Gaz à Effet de Serre

Comment compter sur la décroissance.

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Compter autrement est plus efficace pour protéger la planète que de réduire l’activité économique. Voici pourquoi.

Rien n’échappe aux satellites. Depuis l’espace, leurs caméras suivent le recul régulier de la forêt, culbutée par l’agriculture intensive, l’urbanisation, la production de charbon et j’en passe. Selon le dernier décompte publié cette semaine par le Centre commun de recherche, le Cirad, le Cifor et l’INPE, les massifs forestiers de la planète ont perdu 220 millions d’hectares, entre 1990 et 2020. Comme si on coupait, chaque année, une forêt occupant la surface de l’Irlande, résume Ghislain Vieilledent, écologue spécialiste des forêts tropicales au Cirad.

Pendant que le monde perdait 5% de sa surface forestière, sa production de richesses a pratiquement quadruplé. De là à en déduire qu’il faut engager la décroissance de l’économie pour protéger la planète, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par certains économistes. Le problème est-il aussi simple que cela ? Sûrement pas.

L’argent n’est pas le bonheur

L’un des grands hiatus vient du fait que les politiques et la plupart des économistes présentent le produit intérieur brut (PIB) comme un indice d’évaluation du bonheur humain. Ce qu’il n’a jamais été, de l’aveu même de ses concepteurs. « Le PIB se focalise sur un champ assez restreint d’activités humaines et reste aveugle à de nombreux aspects de la vie qui influent pourtant notablement sur le bien-être. De plus, il ne prend pas en compte les externalités sur l’environnement qui résultent des processus productifs », résume l’économiste Marion Navarro.

Financer la transition

Réduire le PIB est-il la meilleure façon de réduire les atteintes à la planète ? Cela n’a rien d’évident. Stabiliser le réchauffement à 1,5 °C — l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris — oblige à remplacer les centrales électriques consommant des énergies fossiles (qui produisent les deux tiers de l’électricité mondiale) par des installations décarbonées. Cela suppose aussi de revoir la plupart des pratiques agricoles, à l’origine de 20% du renforcement anthropique de l’effet de serre. N’oublions pas non plus de remplacer 99% du parc automobile mondial qui, carburent à l’essence ou au gazole. Pas d’impasse non plus sur les cargos qui, en brûlant du fioul lourd, transportent plus de 80% des marchandises du monde. Même remarque pour l’aviation commerciale. Les rédacteurs du rapport du Giec sur la stabilisation rapide du réchauffement rappellent qu’il faudra probablement enrichir cette liste de systèmes d’extraction du CO2 de l’atmosphère. Ce qui ne sera pas gratuit non plus.

Devis élevé

Le montant du devis de la décarbonation de nos modes de vie est incroyablement élevé. Difficile de financer ces transformations, avec une économie en déclin. D’autant qu’il est inimaginable d’amorcer de telles transformations sans faire en sorte que leurs retombées bénéficient aux plus modestes et aux plus vulnérables (souvent les mêmes). N’oublions pas que 820 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, qu’un bon milliard n’ont pas accès à l’électricité et que l’eau potable est rare pour 40% d’entre eux.

Intégrer le contexte

Des pistes pour sortir de l’ornière ? Affirmatif. La principale est sans doute de modifier l’indicateur en chef de notre mode de vie. Ce super PIB devrait non seulement agglomérer les chiffres d’affaires de nos activités, mais aussi intégrer les externalités, telles les effets des changements climatiques et de la perte de biodiversité, par exemple. Ces manquements expliquent pourquoi la majorité des économistes minorent, par exemple, les conséquences économiques du réchauffement. «En incluant tous les facteurs, la fonction de dommage du modèle suppose que les dommages représentent 2,1 % du revenu mondial en cas de réchauffement de 3 °C et 8,5 % du revenu en cas de réchauffement de 6 °C », écrit ainsi le prix Nobel d’économie William Nordhaus.

Intégrer les limites physiques

Comment affiner l’indicateur économique de référence ? D’abord, en intégrant (ou en mettant les deux jeux de données en parallèle) les limites physiques de la planète. On pourrait, pour ce faire, s’inspirer des travaux du physicien Dennis Meadows. Le co-auteur du rapport The Limits to Growth a conçu, un modèle physique et systémique intégrant données économiques et environnementales (pollutions, ressources épuisables). « Et, contrairement aux modèles économiques dont aucun ne peut se targuer d’être backtesté avec succès même sur cinq ans, il a fait ses preuves, puisqu’il « colle » aux données empiriques observées sur 35 ans, de 1980 à 2015 », souligne l’économiste Alain Grandjean.

