Ecologie

Culture de cannabis: à quand l’herbe verte?

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En chambre, en serre ou en champs, la culture de weed est rarement compatible avec des objectifs de développement durable. Heureusement, des solutions existent pour réconcilier la belle herbe avec la nature.

Ce n’est pas parce que la culture du cannabis se légalise petit à petit qu’il faut faire n’importe quoi.
Or, force est de constater que de nombreuses plantations, indoor ou outdoor sont de véritables insultes à l’environnement et au climat réunis.
Sous serre, en terre ou au fond d’un placard, les cultures intérieures sont d’abord énergivores. L’usage démesuré de lampes à incandescence à forte puissance engloutit des volumes astronomiques d’électrons : de 4 000 à 6 000 kWh par kilo d’herbe produite. A cela, s’ajoutent les ventilateurs, systèmes d’extraction d’air, pompes, automates, etc.

Du CO2 par millions de tonnes

Selon certaines estimations, la demande des plantations US de cannabis flirte avec le 1% de la production américaine d’électricité : autant que le réseau informatique mondial du Bitcoin. Rapporté à l’intensité carbone du secteur électrique américain, cela représente une trentaine de millions de tonnes de CO2 par an expédié dans l’atmosphère. Pas négligeable. Amatrice de chaleur, Marie Jeanne est aussi une grande buveuse devant l’éternel. Dans certaines plantations californiennes, il faut compter 1 800 litres d’eau pour passer de la graine au plant prêt à être récolté.

Plastique partout, recyclage nulle part

Bien évidemment, tous les cultivateurs n’ont pas encore découvert les joies de l’agriculture biologique. Or, la culture industrielle de weed peut se révéler gourmandes en pesticides. Plus ou moins toxiques, ces petites molécules se retrouvent dans la fumée inhalée par les consommateurs et dans les eaux d’écoulement des cultures. De quoi se fâcher tout vert avec les protecteurs de la biodiversité. Et avec les usagers. Ce n’est pas tout.

11e plaie d’Egypte

Pour éviter tout relâchement d’odeurs et toute utilisation malencontreuse par les enfants, les autorités nord-Américaines obligent les producteurs de weed à empaqueter leurs produits dans des emballages à usage unique, opaques et résistants au déchirement. Réalisés avec plusieurs couches de matériaux, ces emballages sont impossibles à recycler et ne se dégradent qu’en plusieurs siècles.

Circuit fermé ou hydroponie

Telle quelle, la production d’herbe apparaît comme la 11e plaie d’Egypte. Ce n’est pas une fatalité. Certains industriels ont conçu des serres équipées de systèmes de filtration d’air et de circuit fermé d’eau. L’eau en surplus est collectée, filtrée et stockée, en attendant d’être à nouveau pulvérisée sur les plants. On peut aussi opter pour des techniques hydroponiques, sans terre, et dont la consommation en eau est de 90% inférieure à celles des techniques culturales traditionnelles.

Halte aux lampes à décharge

Difficile de se passer de lumière et de chaleur. Mais l’ont peut remplacer les très efficaces lampes à vapeur de sodium haute pression par des diodes électroniques (Led), dont les performances énergétiques (et agronomiques) ne cessent de croitre. Avec de sérieuses économies d’électricité à la clé. Reste à régler la gestion des déchets électroniques inhérents à l’utilisation des Led.

L’avenir est au large

Quid de l’emballage ? Sujet difficile, tant il est tributaire des législations nationales, voire locales. Certaines entreprises, telle la Californienne Ocean Cannabis fait réaliser ses emballages en plastiques récupérés dans l’océan et recyclé. Les emballages proposés par Sana Packaging sont réalisés en chanvre ou en plastique recyclé. En France, Terracycle produit, elle aussi, des plastiques avec des déchets collectés sur les plages.

Comment laver son linge sans salir.

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Alors que nous essayons de sauver la planète en consommant propre, la salir en lavant son linge serait regrettable. Pour ne pas faire de crasses à l’environnement, quelques gestes simples suffisent.

