France

France: en route vers la légalisation?

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Alors que la députée Caroline Janvier s’apprête à rendre son rapport son rapport sur le cannabis récréatif, l’élue LREM verrais bien le président Emmanuel Macron porter en mai 2022 l’initiative de sa légalisation. Hasard du calendrier? Hier dimanche, le chef de l’Etat a appelé  « à lancer un grand débat national sur la consommation de drogue« . Les jours de la prohibition de l’herbe sont-ils comptés?

Après les député François-Michel Lambert (Liberté Ecologie Fraternité), Jean-Baptiste Moreau (LREM), la sénateur Robin Reda (LR), c’est au tour de Caroline Janvier (LREM) d’inviter la question de la légalisation à la table des négociations. La députée du Loiret, rapporteur de la mission d’information parlementaire sur les usages du cannabis et à l’origine de la consultation citoyenne sur le cannabis, a déjà réservé une place au président Emmanuel Macron que l’élue « verrait bien porter le projet  » (de la légalisation NDLR).

L’intenable prohibition

Il faut dire que la position française devient de moins en moins tenable pour l’exécutif: face au succès des pays ayant légalisé (Canada, Uruguay ainsi que 16 Etats Américains) ou dépénalisé (Espagne, Tchéquie, Luxembourg, Portugal, Italie, Pays-Bas, Belgique), l’Hexagone fait bande à part et traine des pieds. Un comble lorsque l’on sait que le pays est le plus gros consommateur de cannabis d’Europe, avec 5 millions d’usagers réguliers. De plus, il  dispose de tous les atouts naturels pour être le champion de la production de chanvre bien-être et de cannabis, production qui est aujourd’hui circonscrite au textile.

La légalisation déjà au programme de plusieurs présidentiables

Politiquement, il y a urgence pour le locataire de l’Elysée: l’ensemble des partis du centre et de gauche, d’EELV au PS en passant par le Modem ou la France Insoumise, ont fait part de leur volonté d’inscrire la légalisation à leur programme pour la présidentielle de l’année prochaine.
Très discret jusque lors sur la question d’une éventuelle légalisation, le Président a pour la première fois entrouvert la porte à l’idée d’une légalisation. Une habille façon de se mettre en avant et ne pas se faire couper l’herbe sous le pied.
Autre hasard du calendrier, plus curieux celui-ci: demain nous seront le 20 avril, aussi connu comme le 4/20.
Si les voix des électeurs restent prévisibles, les voies de la ganja sont impénétrables…

To legalize or not to legalize?

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Alors que les élections présidentielles approchent en France, la question de la légalisation du cannabis s’invite dans le débat. Si les pays ayant mis fin à la prohibition de l’herbe affichent un bilan positif et que le marché du cannabis est en pleine explosion, la position des pouvoirs publique reste de faire dans la repression, sans donner de signe d’ouverture.

La France est non seulement le premier consommateur de cannabis d’Europe, avec un marché évalué par l’OFDT à plus de 3,24 milliards d’euros de revenus par an, mais aussi le premier pays producteur de chanvre d’Europe avec 35% des surfaces européennes cultivées en chanvre. Un cadeau du ciel pour les consommateurs, les entrepreneurs et l’État : la plus grande offre et la plus grande demande de cannabis sur le même territoire d’Europe… Et pourtant, les gouvernements successifs, s’ils ne rechignent pas à en débattre, refusent d’autoriser la production et la vente de fleurs de chanvre françaises.

Alors que l’État de New York vient de légaliser son usage récréatif et que le cannabis canadien légal fête ses deux ans, voyons comment se portent nos amis d’Amérique du Nord… Au Québec où la vente de cannabis est nationalisée, sous la forme des dispensaires de la SQDC, le gouvernement du Québec a encaissé 103 millions de dollars en 18 mois, dont il a reversé 20 millions aux municipalités. Le nombre de fumeurs n’a pas explosé mais augmenté de seulement 2%. Aux Etats-Unis, le marché du cannabis, alors qu’il n’est pas autorisé sur tout le territoire serait estimé à plus de 70 milliards de dollars en 2021. Ça fait quand même un peu réfléchir…

Une crise économique et sociale sans précédent se profile à l’horizon. Dans ce contexte, l’ouverture d’un nouveau marché très prometteur, qui crée de l’emploi (qualifié et non qualifié) et rapporte autant d’argent à l’État, tout en permettant d’assener un coup furieux au marché noir et à la criminalité qui l’entoure, n’est pas une mesure qu’on peut balayer avec indifférence.