Objectifs de développement durable

Suffisant ? Pas forcément. Pour faire converger les impératifs économiques, écologiques et sociaux, prospectivistes et investisseurs devront intégrer aussi les objectifs de développement durable, définis en 2015 par l’ONU. Au nombre de 17, ils visent à réduire les prélèvements de ressources naturelles, à améliorer l’éducation, à réduire le gaspillage, à favoriser les transports doux et collectifs, à défendre les droits de l’homme, à planter des arbres, etc.

En prenons-nous le chemin ? Très doucement. L’Union européenne est en passe d’adopter un règlement qui distinguera les projets « durables » des ceux qui ne le sont pas. Ce qui facilitera le travail des investisseurs souhaitant verdir leur portefeuille d’actifs. En cours d’évolution, les normes comptables internationales vont progressivement imposer aux entreprises (à commencer par les multinationales) de montrer comment elles intègrent le climat et la biodiversité dans leur stratégie. A charge pour les agences de notation de trier les vrais pionniers de l’écologie industrielle des greenwashers. Un vrai boulot !

Après le Covid-19, les bactéries bleues ?

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Vieilles comme le monde, les cyanobactéries pourraient se révéler de dangereuses empoisonneuses de l’homme et  du climat.

Les rangers botswanais n’avaient jamais vu ça. Au printemps dernier, les gardiens des principales réserves naturelles du Botswana ont dénombré, en quelques jours, plus de 300 cadavres d’éléphants. Aucun corps ne portait de traces de blessures par balles. Et les défenses étaient toutes intactes. Pour une fois, les braconniers semblaient hors de cause. Il aura fallu des semaines de recherches poussées pour expliquer ce mystère. Les pachydermes auraient été victimes d’un empoisonnement par des cyanobacéries.

Dangereuses pour les nerfs et le foie

Tous les animaux sont morts entre les mois de mars et de juin, observe le ministère de la faune sauvage et des parcs nationaux du Botswana. Or, c’est précisément la période où s’assèchent nombre de points d’eau dans la savane. Les scientifiques estiment que le manque d’eau et la chaleur ont produit les conditions favorables à la prolifération dans les mares des fameuses bactéries bleues toxiques. Dans certaines conditions, ces micro-organismes produisent des toxines (cyanotoxines) ravageuses pour les systèmes neurologiques et hépatiques, aux effets potentiellement mortels en cas d’ingestion importante. Les éléphants en ont fait la cruelle expérience.

Menace en eaux calmes

Le phénomène ne touche pas que la faune d’Afrique. En France, les autorités interdisent fréquemment la pêche ou la baignade dans des cours d’eau ou des lacs où prolifèrent les bactéries bleues. Une prolifération favorisée par la chaleur mais aussi la teneur de l’eau en nitrates et en phosphore. Selon un récent rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les centres anti-poison ont dénombré une centaine de cas d’intoxication humaine, entre 2006 et 2018. Sans compter la mortalité animale. Tous les étés, les vétérinaires signalent des décès de chiens ayant bu ou joué dans des eaux contaminées. Avec le réchauffement, le phénomène prend chaque année un peu plus d’ampleur dans les lacs canadiens. Au Brésil, en 1996, 60 personnes atteintes d’insuffisance rénale sont décédées suite à une hémodialyse dont l’eau nécessaire à ce traitement était contaminée par des microcystines, l’une des toxines produites par les terribles bactéries.

Puissant gaz à effet de serre

Nocives pour les hommes et leurs meilleurs amis, les cyanobacéries représentent aussi une menace pour la stabilité du climat. Une équipe de scientifiques, menée par Mina Bizic (institut d’écologie des eaux douces et de la pêche intérieure de Leibniz) a fait, au début de l’année, une inquiétante découverte. Selon ces chercheurs, les cyanobactéries pourraient, dans toutes sortes de conditions, produire du méthane. L’information n’est pas à prendre à la légère. Les cyanobactéries sont omniprésentes, sur terre et dans les eaux calmes. Et le méthane est un gaz à effet de serre 28 fois plus puissant que le CO2.

