha.
Fun fact: “Reefer Man” a tout de même le privilège d’avoir, en introduction, le tout premier sketch sur la Ganja  gravé sur vynile, bien avant les comédiens Cheech et Chong, dans les années 70.
La particularité de la Cucaracha, c’est qu’il existe autant de versions que de types de tequilas au Mexique.

Hymne au mégot de joint

 La mélodie reste toujours la même, mais les paroles varient selon les régions et le contexte politique du pays.
Si on ne connaît pas exactement la date de sa composition, trois interprétations sont particulièrement iconiques et elles reflètent les trois sens du mot Cucaracha. Le mot en espagnol, signifie « cafard » et s’applique différemment selon la période :
– Au sens propre, comme dans la première partition du morceau (qui remonte à 1818 et la guerre d’indépendance du Mexique avec l’Espagne, qui dura de 1810 à 1821). Dans cette version, c’est l’histoire d’un Cafard qui a perdu une patte et qui a des difficultés à se déplacer.
– Au sens figuré, comme en 1870, pour s’opposer à la nomination de l’empereur Maximilien d’Autriche
– Et dans le cas de la version la plus connue de la chanson, celle qui l’a établie comme un monument national digne de Frida Kahlo : en argot.
Car Cucaracha signifie avant tout “joint” en espagnol ! C’est d’ailleurs de ce mot que viendrait l’expression “roach” en anglais qui signifie “Cul de joint” et “Cockroach” qui est le nom du Cafard en anglais.
Dans cette version dédiée au révolutionnaire Victoriano Huerta (président du Mexique entre 1913 et 1914), pas d’ambiguïté dans les paroles:

Le cafard Le cafard/ 
Ne peut plus marcher/ 
Parce qu’il n’a pas/ 
Parce qu’il lui manque/ 
De la marijuana à fumer.

L’origine de cet étrange hommage ?
Le révolutionnaire était très fortement soupçonné d’être un fumeur en raison des énormes lunettes noires qu’il portait à cause de sa cataracte (une maladie des yeux), d’un amour de la fête certain qui lui donnait une démarche qu’on va qualifier “d’incertaine” et de rumeurs appuyées sur des parfums aromatiques qui l’entouraient à chacun de ses déplacements.

Jaïs Elalouf : « Le CBD va dans le sens d’un bien-être général, d’une santé globale. »

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Musicien et performeur cutting edge, réalisateur à ses heures et premier collectionneur français d’art psychédélique, Jaïs Elalouf nous parle de sa nouvelle passion pour le cannabidiol.

Jaïs Elalouf est un touche-à-tout hors pair, un passionné tous azimuts. Pionnier du DJVing (terme de son cru associant disc-jockey et vidéo-jockey), il a présenté dans une quarantaine de pays, sous le pseudo de Dj Oof, plus de 500 concerts immersifs mêlant musique et extraits de films, se plaçant en digne héritier électro des fameux lights shows psyché du San Francisco des sixties.
Par la suite, ce créateur inlassable a également produit une quinzaine de mixtapes éclectiques, l’album Cinémix (Universal Music) et plusieurs autres disques sous divers alias : OOF ou Lunivers, avec les single house-pop « All of us is One » – dont il a lui-même créé la pochette – et « Happy Route » (playlist Radio Nova).

Autre corde à son arc, et pas des moindres, Jaïs Elalouf est aussi le connaisseur et le promoteur le plus pointu de l’art psychédélique en France. Car voilà plus de trente ans qu’il récolte au fil de ses voyages tout ce qui a trait au sujet : affiches originales, tableaux, estampes, pochettes de vinyles, objets de toutes sortes, planches de dessins des années 60, qu’il accumule chez lui et expose actuellement dans le cadre d’une galerie éphémère située aux abords de la Cité des sciences de la Villette.