Qu’on se le dise, rester propre… salit. Un seul lavage consomme des décalitres d’eau potable. Éjectée de la machine, l’eau est souillée de votre saleté, de détergents. Sans oublier les matières en suspension. À commencer par le plastique. Vous vous souvenez de ces continents de micro déchets de plastiques qui flottent entre deux eaux au milieu de tous les océans ? Le tiers d’entre eux est directement issus de vos jeans et autres sous-vêtements.

Machines à laver: à tambour battant contre la planète

Le mouvement perpétuel ne fait pas (encore) tourner le tambour de la machine, et encore moins le sèche-linge qui va derrière. Laver, essorer, sécher consomme de l’électricité. Des électrons dont la production rejette, selon les pays, plus ou moins de polluants atmosphériques et de CO2.

Peut-on redonner figure humaine à ses frusques sans saloper fleuves et mers ? Oui. À condition de prendre quelques précautions. La première d’entre elles est la plus évidente : remplissez le plus possible (mais pas trop non plus) votre tambour. L’important est de trouver le juste compromis entre le volume d’eau qui sera utilisé et la qualité du lavage. Une grosse boule de linge trop dense sera mal lavée et mal rincée. Lancer un cycle de lavage pour trois slips, c’est souiller des dizaines de litres d’eau et consommer autant d’électricité qu’il ne le faut pour alimenter un téléviseur non-stop pendant un mois.

Vers un nettoyage vert

Pour laver vert et bien, il conviendra de choisir la plus basse température possible. Environ 90% de l’électricité consommée à l’occasion d’un cycle de lavage servent à chauffer l’eau. Plus cette eau de lavage sera fraiche, moins vous gaspillerez de courant. Je vous parlais des micros plastiques. Pour éviter de contribuer à la plastification des mers, n’hésitez pas à laver le linge contenant des matières synthétiques dans des sacs de lavage spéciaux. Ces derniers laissent entrer eau et agents lavants, mais retiennent les particules. On peut aussi amener son filtre de machine. Mais là, faut être pote avec le gérant de la laverie.

Plus facile, en revanche, est le changement de lessive. Nos laveries préférées mettent des lessives industrielles à notre disposition. Elles sont efficaces, mais riches en phosphates et détergents chimiques : incompatibles avec le bonheur de la faune et de la flore aquatiques. L’ONG américaine EWG a évalué les performances environnementales des lessives : 80% d’entre elles sont à éviter. Priorité sera donc donnée aux produits au savon végétal dotés d’un label écologique, comme l’Ecolabel européen et Ecodétergent. On peut aussi préparer sa lessive, à base de savon végétal (40 g/l), de cristaux de soude (45 g/l) et d’eau chaude (1 l). Utilisez 15 cl de ce mélange par cycle.
Ne vous en lavez pas les mains, ça marche !

 

 

AOC, l’Appellation d’Origine Cannabique

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La Californie crée des appellations d’origine de cannabis. Un moyen pour dynamiser le business. Et le protéger aussi des chaleurs du réchauffement.

Depuis longtemps, on la désigne sous le nom de son pays d’origine : l’Afghane, la Marocaine ou la Libanaise. Ces sobriquets ne garantissent aux usagers ni la provenance réelle de leur weed favorite, ni sa qualité. Les Californiens devraient faire évoluer les choses. Le gouverneur du Golden State vient d’approuver une proposition de loi originale. Entrée en vigueur en octobre, la loi 67 introduit, en effet, la notion d’appellation d’origine pour la production de cannabis.

Exit indoor
Appellation d’origine, comme pour le vin ? C’est bien l’idée des législateurs. Pour donner un avantage concurrentiel aux productions made in California, la loi impose au ministère local de l’agriculture et de l’alimentation de présenter rapidement un cahier des charges pour l’inscription de ces nouvelles AOC. Etant entendu qu’elles ne s’appliqueront qu’aux plantations de pleine terre. Les cultivateurs indoor peuvent repasser.