 

Faut-il aller chez Burger King pour lutter contre le réchauffement climatique?

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Jamais où on l’attend, le truculent et génial Michel Gondry a encore frappé. Cette fois pour nous parler des gaz à effets de serre et des flatulences éco-friendly des vaches servies Burger King. Alors faut-il manger plus de bovins BK pour qu’ils pètent moins de méthane? N’avaler que des Wooper pour refroidir la planète ?

Si la réponse est non, Burger King a demandé à Michel Gondry de nous prouver le contraire.
Il s’agira donc dans cette campagne de vendre les faltulences vertes des vaches BK et nous dire que malbouffer, maintenant, c’est écolo-OK.
Comme si les vents de vaches étaient la seule problématique liée à l’élevage et abattage intensif.
C’est donc sur un air des plus entraînant que le géant du fast-food US veux nous faire avaler une viande que l’on viendrait presque à prendre pour du tofu, tout attendris que nous sommes par l’univers bucolico-kitch de Michel Gondry.

Dans le spot, nous trouverons des vaches, des arbres, des nuages, un gamin déguisé en cow-bow blanc et la citronnelle.
Et c’est là le message : les vaches qui broutent de la citronnelle pètent nettement moins que celles qui consomment du gazon conventionnel.

La chansonnette est poussé par Gordon Ramsey, 10 ans et baby-star du Country-Yodel aux États-Unis avant de finir sur un « Puisque nous faisons partie du problème, nous nous efforçons de faire partie de la solution », pieusement livré en fin de spot.

Burger King annonce ainsi vouloir revoir en profondeur son impact environnemental. Cette révolution, BK  la voit passer par l’alimentation des ruminants qui finiront mâchés. Le prout qui cache la forêt de m…?

Second hic : les steaks servis dans les Burger King Canadiens et Européens ne proviendront pas de vaches nourries à la citronnelle. Seuls quelques hamburgers moins puants seront disponibles, à la carte, uniquement dans les BK de Los Angeles, Miami, Austin, New York et Portland.
Quant au réalisateur Michel Gondry, il est végétarien.

Verte monnaie, le bitcoin ?

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Energivore, le fonctionnement de la plus célèbre des cryptomonnaies contribue au renforcement de l’effet de serre. Et cela n’a rien de virtuel.

En 2010, le bitcoin n’a que quelques mois d’existence. Créée par Satoshi Nakamoto, un pseudonyme d’une ou de plusieurs personnes jamais identifiée, cette monnaie virtuelle n’est connue que de quelques geeks. L’un d’eux parvient à convaincre Pizza Hut de lui vendre deux pizzas moyennant le versement de 10 000 bitcoins. A l’époque, la cryptomonnaie vaut quelques cents de dollars. Devenue une valeur refuge, elle cote, aujourd’hui, près de 40 000 dollars. En 2020, chaque pizza millésimée 2010 vaudrait 200 millions de dollars. Ca fait cher l’anchois !

Nombre d’observateurs se réjouissent du développement de cet argent électronique, notamment parce qu’il ne consomme ni métaux pour les pièces ni papier monnaie. Exact, mais cela ne signifie pas que son bilan environnemental est blanc comme neige. C’est même tout le contraire !

Mieux vaut l’Amex

Vieux de quelques jours, le dernier bilan environnemental du bitcoin n’est pas flatteur. Selon Digiconomist, le système bitcoin consomme près de 80 TWh d’électricité par an : huit fois plus qu’en … 2017. Compte tenu du bouquet énergétique des compagnies d’électricité, cela alourdit notre bilan carbone global d’une quarantaine de millions de tonnes de CO2 par an : autant que la Nouvelle-Zélande. Vu du côté de l’usager, une seule transaction en bitcoin est 700 000 fois (vous avez bien lu) plus néfaste pour le climat que le même achat effectué avec une carte bancaire classique.

Comment est-ce possible ? Pour résumer, chaque transaction est découpée en fichiers informatiques éparpillés aux mille coins du web. Des centaines de milliers d’ordinateurs (des millions, peut-être ?) se consacrent au suivi et à la validation des échanges dans de grands livres comptables virtuels, réputés inviolables.

