Cinema

Dune, le chef d’oeuvre jamais tourné de Jodorowsky

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Bien avant l’adaptation de David Lynch puis de Denis Villeneuve, Dune avait été transposé pour le grand écran par Alejandro Jodorowsky. Si le film n’est jamais sorti, il a acquis un statut culte grâce à un scripte qui sert encore de référence dans le cinéma de science-fiction.

En 1973, le réalisateur franco-chilien Alejandro Jodorowsky, dont le nom circule dans monde de l’art contemporain et de la bande dessinée, décide d’adapter Dune, la saga culte de Frank Herbert.
Edité en 1965, Dune est un des textes les plus puissants de sa génération. Une profondeur que l’on doit à sa capacité de détailler un univers Sci-Fi inédit et franchement barré, à la dimension post-apocalyptique.

Entre tragédie grecque, SF et expérimentation visuelle.

L’œuvre parfaite pour Jodorowsky, au carrefour de la tragédie grecque, de la science-fiction et de l’expérimentation visuelle.
Avec ce film, “Jodo” veut faire vivre une expérience unique et psychédélique, inspirée par l’imagerie hippie tout autant que par leurs consommations presque sacrées de stupéfiants.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a choisi Dune. Le « Spice », substance mystérieuse qui permet les voyages intersidéraux, lui évoque son LSD chéri et les conflits qui l’entourent: c’est la War On Drugs des terriens. Une période de répression qui est d’ailleurs à son apogée dans les années 70.
S’il peut envisager de monter ce projet titanesque, c’est parce qu’il jouit d’une renommée internationale grâce à son dernier film La montagne sacrée, un rêve fiévreux notamment produit par un autre amateur de Cannabis : John Lennon. Un grand fan de son travail, qui l’a découvert grâce à la fameuse Yoko Ono (qui était une artiste renommée avant d’être accusée à tort d’avoir brisé les Beatles).

Salvador Dali, Mick Jagger et Orson Welles au casting

De passage à Paris, il recrute le dessinateur Mœbius au story-board, l’artiste suisse H.R. Giger – le futur concepteur de l’esthétique bio mécanique d’Alien – pour concevoir des décors et deux des grands groupes de rock pour la bande originale : Pink Floyd et Magma.
C’est là que le bât blesse. L’artiste est trop ambitieux, il veut faire un film de quatre heures avec David Carradine, Salvador Dali, Mick Jagger et Orson Welles au casting.
Il fait concevoir des vaisseaux géants, des décors grandioses et des créatures qui coûteraient des fortunes à construire.

Pendant les 4 ans de préparation, le réalisateur peine à convaincre les studios d’investir des dizaines millions de dollars.
En outre, en dépit de relations très amicales entre Herbert et lui, il n’a jamais été question d’adapter l’œuvre fidèlement mais — et je cite —  de “la violer avec amour”.

Moebius et H.R. Giger au story-board

Si le film ne se fera jamais, il n’en restera pas moins un élément fondateur dans le paysage cinématographique contemporain grâce à un gigantesque livre regroupant les story-boards et autres fantastiques études.
Parmi les œuvres qui lui doivent beaucoup; Star Wars, Blade Runner et… le Dune de David Lynch.
Une adaptation bien moins folle, mais qui a le mérite d’avoir participé à faire connaître Lynch du grand public.
Un documentaire intitulé Jodorowsky’s Dune est sorti en 2016 et une nouvelle adaptation (beaucoup plus proche de la vision du maître), réalisée par Denis Villeneuve est prête pour la réouverture des salles.

 

Cinéma, remixs et élégance: La recette du Bonheur de Wax Tailor

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Michael Caine, John Barry et Wax Tailor sont dans une vidéo.
Ici, personne ne tombe à l’eau, bien au contraire.
Dans ce court format documentaire, lancé par la chaîne Ciné +, d’éminents artisans du son parlent de leurs morceaux cultes. Ceux qui ont forgé leur esthétique comme un feu sacré, attisant leur passion.

Dans cet épisode, le DJ Normand Wax Tailor (A.K.A. Jean-Christophe Le Saoût) nous explique comment la B.O. du film de Michael Caine “Ipcress, danger immédiat” composée par John Barry a changé sa vie.
Rencontre au sommet du son entre Jazz, Trip-hop et électro.

Grand passionné de Cinéma, Wax Tailor a toujours puisé dans les classiques, qu’il s’agisse de Kubrick, Chaplin ou Minelli.
Il a cultivé un univers sonore très riche, ce qui explique ses collaborations avec Ghostface Killah du Wu Tang Clan (qui sont d’énormes fans de films asiatiques) et Lee Fields, le parrain de la scène retro soul (l’héritier spirituel de James Brown).
Cette ouverture d’esprit lui vient entre autres de l’influence de l’utilisation très organique, par John Barry, de la bande originale pour habiller ce film qu’il décrit comme un “Anti-James Bond” dont il admire la densité du son et les digressions.
Rien d’étonnant, puisque le maestro, qu’il compare au génial Miles Davis, est avant tout un grand amateur de Jazz.
Une musique qui vit par sa spontanéité et qui se prête à toutes les libertés, tant qu’elles sont mélodiques.
Cette partition insolite est sortie en 1965, l’année qui suit celle du mythique Goldfinger. Un pari risqué puisque le réalisateur Sidney J. Furie “filme le banal comme ne l’étant pas” dans ce film d’espionnage novateur, ou comment faire la thèse et l’antithèse à un an d’écart.
Un génie qui a valu au compositeur 5 Oscars, 10 Nominations aux Golden Globes et le titre de Chevalier des Arts en Angleterre.

