Mad In France

La Cour de cassation confirme la légalité du commerce de CBD en France

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La Cour de cassation a rendu hier un arrêt d’importance sur la commercialisation de produits à base de CBD. Très attendu, ce jugement invalide la décision précédente qui avait déclaré illégal la vente de fleurs de chanvre bien-être. Les propriétaires de magasins spécialisés dans le CBD soufflent.

L’arrêt -un camouflé de plus pour le gouvernement sur la question CBD- casse le jugement de la Cour d’appel de Grenoble qui avait condamné le propriétaire de l’enseigne Foxseeds.
Ce dernier était poursuivi pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Il avait été dans un premier temps relaxé, avant d’être à nouveau jugé et déclaré coupable par la cour d’appel.

« Le CBD doit pouvoir être commercialisé même s’il est extrait de la totalité de la plante, alors que la réglementation française n’accepte sa commercialisation que s’il est extrait de fibres et de graines« , a indiqué la Cour de cassation dans un communiqué qui a redonné le sourire à plus d’un propriétaire de magasins spécialisés dans la vente de chanvre bien-être.
« Une réglementation plus sévère ne peut être justifiée que pour protection de la santé publique« , rappelle-t-elle dans ce même communiqué, « et ne doit pas aller au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif« .

La Cour de cassation a en revanche précisé qu’elle n’a pas, dans cette affaire, tranché la question de savoir si la France peut valablement ou non se prévaloir de cet objectif de protection de la santé publique pour interdire la détention et la commercialisation de CBD sur son territoire. Laissant un dernier recours au gouvernement si il venait à vouloir maintenir la pression qu’il exerçait jusque lors sur la filière bien-être française.
De son coté, le ministère de la Justice faisait dos rond et revoyais sa position anti-CBD dure:  dans une note émanent de la direction des affaires criminelles et des grâces, il est demandé aux parquets de ne plus judiciariser les affaires relatives aux fleurs de chanvre contenant moins de 0,2 % de THC.
Les propriétaires de boutiques vendant du CBD peuvent (presque) dormir en paix.

Beigeder fête le déconfinement

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Quoi de mieux que de fêter la fin du confinement en compagnie d’un noctambule invétéré devenu auteur à succès, publicitaire poète, scénariste et chroniqueur ? Zeweed était là pour la 1ère du DJ Set Littéraire de Frédéric Beigbeder!

19h45, boulevard Voltaire dans les cafés autour du Bataclan on reconnaît de nombreux visages de la hype parisienne de ces 20 dernières années.
À l’intérieur en configuration théâtre, chacun est à sa place numérotée, le show peut commencer. En intro un mix audio video avec Sacha Guitry, Francoise Sagan et Jean Cocteau et alors retentit le « Paranoid » de Black Sabbath.
Le rideau s’ouvre sur un Beigbeder en robe de chambre et en pyjama sur un fauteuil « Emmanuelle ».
Ce qui commence comme un monologue triste sur les effets de la pandémie sur nos vies s’achève en ambiance de boîte de nuit avec un mix survitaminé de DJ Pone, et un  Beigbeder qui fait des bonds et danse avec son public.

Pyjama party

Entre temps il nous aura fait revivre un peu de ses souvenirs d’enfance à St Germain des Prés, bercé par des mannequins suédoises ou hollandaises dans l’appartement de son père au son de l’album Songs in the Key of Life de Stevie Wonder.
On revit ses succès littéraires à travers les aventures d’Octave, dans « 99 F » et dans « L’Amour Dure 3 Ans ».
Nostalgique de ses années d’excès en tout genre, il regrette au passage que tous ses potes de défonce soient devenus des apôtres du bio et vegan, son ex dealer étant même devenu prof de yoga.
Elle était belle la vie avec de la weed, des escorts russes… Beigbeder précise que toute ressemblance avec Oscar serait fortuite, quand ce dernier se levait et marchait pieds nus sur des mégots, lui qui (père d’enfants en bas âge) marche pieds nus sur des legos.
Croira qui voudra.