La victoire du terroir
Si le nom de ces futurs « climats », « châteaux » ou autres domaines n’est pas encore connu, l’intérêt de cette classification saute aux yeux des professionnels. D’abord, protéger la réputation des meilleures zones de production, à l’image des vignobles de la Santa Maria Valley ou des Hautes-Côtes-de-Nuits.
Les planteurs veulent aussi populariser une idée bien française : le terroir. Imaginée par les commerçants français du XIIIe siècle, cette subtile alliance de la terre, du climat et du savoir-faire de l’agriculteur est gage de qualité et de spécificité. Jadis méprisé par les viticulteurs américains, le concept fait son chemin dans la Napa Valley et chez les producteurs d’herbe.

Donner envie
Classifier les plantations, c’est aussi susciter l’envie chez les consommateurs de découvrir les propriétés, ceux qui les exploitent et leurs productions. Les planteurs californiens rêvent d’ouvrir les routes de l’herbe, calquées sur celles du vin. Pas idiot, si l’on garde en tête que 3 millions d’amateurs sillonnent celles qui mènent à la Napa Valley, la région viticole la plus connue de Californie.

Mendocino first ?
Nul doute que les premières appellations devraient émerger du côté de Mendocino, ravissant bourg maritime situé à 250 km au nord de San Francisco. A la tête de l’Origins Council, Genine Coleman bataille pour créer l’AOC Mendocino. Avec son équipe de cultivateurs, de juristes et de commerciaux, la planteuse et spécialiste des arts martiaux fourbit ses argumentaires, dont certains s’appuient d’ailleurs sur des arrêts du Conseil d’Etat … français.

Carbone et biodiversité
Dans son esprit, la notion de d’appellation d’origine cannabique doit, bien sûr, encadrer les pratiques, garantir la qualité des produits, contribuer à la notoriété des produits. Plus étonnamment, l’Origins Council estime aussi que la notion de terroir, fut-il cannabique, est une réponse au changement climatique. A condition, par exemple, que le cahier des charges de l’appellation impose des pratiques culturales qui favorisent le stockage du carbone dans le sol, préservent la biodiversité des microorganismes de la terre (ce qui améliore la résilience des cultures !) et réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Un postulat que les patrons de syndicats d’appellation vinicoles devraient reprendre à leur compte.

 

Festival Arcadia: « L’ampleur de toutes choses » en projection virtuelle ce soir.

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Cette année, le festival Aracadia aura lieu vraiment tout près de chez vous puisque c’est dans votre salon que se seront diffusés les documentaires de cette 10ème édition de l’Environemental Film Festival, qui met à l’honneur les meilleurs reportages en faveur d’un monde vert, juste et durable.

Ce soir, c’est l’excellent « L’ampleur de toutes choses » qui est nous est proposé en séance virtuelle par Arcadia.
Synopsis: Lorsque Jennifer Abbott perd sa sœur, décédée d’un cancer, son chagrin la rend sensible à l’extrême gravité de la crise climatique. Dans son nouveau documentaire, L’ampleur de toutes choses, elle esquisse des parallèles intimes entre les deuils vécus à l’échelle personnelle aussi bien que planétaire. Aux récits des manifestations du changement climatique observées en première ligne s’amalgament les souvenirs d’enfance qu’évoque pour la cinéaste la région de la baie Georgienne, en Ontario. Qu’ont en commun ces histoires ? Eh bien, tout, étonnamment.

 

Pour celles et ceux que l’on présente à l’écran, le changement climatique n’appartient pas à un futur lointain : il est à leur porte. Les combats livrés, les pertes douloureuses et les témoignages poignants se croisent dans une trame extraordinaire tissée d’émotions brutes et de beautés fulgurantes transformant l’obscurité en lumière et le chagrin en action.

🎫 Pour réserver vos places :
1. Rendez-vous sur www.aff.eco/le-festival-2021 pour découvrir la programmation
2. Sélectionnez le ou les films qui vous intéressent et soutenez votre cinéma local en trouvant la séance la plus proche de chez vous sur www.25eheure.com
3. Achetez votre place (6€) directement sur le site, l’e-mail de confirmation contient le lien de la projection

Bonne séance!