Le lien entre ces deux musiciens ? Une volonté de toujours innover, de chercher quelque chose de nouveau, pour ne jamais se répéter, qui l’a poussé à ne “presque jamais” utiliser de boucles, au bénéfice de textures, d’ambiances et d’émotions.

Décidément marqué par l’exercice de ce grand-père spirituel, il a, lui aussi, tenté l’exercice de la bande originale et enregistré en 2008 le titre Seize the day pour la bande originale du film Paris par Cédric Klapisch.

Quelque part entre nostalgie et progrès, le DJ est décidément délicieusement anachronique, puisqu’il a lancé le premier vinyle connecté au monde grâce à une puce NFC.
Un format vintage propulsé à l’avant-garde grâce à la créativité d’un DJ ?
C’est aussi ça, la magie de Wax Tailor.
Un homme qui a trouvé le secret de la pierre philosophale pour changer le bruit en Or.

Son nouvel album The Shadow Of Their Suns est disponible dans les bacs et nous vous le recommandons très fortement !

Vous pouvez l’acheter ici

Borat ne badine pas avec la beuh

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Sacha Baron Cohen ne rigole ni avec son image, ni avec la weed. L’acteur récompensé aux Golden-Globe attaque en justice une entreprise de cannabis américaine pour publicité mensongère. A l’origine de la plainte, un panneau d’autoroute sur lequel figure Borat, son personnage de journaliste Kazakh aux valeurs et compétences discutables. Le comique aurait-il perdu son sens de l’humour?

9 millions de dollars de dommages et intérêts… au minimum. L’addition est salée pour l’entreprise Solar Therapeutics qui est poursuivie par Sacha Baron Cohen pour violation du droit d’auteur, publicité mensongère et détournement de son droit de publicité. D’autant plus salée qu’il ne s’agit que d’un visuel planté sur le bord d’une autoroute Inter-States au Massachusetts.
Sur le panneau de la discorde, on peut voir Borat qui, deux pouces en l’air, lance son célèbre « it’s nice », gimmick de son personnage de journaliste kazakh attardé envoyé en mission-reportage aux Etats-Unis.


L’action en justice ne manquera de surprendre les fans de l’acteur qui doit deux de ses plus grands rôle à la stoner culture. Ali-G, jeune brit’ de la banlieue bourgeoise pavillonnaire de Londres, rapper-wannabe à l’accent jamaïcain aussi improbable que sa dégaine et surtout grand consommateur de ganja, ressort comique d’une bonne partie des sketchs.

 

Dans le très bon « The Chicago 7 » , c’est Abbie Hofmann, célèbre contestataire hippie, que Baron Cohen interprète en portant un message sommes toutes très libertaire et permissif au sujet de la weed.

L’acteur aurait-il eu une récente prise de conscience? Loin de là puisque ses avocats ont fait savoir dans un communiqué que « M. Baron Cohen est né dans une famille juive orthodoxe; c’est un Juif Observateur et il est fier de son héritage culturel. Il ne souhaite pas être impliqué dans la controverse sur le cannabis au sein de la communauté juive orthodoxe, ni sur la question de savoir si le cannabis peut être utilisé selon les règles juives« .
Dans un autre communiqué publié conjointement, son agent précise « M. Baron Cohen n’a jamais consommé de cannabis de sa vie. Il ne participerait jamais à une campagne publicitaire pour le cannabis, pour quelque somme que ce soit« .
En 2019, la fortune personnelle de l’acteur était estimée à 245 millions de dollars. Cette année entre son rôle dans « The Chicago 7 » et « Borat 2 » Sacha Baron Cohen a empoché 82 millions de dollars.

Festival de Cannes : Rosé, champagne et rhum au CBD

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Chaque semaine, je vous emmène à la découverte de bonnes bouteilles a consommer entre amis, avec ou sans modération. Aujourd’hui, je vous propose un spécial glou-glou de stars et CBD sur la Croisette en direct du Festival de Cannes.

Après un départ hésitant, le festival de Cannes s’achève en beauté avec quelques très belles fêtes pour une 74ème édition organisée cet été plutôt qu’en mai, pour cause de pandémie. A l’heure de la montée des marches du Palais des Festivals, le mélange entre festivaliers et vacanciers n’aura pas manqué de surprendre, avec de cinglants contrastes du genre tongs contre escarpins ou pantacourt versus robe longue.