Un minage de fond

C’est cette myriade de PC, tournant H24, 7 jours sur 7, qui consomment des quantités faramineuses d’électrons. La Chine a développé de nombreux centres de données dédiés à ce « minage » de bitcoin. Le tiers de ce business mondial pourrait être réalisé dans l’empire du miieu, où l’essentiel de l’électricité est produite par des centrales au charbon. D’où le piètre bilan carbone de la monnaie virtuelle. Le billet vert a encore de beaux restes.

Quand la montée des eaux menace le transport aérien

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Sous l’effet du réchauffement, un nombre croissant d’aéroports risquent de se retrouver les pistes dans l’eau.

S’envoyer en l’air n’est plus donné à tout le monde. Avec une pandémie à rallonge, des frontières qui se ferment les unes après les autres, les Boeing 737 Max qui envoient leurs passagers au ciel éternel, l’aérien traverse la pire crise de son existence.

En 2020, le trafic aérien mondial a chuté de plus de 70% par rapport à l’année précédente. Et les perspectives de retour « au monde d’après » s’éloignent régulièrement. Aéroport de Paris n’envisage plus de reprendre une activité comparable à celle de 2019 avant 2024, voire 2027.

Contraintes carbone

C’est, peut-être, optimiste ? Car, les contraintes carbone vont sensiblement s’alourdir pour le secteur aérien. L’Union européenne va faire participer la totalité des compagnies opérant depuis ses aéroports au marché du carbone communautaire. Dès cette année, les compagnies volontaires pourront commencer à participer au système international de compensation des émissions carbonées du secteur aérien, le Corsia.

A terre, les choses n’iront guère mieux. Du moins, dans certaines régions. Car, sous l’effet du réchauffement, les eaux marines, gonflées de l’eau des glaciers fondus, se dilatent. Le niveau de l’océan monte de plus en plus vite.

Une équipe de chercheurs, dirigée par Aaron Yesudian (université de Newcastle) a évalué l’impact de l’élévation du niveau des mers sur les aéroports côtiers. Les scientifiques ont évalué la vulnérabilité de 14 000 plateformes aéroportuaires. Et certaines sont vraiment très mal placées.

Gros et petits

Dès aujourd’hui, 269 peuvent être envahies par les eaux. A supposer que nous sachions stabiliser le réchauffement à 2 °C, une centaine d’aéroports seraient noyés et près de 400 se retrouveraient fréquemment les pistes dans l’eau. Si nous continuons à rejeter autant de gaz à effet de serre qu’aujourd’hui, près de 600 aéroports seront menacés d’engloutissement.

Dans le lot, on trouve des infrastructures majeures pour le transport aérien mondial, comme Amsterdam Schiphol (70 millions de passagers), Suvarnabhumi, le nouvel aéroport de Bangkok (56 millions de passagers/an), Shanghai Hongqiao (45 millions de passagers), Newark Liberty (33 millions de passagers), La Guardia (31 millions de passagers).

Des régions entières, comme l’ouest de la Chine ou les Antilles, pourrait être fortement pénalisées. Les archipels des Salomon ou des Maldives risquent de se retrouver sans aéroport. Quant au Marco Polo International Airport de Venise … mieux vaudra prendre le train.

La 5G, pas géniale pour le climat

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En cours de déploiement dans de nombreux pays, la norme de téléphonie mobile de 5e génération devrait alourdir notre bilan carbone.

Le nouveau mantra des dirigeants des compagnies de téléphonie tient en un chiffre et une lettre : 5G. Promise depuis une trentaine d’années par les ingénieurs, cette cinquième génération de norme de téléphonie mobile a un gros atout.
Elle pourrait donner accès à des débits de transfert de données 100 fois supérieurs à ceux de la norme actuelle, la 4G. Concrètement, cela permettra de faire dialoguer, dans un rayon donné, un très grand nombre de terminaux téléphoniques ou d’objets communicants (voitures autonomes, par exemple). Formidable !

Technologie made in China

Ce qui l’est moins, en revanche, c’est le cortège de critiques qui s’est abattu sur cette technologie, d’abord maîtrisée par des industriels chinois (Huawei, ZTE). Les Américains et les Européens craignent que l’introduction de ce standard (et des équipements qui vont avec) dope l’efficacité des services de renseignements de l’empire du Milieu.