En attendant de trouver un lieu permanent pour son musée psychédélique, il organise des évènements et accueille les visiteurs dans ce cadre aussi flashy que convivial, entre deux infusions de sa nouvelle marotte : le CBD.
« Je m’y intéresse depuis un peu plus de deux ans, confie-t-il. Cela a été une vraie découverte pour moi. Je suis quelqu’un de sociable, je sors beaucoup dans des concerts, des vernissages, des fêtes de toutes sortes, et ce que je n’aime pas avec le cannabis et l’alcool, c’est que lorsque tu en prends, tu n’es plus sur la même longueur d’onde que ceux qui n’en ont pas pris. »
Jaïs est à ce point convaincu des vertus du CBD qu’il en propose désormais aux visiteurs de son Centre d’Art Psychédélique

 

Ses autres multiples activités sont aussi régulièrement ponctuées par une bonne cigarette de Cherry pie. Celles-ci, d’ailleurs, sont indissociablement associées à son dernier titre, Métaphysique.
Sortie le 10 novembre 2021, cette composition planante est une invitation parfaite à la méditation. Une délicieuse fusion trip hop indiens et rythmique jazz, où l’auditeur avisé reconnaîtra la voix de Mike Ladd, maître du spoken word américain.
« Bien sûr, il m’arrivait d’en fumer en studio, durant l’enregistrement, poursuit-il. J’avais le goût et le parfum du Cherry pie sans me mettre la tête à l’envers. J’avais l’esprit clair pour travailler le mieux possible, et en même temps un petit effet relaxant très agréable qui convient parfaitement à l’esprit de ma musique ! »
Jaïs reconnaît par ailleurs que les vertus du cannabidiol s’accordent on ne peut mieux à sa conception du monde. « J’ai toujours ressenti un lien très fort avec la nature. Je crois que nous sommes un élément, aussi petit soit-il, d’un tout cosmique, et qu’il faut respecter notre corps, tout comme il faut respecter la planète dans laquelle on vit. Or le CBD, pour moi, cela va dans le sens d’un bien-être général, d’une santé globale. »

Avant de quitter son Centre d’Art Psychédélique et filer peaufiner ses ultimes compositions dans son studio d’enregistrement niché au cœur de Paris, Jaïs tient à souligner une dernière chose : « Ce qui m’a définitivement converti au CBD, c’est aussi que j’ai été un témoin direct de ses effets inespérés contre certaines pathologies. J’ai un ami proche qui souffrait de l’arthrite, et ça a changé sa vie. Il m’a confié que sur une échelle de 1 à 10 de la douleur, il était passé de 10 à 2 ! Et puis, ma colocataire un peu dépressive s’y est mise elle aussi. Cela a eu sur elle un impact extraordinaire, et sans les effets secondaires des antidépresseurs et autres anxiolytiques… Quant à moi, qui suis un couche-tard, je ne me suis jamais aussi bien endormi que depuis que j’en consomme régulièrement ! »

Crédits photo: Ana Bloom

Jack Black, hard rock & sweet ganja

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Bien qu’encore décriée, l’herbe peut se targuer d’avoir un certain nombre d’ambassadeurs parmi les figures médiatiques. Acteur, vidéaste et rockeur de talent, cette semaine on revient sur le personnage déluré de Jack Black !

Un rockeur à Hollywood

Jack Black (Aka Jables, JB ou Jablinsky) fait partie de ces énergumènes qu’il aurait fallu inventer s’ils n’existaient pas. Né à la fin des années 60 en Californie, Black se dirige instinctivement vers la comédie en intégrant une troupe de théâtre. Il démarre réellement sa carrière sur grand écran dans les années 90 grâce à des rôles plus ou moins principaux dans Demolition Man, Waterworld ou encore Disjoncté. En parallèle de ces premières expériences, JB va monter le projet qui l’a réellement fait connaître : Tenacious D.

Accompagné par Kyle Gass (Aka KG ou Kage), son acolyte de toujours rencontré il y a des années dans la troupe de théâtre à laquelle ils appartenaient, Jack Black met en place Tenacious D qui apparaît comme un groupe de métal acoustique et comique. Ils débutent sans prétention dans des bars alors qu’ils n’ont même pas donné de nom à leur projet. Lors de leur premier concert, ils demandent au public de choisir entre plusieurs propositions pour au final, s’appeler Tenacious D sans que ce soit plébiscité par les spectateurs. Dès le départ, Jables n’en a rien à foutre et il l’assume !

Tout va s’accélérer pour les D lorsque HBO va repérer les deux compères et leur proposer une mini-série. Sous un format court, la série va raconter l’histoire fictive d’un groupe bien réel. Dans un registre humoristique et musical, Jack Black développe la création du meilleur groupe du monde (le sien) à travers des péripéties plus barrées les unes que les autres.