Et toujours des rencontres improbables avec des gens de tous horizons, beaucoup d’entre eux n’ayant qu’un rapport très lointain avec l’industrie du cinéma. C’est peut-être cela aussi qui contribue à rendre les fêtes de Cannes si uniques.

..ce qui se passe à Cannes reste à Cannes.

Et que boit-on à Cannes pendant le festival ? En plein été, avec des température moyenne de 28 degrés, le rosé est partout, à la plage l’après-midi, à l’heure du cocktail et jusqu’à tard dans la nuit dans les villas où ont lieu les plus belles fêtes.

Au sec sur sa serviette et d’humeur à rosé.

Le champagne est toujours là aussi, la boisson glamour qui accompagne les soirées des marques de mode, les défilés de maillots de bain au bord des piscines jusqu’aux soirées ultra VIP à la terrasse d’Albane.

Ensuite la vodka, omniprésente dans les soirées de lancement de films, que ce soit à la terrasse d’un hôtel, sur une plage privée ou dans une villa. C’est l’occasion pour beaucoup de nouvelles marques de spiritueux de se lancer.

C’est le cas du prince Jean-Barthélémy Bokassa, petit-fils de l’ex empereur Jean Bedel Bokassa, qui  en a profité pour lancer sa vodka, avec un trône en arrière-plan, preuve que le ridicule ne tue décidément pas.

Comme un goût du trône.

Voilà pour les classiques, mais cette année il y a une nouveauté : le rhum arrangé au CBD de Dr Drink !
Un rhum de Martinique aux nuances boisées, dominé par des notes de vanille et laissant place au goût du chanvre: la saveur est unique. Ce dernier  est vendu au bar Chupitos à Cannes mais aussi dans les boutiques Dr Smoke.

Une chose est claire, nous allons entendre parler de Mr Drink, une très bonne alternative à la vodka.

Après la fête il s’agit de récupérer et pour cela rien de mieux qu’une boisson sans alcool au CBD comme une limonade ou un ice tea, avant d’enchaîner avec une Biscanna, bière artisanale au chanvre fabriquée au Pilat. Toutes ces boissons sont disponibles au Flower Power à Cannes dans la boutique située près de l’Hôtel de Ville ou sur leur site.

Le temps de récupérer de cette semaine intense, je vous donne rendez-vous samedi prochain pour de nouvelles aventures gustatives.

De la weed pour les nominés aux Oscars

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Alors que le Festival de Cannes s’achève, Zeweed revient sur les Oscars 2019 et ses cadeaux VIP que la Croisette leur envie encore.

Comme chaque année, les nominés de cinq des plus prestigieuses catégories en lice ont reçu un package de cadeaux VIP. Offerts par l’agence Distinctive Assets, les fameux « swag bags » envoyés aux 25 élus contenaient, légalisation de la weed oblige, de stupéfiants goodies au cannabis. Et personne, pas même Glenn Close, ne s’en est plaint.

Des chocolats fourrés à l’indica ou à la sativa. Des crèmes hydratantes au THC, des scrubs au CBD, un abonnement d’un an au Coffee Shop le plus hype de Los Angeles… Il avait de quoi s’amuser dans les « Oscar swag bag »  offerts l ’agence Distinctive Assets . Spécialisée dans les relations publiques et le celebrity placement, Distinctive Assets avait déjà fait le buzz en 2018.
L’année dernière, le montant total des cadeaux offerts  (270.000 $) avait choqué plus d’un mangeur de pop-corn middle size.

« Il n’y a pas de mauvaise publicité »

S’ils ne sont pas directement financés par l’Académie des arts et des sciences du cinéma, les swag bags font partie intégrante du show depuis 2002.Et c’est tout bénef’ pour les Oscars qui se font un coup de promo à tarot zéro.
Parce que si Hollywood a depuis belle lurette fait sienne la maxime du poète irlandais défroqué, une certaine idée de la pondération s’est cette année invitée dans la généreuse tradition du swag bag. En effet, pour la 91ème cérémonie des Oscars, le montant de la pochette surprise n’excédera pas 105.000$. Question de décence.

Parmi les nominés gâtés: Spike Lee, Yorgos Lanthimos, Melissa McCarthy, Lady Gaga, Glenn Close, Olivia Wilde, Christian bale, Rami Malek, Bradley Cooper, Willem Dafoe, Viggo Mortensen, Rachel Weisz,  Mahershala Ali, Sam Rockwell, Richard E. Grant ou Sam Elliot.