Comment compter sur la décroissance.

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Compter autrement est plus efficace pour protéger la planète que de réduire l’activité économique. Voici pourquoi.

Rien n’échappe aux satellites. Depuis l’espace, leurs caméras suivent le recul régulier de la forêt, culbutée par l’agriculture intensive, l’urbanisation, la production de charbon et j’en passe. Selon le dernier décompte publié cette semaine par le Centre commun de recherche, le Cirad, le Cifor et l’INPE, les massifs forestiers de la planète ont perdu 220 millions d’hectares, entre 1990 et 2020. Comme si on coupait, chaque année, une forêt occupant la surface de l’Irlande, résume Ghislain Vieilledent, écologue spécialiste des forêts tropicales au Cirad.

Pendant que le monde perdait 5% de sa surface forestière, sa production de richesses a pratiquement quadruplé. De là à en déduire qu’il faut engager la décroissance de l’économie pour protéger la planète, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par certains économistes. Le problème est-il aussi simple que cela ? Sûrement pas.

L’argent n’est pas le bonheur

L’un des grands hiatus vient du fait que les politiques et la plupart des économistes présentent le produit intérieur brut (PIB) comme un indice d’évaluation du bonheur humain. Ce qu’il n’a jamais été, de l’aveu même de ses concepteurs. « Le PIB se focalise sur un champ assez restreint d’activités humaines et reste aveugle à de nombreux aspects de la vie qui influent pourtant notablement sur le bien-être. De plus, il ne prend pas en compte les externalités sur l’environnement qui résultent des processus productifs », résume l’économiste Marion Navarro.

Financer la transition

Réduire le PIB est-il la meilleure façon de réduire les atteintes à la planète ? Cela n’a rien d’évident. Stabiliser le réchauffement à 1,5 °C — l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris — oblige à remplacer les centrales électriques consommant des énergies fossiles (qui produisent les deux tiers de l’électricité mondiale) par des installations décarbonées. Cela suppose aussi de revoir la plupart des pratiques agricoles, à l’origine de 20% du renforcement anthropique de l’effet de serre. N’oublions pas non plus de remplacer 99% du parc automobile mondial qui, carburent à l’essence ou au gazole. Pas d’impasse non plus sur les cargos qui, en brûlant du fioul lourd, transportent plus de 80% des marchandises du monde. Même remarque pour l’aviation commerciale. Les rédacteurs du rapport du Giec sur la stabilisation rapide du réchauffement rappellent qu’il faudra probablement enrichir cette liste de systèmes d’extraction du CO2 de l’atmosphère. Ce qui ne sera pas gratuit non plus.

Devis élevé

Le montant du devis de la décarbonation de nos modes de vie est incroyablement élevé. Difficile de financer ces transformations, avec une économie en déclin. D’autant qu’il est inimaginable d’amorcer de telles transformations sans faire en sorte que leurs retombées bénéficient aux plus modestes et aux plus vulnérables (souvent les mêmes). N’oublions pas que 820 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, qu’un bon milliard n’ont pas accès à l’électricité et que l’eau potable est rare pour 40% d’entre eux.

Intégrer le contexte

Des pistes pour sortir de l’ornière ? Affirmatif. La principale est sans doute de modifier l’indicateur en chef de notre mode de vie. Ce super PIB devrait non seulement agglomérer les chiffres d’affaires de nos activités, mais aussi intégrer les externalités, telles les effets des changements climatiques et de la perte de biodiversité, par exemple. Ces manquements expliquent pourquoi la majorité des économistes minorent, par exemple, les conséquences économiques du réchauffement. «En incluant tous les facteurs, la fonction de dommage du modèle suppose que les dommages représentent 2,1 % du revenu mondial en cas de réchauffement de 3 °C et 8,5 % du revenu en cas de réchauffement de 6 °C », écrit ainsi le prix Nobel d’économie William Nordhaus.