Littérature, light show et fumigènes

Sa vodka Le Philtre, littéralement descendue du ciel jusqu’à son fauteuil lui permet de repartir gaiement.
Puis arrive la fin du show et le Bataclan s’est transformé en boîte de nuit, avec fumigènes et light show, et un mix qui va des Daft Punk a Sugarhill Gang en passant par Manu Dibango, Michael Jackson, Depeche Mode, Eurythmics… un best of de 30 ans de fêtes. On danse dans la salle et sur scène, c’est parti.
C’est court hélas…couvre-feu oblige, le spectacle s’arrête à 22h et Beigbeder nous assure que si ça ne tenait qu’à lui on y serai jusqu’à 7h du matin et là-dessus on peut le croire sur parole.
Pêle-mêle reviennent à ma mémoire des images de Beigbeder en G.I chez Castel pour l’anniversaire du débarquement en Normandie, ou encore en total look cuir noir avec casquette à chaînette, cravache à la main, au Queen.
Un grand bol de nostalgie mais surtout une célébration de la vie, ce show fait du bien entre les oreilles.

Beigbeder remet ça le 1er et 2 juillet à Antibes. Réservations disponibles en cliquant sur ce lien.

France: La Cannaparade de Paris, c’est aujourd’hui!

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Comme chaque année, les parisien s’apprêtent à battre le pavé pour faire chanter leur amour du cannabis. Au menu de cette manifestation française, des prises de paroles, des chars pour faire danser les entousiastes de la belle plante et beaucoup de bonne humeur.

Organisé par Farid Ghehiouech  (Initiateur de la Marche Mondiale pour la légalisation du Cannabis en 2001 et Porte Parole de Cannabis Sans Frontières ) et Fanny Sinan Co-fondatrice LPDS-Shop la marche verte pour la libération de l’herbe partira de la place de la République pour rallier la place de la Bastille, où stands associatifs et animations attendront les pro-ganja de Panam et d’ailleurs,  pour un évènement exceptionnel qui devrait se dérouler sous un beau Soleil.

Demandez le programme:

  • Rendez-vous à partir de 13h place de la République
  • Prises de parole à 14h20,
  • Départ de la place de la République à 15h,
  • Pause devant le Cirque d’Hiver à 15h30,
  • Arrivée Place de la Bastille à 16h00,
  • Prises de parole à 16h20,
  • Jusqu’à 20h, des stands associatifs seront présents sur la Place de la Bastille.Plus d’infos disponibles via ce lien.

Yann Bisiou, l’interview

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Figure emblématique de la légalisation en France, Yann Bisiou est au cannabis ce que Greta Thundberg est à l’écologie: un obstiné de la verte cause. Nous l’avons rencontré pour une interview sans masque ni filtre.

Quel est le bilan de la politique française actuelle sur le cannabis?
Ces deux dernières années, la France a fait des progrès considérables en matière de légalisation du cannabis et de son usage. Hélas, depuis six mois, nous assistons à un saisissant retour de la guerre contre la drogue et de la prohibition dans ses aspects les plus néfastes. Rappelons que la Loi du 31 décembre 1970, qui pénalise l’usage du cannabis, fut défendue comme un moyen d’incitation aux soins (gratuits) répondant à des enjeux de santé publique.

Quid de l’amende délictuelle ?
C’est une catastrophe. Ou plutôt une catastrophe annoncée: nous savions dès le début que l’amande serait un échec dans la mesure ou elle ne permettrait pas de verbaliser plus de 300 000 contrevenants par an.
300.000 verbalisations sur 135 millions de consommations annuel et 900 000 usagers quotidiens… c’est dérisoire. Par ailleurs, l’amende délictuelle forfaitaire annihile toutes velléités de santé publique puisqu’elle ne permet plus de suivi médical gratuit pour les usagers. Un doux mélange entre idéologie et déni de réalité.

Yann Bisiou, France, cannabis, weed, légalisation,
Yann Bisiou: Liberté-Légalisation-Fraternité.

Qui sont les détracteurs de la légalisation en France ?
Depuis deux ans les efforts pour aborder intelligemment la question de la légalisation étaient trans-partisans et semblaient mettre la droite et la gauche d’accord. Mais le Ministre de l’Intérieur s’est approprié le sujet et en a fait le fer de lance d’un discours ultra-répressif et simpliste : « la drogue s’est mal donc je l’interdis, même si la politique de prohibition est un échec à tous les niveaux ». De fait, on creuse le sillon. On sent la volonté du gouvernement de se rapprocher d’un électorat de droite plus ou moins radicale à l’approche des élections, mais aussi de plaire aux lobbys de l’alcool qui voient l’arrivée du cannabis d’un très mauvais œil. La filière du chanvre est désorganisée et ne porte pas de message unique. A ce titre elle n’est pas encore de taille face aux géants de l’alcool.