Parmi les 53 cadeaux figurants dans la hotte du père oscars 2019, on retiendra :

  • Une bouteille d’absinthe A. Junod.
  • Un bong en forme de pomme, cadeau du MOTA , le cannabis social club branché de Los Angeles.
  • Un traitement anti-age au CBD de CBDRxSupreme.
  • Un coffret Coda Signature  de la marque éponyme. Capsules pour bains effervescentes au THC, truffes et berlingots au cacaotés dosés à 10 mg du même  THC, baumes au CBD, une plaquette de  chocolat au lait contenant 300 mg de tétrahydrocannabinol (réservé aux nominés expérimentés. Un euphémisme ?)
  • Un balai pour toilettes phosphorescent en forme d’émoji, par Mister Poop.
  • Une pompe à lait maternel ultra silencieuse et discrète signée  Elvie Pump.
  • Un portrait original ultra-réaliste et maxi-kitch de  l’atelier Reian Williams Fine Art.
  • 30.000$ de produits de beauté rajeunissant de célèbre Dr Konstantin Vasyukevich.
  • Toute une gamme de produits de beauté contenant du THC et/ou CBD, ainsi que d’autre principes actifs de la marijuana, par High Beauty. Aussi efficace qu’une tranche de  space-cake .

De très sympathiques prix de consolation qui, s’ils ne peuvent pas grand-chose contre les yeux rouges et gonflés, aideront en tous cas les nominés en question à sécher leurs larmes.

Ganja RP gonflée, mais efficace

Ce n’est pas vraiment un choc de découvrir que les marques qui distribuent des consommables contenant du THC et/ou du CBD comme d’autres dérivés cannabiques misent sur le  « celebrity product placement », particulièrement en Californie où plusieurs acteurs connus ont déjà lancé leur marque de weed sur le marché de la côte ouest. Ce qui est plus gonflé en revanche, c’est de distribuer à des personnalités aussi connues que variées un produit qui, il y a deux ans, vous faisait passer par la case commissariat.
Au risque de véhiculer un message qui aurait pu être mal perçu par les nominés comme par le public. Un pari gonflé donc, mais gagnant pour Distinctive Assets ainsi que  pour les marques Coda et High Beauty, fournisseurs de ces produits de rêve.
A ce jour ce jour, l’agence de relations publiques n accusé aucun retour à l’envoyeur.

 

Quand Gainsbourg chantait la Ganja

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Il y a 30 ans, Serge Gainsbourg nous quittait. Si l’homme à tête de choux n’était qu’un fumeur de Gitanes, il n’aura jamais été insensible aux charmes du cannabis. Un penchant pour la ganja-culture qui nous offrira le révolutionnaire Aux Armes et caetera ainsi que Cannabis, film dans lequel il donne la réplique à Jane Birkin et compose une sublime bande-originale écrite avec un certain Jean Claude Vannier.

Un an après leur rencontre sur le tournage de Slogan (1969) le couple naissant Gainsbourg/Birkin partage de nouveau l’affiche dans une romance policière réalisée par Pierre Koralnik, que Serge retrouve trois ans après leur collaboration sur le téléfilm Anna (1967).
Si le scénario comme le jeu d’acteur n’ont rien de stupéfiant dans cette production que même la splendide et systématiquement dévêtue Jane Birkin ne parvient à sauver, la musique originale signée Gainsbourg/Vannier vaut très largement de subir ce polar de série B.

Gainsbourg, Birkin, cannabis,

Après avoir composé la B.O. de  Mann 70 (1968), écrit le célèbre « Requiem Pour Un Con » pour Le Pacha (1968),  « L’Herbe Tendre », entendu dans Ce Sacré Grand-Père (1968), et le titre »L’Alouette » pour La Horse (1970), Gainsbourg signe avec Cannabis(1970) une de ses meilleures musiques de film.
Mi-rock mi-planante, la B.O.  made in Gainsbarre donnera toutes ses lettres de noblesse à ce qui est sans doute le meilleur long-métrage de Pierre Koralnik. (Les deux autre films notables du réalisateur seront Nestor Burma et l’Instit’…).

Cannabis, c’est aussi la première collaboration de Serge Gainsbourg avec Jean-Claude Vannier, génial arrangeur-compositeur avec qui il écrira deux ans plus tard un chef d’oeuvre: « L’Histoire de Mélodie Nelson« .

Parmi les meilleurs titres joués dans le film, l’éponyme « Cannabis »  que l’on retrouvera en intro et outro (en version instrumentale pour le générique de fin).
Très rock, prologue à la texture électrique de l’album « Rock around the Bunker« , « Cannabis » donne d’emblée le ton de ce polar noir interdit aux moins de 18 ans « La mort a pour moi le visage d’une enfant/Quand soudain, je perds la raison / Est-ce un maléfice? / Ou l’effet subtil du cannabis? ».
Le très inspiré « I want to feel crazy » (chanté par Jane Birkin façon Maryline Monroe) est un délicieux prélude aux sublimes arrangement que Jean Claude Vanier nous offrira sur l’Histoire de Melody Nelson.