Les français attendent des candidats qu’ils s’emparent de la thématique et prennent position, à l’instar des citoyens qui ont répondu très clairement à la consultation nationale lancée par le gouvernement avec un écrasant 80,8% de répondants favorables la légalisation du cannabis récréatif. Je ne crois pas qu’un politique, de quel bord soit-il, puisse passer à côté de 80% des électeurs, dont certains ne voteraient probablement pas si cette question n’était pas abordée (on rappelle que le taux d’abstention des dernières élections présidentielles était de 25% soit un quart des votants).

On peut imaginer que la question de la légalisation du cannabis en France devienne un des axes centraux des prochaines présidentielles, voire même qu’elle prenne la forme d’un référendum (qui ferait du bien aux français qui ressentent plus que jamais le fossé entre eux et leurs élus).

Terra Nova: le think tank français croit au cannabis

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Selon Terra Nova, la légalisation du cannabis en France rapporterait 1,8 milliard d’euros à l’Etat. Alors que la COVID coûte à l’Etat français « un pognon de dingues » et que la relance est incertaine, l’étude menée par le Think Tank en 2014 est plus que jamais d’actualité.

Trois scénarios

Dans son rapport, Terra Nova a imaginé trois scénarios – la dépénalisation, la légalisation dans le cadre d’un monopole public, la légalisation dans un cadre concurrentiel – et en a mesuré les différents impacts sur les finances publiques.
C’est la deuxième option, celle d’une production, d’une vente et d’un usage sous contrôle de l’Etat, qui est privilégiée par l’étude. Cela « permettrait de fixer le prix à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui« , contrairement à l’option de la dépénalisation ou d’une distribution du cannabis gérée par des entreprises privées. Le contrôle d’Etat garantirait ainsi « une relative stabilité du nombre de consommateurs et du volume consommé« .
En premier lieu, « pour assécher les filières clandestines », Tera Nova envisagerait de s’aligner à un prix de vente proche de celui du marché noir, « avant d’augmenter progressivement ce tarif pour réduire la prévalence« , précise l’étude.

Près de 15.000 emplois crées

Avec quelque 600.000 fumeurs quotidiens et 5 millions d’usagers en France, « non seulement la prévalence du cannabis ne diminue pas significativement, mais elle reste l’une des plus élevées d’Europe« , souligne Terra Nova, qui rappelle que le budget consacré à la lutte contre le cannabis s’élève à 568 millions d’euros par an.
Alors que l’Uruguay, le Canada et 15 états américains ont légalisés « notre pays ne devrait-il pas, à son tour, envisager un tel tournant idéologique et politique ? » appuie Terra Nova.
Le rapport avait été publié quand François Hollande était chef de l’Etat. Si Emmanuel Macron a toujours esquivé la question, il ne reste plus qu’à espérer que le prochain président français soit celui de la légalisation.

Info-Intox? Le documentaire: « La jeunesse en fumée », diffusé sur France 2.

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France 2 a diffusé le mardi 8 avril un documentaire sur la consommation de cannabis chez les jeunes. Au travers de témoignages, nous apprendrons que le cannabis est tout aussi dangereux que les drogues dites dures.

Meet Aurélien (29 ans), Johanna (22 ans) et Randy (24 ans). Leur point commun? Avoir perdu leur jeunesse et gâché leurs vies après avoir consommé du cannabis.
Le documentaire « La jeunesse en fumée« , diffusé ce soir à 22h50 sur France 2, fait état sans détours des ravages de cette drogue prétendue douce.
Au travers de trois portraits, qui d’après la réalisatrice Andre Rawlins-Gaston reflètent « de la réalité des jeunes face au cannabis », le reportage nous démontre que l’herbe se pose comme un des défis sanitaires majeurs de ce début de  XXIème siècle.
En 2021, le cannabis est dix fois plus puissant et dix fois plus nocif qu’il y a 20 ans. Une toxicité qui fait des ravages.
Ce 70 minutes diffusé sur la première chaîne du service publique se propose de dresser un état des lieux de la consommation de cannabis chez les jeunes. Et le constat est franchement effrayant.