Sans preuve pour l’instant, des ONG craignent les conséquences sanitaires du déploiement de ces nouvelles ondes. Dans un article publié par Nature, des météorologues ont aussi rappelé qu’une fréquence attribuée aux industriels de la 5G (23,8-gigahertz) était susceptible de réduire l’efficacité de mesures de l’atmosphère par certains satellites météorologiques.

La faute aux équipements importés

Côté environnemental, en revanche, les critiques semblent fondées. Dans les derniers jours de l’année passée, le Haut conseil français pour le climat (HCC) a publié une première évaluation de l’introduction de la 5G en France. La multiplication annoncée des terminaux, antennes, centres de données et objets connectés devrait accroître de 6 à 13 % la consommation d’électricité entre 2021 et 2030.  Selon le rythme et l’ampleur du déploiement, la 5G devrait aussi alourdir de 2,7 à 6,7 millions de tonne équivalent carbone (Mtéq.CO2) le bilan carbone français. L’essentiel de ce bilan carbone étant imputable à la production et à l’importation d’équipements électroniques.

Le sénat veut faire la loi

Bien sûr, souligne le HCC, les émissions attribuables à la surconsommation d’électricité seront prises en charge par le marché européen du carbone. Sans que cela garantisse « l’atteinte des objectifs de la France inscrits dans la loi ». Dit autrement, la France qui est incapable de tenir ses propres engagements climatiques devrait poursuivre son dérapage carbonique, en partie à cause de la 5G.

Le pire est-il inéluctable ? Pas forcément. Une fois n’est pas coutume, le sénat français s’est saisi d’une question touchant au climat. Plusieurs dizaines de parlementaires ont déposé une proposition de loi visant à « réduire l’empreinte environnementale du numérique ». Pas sûr que cela suffise. Aux dernières nouvelles, ledit numérique émet autant de gaz à effet de serre que le transport aérien. Et cela n’est pas près de diminuer.

Durant l’automne 2O2O, la France a attribué aux 4 opérateurs français de téléphonie mobile les licences d’utilisation des fréquences utilisées par la 5G. A cette occasion, l’Etat a empoché plus de 2,7 milliards d’euros. Les licences ont été attribuées pour 15 ans. Et les premiers abonnements 5G ont été proposés à l’occasion des fêtes de Noël.

France : quels sont les produits en plastique interdits en 2021 ?

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Pailles, touillettes, couverts… Depuis le 1er janvier 2021 et dans le cadre de la loi anti-gaspillage, ces objets en plastique à usage unique ne sont plus autorisés à la vente en France. Une liste qui devrait s’allonger d’année en année, selon le gouvernement.

De nombreux produits en plastique comme les couverts jetables, les pailles, les couvercles de gobelets à emporter, les agitateurs (à sucre), les boîtes de kebab en polystyrène, les piques à steak, les tiges pour ballons et encore les confettis, seront interdits dès ce vendredi 2021. Pour continuer à exister, ils devront être fabriqués en bois, en carton ou en plastique réutilisable.

L’usage du plastique jetable est de plus en plus restreint pour suivre les directives européennes, et ainsi permettre la réduction des déchets. Le tout bien sûr afin de préserver la planète. Saviez-vous par exemple que pour la seule Mer Méditerranée, ce sont chaque année 600 000 tonnes de plastique qui finissent au fond de son eau ? Ou encore qu’en France, moins de 2 % des plastiques usagés sont recyclés de manière optimale ? « Seuls les plastiques de type bouteilles en PET peuvent se plier aux contraintes du recyclage en boucle fermée et être régénérés pour une utilisation identique » détaille Nathalie Gontard, chercheuse à l’INRA à nos confrères de Reporterre.
Si rien n’est fait pour réduire leur utilisation, en 2050 il y aura plus de plastiques que de poissons dans les océans !

Le télétravail est-il écologique ?

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La réduction des transports, directe conséquence de la crise de la COVID-19 , a eu une incidence directe sur la pollution atmosphérique, rendant l’air de nos villes nettement plus respirable. Un bienfait très relatif: aussi sédentaire soit-il, le télétravail est loin d’être écologique.