Serge Gainsbourg, Cannabis, Jane Birkin, Cinéma,
« Chanvre Indien » tient ses promesses en nous transportant dans un planante ambiance orientale aux parfums de haschisch alors que le titre « Dernière blessure » nous rappelle autant les violons Initial BB qu’il annonce les enivrants arrangements de La Valse de Melody.
Boudé par les critiques et le publique à sa sortie, Cannabis jouit aujourd’hui d’un statut de cult-movie chez les grands Gainsbourg-aficionados.
Puisse cet article élargir le cercle des fans de Cannabis, le film.

la Bande-Originale intégrale de Cannabis avec tous les titres dont nous vous parlions, c’est ici:

Hugo se fait un film: Soleil Vert

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Chaque semaine, Zeweed vous propose de (re)découvrir une pépite du cinéma. Aujourd’hui, gros plan sur Soleil Vert (1974), le chef-d’oeuvre écolo-trash et dystopique de Richard Fleischer.

New York. 2022. Quarante millions d’habitants. On doit enjamber des corps, morts ou en passe de l’être, pour se déplacer dans la ville. Il fait chaud. Très chaud, et tout le temps. Le monde est plongé dans une canicule permanente, où stagnent dans l’air des particules fines vertes qui donnent au jour des lueurs vaseuses. La couleur verte, disparue de la face du globe avec toute forme de végétation, d’arbres comme de légumes, est devenue celle d’une petite galette carrée qui est la seule forme d’alimentation accessible au commun des mortels. Ce biscuit à base de plancton condensé s’appelle le Soleil Vert. Tel est le monde qu’envisageait pour nous le réalisateur Richard Fleischer en 1974.

Particules fines et canicule

Bien que tout ait changé, il y a toujours des bons et des méchants, des brigands et des policiers. L’assassinat de M. Simonson, d’un homme puissant ouvre l’enquête menée par Charlton Heston qui, une fois n’est pas coutume dans les années 70, incarne un policier désabusé, courageux, nommé Thorn, aussi subtil et viril qu’un taureau. Il partage son taudis d’appartement, où il faut pédaler sur un vélo pour avoir de l’électricité, avec Sol, un vieillard qui se remémore non sans larmes le monde d’avant, où on mangeait de la vraie nourriture et où on publiait livres et journaux par milliers.
De cette nostalgie, Thorn ne comprend rien et il s’en fout : il n’a rien connu d’autre et n’a donc rien à regretter.

Heston s’étonne

Chez Simonson, l’homme puissant assassiné, ce qui attire son attention et met à rude épreuve son flegme olympique, ce n’est pas le crâne ouvert du défunt, mais le confort matériel. L’eau courante, l’air conditionné, la vraie nourriture dans le frigo, le whisky, le savon et surtout, le mobilier. Mobilier, c’est bien le titre que portent les femmes dans Soleil Vert, réduites à des objets domestiques destinés à procurer du plaisir aux hommes. Celle-ci s’appelle Shirl et regarde le cadavre de son ex-propriétaire se faire emmener par la morgue, qui se déplace non pas en voiture funéraire, mais en camion poubelle. Ces éboueurs de la mort ramassent des milliers de corps chaque jour, mais où les amènent-ils ? Que deviennent-ils ? Pourquoi la morgue distribue, en échange d’un cadavre, un jeton d’une valeur de 200$ ? C’est le grand mystère qui plane dans cette société dystopique, et autour de l’enquête de notre brave Thorn.

 

Cannibalisme en galette

Quand il aura compris pourquoi Simonson a été tué, après plusieurs duels western contre des suppôts du gouvernement, envoyés pour étouffer l’affaire, Thorn aura compris l’immonde et prévisible vérité. Il aura compris pourquoi la mort est encouragée au point qu’existe le Foyer, un mouroir ultramoderne où le pauvre et vieux Sol décide de mettre fin à ses jours et où on propose à chaque futur cadavre vingt minutes de bonheur. Alors que Sol sirote son dernier whisky face à des images de la nature jadis foisonnante, sur une musique classique à fond la caisse, Charlton Heston, arrivé trop tard pour empêcher cette euthanasie, découvre ces images, exactement comme il découvre la Statut de la Liberté à la fin de La Planète des singes : mais qu’avons-nous fait ?

Crépuscule vert

Nous sommes en 2021, et la même question se pose : qu’avons-nous fait ? Apparemment, on s’en est un peu mieux sorti que ce qu’envisageait Richard Fleischer. Pourtant, nous ne sommes pas plus respectueux de la nature que les humains de Soleil Vert. Peut-être rattraperons-nous leur destin asphyxié, mais alors qu’est-ce qui fait que nous nous y dirigeons plus lentement ? La porte de sortie du 2022 annoncé par ce film, c’est une erreur fondamentale dans sa vision de l’avenir.
Je l’ai dit plus haut, les femmes dans Soleil Vert sont réduites au rôle de mobilier.

L’objectification de leur corps aurait donc fini de les asservir au désir des hommes, au point où elles acceptent leur statut de meuble sexué sans sourciller. Le fait que le scénario ait tout faux dans ce pessimisme misogyne est une raison suffisante pour avoir de l’espoir à l’égard de notre espèce. Certes, nous épuisons toutes les ressources de la Terre, quitte à survivre dans d’effroyables conditions.
La sentence accablante de Soleil Vert ne s’applique en fait qu’à une certaine idée de la condition masculine, celle dont Charlton Heston est l’ambassadeur. Ce n’est pas grâce à des types comme lui que les femmes ont échappé à une vie domestiquée. C’est probablement grâce à leurs propres combats, à leur propre conscience, à leurs propres efforts, bref, à tout ce que ce film omet d’intégrer à son récit, que les femmes ont fait du monde un endroit pas aussi sale que celui de Soleil vert.