Aurélien en est venu à voler dès l’âge de 16 ans pour nourrir son addiction à l’herbe (téléphones portables, ordinateurs puis sa famille). Il ira même jusqu’à violenter sa maman, la bâillonner et l’attacher à une chaise dans une crise de folie liée à sa consommation de weed et à l’argent dont il avait besoin pour acheter sa dose quotidienne de fumette. « Je mangeais des pizzas dans mon lit et écrasais mes cigarettes par terre, j’était comme un junkie à l’héroïne ou au crack. Tout ce qui je voulais, c’était baver de la bouche et être une véritable loque humaine« . Aurélien passera par des périodes d’intense manque physique pour se débarrasser de son addiction à la marijuana. A l’heure du reportage, le jeune homme de 29 ans vit dans un centre de désintoxication de jour.

Johanna, 22 ans, admet qu’elle a fini par « voir les fumeurs juste pour (son) cul et son corps. Avant de (se)réveiller hagarde le lendemain , attendant de pouvoir fumer un joint qui me fera repartir vers le même enfer ». Le tapin pour le pétard… qui l’eut cru?

Randy, 24 ans, a lui aussi tout perdu. Incapable de travailler, obligé de suivre un lourd traitement au lithium et aux neuroleptiques à cause de ce cannabis dont il n’arrive toujours pas à se défaire « (sa) vie est foutue« .

Il est bien loin, le bon vieux joint rigolo!
Le Dr Hélène Donnadieu prévient d’amblé les curieux qui pourraient avoir envi de tater du pétard: « quand on arrête de fumer du cannabis, on est saisi de manque physique: spasmes et douleurs au ventre, tremblement, fébrilité, accès de violence ou accès psychotiques. Il est véritablement très difficile de sortir de l’addiction au cannabis, et ce quel que soit l’âge(…) Pour l’addiction à l’héroïne, il y a la méthadone. Or, pour le cannabis, il n’existe aucun traitement de substitution à l’heure actuelle« .

Trois portait emblématiques de la détresse des jeunes face au cannabis, prévient la réalisatrice. De quoi s’inquiéter pour les 5 millions de fumeurs de joints que compte la France, et de la crise sanitaire en instance de s’abattre sur le Canada ou les USA, qui ont légalisé et/ou dépénalisé. A moins qu’il ne faille s’inquiéter de l’emprise du lobby big pharma et du dangereux entêtement du gouvernement français à diaboliser le cannabis plutôt que d’encadrer sa consommation.

Bonne séance!

La jeunesse en fumée, diffusé sur France 2 à 22h50 le 6 avril est disponible en VOD par ici

Via ce lien pour les abonnés Orange.

CBD: faites vous livrer votre bédot en vélo!

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Fournir de manière écologique un produit sain: c’est le credo ultra-green de CBD Bicyclette qui propose de livrer du chanvre bien-être à vélo. Les services de la start-up sont déjà disponibles dans 8 agglomérations Françaises.

C’est à Marseille qu’est né CBD Bicyclette, la French plateforme pratique et conviviale où commander son CBD en ligne pour se faire livrer d’une façon on ne peux plus green: en vélo. La marque phocéenne a aussi choisi de faire l’impasse sur la boutique physique, une très bonne idée puisque l’économie profite au consommateur.
Un an après l’inauguration des premières livraison, CBD Bicyclette étend son offre aux villes de Lyon, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Anglet, Bayonne et Paris, avec une belle promesse tenue: celle d’être achalandé en CBD en moins de 2h30… Et sans aucune émission de particules fines ni dioxide de carbone.

Coté menu:
des fleurs (notre préférence va à la Jack Herer)
– des pollens (essayez le pollen d’or, tout un voyage…)
– des huiles full spectrum (la version 20 mg détendra les plus stressés).

Les livraisons sont gratuites à partir de 50€ d’achat

Pour être livré en express à vélo, c’est ici.

 

 

 

 

 

 

Le cannabis thérapeutique arrive dans les pharmacies françaises.

