Cinema

Dune, le chef d’oeuvre perdu de Jodorowsky.

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Ce qui est considéré comme le film fondateur de la culture SF n’aura jamais dépassé le stade de projet.
Aujourd’hui Zeweed vous parle de l’adaptation du roman Dune par Alejandro Jodorowsky: grand sorcier du monde merveilleux de l’art psychédélique.

En 1973, le franco-chillien Alejandro Jodorowsky, dont le nom circule dans monde de l’art contemporain et de la bande dessinée, décide d’adapter Dune, la saga culte de Frank Herbert.
Edité en 1965, Dune est un des textes les plus puissants de sa génération. Une profondeur que l’on doit à sa capacité de détailler un univers Sci-Fi inédit et franchement barré, à la dimension post-apocalyptique.

Entre tragédie grecque, SF et expérimentation visuelle.

L’œuvre parfaite pour Jodorowsky, au carrefour de la tragédie grecque, de la science-fiction et de l’expérimentation visuelle.
Avec ce film, “Jodo” veut faire vivre une expérience unique et psychédélique, inspirée par l’imagerie hippie tout autant que par leurs consommations presque sacrées de stupéfiants.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a choisi Dune. Le « Spice », substance mystérieuse qui permet les voyages intersidéraux, lui évoque son LSD chéri et les conflits qui l’entourent: c’est la War On Drugs des terriens. Une période de répression qui est d’ailleurs à son apogée dans les années 70.
S’il peut envisager de monter ce projet titanesque, c’est parce qu’il jouit d’une renommée internationale grâce à son dernier film La montagne sacrée, un rêve fiévreux notamment produit par un autre amateur de Cannabis : John Lennon. Un grand fan de son travail, qui l’a découvert grâce à la fameuse Yoko Ono (qui était une artiste renommée avant d’être accusée à tort d’avoir brisé les Beatles).

Salvador Dali, Mick Jagger et Orson Welles au casting

De passage à Paris, il recrute le dessinateur Mœbius au story-board, l’artiste suisse H.R. Giger – le futur concepteur de l’esthétique bio mécanique d’Alien – pour concevoir des décors et deux des grands groupes de rock pour la bande originale : Pink Floyd et Magma.
C’est là que le bât blesse. L’artiste est trop ambitieux, il veut faire un film de quatre heures avec David Carradine, Salvador Dali, Mick Jagger et Orson Welles au casting.
Il fait concevoir des vaisseaux géants, des décors grandioses et des créatures qui coûteraient des fortunes à construire.

Pendant les 4 ans de préparation, le réalisateur peine à convaincre les studios d’investir des dizaines millions de dollars.
En outre, en dépit de relations très amicales entre Herbert et lui, il n’a jamais été question d’adapter l’œuvre fidèlement mais et je cite  de “la violer avec amour”.

Moebius et H.R. Giger au story-board

Si le film ne se fera jamais, il n’en restera pas moins un élément fondateur dans le paysage cinématographique contemporain grâce à un gigantesque livre regroupant les story-boards et autres fantastiques études.
Parmi les œuvres qui lui doivent beaucoup; Star Wars, Blade Runner et… le Dune de David Lynch.
Une adaptation bien moins folle, mais qui a le mérite d’avoir participé à faire connaître Lynch du grand public.
Un documentaire intitulé Jodorowsky’s Dune est sorti en 2016 et une nouvelle adaptation (beaucoup plus proche de la vision du maître), réalisée par Denis Villeneuve est prête pour la réouverture des salles.

 

Quand Gainsbourg chante la Ganja

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Il y a 30 ans, Serge Gainsbourg nous quittait. Si l’homme à tête de choux n’est qu’un fumeur de Gitanes, il n’aura jamais été insensible aux charmes du cannabis. Un penchant pour la ganja-culture qui nous offrira le révolutionnaire Aux Armes et caetera ainsi que Cannabis, film dans lequel il donne la réplique à Jane Birkin et compose une sublime bande-originale écrite avec un certain Jean Claude Vannier.