Intégrer les limites physiques

Comment affiner l’indicateur économique de référence ? D’abord, en intégrant (ou en mettant les deux jeux de données en parallèle) les limites physiques de la planète. On pourrait, pour ce faire, s’inspirer des travaux du physicien Dennis Meadows. Le co-auteur du rapport The Limits to Growth a conçu, un modèle physique et systémique intégrant données économiques et environnementales (pollutions, ressources épuisables). « Et, contrairement aux modèles économiques dont aucun ne peut se targuer d’être backtesté avec succès même sur cinq ans, il a fait ses preuves, puisqu’il « colle » aux données empiriques observées sur 35 ans, de 1980 à 2015 », souligne l’économiste Alain Grandjean.

Objectifs de développement durable

Suffisant ? Pas forcément. Pour faire converger les impératifs économiques, écologiques et sociaux, prospectivistes et investisseurs devront intégrer aussi les objectifs de développement durable, définis en 2015 par l’ONU. Au nombre de 17, ils visent à réduire les prélèvements de ressources naturelles, à améliorer l’éducation, à réduire le gaspillage, à favoriser les transports doux et collectifs, à défendre les droits de l’homme, à planter des arbres, etc.

En prenons-nous le chemin ? Très doucement. L’Union européenne est en passe d’adopter un règlement qui distinguera les projets « durables » des ceux qui ne le sont pas. Ce qui facilitera le travail des investisseurs souhaitant verdir leur portefeuille d’actifs. En cours d’évolution, les normes comptables internationales vont progressivement imposer aux entreprises (à commencer par les multinationales) de montrer comment elles intègrent le climat et la biodiversité dans leur stratégie. A charge pour les agences de notation de trier les vrais pionniers de l’écologie industrielle des greenwashers. Un vrai boulot !

Après le Covid-19, les bactéries bleues ?

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Vieilles comme le monde, les cyanobactéries pourraient se révéler de dangereuses empoisonneuses de l’homme et  du climat.

Les rangers botswanais n’avaient jamais vu ça. Au printemps dernier, les gardiens des principales réserves naturelles du Botswana ont dénombré, en quelques jours, plus de 300 cadavres d’éléphants. Aucun corps ne portait de traces de blessures par balles. Et les défenses étaient toutes intactes. Pour une fois, les braconniers semblaient hors de cause. Il aura fallu des semaines de recherches poussées pour expliquer ce mystère. Les pachydermes auraient été victimes d’un empoisonnement par des cyanobacéries.

Dangereuses pour les nerfs et le foie

Tous les animaux sont morts entre les mois de mars et de juin, observe le ministère de la faune sauvage et des parcs nationaux du Botswana. Or, c’est précisément la période où s’assèchent nombre de points d’eau dans la savane. Les scientifiques estiment que le manque d’eau et la chaleur ont produit les conditions favorables à la prolifération dans les mares des fameuses bactéries bleues toxiques. Dans certaines conditions, ces micro-organismes produisent des toxines (cyanotoxines) ravageuses pour les systèmes neurologiques et hépatiques, aux effets potentiellement mortels en cas d’ingestion importante. Les éléphants en ont fait la cruelle expérience.

Menace en eaux calmes

Le phénomène ne touche pas que la faune d’Afrique. En France, les autorités interdisent fréquemment la pêche ou la baignade dans des cours d’eau ou des lacs où prolifèrent les bactéries bleues. Une prolifération favorisée par la chaleur mais aussi la teneur de l’eau en nitrates et en phosphore. Selon un récent rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les centres anti-poison ont dénombré une centaine de cas d’intoxication humaine, entre 2006 et 2018. Sans compter la mortalité animale. Tous les étés, les vétérinaires signalent des décès de chiens ayant bu ou joué dans des eaux contaminées. Avec le réchauffement, le phénomène prend chaque année un peu plus d’ampleur dans les lacs canadiens. Au Brésil, en 1996, 60 personnes atteintes d’insuffisance rénale sont décédées suite à une hémodialyse dont l’eau nécessaire à ce traitement était contaminée par des microcystines, l’une des toxines produites par les terribles bactéries.