Hugo se fait un film: mother!

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Chaque semaine, je vous propose de (re)découvrir une pépite du cinéma. Alors que la fête des mères approche, c’est le mother! de Daren Aronofsky que j’ai choisi de mettre à l’honneur.

Dès le titre, mother!, septième long-métrage de Darren Aronofsky (Requiem for a dream, Black Swan) laisse présager l’importance des signes. Pas de majuscule au début et un signe de ponctuation : les débuts et fins ne sont pas toujours ce qu’on attend. C’est bien de commencement et d’achèvement qu’il s’agit dans ce huis-clos confinant dans une belle maison perdue en campagne le couple a priori irrésistible que forment Jennifer Lawrence et Javier Bardem. De ses mains aimantes et juvéniles, elle a rebâti pièce par pièce, recoin par recoin le foyer familial qu’un incendie lui a arraché. Aucun d’eux n’a de nom, à l’instar des autres personnages qui viennent envahir peu à peu ce nid d’amour encerclé par une forêt tout aussi anonyme. D’entrée de jeu, nous sommes sans repères, et un peu inquiets, comme les premiers mots de la protagoniste. Apeurée de se trouver seul dans son lit au réveil, elle appelle sans conviction son homme : Baby? A l’image d’une bonne partie des plans du film collent à son buste et tournoient avec lui dans la maison, nous allons accompagner cette femme, qui dit à un moment essayer de construire le paradis, dans l’incompréhension.

Sortant comme par magie des bois épais, un homme, disant être médecin, fait irruption. Méprenant la demeure pour un gîte, il y entre, y fume, y boit, y vomit, et accapare l’attention de l’écrivain en manque de reconnaissance que campe Javier Bardem. Ce dernier révèle au docteur le secret de son inspiration : un mystique cristal, trouvé dans les cendres de sa maison d’enfance. Bon Hollywoodien qu’il est, le réalisateur nous tient la main : son film, c’est une histoire de symboles. Pour mieux perturber le calme que la maîtresse de maison peinera tout le film durant à établir, la femme du docteur fait son entrée. Sulfureuse, elle serpente dans la maison, s’aventure et brise par accident le cristal défendu. Suivent ses deux fils qui, à peine arrivés, se battent jusqu’à la mort, à la mode de Cain et Abel. Voilà pour la genèse du film.

Du sang, mother! en prodiguera autant que le Premier Testament.
Spoiler alerte: plein de gens aux allures de zombies meurent, et ça gicle dans tous les sens, Aronofksy ne se refusant pas le potentiel agitateur d’un bon vieux film d’horreur. Quel rôle attribuer à la protagoniste dans cette allégorie diabolique ? Sa condition de mère au foyer paraît inéluctable au point qu’elle entend battre son coeur dans les murs de la maison : elle est la mère-foyer. Elle peint, elle récure, elle fait le manger, tout ça pour que son mari puisse faire son art.
En panne d’inspiration, il lui fait un gosse à la place, et surprise et ça fait bander sa plume. Alors que le ventre de l’une grossit et que le texte de l’autre attire nombre d’admirateurs s’avérant des fanatiques vandales, les dialogues affublent les deux personnages de qualificatifs équivoques. Ceux qu’on peut désormais appeler « l’artiste » face à sa déesse vont se disputer le bébé. L’artiste veut montrer le fruit de sa semence divine, de sa pénétration de l’Inspiration à la foule en délire d’adoration-défonçage de maison, la déesse veut l’en protéger. Je ne voudrais pas gâcher la suite, mais disons qu’avec ce père aussi abstrait et adulé que l’idée de Dieu et cette mère aussi réelle et persécutée que Santa Maria, leur enfant est promis à un avenir… Aussi brûlant, violent et angoissant que celui de l’humanité et de la planète qui, envers et contre tout, l’abrite.

Aux quatre coins de l’écran comme aux quatre coins du globe, la tension et la chaleur monte à mesure que passe le temps. User de symboles permet d’aller plus vite, de se débarrasser des démonstrations et descriptions laborieuses (comme celles des climatologues qui peinent à se faire entendre). Dans l’accéléré d’histoire de l’humanité qu’est mother!, tout finit en flammes, tout est sacrifié. Tout, sauf le Poète, figure totalisante de la création. Qu’elle soit divine ou artistique, cette création ne peut exister sans la mère Nature, qui nourrit autant qu’elle inspire, inlassablement, du début à la fin, et dans un éternel recommencement. Le créateur est sauvé de l’apocalypse qu’ont amenée les pulsions de ses disciples.