Moins de transports, oui, mais en contrepartie, plus de chauffage domestique et augmentation des déchets informatiques ainsi que du trafic sur le Web.
Les technologies numériques, particulièrement l’usage d’Internet, en forte augmentation en période de télétravail, génèrent des gaz à effet de serre pour la moitié d’entre eux.
En cause, la consommation électrique des centres de données, les réseaux de routeurs et les appareils électroniques.

La pandémie aura aussi vu l’explosion des vidéoconférences, une façon de se réunir qui multiplie plus encore le poids des données échangées, la vidéo étant beaucoup plus gourmande en bande passante que les e.mails. Pour donner un ordre d’idée en matière de bilan carbone:  une minute de vidéoconférence équivaut à l’envoi de 4 courriels de taille moyenne et à 400 minutes d’appels téléphonique!

Une solution éco-responsable et durable pourrait consister en un mélange entre travail à distance et au bureau. « En passant à deux ou trois jours de télétravail par semaine avec en plus un matériel de flex office, on pourrait atteindre une économie d’environ 270 kilos de C02 par an et par jour de flexi-travail hebdomadaire. Ce qui n’est pas grand-chose à l’échelle d’une personne, mais peut devenir énorme à celle d’une entreprise ou d’un millier d’individus« , appuie Raphaël Guastavi (Chef de service adjoint au service “Produits et efficacité matière” de l’Ademe).

Antarctique : plaidoyer pour le continent blanc.

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Vaste comme le Canada et l’Union européenne, l’Antarctique est un continent dédié à la recherche. Initiée par le réchauffement climatique, la déstabilisation de ses glaces aura des conséquences planétaires. 

Après plus d’un mois de voyage, ils sont arrivés à bon port. Le 13 novembre, les membres de la première équipe d’expéditionnaires de l’institut polaire français ont débarqué d’un Airbus australien sur la base antarctique Mario Zuchelli. Il ne leur reste plus qu’à franchir en chenillettes les 1 200 km qui les séparent de la station franco-italienne Concordia, au cœur du continent blanc, où ils effectueront leur campagne scientifique australe.
Dans l’extrême sud de l’océan indien, le brise-glace Astrolabe vogue vers la base française Dumont d’Urville. Il y débarquera une autre équipe ainsi que le ravitaillement. Pourquoi envoyer autant de chercheurs et de techniciens dans ce désert glacé ? Pour compter les manchots ? Pas seulement.

La terre de tous les extrêmes
S‘étendant sur 14 millions de km2, l’Antarctique est le quatrième plus important continent de la planète, derrière l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. Territoire de tous les extrêmes, le « pôle sud » est la terre la plus froide, la plus sèche, la plus venteuse, la plus isolée et la plus glacée du monde. Et celle dont l’altitude moyenne (2 300 m) est la plus élevée. C’est aussi l’endroit du globe où l’on compte le moins d’humains.
Le traité de l’Antarctique et le protocole de Madrid l’ont consacré « réserve naturelle dédiée à la paix et à la science » où l’exploitation des ressources minérales (et de la glace !) est interdite et le tourisme très réglementé. Seule concession laissée aux bipèdes : la construction, ces 50 dernières années, de moins de 70 stations scientifiques, dont la moitié sont occupées en permanence.

Le paradis de la science
À peu près vierge, l’Antarctique est un paradis de la science. Le Britannique Joseph Farman y a découvert, en 1985, le trou dans la couche d’ozone stratosphérique. En étudiant (parfois dans le whisky !) les bulles d’air piégées dans la glace, les Français Claude Lorius et Jean Jouzel mettent en évidence, deux ans plus tard, les relations entre variations du climat et concentrations de gaz à effet de serre. Autre découverte majeure.
Si la vie est presque absente de la surface, elle fourmille dans les eaux côtières. Les conditions extrêmes ont forgé des écosystèmes endémiques nombreux et d’une très grande richesse : des micro-organismes inconnus, aux baleines, en passant par le krill, les pinnipèdes, des poissons insensés et une grande diversité d’oiseaux. Nul terrien ne pourrait soupçonner pareille biodiversité sur des côtes et des eaux si inhospitalières, en apparence.