« Même s’il est réel, le marché du cannabis se fera aux dépens
de ceux de l’alcool, du tabac et des médicaments »

L’argument économique ne peut-il pas séduire la droite ?
C’est un argument à double tranchant: même s’il est réel, le marché du cannabis se fera aux dépens de ceux de l’alcool, du tabac et des médicaments, qui rapportent énormément à l’État. C’est un calcul intéressé. Quant à l’aspect politique de la question, il faut savoir que le débat n’a pas lieu sur un terrain factuel mais sur celui d’ idées préconçues.

La dette croissante,  la crise économique et sociale à venir ne vont-elles pas nous amener à un référendum sur la légalisation?
Je crois qu’un référendum est très peu envisageable à un an des présidentielles alors que les grands thèmes du débat sont déjà figés, entre autres sur la sécurité. Le gouvernement ne changera pas de discours aussi près des présidentielles. Si la question du cannabis est abordée, elle le sera sous le prisme de la sécurité et de la répression.

Qui aurait dans le paysage politique actuel, le courage ou l’intérêt de défendre la légalisation du cannabis ?
Presque toute la gauche s’est exprimée sur le sujet. De manière générale les voix progressistes sont très favorables à la légalisation. A ces dernières, il faudra ajouter quelques voix de centre-droit et de droite. Mais à l’aube des élections régionales puis présidentielles, les voix favorables se tairont quand le discours de prohibition sera martelé comme marqueur de la droite dure.

« Le CBD aurait du être le pain béni (…) mais tout est fait
depuis 2018 pour étouffer économiquement la filière »

Le CBD, qui n’a pas d’effets psycho-actifs,  peut-il représenter une alternative viable à ce nouveau marché ?
Le CBD aurait du être le pain béni de la France. Mais tout a été fait depuis 2018 pour étouffer économiquement la filière en limitant les réseaux de distribution et en dissuadant les acteurs du marché d’investir. La commercialisation de fleurs sera interdite au profit de produits dérivés du CBD (crème, huile, etc). Alors que nous sommes un des premiers producteurs de chanvre au monde, nous allons devoir importer notre CBD!

Que peut-on espérer du débat à venir sur la légalisation?
Nous pouvons espérer que la filière du chanvre s’organise autour d’un même discours et d’une même stratégie, au lieu de se diviser comme ils le font aujourd’hui. Avec la radicalisation du discours politique il faudra être particulièrement vigilant, attentif et aidant envers ceux qui auront le courage de continuer le combat avec un discours raisonnable. Il ne nous reste plus qu’à espérer que les forces du progrès ne lâchent pas l’affaire !

Calmos, French macho manifeste

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Sorti en 1974, « Calmos »,  de Bertrand Blier est un monument du cinéma français que j’ai visionné dans les meilleurs conditions:  projeté sur un drap blanc. Car c’est bien d’une affaire de draps dont il s’agit. De draps froissés par les ébats charnels évidement -dans ce film du réalisateur « Des Valseuses »-, mais aussi des beaux draps dans lesquels se sont mis les hommes, pour avoir trop tiré la couverture à eux. Calmos, c’est le dernier rugissement du mâle franchouillard et misogyne, le chant du signe des machos moustachus en charentaises et l’avènement karmique du beau sexe décomplexé.

Le film raconte l’amitié de Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, deux hommes qui auront passé leurs vies au service du sexe fin, dans leurs professions (respectivement gynécologue et maquereau) comme dans leurs vies intimes. À bout de forces comme de nerfs, ils s’échappent ensemble à la poursuite d’un idéal : une vie paisible entre hommes, faite de pinard, de tabac et de gourmandises.

Ils construisent ainsi leur Eden dans une jolie maison de campagne, et règlent leurs journée autour de leurs repas, tous plus gourmands et alcoolisés les uns que les autres.
Ils font vite la rencontre du Curé local (Bernard Blier) qui partage avec eux leur appétit gargantuesque, leur aversion des femmes et leur profonde nymphomanie.

Mais elles n’ont pas dit leur dernier mot, ces mangeuses d’hommes et les ramènent par la peau des fesses à Paris, impatientes de les asservir à leur plaisir. Une fois encore, nos deux amis tentent le tout pour le tout et s’évadent en une échappée belle dont les rangs seront vite grossis de tous les hommes qui auront entendu l’appel de la liberté. Mais la femme est un loup pour l’homme et méticuleuses, elles sont immédiatement organisées et efficaces, la révolte est écrasée avec une facilité déconcertante et les hommes mis en esclavage sexuel.