 

On pourrait croire que la métaphore biblique est filée jusqu’au bout, car dans ici aussi, c’est l’amour qui sauve. L’amour infini, l’amour pénitence, l’amour sans retour de nos mamans et du Christ. Mais, Dieu merci, ce film n’est pas évangéliste. Là où la Bible sélectionne ceux qui échappent à l’apocalypse en les menant vers d’autres cieux, à la manière des transhumanistes de la Silicon Valley en passe de devenir des agences de voyage vers Mars, Aronofsky et sa chère mother! ancrent cet amour résilient, moteur de l’espoir de vie, en la mère-foyer.

Avec le dernier cri déchirant de cette dernière, le film se clôt pour nous rappeler la souffrance que nous, humains, lui avons causé et lui causerons encore.
Précieux joyau pour les amateurs de symbolisme, mother! dépasse de loin la douteuse catégorie « thriller psychologique d’horreur » où on le loge trop souvent. Hommage funèbre et furieux à une Terre Mère qui se meure pour nous permettre d’être, sinon des animaux, des poètes, le film d’Aronofsky est, comme les plus belles déclarations d’amour, une longue et délicieuse douleur.

Calmos, French macho manifeste

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Sorti en 1974, « Calmos »,  de Bertrand Blier est un monument du cinéma français que j’ai visionné dans les meilleurs conditions:  projeté sur un drap blanc. Car c’est bien d’une affaire de draps dont il s’agit. De draps froissés par les ébats charnels évidement -dans ce film du réalisateur « Des Valseuses »-, mais aussi des beaux draps dans lesquels se sont mis les hommes, pour avoir trop tiré la couverture à eux. Calmos, c’est le dernier rugissement du mâle franchouillard et misogyne, le chant du signe des machos moustachus en charentaises et l’avènement karmique du beau sexe décomplexé.

Le film raconte l’amitié de Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, deux hommes qui auront passé leurs vies au service du sexe fin, dans leurs professions (respectivement gynécologue et maquereau) comme dans leurs vies intimes. À bout de forces comme de nerfs, ils s’échappent ensemble à la poursuite d’un idéal : une vie paisible entre hommes, faite de pinard, de tabac et de gourmandises.

Ils construisent ainsi leur Eden dans une jolie maison de campagne, et règlent leurs journée autour de leurs repas, tous plus gourmands et alcoolisés les uns que les autres.
Ils font vite la rencontre du Curé local (Bernard Blier) qui partage avec eux leur appétit gargantuesque, leur aversion des femmes et leur profonde nymphomanie.

Mais elles n’ont pas dit leur dernier mot, ces mangeuses d’hommes et les ramènent par la peau des fesses à Paris, impatientes de les asservir à leur plaisir. Une fois encore, nos deux amis tentent le tout pour le tout et s’évadent en une échappée belle dont les rangs seront vite grossis de tous les hommes qui auront entendu l’appel de la liberté. Mais la femme est un loup pour l’homme et méticuleuses, elles sont immédiatement organisées et efficaces, la révolte est écrasée avec une facilité déconcertante et les hommes mis en esclavage sexuel.

Marielle et Rochefort n’y échappent pas et sont chimiquement transformés en machine à bander au service de la sexualité des milliers de libidos féminines qui viennent s’asseoir sur leur virilité, à raison de trois minutes chacune.
Nous les retrouvons quelques décennies plus tard, dans la suite d’un film qui devient complètement surréaliste, évadés une fois encore, en cavale, jusqu’à ce qu’ils tombent dans une grotte humide et rose…

Je pose mon verre de calva gourmand, reprenant mon souffle, je viens d’achever un voyage onirique et réjouissant au cœur de nos appétits charnels et de leur diktat sur nos vies, je vais reprendre un peu de pâté.
Aujourd’hui tout le monde a son combat, tout le monde a quelque chose à dire, on s’insurge, on dénonce, on se résigne, mais on ne rit plus beaucoup. Un film comme Calmos ne pourrait probablement pas passer entre les filets de la morale de l’humour.
Nous sommes devenus trop sérieux et avons peut-être perdu, en voulant ne froisser personne, la capacité de rire de nous-mêmes. Pourtant, elles existent ces révolutions joyeuses, elles sont la fête, la danse, la musique, la peinture, le cinéma, le théâtre, tous les arts et plus encore, mais elles ne sont pas sans humour. Elles sont des révolutions intimes et profondes, qui sont des célébrations de la vie, ces quelques minutes où nous rions de nos propres petitesses.

Si le monde est au bord de la crise de nerfs, faisons l’humour pas la guerre et devant les crises à venir rappelons-nous les mots de Mel Brooks « La tragédie c’est lorsqu’on se coupe le doigt. La comédie c’est quand on tombe dans une bouche d’égout ouverte et que l’on meurt ».