Un an après leur rencontre sur le tournage de Slogan (1969) le coupe naissant Gainsbourg/Birkin partage de nouveau l’affiche dans une romance policière réalisée par Pierre Koralnik, que Serge retrouve trois ans après leur collaboration sur le téléfilm Anna (1967).
Si le scénario comme le jeu d’acteur n’ont rien de stupéfiant dans cette production que même la splendide et systématiquement dévêtue Jane Birkin ne parvient à sauver, la musique originale signée Gainsbourg/Vannier vaut très largement de subir ce polar de série B.

Gainsbourg, Birkin, cannabis,

Après avoir composé la B.O. de  Mann 70 (1968), écrit le célèbre « Requiem Pour Un Con » pour Le Pacha (1968),  « L’Herbe Tendre », entendu dans Ce Sacré Grand-Père (1968), et le titre »L’Alouette » pour La Horse (1970), Gainsbourg signe avec Cannabis(1970) une de ses meilleures musiques de film.
Mi-rock mi-planante, la B.O.  made in Gainsbarre donnera toutes ses lettres de noblesse à ce qui est sans doute le meilleur long-métrage de Pierre Koralnik. (Les deux autre films notables du réalisateur seront Nestor Burma et l’Instit’…).

Cannabis, c’est aussi la première collaboration de Serge Gainsbourg avec Jean-Claude Vannier, génial arrangeur-compositeur avec qui il écrira deux ans plus tard un chef d’oeuvre: « L’Histoire de Mélodie Nelson« .

Parmi les meilleurs titres joués dans le film, l’éponyme « Cannabis »  que l’on retrouvera en intro et outro (en version instrumentale pour le générique de fin).
Très rock, prologue à la texture électrique de l’album « Rock around the Bunker« , « Cannabis » donne d’emblée le ton de ce polar noir interdit aux moins de 18 ans « La mort a pour moi le visage d’une enfant/Quand soudain, je perds la raison / Est-ce un maléfice? / Ou l’effet subtil du cannabis? ».
Le très inspiré « I want to feel crazy » (chanté par Jane Birkin façon Maryline Monroe) est un délicieux prélude aux sublimes arrangement que Jean Claude Vanier nous offrira sur l’Histoire de Melody Nelson.

Serge Gainsbourg, Cannabis, Jane Birkin, Cinéma,
« Chanvre Indien » tient ses promesses en nous transportant dans un planante ambiance orientale aux parfums de haschisch alors que le titre « Dernière blessure » nous rappelle autant les violons Initial BB qu’il annonce les enivrants arrangements de La Valse de Melody.
Boudé par les critiques et le publique à sa sortie, Cannabis jouit aujourd’hui d’un statut de cult-movie chez les grands Gainsbourg-aficionados.
Puisse cet article élargir le cercle des fans de Cannabis, le film.

la Bande-Originale intégrale de Cannabis avec tous les titres dont nous vous parlions, c’est ici:

Et si Woody Allen avait vu juste?

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En 1973, Woody Allen réalisait « Sleepers » (Woody et les robots en VF), soit une comédie grand-guignolesque oui, mais avec quelques idées très en avance sur son temps… et le nôtre. 

Miles Monroe (Woody Allen) se réveille en l’an de grâce 2173,  après avoir été congelé pendant deux siècles. Déglacé par des scientifiques entrés en résistance de l’ordre établi, cet hibernatus New-Yorkais va rapidement rallier, bon gré mal-gré, leur mouvement révolutionnaire. Inconnu et jamais fiché dans cette société faussement utopique, Miles Monroe aura pour mission d’ infiltrer le projet « Aires », abominable initiative élaborée par un gouvernement totalitaire aux allures de régime Nazi 2.0.

 

Parodiant largement les théories du 1984 d’Orwell et le 2001 de Kubrick (Woody aura entre autre à faire à une machine en tout points semblables à HAL, l’ordinateur fou de l’Odyssée de l’Espace), le plus célèbre des névrosés de la grosse pomme s’en donne à cœur joie en jouant à l’hypocondriaque flippé à l’idée de devoir régler 200 ans de loyer en retard. Autre sujet d’inquiétude méthaphysique: le décongelé constate qu’il n’a pas eu de relation sexuelle depuis 204 ans (en comptant ses 4 années de mariage avec son ex-femme).