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Repoussée pour cause de pandémie, l’expérimentation du cannabis thérapeutique a officiellement débuté. L’essai se fera auprès de 3000 volontaires. Ce sont les entreprises canadiennes Tilray et Aurora qui fourniront pharmacies et patients Français.

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a donné vendredi 26 mars le coup d’envoi de l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France. L’initiative, qui devait débuter en septembre dernier avait été repoussé de 7 mois pour cause de pandémie.
L’expérimentation sera pilotée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

3000 patients triés sur le volet

Les résultats de ce test à échelle nationale sont attendus en septembre 2023. Ils devraient permettre  « de juger de l’opportunité de généraliser l’usage des médicaments à base de cannabis en France  » (communiqué Ministère de la Santé)
En pratique, 3.000 patients se verrons prescrire de l’herbe pour cinq type de pathologies: douleurs neuropathiques réfractaires aux morphiniques, épilepsie aïgue, effets secondaires de traitement en encologie, certaines maladies du système nerveux central et soins paliatifs de dernier recours.

La première prescription de médicaments à base de cannabis devra être rédigée en milieu hospitalier encadré. Le renouvellement et la délivrance pourront ensuite être assurés par des médecins généralistes et distribuée en pharmacies.
« En tant que médecin, en tant que ministre, je suis fier que la France puisse expérimenter l’usage du cannabis à des fins médicales, et d’ainsi mieux accompagner des milliers de patients qui affrontent des pathologies lourdes« ,  s’est félicité Olivier Véran. 

Production Canadienne.

Alors que la production de cannabis en France est toujours interdite, ce sont des entreprises canadienne qui fourniront gratuitement le cannabis aux français. Un caribou-cocorico puisque c’est Tilray et Aurora, deux fleurons de l’industrie du cannabis au Canada, qui ont emporté le marché.
En pratique, les patients sélectionnés se verront essentiellement prescrire des flacons d’huile administrée par voie orale. « Ces produits sont généralement les plus prescrits, car ils offrent des possibilités de dosage plus précises aux patients », expliquait pour France Info un responsable de Tilray.

Dans un second temps, les patients pourront se voir prescrire des fleurs séchées. Mais là encore, pas question de les fumer : ces fleurs seront destinées à être chauffées à l’aide d’un vaporisateur.
Santé d’abord.

 

Avec Reuters

Up Ze Smoke: l’interview sandwich de Gérard Darmon.

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En 2018, Konbini lançait les interview sandwich. Ou comment parler weed sans prononcer le mot tabou.
On s’en paye un tranche avec la mythique intervention de Gérard Darmon, grand amateur de sandwich.

 

 

 

 

Et si la weed était l’avenir du jeans ?

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Moins chargé en THC que la weed, le chanvre industriel redevient pourtant une culture à la mode. Notamment pour faire des fringues durables. La Ganja comme meilleur des futurs pour le falzar bleu (et une grande partie du  prêt-à-porter) ?

On le sait peu, mais l’industrie mondiale de la mode est l’une des pires destructrices de l’environnement que l’on connaisse. Mondialisation, multiplication du nombre de collection ont dynamisé la production, propulsé les prix vers le bas, sans aucune régulation. Le résultat ne pouvait qu’être désastreux.

Une industrie très polluante

La Fondation Ellen MacArthur estime que l’industrie textile rejette plus de gaz à effet de serre (GES) que les transports aériens et maritimes réunis. Dans les champs, la production de coton est connue pour son appétit en eau (la quasi disparition de la mer d’Aral en témoigne) et sa consommation de pesticides. Les procédés utilisés pour vieillir artificiellement certaines toiles sont toxiques pour l’eau et les bronches des salariés des usines. Last but not least : la plupart des tissus industriels sont truffés de matières synthétiques (élasthanne, polyester, acryliques) dont la dégradation, lors du lavage en machine, contribue à la pollution des océans par les déchets microplastiques.