Kevin Smith: Dettes, mensonges et vidéos

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Comment Kevin Smith, un geek du New Jersey, est-il devenu une icône du cinéma de genre ? Grâce à pas mal d’herbe, un peu de bluff et une relation quasi-symbiotique avec sa fan base. En passant du statut de réalisateur paumé à celui de Star indé, pour arriver à celui de magnat de la Pop culture (sans jamais lâcher son joint), Kevin Smith a changé le monde, une collaboration à la fois. Un monde plus fun, plus polémique et bien entendu plus Nerd, c’est ce que propose l’irrévérencieux trublion depuis près de 30 ans.
Portrait d’un artiste unique qui a sérieusement bousculé les conventions mainstream d’Hollywood.

Cinéma, endettement et Sundance

Kevin Smith naît dans une ville perdue du New Jersey, en 1970. Il grandit avec une passion du hockey et des comics, qu’il achète toutes les semaines avec son argent de poche.
À l’instar de Wes Anderson qui avait dépensé toute sa bourse étudiante pour tourner son premier film « Bottle Rocket » (ce qui lui valut de se faire virer de son son école de cinéma), Kevin Smith a commencé sa carrière envers et contre tous. Son premier film “Clerks” ne s’est fait que grâce à une lourde dette qu’il a accumulée à travers six cartes de crédits poussées aux limites de leurs découverts.
Comme il l’a déclaré dans l’un de ses trois podcasts hebdomadaires « j’ai atterri à Sundance en 1994 pour vendre mon film en jouant le tout pour le tout ».

Un pari risqué, qui lui a permis de se faire connaître à Hollywood, grâce à un film aux dialogues acérés, tourné en noir et blanc et basé sur sa propre lassitude du monde du travail.
Kevin est le scénariste, le réalisateur et un des acteurs du film. Il joue le muet, en duo avec son meilleur ami, le très volubile Jay.
Jay et Silent Bob sont devenus des références pour tous les stoners, deux dealers exubérants, grossiers et attachants, présents dans 5 films et dans une variété de caméos en dépit d’origines plus qu’accidentelles : « J’ai pris le rôle de Silent Bob uniquement parce que je n’arrivais pas à me souvenir du texte ».
Le film lui a ouvert les portes d’Hollywood et l’aura propulsé sur le devant d’une scène pas toujours bienveillante.

 Self care et weed

Si le réalisateur a dépassé ses propres limites, c’est grâce à des rencontres, comme il le narre dans son autobiographie : « [il] a longtemps été une grosse feignasse ».
Quand il fait la connaissance de Jennifer Schwalbach Smith, sa femme depuis 1999, il est au bord de la dépression et du diabète.
Grâce à elle, il va retrouver la santé (devenant vegan au passage), un rythme de travail plus équilibré et une ganja de qualité.

L’origine de son état ? Hollywood, qui l’a sucé jusqu’à la moelle. Après avoir été menacé par Harvey Weinstein, pour qui il a refusé de travailler et avoir été viré de son projet pour un nouveau Superman avec Nicolas Cage, il a senti les limites de la notoriété et s’est recentré sur les projets qui le passionnaient… Dont le lancement d’une marque de cannabis, pour partager les meilleures variétés qu’il a découvertes dans sa quête pour une meilleure fumette.

C’est cette passion pour la weed qui l’a, de nombreuses fois, aidé à garder sa bonhomie légendaire. Dans cet esprit, il a même manifesté avec des fondamentalistes chrétiens contre son propre film, le génial Dogma sorti en 1999. À l’occasion, il a même répondu à des journalistes pour une hilarante interview. Quand on lui reparle de cette anecdote, il répond simplement qu’il était très high à ce moment là, qu’il trouvait ça drôle et qu’après tout, fondamentalistes chrétiens ou pas, il s’agissait de « gens de sa ville » ce qui les rendait attachants à ses yeux.

 Restauration et NFT

Cette candeur teintée de générosité est au centre de son travail. Quand il n’est pas en train de militer pour un plus grand respect des femmes dans le monde de la BD, il lance un pop up restaurant basé sur la franchise fictionnelle Mooby, qu’on retrouve dans tous ses films depuis “Clerks 2”, afin de réconforter sa fan base en ces temps de pandémie. Les restaurants sont des sortes de “Hard Rock Cafe pour stoners”, grâce à un grand nombre de clins d’oeils, d’accessoires venus de tournages et même un soda très décontractant au CBD.
Rien d’étonnant, puisque sa propre marque de cannabis est aussi dédiée aux fans, proposant des comics aux effigies de Jay et de Silent Bob pour chaque achat d’un joint pré-roulé.
Il a d’ailleurs monté sa propre boutique de Comics, nommée « Jay and Silent Bob’s Secret Stash » dans le New Jersey.

Son dernier projet ? Vendre son prochain film d’horreur sous le format NFT, afin de rendre le pouvoir volé par les studios aux fans.
L’artiste n’est plus très fan des majors depuis le tournage de Cop Out en 2010, pour lequel il a eu à gérer la mauvaise humeur chronique de Bruce Willis prêt à tout saboter. Un cauchemar sous-payé qu’il souhaite ne jamais reproduire, même si on lui propose le poids de Snoop en Cannabis.