Marielle et Rochefort n’y échappent pas et sont chimiquement transformés en machine à bander au service de la sexualité des milliers de libidos féminines qui viennent s’asseoir sur leur virilité, à raison de trois minutes chacune.
Nous les retrouvons quelques décennies plus tard, dans la suite d’un film qui devient complètement surréaliste, évadés une fois encore, en cavale, jusqu’à ce qu’ils tombent dans une grotte humide et rose…

Je pose mon verre de calva gourmand, reprenant mon souffle, je viens d’achever un voyage onirique et réjouissant au cœur de nos appétits charnels et de leur diktat sur nos vies, je vais reprendre un peu de pâté.
Aujourd’hui tout le monde a son combat, tout le monde a quelque chose à dire, on s’insurge, on dénonce, on se résigne, mais on ne rit plus beaucoup. Un film comme Calmos ne pourrait probablement pas passer entre les filets de la morale de l’humour.
Nous sommes devenus trop sérieux et avons peut-être perdu, en voulant ne froisser personne, la capacité de rire de nous-mêmes. Pourtant, elles existent ces révolutions joyeuses, elles sont la fête, la danse, la musique, la peinture, le cinéma, le théâtre, tous les arts et plus encore, mais elles ne sont pas sans humour. Elles sont des révolutions intimes et profondes, qui sont des célébrations de la vie, ces quelques minutes où nous rions de nos propres petitesses.

Si le monde est au bord de la crise de nerfs, faisons l’humour pas la guerre et devant les crises à venir rappelons-nous les mots de Mel Brooks « La tragédie c’est lorsqu’on se coupe le doigt. La comédie c’est quand on tombe dans une bouche d’égout ouverte et que l’on meurt ».

La France, berceau de Révolutions.

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S’il est une qualité à laquelle les français n’ont jamais renoncé, c’est bien une certaine aptitude à donner du fil à retordre à leurs dirigeants. Cette propension à la contestation, de Gaulle la commentait d’un cynique « en 1944 les Français étaient malheureux, maintenant ils sont mécontents. C’est un progrès. ». Bien connus pour être « ingouvernables », les irréductibles gaulois nous rappellent que le peuple souverain ne devrait jamais craindre son gouvernement.

L’eau bout dans les campagnes et se déverse dans les villes. Entre Gilets Jaunes, grèves des transports et manifestations quotidiennes les français ont clairement affiché leur méfiance pour la classe politique. En ce printemps où les étudiants sont au bord de la crise de nerfs, où un ancien Président est condamné à de la prison ferme et qu’une épidémie met l’économie à mal avec une bonne partie de l’Hexagone au chômage partiel, la situation devient explosive. Dans un pays où un quart des salariés sont fonctionnaires, un quart des moins de 25 ans est au chômage pendant qu’un dixième de la population vit avec le RSA (soit 564,78 euros par mois), où la différence entre le seuil de pauvreté (1063 euros) et le SMIC net mensuel (1197,03) est d’une centaines d’euros, il est légitime de se demander pourquoi les pavés n’ont pas volés plus tôt.

A cela il convient d’ajouter le mépris affiché des politiques pour leurs électeurs, à l’heure où députés et sénateurs sont les grands absents du débat politique et que les « suggestions » du Comité Scientifique et du Conseil d’État (aucun des deux n’ayant été élus) deviennent des lois dignes d’Orwell. Le pays en état d’urgence depuis le 11 juillet 2017, le couvre-feu à 19h qui est, je le rappelle, une mesure militaire, l’interdiction de se déplacer librement sur le territoire, le suivi personnalisé et digital des données de santé, la fermeture des frontières et bien entendu, bonus sous-jacent, l’impossibilité pratique de manifester.. Tout cela est tellement plus facile à imposer quand on a pas à écouter ceux qui vous élisent.