Le film est aussi un bel hommage au muet, particulièrement à Chaplin et aux Marx Brothers que Allen adule. Diane Keaton y est absolument éblouissante de beauté, dans un rôle tout aussi déluré que celui de son ancien partenaire de scène et de coeur.

Au delà de la comédie-pantalonade et ses courses poursuites à la Benny Hill, Woody et les Robots regorge d’idées que l’on rêverait de pouvoir caresser un jour . A commencer par « The Orb », une boule qui défonce quand on la tripote.
Un outil de plaisir rêvé en ces temps au contact défendu et un engin idéal pour décoller sans fumée.

On croisera aussi dans cet ovni cinématographique des voitures électriques, des carottes géantes génétiquement modifiées ainsi qu’une mémorable séquence sur le clonage. Il s’agira pour Woody et Diane Keaton de cloner le président défunt… à partir du seul membre retrouvé après la disparition du dirigeant: son nez. Soit deux décennies avant la première tentative de clonage (le mouton dolly au Royaume-Uni ).

Last but not least:  l’orgasmatron, ou comment pratiquer du safe sex en quelque secondes.

Sacré Woody!

Festival Arcadia: « L’ampleur de toutes choses » en projection virtuelle ce soir.

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Cette année, le festival Aracadia aura lieu vraiment tout près de chez vous puisque c’est dans votre salon que se seront diffusés les documentaires de cette 10ème édition de l’Environemental Film Festival, qui met à l’honneur les meilleurs reportages en faveur d’un monde vert, juste et durable.

Ce soir, c’est l’excellent « L’ampleur de toutes choses » qui est nous est proposé en séance virtuelle par Arcadia.
Synopsis: Lorsque Jennifer Abbott perd sa sœur, décédée d’un cancer, son chagrin la rend sensible à l’extrême gravité de la crise climatique. Dans son nouveau documentaire, L’ampleur de toutes choses, elle esquisse des parallèles intimes entre les deuils vécus à l’échelle personnelle aussi bien que planétaire. Aux récits des manifestations du changement climatique observées en première ligne s’amalgament les souvenirs d’enfance qu’évoque pour la cinéaste la région de la baie Georgienne, en Ontario. Qu’ont en commun ces histoires ? Eh bien, tout, étonnamment.

 

Pour celles et ceux que l’on présente à l’écran, le changement climatique n’appartient pas à un futur lointain : il est à leur porte. Les combats livrés, les pertes douloureuses et les témoignages poignants se croisent dans une trame extraordinaire tissée d’émotions brutes et de beautés fulgurantes transformant l’obscurité en lumière et le chagrin en action.

🎫 Pour réserver vos places :
1. Rendez-vous sur www.aff.eco/le-festival-2021 pour découvrir la programmation
2. Sélectionnez le ou les films qui vous intéressent et soutenez votre cinéma local en trouvant la séance la plus proche de chez vous sur www.25eheure.com
3. Achetez votre place (6€) directement sur le site, l’e-mail de confirmation contient le lien de la projection

Bonne séance!

Cinéma, remixs et élégance: La recette du Bonheur de Wax Tailor

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Michael Caine, John Barry et Wax Tailor sont dans une vidéo.
Ici, personne ne tombe à l’eau, bien au contraire.
Dans ce court format documentaire, lancé par la chaîne Ciné +, d’éminents artisans du son parlent de leurs morceaux cultes. Ceux qui ont forgé leur esthétique comme un feu sacré, attisant leur passion.

Dans cet épisode, le DJ Normand Wax Tailor (A.K.A. Jean-Christophe Le Saoût) nous explique comment la B.O. du film de Michael Caine “Ipcress, danger immédiat” composée par John Barry a changé sa vie.
Rencontre au sommet du son entre Jazz, Trip-hop et électro.