Diffusé en 2000, le show connaît un petit succès qui va leur donner envie de se produire en concert avec les nouveaux morceaux de la série. Ainsi, ils font la rencontre de géants du milieu comme Dave Grohl (ex-batteur de Nirvana) qui va leur offrir la première partie des Foo Fighters, c’est le début de la gloire pour JB et KG.

Du grand écran aux grandes salles de concert

Les choses se corsent lorsque HBO leur demande de se focaliser sur la composition musicale et de quitter leur chaise de producteurs exécutifs, ce qu’ils ont refusé. Vexé par cette demande, Jables va décider de faire sans HBO pour passer à l’étape supérieure : produire un film qui va raconter l’histoire de Tenacious D.

Tenacious D – The Pick of Destiny est probablement responsable de la découverte du groupe pour beaucoup de stoners. En effet, en plus de raconter comment les deux amis ont sauvé le monde de la destruction, il s’agit également d’un excellent stoner movie ! L’aventure est ponctuée par l’initiation à la weed de Black par Kyle Gass, ce qui donne lieu à des scènes mémorables qu’on ne peut que recommander.

Spoiler alert : le groupe va même créer la meilleure musique du monde grâce au bang du destin, on vous laisse découvrir par vous-même ce que ça implique …

L’une des particularités du film est également le côté comédie musicale. Le groupe a produit un album de 15 titres pour accompagner certaines scènes et donner de l’épaisseur à leur histoire. C’est ce savant mariage entre cinéma, métal et cannabis qui a érigé Jack Black (et par extension Tenacious D) comme le digne représentant de la weed dans le monde du métal, globalement dominé par les buveurs.
Jables est même apparu dans « Getting Doug With High », une émission dans laquelle l’interview est accompagnée de quantité d’herbe partagée entre l’invité et le présentateur Doug Benson.

Comme si ça ne suffisait pas, dans certains morceaux comme « The Government Totally Sucks » Black explique que « Ben(jamin) Franklin était un rebelle, il aimait se foutre à poil en fumant de l’herbe, c’était un génie, mais s’il était ici de nos jours, le gouvernement le baiserait à sa façon » ou encore nous invite à « fumer un gros bol de weed avec moi et K.G. » dans l’excellent « Kielbasa ».

 

 

 

The Pick of Destiny a permis au groupe de gravir les échelons de son milieu. Les plus mélomanes auront connu Tenacious D grâce au morceau « The Metal » implanté dans Guitar Hero 3 ou « Master Exploder» dans le Guitar Hero dédié à Van Halen.

Depuis, Jack Black n’a plus grand-chose à prouver. Pote avec des légendes comme Dave Grohl ou Ben Stiller, une collab avec Ronnie James Dio (illustre chanteur du groupe Black Sabbath décédé en 2010) et une renommée mondiale qui lui permet de headliner des tournées entières, l’artiste prolifique ne compte pas s’arrêter là.

Tenacious D produira par la suite deux albums dont le dernier, Post-Apocalypto, est accompagné d’un film d’animation en images fixes dessinées par JB. Bien que le résultat fasse très dessin d’enfant de maternelle, l’histoire est tellement barrée qu’on ne peut que le recommander.

De plus, la carrière d’acteur de Black ne s’est jamais arrêtée. Outre des films des années 2000 comme le King Kong de Peter Jackson ou l’excellent Rock Academy dans lequel il incarne un prof de musique qui veut apprendre à ses élèves ce qu’est le rock, il est apparu dans le Jumanji de 2017 et a même donné sa voix à Po de Kung-Fu Panda pour la VO.

Pour les accros au personnage, à sa voix, à ses mimiques et ses expressions faciales, il a également créé sa propre chaîne Youtube JablinskiGames dédiée au gaming qui apporte une nouvelle facette à cet artiste qui les collectionne.

Pour ceux qui découvrent Jack Black avec ce portrait et qui aiment le personnage, on a une mauvaise nouvelle. Tenacious D se produit de temps en temps au Canada, mais très rarement dans l’hexagone. Leur dernier concert a eu lieu le 26 février dernier dans un Zénith de Paris plein à craquer et, bien que le show fût à la hauteur de sa réputation, on aurait apprécié voir le bang du destin en live, peut-être la prochaine fois !