Un environnement unique
Réservoir unique de vie, l’Antarctique abrite aussi le plus grand stock d’eau douce de la planète. Glacée, cette eau s’écoule dans l’océan à des flux toujours plus importants, en raison principalement du réchauffement de l’océan, plus rapide que prévu. Chaque année, 220 milliards de tonnes de glaces s’écroulent dans la mer. De quoi en élever le niveau de 0,3 mm/an. Mais le phénomène s’accélère. À ce rythme, le réchauffement pourrait non seulement perturber les écosystèmes marins de l’Antarctique mais aussi faire grimper, partout sur la planète, le niveau marin d’un mètre en un siècle. De quoi noyer bien des régions basses (Pays-Bas, Bangladesh), des métropoles côtières (New York, Marseille, Shanghai, Lagos). Notre avenir est inscrit dans les glaces et les neiges de l’Antarctique.
Raison de plus pour les protéger.

 

 

 

Biden: environnementalement correct ?

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Contrairement à Donald Trump, le prochain président des Etats-Unis a un programme environnemental. Et il est plutôt enthousiasmant.

Il n’est encore officiellement élu, mais à l’heure où nous mettons en ligne, Joe Biden dispose déjà du soutien de 290 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour assurer son accession à la Maison blanche.
Ne restera plus que la formalité de la passation de pouvoir en 2021 et le vote des grands électeurs mi-décembre pour qu’il devienne, sans contestation aucune, le 46ème président des Etats-Unis.

Carbon Market
Est-ce une bonne nouvelle pour l’environnement. Bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée. Dans sa longue vie parlementaire (sa première élection date de 1973 !)  Joseph Robinette Biden ne s’est pas beaucoup intéressé aux questions vertes. A ceci près qu’il fut l’un des rares sénateurs à voter en faveur de la création d’un système américain d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre, le fameux marché du carbone. Sans succès.

Back to Paris
Dans ces mois de campagne acharnée contre Trump, le négationniste du réchauffement, le challenger démocrate s’est découvert une fibre verte. Et n’a pas hésité à défendre un programme qui n’a rien de déshonorant. Première promesse : s’il est élu, Joe s’engage à faire réintégrer les Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. Ce qui ne l’oblige à pas grand-chose d’autre que de produire, tous les 5 ans, une politique climatique un peu améliorée d’une fois sur l’autre.

Carbon Neutral
Est-ce encore bien utile ? Là encore, bonne question. Ces dernières semaines, l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du sud ont annoncé vouloir viser la neutralité carbone à l’horizon de 2050. La Chine suivra le mouvement avec 10 ans de retard. La neutralité carbone en 2050, cela convient parfaitement à Biden. Le président presque élu propose d’ailleurs à cette échéance la production d’énergie américaine soit totalement propre. Ce qui suppose de construire beaucoup de centrales nucléaires, solaires et éoliennes d’ici là. En 2019, les énergies vertes ne produisaient que 11% de l’énergie primaire consommée par l’Oncle Sam.

Green New Deal
La grande affaire du successeur annoncé de Donald Trump sera le lancement de son plan de relance post-Covid. Doté de 1 700 à 2 000 milliards de dollars (selon les versions) de fonds fédéraux, ce Green New Deal espère susciter trois fois plus d’investissements privés afin de rénover les bâtiment (qu’ils soient plus sobres), moderniser les réseaux d’électricité, produire plus d’énergies renouvelables, développer le marché des voitures électriques.

Corn belt
Pour alimenter les moteurs thermiques qui continueront d’équiper camions, bateaux et avions, l’ancien vice-président de Barack Obama entend doubler la production d’agrocarburants, au grand bénéfice des planteurs de maïs américains. Pour accélérer la transition énergétique de l’Hyperpuissance, Washington créera une agence une agence de développement de technologies sur l’énergie et le climat, un peu comparable à la Darpa qui imagine les armements du futur pour le compte du Pentagone.

Nuke is good
Sa feuille de route est déjà écrite : les recherches devront prioritairement porter sur les systèmes de stockage d’énergie (utile si l’on veut développer les énergies intermittentes comme l’éolien ou le solaire), les petits réacteurs nucléaires, les bâtiments neutres en carbone, la production de matériaux décarbone ou les fluides réfrigérant ne réchauffant pas le climat.
Lors d’un débat avec le président en exercice, Joe Biden a aussi promis d’interdire l’accès des terres fédérales aux compagnies pétrolières et de réduire les subventions à la production d’hydrocarbures. Ce qui, curieusement, ne l’a pas pénalisé dans les Etats les plus producteurs d’huile et de pétrole de schiste.