Quand éclatera l’orage du désespoir

Dès lors, la comparaison avec le contexte de la Révolution Française est légitime tant ça sent l’orage. Car un système politique qui repose sur la classe moyenne pour mettre du beurre dans les épinards des dirigeants est voué à rencontrer un jour ou l’autre une sérieuse opposition. Et pour mémoire, ce ne sont pas les paysans qui ont lancé la Révolution en 1789, mais la bourgeoisie excédée par l’abus de privilège de la noblesse et sa sourde oreille aux demandes d’un peuple affamé, « ils veulent du pain, qu’on leur donne de la brioche… »

A cet état de fait, le jeu des médias français n’arrange rien.  Où est le cinquième pouvoir quand les plus grands médias nationaux appartiennent à Lagardère, Dassault, Bouygues, Bolloré, Niel ou Pinault?
La France vit sous perfusion d’un État sur le point de s’écrouler. Toutes les minutes comptent pour agir dans le bon sens.
Ceci n’est pas un appel à la révolte mais à la prise de conscience. Je vous quitte avec ses mots de  Marguerite Yourcenar « la révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle ».

« La France vue du Canada ». Lobbying de la Chasse en France: l’avis de Yolaine.

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Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja”.
Le ministre de la justice Français n’aura pas prêché la tolérance dans sa préface au livre du prophète de la chasse; Willy Schraen. Une position du controversé Eric Dupont-Moretti à contre-courant d’une opinion publique défavorable à cette chasse que le gouvernement soutient pourtant.
Une semaine avant la nomination de l’ancien avocat de Patrick Balkany au poste de garde des Sceaux, nous avions rencontré Yolaine de la Bigne qui nous a donné son très clairvoyant sentiment sur le sujet.

 

-Sur cette question de la chasse où en est-t-on aujourd’hui en France, quelle est la position de l’actuel gouvernement ?
La position du gouvernement et de l’exécutif est à mon sens aussi claire que consternante. Et  ça me reste encore en travers de la gorge car nous repartons en arrière! Emanuel Macron a choisi de favoriser la chasse, sans s’en cacher: il est pour les chasses présidentielles -j’ai entendu dire que la famille de Brigitte adorait ça-, il protège la chasse de vénerie (la chasse à courre NDLR) et a fait baisser le prix du permis de chasse, tant et si bien que le nombre de permis délivré a explosé.

-Et le contre-pouvoir vert ?
Avec un ministre ultra-populaire, Nicolas Hulot, qui démissionne en larmes parce qu’il a face à lui Thierry Coste, un type que j’ai en horreur et qui est LE lobbyiste français de la chasse et aussi un proche du Président… ça en dit long sur la volonté d’inclure une réduction de la chasse en France dans leurs objectifs. Et c’est là que je trouve cette position aussi scandaleuse que bête: quand on lit les chiffres, c’est 2,5% de français qui chassent alors que 80% de nos concitoyens sont contre! Regardons ce qui se passe en France:  il y a plein de manifestations, de pétitions et mouvements en défaveur de la chasse… et  pourtant Macron ne bouge pas, ou plutôt bouge en faveur de la chasse. Je trouve ça extrêmement grave.

-Si l’élan ne vient pas du haut, pourrait-il venir du bas ?
Oui, l’opinion publique est derrière cette cause animale que je défend depuis plus de 30 ans. Et si elle l’est de façon de plus en plus marquée, nous verrons des changements rapidement.
J’espère que les jeunes générations seront très proactives sur le sujet. Des associations comme L.214 font un travaille exceptionnel. C’est d’ailleurs comme ça que je suis devenue végétarienne, en tombant en 1989, alors que j’étais enceinte, sur un reportage de Brigitte Bardot qui filmait les abattoirs. Ça m’a horrifié. Trois semaines plus tard, je ne mangeais plus jamais de viande.
J’espère que ces interventions d’associations auront un jour, on peut toujours rêver, le même effet sur ces grands prédateurs que sont les hommes politiques.

 

Entretient A.L.

Parmi les multiples talents de Yolaine de la Bigne, celle d’être l’instigatrice de la formidable et nécessaire Université d’Été de l’Animal .
Pour cette 5ème édition, le château et parc animalier de La Bourbansais ( entre Rennes et Saint-Malo), accueilleront l’Université d’été de l’Animal, et ça se tient du 28 au 30 août 2020.

 

Le programme de cet incontournable rendez-vous organisé par la créatrice de la Journée Mondiale de l’Intelligence Animale:

 

Haroun Tazieff: le chaud portrait lavé d’Antoine de Caunes.

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En promotion pour la sortie de son livre « La prévision des séismes », Haroun Tazieff est reçu en 1989 dans l’émission « Nulle part ailleurs ». Une occasion pour l’hilarant et trublion Antoine de Caunes  de brosser un explosif portrait  du vulcanologue qui dès les années 70 tenta  d’alerter l’opinion publique de la progression d’un réchauffement climatique causé par l’homme. Un grand moment de télévision que nous nous devions de partager afin de rendre hommage au plus bouillant et visionnaire des scientifiques polonais.