Rihanna, la belle et la verte

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À seulement 33 ans, Rihanna est devenu une icône du R&B, une actrice reconnue et une chef d’entreprise dont les actifs sont valorisés à près de 2 milliards de dollars. Si vous avez déjà entendu quelques-un de ses succès, c’est de la face cachée de la beauté des Barbade dont Zeweed vous parle aujourd’hui, celle d’une militante qui n’a jamais renié son amour indéfectible pour une autre sublime plante: la ganja. Portrait.

On ne saurait mieux résumer la relation passionnelle que Rihanna entretient avec le cannabis qu’en évoquant un de ses derniers posts Instagram, dans lequel elle affirme que “Si tu n’es pas heureuse seule, tu ne le seras pas non plus en couple. Le bonheur vient de l’herbe,  pas des relations”. Son petit ami, le rappeur A$AP Rocky aura d’ailleurs avoué que même si elle était l’amour de sa vie, lui s’était résigné à passer après son premier béguin: la weed. “C’est vrai qu’elle aime son herbe” commentera un A$AP Rocky résolu à jouer le second.

Cette passion pour l’herbe qui fait rire est loin d’être une lubie du moment pour cette globe-trotteuse issue de la Barbade, petit paradis tropical niché dans les Caraïbes, à la population d’à peine 300 000 habitants et dans lequel se mélangent influences anglaises, américaines et indiennes.
Ce pays, Rihanna le représente fièrement comme elle en est l’ambassadrice, et ce  malgré de nombreux déboires avec la justice liés au statut illégal de la marijuana dans l’archipel.

En 2010 elle avait même été congédiée d’un hôtel local pour avoir fumé un doobie dans le lobby. Rebelote en 2012 lorsque son bus de tournée avait été immobilisé au Canada après la  saisie d’une grande quantité de cannabis. Un amour pour l’herbe encore assumé puisque la même année elle s’affichera en train de rouler des joints grands luxes sur la pochette de son album “Diamonds”. En réaction, elle déclarera: « Je poste des photos de moi en train de fumer de l’herbe sur Instagram. Je le fais pour dire la vérité à propos de moi. J’ai déjà tellement à penser, pourquoi me fatiguer en étant malhonnête ? »

Activisme et proactivisme

Loin d’être abrutie par sa consommation quotidienne, “Riri” comme l’appellent ses amis, a joué dans le film Ocean’s 8 (c’est d’ailleurs sur sa suggestion que son personnage de hackeuse fume des cigarettes “améliorées”), a monté un empire (la marque de cosmétiques destinée à toutes les teintes de peau Fenty) et mis en place de nombreuses opérations humanitaires pour l’éducation des enfants et la lutte contre le cancer, cause pour laquelle elle parviendra à réunir 100 millions de dollars.

Elle nommera sa fondation et l’aile d’un hôpital dédiée à l’oncologie en mémoire de sa grand-mère décédée en 2012 d’un cancer: Clara Braithwaite.
Si depuis 2016 la Barbade envisage de légaliser le Cannabis (pour des raisons médicales en premier lieu, puis à des fins récréatives, à l’instar du modèle américain ou canadien) c’est aussi grâce à l’influence considérable qu’elle exerce sur ce pays qu’elle a tant aidé.

Un engagement qui a été reconnu à sa juste valeur puisqu’en 2017 elle sera élue personnalité humanitaire de l’année par la prestigieuse université Harvard, haut lieu d’éducation qui a publié de nombreuses études en faveur de l’usage médical de la plante.
Elle a d’ailleurs récemment investi dans la société de Jay-Z dédiée au Cannabusiness, dont 2% des revenus sont reversés chaque année à un fond d’équité sociale en faveur des minorité.
Alors qu’elle aborde une troisième décennie « tout feu tout femme », il y a fort à parier que la stupéfiante Rihanna n’a pas fini de délicieusement nous surprendre.