Des fibres en béton

Devons-nous arrêter nos machines à laver ? Repriser nos vêtements en jeans jusqu’à la trame ? Il y a une autre option : le chanvre. Cultivé depuis les premiers temps de l’agriculture, Cannabis sativa ressemble comme deux gouttes de pétrole à Cannabis indica. Contrairement à son cousin, le chènevis est extrêmement pauvre en THC (inférieur à 0,2 % en France et 0,3 % au Canada !). Solidement bâti en fibres, le chanvre servait à produire quantités industrielles de cordages, de voiles, de vêtements, de papier (pour imprimer les billets de banque notamment). Hélas, coton et matières plastiques sont venus à bout de ce matériau noble. Occupant 300 000 hectares au XIXe siècle, les plantations françaises ont pratiquement disparu à la moitié du siècle suivant.

Série limitée

À l’heure du réchauffement climatique, ce sont les industriels de l’isolation qui lui redonnent vie. Ses fibres servent désormais à produire de la laine de chanvre, l’un des isolants les plus efficaces, les plus sains et les plus écologiques qui soient. Cette renaissance intéresse aussi les industriels du textile. En 2019, Levi’s a fait un galop d’essai en commercialisant une série limitée de vêtements contenant un tiers de chanvre et deux tiers de coton. Amusant, si l’on se souvient que les premiers pantalons produit par le géant du jeans, au temps de la ruée vers l’or, était en … chanvre.

Objectif : développement durable

A Floirac, dans la Lozère (sud de la France), les Ateliers Tuffery (créateurs du jeans français !) proposent depuis quelques années toute une gamme de fringues en chanvre. Les fibres sont produites par VirgoCoop. Originalité de cette coopérative de Cahors : elle achève la mise au point d’une machine qui permettra aux agriculteurs de produire, eux-mêmes, leurs fibres de chanvre, gage d’une meilleure valeur ajoutée. Comme quoi, on peut conjuguer consommation responsable, relocalisation de l’industrie et agriculture raisonnable. En se mettant du chanvre sur les fesses, on contribue au développement durable !

 

La France, berceau de Révolutions.

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S’il est une qualité à laquelle les français n’ont jamais renoncé, c’est bien une certaine aptitude à donner du fil à retordre à leurs dirigeants. Cette propension à la contestation, de Gaulle la commentait d’un cynique « en 1944 les Français étaient malheureux, maintenant ils sont mécontents. C’est un progrès. ». Bien connus pour être « ingouvernables », les irréductibles gaulois nous rappellent que le peuple souverain ne devrait jamais craindre son gouvernement.

L’eau bout dans les campagnes et se déverse dans les villes. Entre Gilets Jaunes, grèves des transports et manifestations quotidiennes les français ont clairement affiché leur méfiance pour la classe politique. En ce printemps où les étudiants sont au bord de la crise de nerfs, où un ancien Président est condamné à de la prison ferme et qu’une épidémie met l’économie à mal avec une bonne partie de l’Hexagone au chômage partiel, la situation devient explosive. Dans un pays où un quart des salariés sont fonctionnaires, un quart des moins de 25 ans est au chômage pendant qu’un dixième de la population vit avec le RSA (soit 564,78 euros par mois), où la différence entre le seuil de pauvreté (1063 euros) et le SMIC net mensuel (1197,03) est d’une centaines d’euros, il est légitime de se demander pourquoi les pavés n’ont pas volés plus tôt.

A cela il convient d’ajouter le mépris affiché des politiques pour leurs électeurs, à l’heure où députés et sénateurs sont les grands absents du débat politique et que les « suggestions » du Comité Scientifique et du Conseil d’État (aucun des deux n’ayant été élus) deviennent des lois dignes d’Orwell. Le pays en état d’urgence depuis le 11 juillet 2017, le couvre-feu à 19h qui est, je le rappelle, une mesure militaire, l’interdiction de se déplacer librement sur le territoire, le suivi personnalisé et digital des données de santé, la fermeture des frontières et bien entendu, bonus sous-jacent, l’impossibilité pratique de manifester.. Tout cela est tellement plus facile à imposer quand on a pas à écouter ceux qui vous élisent.