 

Hôpital Français cherche fumeurs de joints

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Si votre boulot de barman saisonnier au Macumba-Club vous a planté cet été pour cause de Covid-19, Zeweed, jamais à court de bons plans, vous a trouvé un reality-check summer-job.

C’est le  CHRU de Nancy qui, dans le cadre d’une étude visant à « mettre fin à l’addiction au cannabis » (sic), cherche des fumeurs de cannabis.
Et pas du petit smoker : au moins sept spliff par jour.
Pour faire parti du programme,  il vous faudra aussi avoir plus de 18 ans et vouloir arrêter de consommer la belle plante pendant au moins deux mois.
Un appel à candidature relancé ce mardi 28 juillet 2020 après des recherches déjà engagées en 2018 et 2019, mais dont les études avaient fourni des résultats trop partiels,  faute de participants.
A croire que dans le Grand Est, les gens préfèrent rester à l’ouest.

Le CHRU lance donc cette année un  nouvel appel à volontaires en mal de réalité pour « affiner les résultats » de l’ étude « Mac Beth »  (Oui, comme la pièce de Shakespeare qui finit bien).

L’étude, qui a pour ambition de mettre fin à l’addiction au cannabis via des séances de méditation en pleine conscience (mindfulness), sera testée en comparaison à un programme plus classique de suivi thérapeutique (consultation privée avec psychiatre )

Les membres du groupe « mindfulness » suivront ainsi un programme de méditation de deux heures hebdomadaires pendant 8 semaines.

Si vous répondez aux critères de cette étude, que vous n’avez plus de weed, que vous êtes fauchés à en manger vos cheveux longs alors que les huissiers viennent d’embarquer votre nana, vous pourrez toujours adresser un mail à macbeth@cpn-laxou.com.

Edito : Ce que Michel Foucault pensait de la weed.

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Quelles auraient été les opinions d’un des plus grands penseurs français du XX siècle sur la légalisation du cannabis ? D’après notre journaliste Morgane, d’un point de vue philosophique, Michel Foucault ne s’y serait pas opposer.

Michel Foucault est un philosophe du XXe siècle, réputé pour sa théorie politico-sociale et ses réflexions sur la folie. Il s’érige contre les systèmes d’enfermement tels que la prison et les hôpitaux psychiatriques, et tente au travers de sa propre analyse de l’histoire de penser les institutions, c’est à dire les dispositifs de vérité, de savoir et de pouvoir.

La connaissance biographique que l’on a de Foucault nous apprend qu’il n’était pas sans penchants pour l’alcool ni pour les drogues, et notamment le cannabis. M. Foucault était homosexuel (par ailleurs décédé par suite de la maladie du VIH), et si l’on peut associer ces pratiques à un état dépressif notoire, on peut encore se demander comment elles s’insèrent dans sa philosophie.

Il ne serait pas aventureux de dire que Foucault aurait été en faveur de la légalisation, puisqu’il critiquait avec virulence le progrès toujours croissant du caractère disciplinaire de notre société. Dans ses combats auprès de ses étudiants autant que par ses propos dans ses cours, ses conférences et ses écrits, Foucault s’affirme comme défenseur de la liberté et protecteur des marginaux (les fous, les criminels, les « déviants » sexuels, etc.).

Il explique que la mise à l’écart, l’exclusion d’une partie de la population qui ne répond pas à la norme sociale permet au reste de la société de faire corps, de se constituer comme ensemble. Ainsi les justifications qui amènent à enfermer, électrocuter, pénaliser les gens sont de faux prétextes qui dissimulent l’intention véritable des gouvernements : s’assurer le pouvoir.

Nous pouvons donc supposer que Foucault aurait été un fervent acteur sur la scène politique pour la libre circulation du cannabis et la défense de ses usagers. Foucault encourageait la résistance et la rébellion contre les systèmes de pouvoir : sa vie le prouve autant que sa pensée (il tricha notamment aux examens qui devaient décider de sa capacité à accomplir son service militaire grâce à ses connaissances en psychologie et en médecine). Il semble également qu’il ait été, à titre personnel, intéressé par les psychotropes comme le THC et la possibilité de modifier ses états de conscience, mais cela relève d’une autre question.

Morgane