Le smoky track du mois « Don’t bogart that joint »

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Sorti en 1969, Easy Rider est instantanément devenu l’étendard d’une génération de babéprise de liberté et de voyages, y compris ceux pratiqués sans bouger. Parmi les grands moments de ce road movie d’anthologie, une smoke session entre Nicholson, Hopper et Fonda sur « Don’t Bogart that joint ». Un hymne au partage de weed qu’il convenait de célébrer en ces temps où le bédot se fume en solo.

Faire tourner un joint entre amis. Une pratique qui, Covid oblige, s’apparente désormais plus à la roulette russe qu’à la tournante mort de rire.
Qu’il est loin, le temps des joints baveux, des fénétour et de la mine défaite du copain qui se tape le filtre après s’être fait taxer toutes ses clopes.
Qu’elle semble distante la belle époque du t’as des feuilles?, tu me passe le filtre? et autre détend-toi, tu fais une carotte.
Parce que l’été (2022?) est encore loin, aussi loin que nos doux souvenirs de partouze cannabique, la rédaction se devait de vous en dire un peu plus sur le titre qui a officialiser le partage de pétard.

Composé et interprété par le groupe « The Fraternity of Man » en 1968 « Don’t bogart that joint » figure sur leur premier 33 tours (ils ne feront tourner que deux album avant de se séparer en 1970) et reste le titre phare de la formation Californienne.

Les paroles sans équivoques (à une époque où Beatles et Stones font encore dans la distante allusion pour parler de paradis artificiels) plantent tout de suite le décor « Don’t Bogart that joint, my friend, pass it over to me/Ne t’endors pas sur le joint, mon ami, passe le moi« . S’en suit une seconde considération du même acabit où l’on apprend que l’ami en question s’est sérieusement endormi sur le spliff et que le chanteur, lui, voudrait bien tâter tôt ou tard du pétard.  « You’ve been hanging on to it, and I ‘d sure like a hit/Ca fait un moment que tu es dessus, et je veux bien une taffe« . Tout est bien qui finira bien au pays des hippies grâce à la géniale initiative proposée par le narrateur :  » Roll another one, juste like the other one/ roules en un autre, comme le précédent ». Du vrai flower power.

Si les paroles tournent elles aussi en rond, le slide de la guitare hawaïenne, le piano et ses arpèges aériens, les coeurs rigolards et la chaude texture des arrangements en font un air aussi bon enfant qu’entêtant. Le titre parviendra à se hisser à une très honorable 6ème place dans les charts US.
Quant à la scène d’Easy Rider sur laquelle l’air est joué, elle, n’a pas été jouée pour le moins du monde: Peter Fonda, Dennis Hopper et Jack Nicholson ne fumaient pas que du tabac pour cette prise.
En atteste les petits yeux de Nicholson, le sourire béat de Fonda et le rire bordeline de Hopper.

La scène mythique entre trois grands adeptes de la belle plante:

Bonus: Easy Rider, Raging Bull,  précieux documentaire sur la jeune génération de réalisateurs qui, révolutionna le cinéma Us entre 1969 et 1975, avec entre autre Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Robert de Niro.

 

 

Quand la Motown chantait la ganja

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Avant Dej Jam et le succès interplanétaire de la maison de disque de Bob Marley Tuff Gong, un label de Détroit se faisait déjà une sulfureuse réputation en produisant des titres louant sans équivoque des charmes de l’herbe. Zeweed vous emmène à la découverte de la Motown et de ses plus belles déclarations d’amour faites au cannabis.

Fondé par le compositeur et producteur Berry Gordy Jr en 1960, le label Motown tient son nom de la contraction entre motor (moteur) et town (ville). C’est un hommage à Détroit, qui a longtemps la grande ville de l’industrie automobile américaine.
Si le nombre de hits et d’artistes lancés par Motown est aussi gigantesque, c’est grâce au flair et à la volonté de son fondateur de rendre la soul accessible à la masse.

La plupart des artistes majeurs du label étaient amateurs de cannabis. C’était le cas de Diana Ross — qui a d’ailleurs initié Michael Jackson —, de Smokey Robinson ou encore de Marvin Gaye — qui a fumé toute sa vie en grande quantité pour calmer ses angoisses.

Le meilleur exemple reste tout de même la diva Esther Phillips. Sa reprise immortelle de “And I Love Him” des Beatles, que vous pouvez retrouver ci-dessous, fut immortalisée alors qu’elle était tellement enfumée qu’elle en avait des difficultés à marcher.