Quand éclatera l’orage du désespoir

Dès lors, la comparaison avec le contexte de la Révolution Française est légitime tant ça sent l’orage. Car un système politique qui repose sur la classe moyenne pour mettre du beurre dans les épinards des dirigeants est voué à rencontrer un jour ou l’autre une sérieuse opposition. Et pour mémoire, ce ne sont pas les paysans qui ont lancé la Révolution en 1789, mais la bourgeoisie excédée par l’abus de privilège de la noblesse et sa sourde oreille aux demandes d’un peuple affamé, « ils veulent du pain, qu’on leur donne de la brioche… »

A cet état de fait, le jeu des médias français n’arrange rien.  Où est le cinquième pouvoir quand les plus grands médias nationaux appartiennent à Lagardère, Dassault, Bouygues, Bolloré, Niel ou Pinault?
La France vit sous perfusion d’un État sur le point de s’écrouler. Toutes les minutes comptent pour agir dans le bon sens.
Ceci n’est pas un appel à la révolte mais à la prise de conscience. Je vous quitte avec ses mots de  Marguerite Yourcenar « la révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle ».

Thierry Bedossa, vétérinaire pionnier du CBD thérapeutique en France.

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Thierry Bedossa soigne nos amis à quatre pattes depuis plus de 30 ans. S’ il est connu de tous pour avoir présenté de nombreuses émissions télé, c’est surtout son approche éthologique et intuitive du métier de vétérinaire qui a fait sa réputation. Nous avons rencontré « l’homme qui murmurait à l’oreille des chiens » pour discuter canins, cannabidiol et perspectives thérapeutiques.

Vous êtes en France un des pionniers dans le traitement au cannabidiol (CBD) de certaines pathologies chez les chiens, je me trompe?
Effectivement, j’ai été je crois parmi les premiers praticiens Français à me pencher sur les avantages liés aux traitements à base de CBD.
Pour mieux comprendre ce qui m’a amené à être convaincu de l’efficacité du CBD dans le traitement des certaines affections, il convient d’expliquer le contexte dans lequel j’ai découvert l’usage de cette molécule. J’ai fait la moitié de ma formation de vétérinaire en Amérique du nord, au Canada comme aux Etats-Unis.
À ce titre, j’ai gardé pas mal de contacts avec des propriétaires à Montréal, New-York ou encore Los Angeles. Or, depuis cinq ans environ, beaucoup de ces propriétaires avec qui je communique régulièrement me parlaient de façon très favorable de leur expérience de traitement au CBD avec leur animal de compagnie. Une possibilité de traitement lié à l’assouplissement, au niveau fédéral, de la vente de CBD, comme de la législation du cannabis dans certains Etats (douze Etats ont à ce jour légalisé la vente et consommation de cannabis NDLR). D’autre part, je suis Membre de L’American Animal Hospital Association (AAHA), qui défend une approche strictement rationnelle et scientifique de  tous traitements.
Je reçois régulièrement leurs conclusions d’essais clinique impliquant de nouvelles approches thérapeutiques pour pas mal de problèmes que rencontrent nos amis à poils. Or, depuis trois ans, je vois passer sous mes yeux études, colloques, essais cliniques et protocoles… tous en faveur de l’usage du CBD.
Ces essais cliniques menés par l’AHAA et les retours de mes amis vétérinaires en faveur de l’usage du CBD pour chiens et chats m’ont ainsi mis la puce à l’oreille, façon de parler (rires).
Enfin, allant aux États-Unis en 2017, j’ai pu constater que dans tous les « Pet-shops* », les étals étaient remplis de produits à base de CBD. Cette même année, au détour de conversations avec d’autres propriétaires, j’ai réellement pris la mesure de l’efficacité du produit… uniquement pour le traitement de certaines maladies.
Mais il ne s’agit pas de faire du CBD à tout va !

Quels types de pathologies sont concernées ?
L’usage du CBD est pertinent dans le traitement des douleurs chroniques, de l’épilepsie et surtout de l’anxiété comme de l’agressivité.
Je me concentre surtout sur l’anxiété et l’agressivité parce qu’en tant que comportementaliste, c’est uniquement sur cet axe que je me suis penché (Thierry Bedossa est LE comportementaliste animalier français, une spécialité qui a fait sa renommée, son succès comme celui de sa clinique).
J’ai donc tout naturellement orienté mon approche du CBD sur des problèmes d’agressivité, nervosité ou anxiété que les maîtres pouvaient rencontrer avec leurs animaux, plus particulièrement les chiens.