Puissant gaz à effet de serre

Nocives pour les hommes et leurs meilleurs amis, les cyanobacéries représentent aussi une menace pour la stabilité du climat. Une équipe de scientifiques, menée par Mina Bizic (institut d’écologie des eaux douces et de la pêche intérieure de Leibniz) a fait, au début de l’année, une inquiétante découverte. Selon ces chercheurs, les cyanobactéries pourraient, dans toutes sortes de conditions, produire du méthane. L’information n’est pas à prendre à la légère. Les cyanobactéries sont omniprésentes, sur terre et dans les eaux calmes. Et le méthane est un gaz à effet de serre 28 fois plus puissant que le CO2.

 

Réchauffement climatique : la weed devra s’adapter

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Paradoxe. A l’heure où produire du cannabis devient de plus en plus difficile dans l’ouest des Etats-Unis, son usage va sensiblement se développer.

En plus d’avoir désigné le prochain locataire de la Maison blanche, le scrutin américain du 3 novembre aura aussi été l’occasion pour quatre Etats de libéraliser l’usage de la marijuana. Sans grande surprise, une majorité d’électeurs ont voté en faveur d’une dérégulation de l’usage du cannabis en Arizona (récréatif), dans le Mississipi (médical), dans le Montana (récréatif), le New Jersey (récréatif) et le Dakota du sud (médical et récréatif).
Voilà donc plus de 20 millions d’Américains supplémentaires qui vont pouvoir déguster. Pour ce faire, les producteurs américains devront toutefois s’adapter aux effets du changement climatique.

Toujours plus de feux
L’un des plus évidents est l’allongement, en Californie notamment, de la saison des incendies. Avec l’irrépressible montée du mercure, le changement de régime des précipitations et la diminution des budgets à la gestion des forêts, la saison annuelle des incendies s’étend désormais sur 230 jours, en Californie, contre 140 jours dans les années 1970.
Pour les producteurs de weed du Golden State, cette année s’annonce contre un terrible millésime. D’ores et déjà, plus de 2 millions d’hectares sont partis en fumée. Et de très nombreux planteurs ont vu s’embraser leurs plantations. D’autres ont été touchés par les fumées et les retombées de cendres, nuisibles pour la floraison. Des conséquences d’autant plus terribles que la majorité de ces entrepreneurs ne sont pas assurés. Les compagnies d’assurance rechignent à contractualiser avec une industrie qui est toujours considéré comme illégale au niveau fédéral, rappelle le San Francisco Chronicle.

Des solutions existent
A l’évidence, ces paysans de l’herbe doivent anticiper un nouveau paradigme climatique. Fort heureusement, les solutions ne manquent pas. Chez Wo/Men’s Alliance for Medical Marijuana (WAMM), pionniers de la culture du cannabis à usage médical, on minore les risques en cultivant une partie des plants dans des mottes hors sol contenues dans de vastes big bags. Lorsque l’incendie menace, chaque plant peut être mis en sécurité.
Pour les champs en pleine terre, certains experts recommandent une protection par brumisation. Des sprinklers installés tout autour des propriétés peuvent briser la dynamique d’un incendie et réduire la température ambiante, qui peut être dévastatrice pour les plantes. A condition, bien sûr, de disposer de réserves d’eau suffisantes. Ce qui n’est pas toujours le cas en Californie.
On peut aussi diversifier les productions. Les fleurs ayant été délicatement cendrées peuvent être nettoyées à coup de souffleuses. Pour les cas (presque) perdus, on peut aussi les distiller. L’huile ainsi obtenue est débarrassée de toute odeur de fumée. C’est déjà ça.

Place à l’indoor
Pour les années qui viennent, mieux vaut prévenir. Par exemple, en privilégiant la culture sous serre dans des zones éloignées des forêts. Bon nombre de vignobles de la Napa Valley détruits par les flammes pourraient ainsi laisser la place. Dotées de l’air conditionné et de système de protection solaire informatisés, ces installations pourront être aussi équipées de filtres à charbon actif, capables d’abattre de fortes concentrations de suies et de cendres.
Les plus audacieux tenteront l’émigration vers le Colorado : un Etat où les plantations de weed ne se comptent plus. Le Centennial State a aussi vu le climat s’échauffer de 2°C en un siècle (un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale), où les vagues de sécheresse sont toujours plus longues et sévères. Et où 20% des cultures sont déjà irriguées. ça ne va décidément pas être facile.