Pourtant, c’est seulement à la fin des années 60 que les premiers morceaux psychédéliques Motown sont sortis, grâce à l’impulsion des Temptations, avec “Cloud Nine”.
Un morceau enregistré en 1968, très clairement dédié à la plante, qui est sorti contre les recommandations de Gordy, suite à un vote des salariés.
Le pari est réussi: ce sera le premier Grammy du groupe et du label.

Après 10 ans de refus, Gordy, qui ne pensait pas le public américain capable d’accepter ce thème en pleine guerre contre les stupéfiants, lâche la bride.
La même année et seulement pour quelques mois, une division Weed est lancée, pour sortir l’album de Chris Clark. Un album orné d’un symbole peace, qui pastiche le rival Stax et du facétieux slogan “Tous vos artistes préférés sont dans la Weed”.

En 1971, Marvin Gaye sort un album qui parle de la guerre du Vietnam, du sexe et surtout de l’addiction.
Le chanvre sert dorénavant de paravent à la firme, ici pour parler des ravages de l’héroïne, sans braquer un auditoire bien pensant. C’est un prétexte pour s’adresser à un public large, tout en gardant sa suavitude légendaire, dans “Flyin’ high”.

Une stratégie qui sera aussi utilisée par Stevie Wonder deux ans plus tard. En dépit d’une variété qui lui a été dédiée, il n’a fumé qu’une seule fois dans la vie.
Son morceau “Too High” est un avertissement contre les stupéfiants sorti, seconde ironie, sur son album le plus psychédélique : “Innervisions”.

Bien entendu, ses avertissements ne visent pas notre plante préférée. L’album est d’ailleurs particulièrement calibré pour les sessions fumettes. Un fait loin d’être accidentel.

Le morceau le plus explicite jamais sorti par Motown est lâché par Rick James, le Superfreak, en 1978. Le transparent “Mary Jane” est un morceau fondateur de la Punk-Funk, qui a retourné les charts. Un must, quand on sait qu’il parle de la plante comme d’une délicieuse séductrice.

Rick James: « I’m stone I’m proud  » attitude.

Le chanteur s’est, de nombreuses fois, déclaré scandalisé qu’on puisse recevoir des peines de prison pour le cannabis et il fumait très régulièrement sur scène.

Ce hit, d’ailleurs, sera une influence majeure pour tout le mouvement Hip-Hop et en particulier pour le jeune Snoop Dogg, qui enregistrera même un morceau avec le maître.

Ze track du mois: « La drogue » (Richard de Bordeaux et Daniel Beretta)

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Le tube iconique de cet été indien, c’est « La drogue », planante composition signée Richard de Bordeaux et Daniel Beretta. Le kitchissime duo nous offre ici un titre psychédélique à souhait, fleurant bon le patchouli et les enveloppes de ganja de grand-papa.

Paris, 1968. Richard de Bordeaux et Daniel Beretta, deux jeunes musiciens en devenir, se rencontrent au Petit Conservatoire de Mireille. Pour ceux qui ne sont pas à la retraite, le Petit Conservatoire de Mireille est une émission durant laquelle des cours de musiques étaient dispensés en direct à la radio puis à la télévision.

Ensemble, les deux lurons y composeront entre autre La Drogue, hymne aux paradis artificiels qui devait accompagner une séquence du film Un été sauvage.
Si Beretta et Bordeaux figureront au casting du long-métrage de Marcel Camus, la chanson ne sera finalement pas retenue.

Le titre sera mixée par Christian Gaubert, grand complice du compositeur de musique de films Francis Lai. Au saxophone, l’américain Marion Brown excelle sur des arrangements cuivre signés Nino Ferrer (qui joue aussi dans Un été sauvage). Le morceau sortira chez Barclay en maxi et sera le seul succès de Bordeaux et Beretta. Ce dernier se fera encore entendre puisque depuis 1978, Daniel Beretta assure la doublure voix d’Arnold Schwarzenegger.

Les paroles sont sans équivoques à une époque où le mot d’ordre était « d’interdire d’interdire« .
Un demi-siècle plus tard, rien n’a changé puisqu’on ne peut toujours pas pécho légalement alors qu’avouons-le, la fumette, c’est sacrément épatant!