Quand avez-vous commencé à prescrire du CBD pour ces angoisses et états de grande nervosité ?
J’ai commencé il y a un an. Il faut savoir qu’à ce moment-là le CBD n’était pas disponible en France.
Je travaille en tant que chercheur et praticien avec quelques Start-Up et, en novembre de l’année dernière, Hector Kitchen m’a sollicité pour savoir si je trouvais pertinent de mettre du CBD dans certains compléments alimentaires afin de traiter les problèmes que je viens de citer.
Hector Kitchen commercialisait un « complément alimentaire », et donc vendu en tant que tel, et non comme un médicament.
Parallèlement à cela, j’ai été démarché par Creso Pharma, un laboratoire Suisse qui lui aussi fabrique un complément alimentaire au CBD.
Fin 2018, des représentants de Creso Pharma sont venus me voir à la clinique pour me pitcher et démarcher sur le sujet CBD. Avec cet argumentaire que l’on retrouve sur leurs sachets de croquettes au CBD : « favorise le bien-être tout en renforçant les défenses immunitaires et en soutenant l’équilibre comportemental et la vitalité de l’animal » (concerné par les troubles cités NDLR). Ce qui correspondait effectivement à ce que j’avais lu dans les rapports d’étude et eu comme retour de la part de propriétaires américains.
Aussi convaincu par les études scientifiques que j’avais lues qu’enthousiaste à la suite de conversations avec des propriétaires américains, je décide alors d’essayer, mais en envoyant mes clients à l’étranger pour qu’ils puissent obtenir cette molécule qui, encore une fois, n’était pas disponible en France.
Après avoir informé les propriétaires, je rédigeais une ordonnance qu’ils pouvaient déposer en Suisse, Belgique ou Luxembourg.

Les résultats ?
Ils confirmaient ce que j’avais lu et constaté aux États-Unis : les résultats étaient aussi probants que pérennes. Encore une fois, en tant que comportementaliste, je ne me suis penché que sur les problèmes liés à l’agressivité, l’anxiété et la nervosité excessive chez l’animal.
J’en ai prescrit à une petite dizaine de chiens et chats et prendrai un exemple pour illustrer mon propos, celui de Kid. Kid est un chien de 16 ans qui avait ce que nous appelons chez l’homme des terreurs nocturnes. Probablement liées à un syndrome de stress post-traumatique.
Non seulement Kid dort maintenant d’un sommeil normal, mais il a retrouvé -qualité de sommeil et repos oblige- une forme assez épatante pour un labrador de son âge. Les retours des autres propriétaires auxquelles j’ai prescrit du CBD sont du même acabit.

La législation sur le CBD a-t-elle évolué en France ?*
Oui, depuis juin 2019, le laboratoire Virbac commercialise en France l’Anibidiol, en tant que complément alimentaire. Ce qui permet de contourner le long processus d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), puisque l’Anibidiol est considéré comme un complément, et non comme un médicament.
Deux semaines après la commercialisation de l’Anibidiol en France, nous avons cependant assisté à une levée de boucliers.

Comment ça ?
Les organisations professionnelles auraient préféré que le CBD soit considéré comme un médicament et non comme un aliment complémentaire.  La mise sur le marché de médicaments vétérinaires est en effet corrélée à de bien plus grandes contraintes réglementaires et leur usage est soumis à prescription vétérinaire, ce qui aurait permis d’encadrer plus fortement l’utilisation du CBD.
Mais le temps d’obtention d’une AMM est aussi beaucoup plus long et réserver le statut de médicament aux produits avec du CBD entraînerait, à mon avis, une perte de chance pour de nombreux animaux dont l’état douloureux est susceptible d’être amélioré avec cette molécule.
Par ailleurs, la France est assez en retard par rapport à d’autres pays européens qui ont déjà assoupli les règles concernant l’usage thérapeutique du CBD et il serait dommage de s’isoler encore davantage en adoptant une position restrictive. Il nous faut réfléchir dans l’intérêt de nos animaux, de leur santé et de leur bien-être. Et après 30 ans au service du meilleur ami de l’homme, je pense savoir de quoi je parle.

*Les « Pet-Shop » sont des magasins distribuant des aliments, produits et médicaments pour animaux, mais en dehors du circuit vétérinaire, sans consultation ni ordonnance donc.

*(Interview réalisé en juillet 2019)

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