Oubliez le coton, les jeans en cannabis arrivent.

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Très utilisée au XIXème pour tisser voiles et vêtements, la fibre de chanvre -AKA fibre de cannabis- est en passe de revenir dans les armoires grâce à la marque française Tuffery. Une très bonne nouvelle pour la planète: le chanvre se passe d’insecticides et consomme dix fois moins d’eau que le coton.

Quelques mois après que Levis a inauguré une collection faite de chanvre et de coton, la marque Tuffery lui emboite le pas et s’apprête à proposer une ligne de jean entièrement composée de chanvre. Une double révolution pour le fabriquant français.
Une révolution déjà puisque l’enseigne crée en 1892 fait un 360° en renouant avec la matière de ses premières productions textiles.
Une révolution aussi parce que l’initiative de la maison Tuffery annonce une ère nouvelle dans le prêt-à-porter.

Si le XXème siècle a été celui du tout coton, le XXIème pourrait bien être celui du 100% chanvre.
Ne serait-ce que pour -excusez du peu- tenter de sauver la planète
Car il faut dire que le coton est loin d’être écologique. Alors que la culture du chanvre ne demande aucun apport d’insecticides et engrais chimiques, celle du coton ne peut s’en passer. Quand à la consommation d’eau de ce dernier, elle est dix fois supérieure à celle du chanvre.

Et le blue jean devient vert.

Les efforts de l’Atelier Tuffery en matière de développement durable ne s’arrêtent pas là puisque la fabrication de ces « bleu de Nîmes » sera entièrement locale, de la graine à la dernière couture.
La fibre est cultivée dans le Lot alors que le tissage et la teinture sont effectuées en Lozère. En raccourcissant au maximum les circuits, la marque baisse son empreinte carbone.

Coté pratique, la toile de chanvre est thermorégulatrice et antiseptique: on peut donc la porter été comme hiver.
Un frein aux achats de saison qui nous font souvent reléguer nos habits à la cave, anti-chambre de la poubelle.
Cerise verte sur le gâteau: une large partie du prix de vente sera ré-injectée dans le développement de la fillière chanvre française.
Pour chaque jean vendu, Tuffery s’engage ainsi à replanter 70m2 de chanvre dans le Lot.
Porter du chanvre pour contribuer à son essor, en sommes.

Une première série de 300 jeans sera proposée en pré-commande à partir du 1 mai.

La Ruche qui dit oui!: la place des produits sains, locaux et sans intermédiaire

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En quelques années, »La Ruche qui dit oui ! » a réalisé une prouesse: celle de connecter directement consommateurs urbains et petits producteurs régionaux. Avec un simple site Web, des points de vente éphémères mais bien situés,  « La Ruche qui dit oui! » réinvente le circuit court pour nous proposer une alimentation saine, durable et équitable.

La Ruche qui dit Oui! (LRQDO) est une plateforme sur laquelle agriculteurs, éleveurs et maraîchers mettent en vente leurs produits, en les proposant aux gens qui habitent les villes de leur région. Fruits, légumes, viandes, fromages, boissons artisanales, tout y est pour remplir sainement son frigo et ses placards. Une fois la commande passée sur le site , elle est livrée dans un point de distribution LRDQO situé à proximité du lieu de résidence du client.

Pour les agriculteurs, qui fixent un nombre minimum de commandes à toutes fins de rentabilité minimum, ce principe permet d’anticiper et de garantir les ventes. Les producteurs touchent 80 % du prix de vente, les 20% restant servant sert à rémunérer le responsable du lieux de vente et la société propriétaire de la marque. A titre de comparaison, si ils passaient par la grande distribution,  ils ne récupéreraient que 6 % du prix de vente. L’avantage du circuit court.