« Où est ma drogue, mon haschich?
Où est mon opium, mon kif?
Il m’en faut, je me débine
Viens vite ma Proserpine
Quand je te prends,
Je suis dans une bulle blanche
Quand je te prends,
Je suis comme un singe dans les branches
(…)
Il m’en faut, je me débine
Viens vite ma Proserpine
Quand je te prends,
Je suis un sous-marin vert
Quand je te prends,
Je te téléphone à l’envers »

Lee Scratch Perry est parti faire la fête au paradis

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Lee Scratch Perry nous a quitté à l’âge de 85 ans pour rejoindre ses amis Bunny Wailer et Bob Marley aux cieux des rastas. Alors que les trois grandes figures du reggae flottent sur un nuage vert de fumée céleste, Zeweed rend hommage à l’immortel Lee Perry et sa collaboration avec les Wailers.

Avant de devenir une légende du reggae et du dub, Rainford Hugh Perry  le futur producteur de Max Roméo, des Wailers, des Clash, des Beastie Boys ou de Moby a été conducteur de bulldozer, peintre en bâtiment, danseur professionnel et joueur de dominos, un loisir qui peut rapporter gros en Jamaïque.
Ce n’est qu’à 26 ans qu’il épouse la musique et se fait appeler « Lee Scratch Perry » avec l’ambition de devenir chanteur. Mais hélas sa voix ne convainc pas un certain Coxson, propriétaire du seul studio pour lequel il auditionne. Parce qu’il s’était noué d’amitié avec Coxson, ce dernier lui propose en compensation un job d’assistant-régisseur.

Prince Buster, The Wailers et la reconnaissance

Après quatre ans à faire la petite main dans plusieurs studios d’enregistrement de Kingston, il fonde son propre label: « Upsetter » et monte un studio pour y enregistrer artistes et compostions.
C’est le début d’une collaboration avec Prince Buster, pour qui il produira notamment « Judge Dread » ou  » Bitter and Sweet« .
A la fin de l’année 1969, les Wailers, qui n’arrivent pas à percer, s’adressent à Lee Perry qu’ils connaissaient déjà. Ce dernier n’accepte pas immédiatement : Perry préfère enregistrer que des instrumentaux.
Il les auditionne malgré tout. Conquis, il mettra en boîte pour les Wailers de grands morceaux comme « My Cup« , « Keep on moving« , « Soul Rebel » ainsi que d’autres compositions plus anciennes que les Wailers avaient répété dans les locaux de Studio One.

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Sorcier du Reggae

A l’automne 1970, Perry estime que Bob Marley est en dessous de ses capacités et en conclut qu’il est « possédé » par un mauvais esprit (duppy en jamaïcain).
Quelques années plus tard il confessera avoir enfermé Bob Marley plusieurs jours dans une pièce de sa maison pour qu’il « puisse acquérir son génie » à l’instar d’Aladdin, une légende qui le fascine. Pour contribuer à chasser plus encore le mauvais oeil, il écrira alors la chanson « Duppy Conqueror« , morceau dont les paroles sont supposées venir à bout de l’esprit malveillant qui possédait Bob. Le titre fut un succès et la collaboration continuera jusqu’en 1971, date à laquelle ils se séparent.

Salvador Dali du Dub

De son côté, Scratch profite de cette collaboration pour aller plus loin dans ses expérimentations musicales, remixant en dub tous les morceaux des Wailers qu’il presse ensuite en 45 tours. C’est à ce moment que le surnom de « Salvador Dali du Dub » lui est donné, en référence à ses géniales et surréalistes créations sonores. La période est fondatrice dans l’histoire du reggae: c’est non seulement celle pendant laquelle Marley les Wailers composeront leurs meilleures chansons, mais aussi celle durant laquelle le son « reggae » s’affinera et se trouvera, ce son qui fera le succès de Marley, Peter et Bunny.


Pour Bob Marley, Lee Perry était un génie. Une admiration réciproque puisque Perry estimait de son coté que Marley était le « meilleur musicien qu’il ait jamais connu ». Les voilà réunis pour ce qui promet d’être une seconde et divine collaboration derrière les portes de Saint Pierre.