A cette substantielle économie, il faut ajouter celle réalisée sur les charges de gestion des points de vente.
Et c’est là que la plus grande partie des économies sont faites. Si une grande surface ou un petit magasin paient des charges locatives très lourdes, (particulièrement en pleine ville), LRDQO n’en paient quasiment aucunes.. Une salle des fêtes, un local commercial momentanément vide, un hangar ou un tiers-lieux alternatif servent de boutique éphémère. La gestion par les particuliers des points de vente fait parti du fonctionnement de la LRQDO.

Ouverte en 2011 près de Toulouse, la première structure LRQDO a tout de suite séduit, avant de rapidement faire des petits en France, puis en Europe. Aujourd’hui LRQDO compte 1 500 points de distribution sur le vieux continent.

LRQDO, qui est reconnue comme une  Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale, repose sur les trois fondamentaux de l’écologie agricole :
-raccourcir la chaîne de production qui relie paysans et consommateurs,
-assurer des débouchés aux agriculteurs pour qu’ils puissent mieux vivre de leur travail,
-contribuer au développement d’une alimentation saine, locale et de saison, dans une logique de développement durable (les produits vendus dans une Ruche sont tous cultivés ou produits dans un rayon moyen de 50km).

Persuadés que le web pouvait révolutionner l’agriculture et l’alimentation, les fondateurs de LRQDO ont réalisé le tour de force de faire venir les agriculteurs sur la toile et de faire manger des légumes oubliés, chics et par chers à une clientèle urbaine cantonnée aux têtes de gondoles faute d’alternative. Aujourd’hui, LRQDO poursuit son combat pour toujours plus faciliter l’accès à une alimentation saine et bio, qui n’est désormais plus réservés aux boutiques spécialisées hors de prix.

 

LRQDO est présente en France, Suisse, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et au Royaume-Uni.
Le site de LRQDO en accès direct ici

 

L’épidémie virale qui menace le cannabis

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En Californie, les plantations de cannabis commencent à être frappées par un virus fatal, le HpLVd.  Et là, pas de vaccin.

Vous avez aimé la Covid-19 ? Vous adorerez la HpLVd. D’accord, c’est un peu plus compliqué à prononcer avec un masque. Mais il va falloir, pourtant, s’intéresser à cette cochonnerie microscopique qui menace les plantations de cannabis, notamment californiennes. Même si l’ampleur de l’attaque reste difficile à évaluer. Le viroïde latent du houblon (le déroulé du HpLVd) est, comme son nom l’indique, un viroïde que l’on a découvert sur la plante favorite des amateurs de bière. Le viroïde est une curieuse bestiole.

Vieux comme la vie

Probablement né avec la vie, le viroïde est un ARN (l’acide ribonucléique est utilisé dans les cellules comme intermédiaire des gènes pour fabriquer les protéines dont elles ont besoin) tout nu. Ses petits brins se baladent dans la nature et, notamment sur les plantes. Plus petit que le plus petit de ses cousins, les virus, le viroïde peut infecter ses hôtes de façon asymptomatique, comme pour le houblon, ou leur flanquer de sales maladies. C’est malheureusement le cas pour notre cannabis.

Maladies opportunistes

Comment reconnaître des plants infectés par le HpLVd ? A leur petite mine : ils poussent plus lentement, produisent moins de fleurs et de résines que des plants en pleine santé. Affaiblis par l’agent infectieux supposé pour le cannabis (PCIA, comme on dit au Québec), les pieds de cannabis peuvent aussi être la cible d’autres injections opportunistes : maladies cryptogamiques, par exemple.

Pas de traitement

Peut-on soigner un plant infecté ? Ne faisons pas durer le suspens, la réponse est non. Certains préconisent un badigeon à l’eau de Javel. Pas certain que ce soit idéal pour maintenir la qualité de la weed. Comment se propage la sale bête ? Ce sont, probablement, les pépiniéristes qui, en clonant ou en bouturant des plans infectés asymptomatiques, contribuent à la dissémination des viroïdes. Ne pas désinfecter ses sécateurs peut aussi favoriser la contamination. Vous voilà prévenu.

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