Grand passionné de Cinéma, Wax Tailor a toujours puisé dans les classiques, qu’il s’agisse de Kubrick, Chaplin ou Minelli.
Il a cultivé un univers sonore très riche, ce qui explique ses collaborations avec Ghostface Killah du Wu Tang Clan (qui sont d’énormes fans de films asiatiques) et Lee Fields, le parrain de la scène retro soul (l’héritier spirituel de James Brown).
Cette ouverture d’esprit lui vient entre autres de l’influence de l’utilisation très organique, par John Barry, de la bande originale pour habiller ce film qu’il décrit comme un “Anti-James Bond” dont il admire la densité du son et les digressions.
Rien d’étonnant, puisque le maestro, qu’il compare au génial Miles Davis, est avant tout un grand amateur de Jazz.
Une musique qui vit par sa spontanéité et qui se prête à toutes les libertés, tant qu’elles sont mélodiques.
Cette partition insolite est sortie en 1965, l’année qui suit celle du mythique Goldfinger. Un pari risqué puisque le réalisateur Sidney J. Furie “filme le banal comme ne l’étant pas” dans ce film d’espionnage novateur, ou comment faire la thèse et l’antithèse à un an d’écart.
Un génie qui a valu au compositeur 5 Oscars, 10 Nominations aux Golden Globes et le titre de Chevalier des Arts en Angleterre. 

Le lien entre ces deux musiciens ? Une volonté de toujours innover, de chercher quelque chose de nouveau, pour ne jamais se répéter, qui l’a poussé à ne “presque jamais” utiliser de boucles, au bénéfice de textures, d’ambiances et d’émotions.

Décidément marqué par l’exercice de ce grand-père spirituel, il a, lui aussi, tenté l’exercice de la bande originale et enregistré en 2008 le titre Seize the day pour la bande originale du film Paris par Cédric Klapisch.

Quelque part entre nostalgie et progrès, le DJ est décidément délicieusement anachronique, puisqu’il a lancé le premier vinyle connecté au monde grâce à une puce NFC.
Un format vintage propulsé à l’avant-garde grâce à la créativité d’un DJ ?
C’est aussi ça, la magie de Wax Tailor.
Un homme qui a trouvé le secret de la pierre philosophale pour changer le bruit en Or.

Son nouvel album The Shadow Of Their Suns est disponible dans les bacs et nous vous le recommandons très fortement !

Vous pouvez l’acheter ici 

La grosse question de Mike: Mais au fait, quelle est la couleur de la folie?

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Quelle est la couleur de la folie ?
C’est la question que posent Nicolas Cage et H.P. Lovecraft dans l’atmosphérique  »Colour out of Space’‘, notre coup de coeur et dernier chef d’œuvre de Richard Stanley, le plus sulfureux des réalisateurs d’avant-garde.
Un film aussi trippant que profondément poétique, disponible sur Amazon Prime.

Vous vous demandez peut-être pourquoi, dans un magazine consacré au chanvre et à l’écologie, nous vous parlons d’un film de science-fiction.
Il y a en fait un paquet de raisons à cela. Nous nous arrêterons à 5 essentielles :

L’origine : Tout d’abord, ce film est un must, parce qu’il est basé sur une nouvelle de Lovecraft (le maître incontesté du fantastique) publiée en 1927. Un auteur qui est très rarement adapté avec autant de subtilité et dont l’horreur cosmique est particulièrement difficile à transcrire à l’écran (sauf sous format parodique comme dans South Park ou de manière Super héroïque comme dans Hellboy).
Le film raconte la contamination progressive d’une famille et de ses terres par une présence extraterrestre tombée du ciel.
Tout comme dans le texte original, on suit la lente descente en enfer de cette famille qui lutte contre l’influence pernicieuse d’une couleur qui les dépasse.

Le casting : Avec Nicolas Cage au casting, un film ne peut jamais être complètement inintéressant. L’acteur livre étonnamment ici une de ses prestations les plus mesurées. C’est un père raté qui élève des lamas, tout en essayant de gérer sa famille. Une situation tendue qui devient vite intenable… un rôle parfait pour cet acteur écorché vif dont les réaction rationnelles et mesurées dans la première partie du film ne sont finalement que des lampées de gasoil sur le brasier du final explosif.

Le réalisateur : Richard Stanley est un de ces très rares fous furieux qui parviennent à se faire confier des gros budgets pour des projets aussi ambitieux qu’étranges.
Il signe ici son premier film depuis le légendaire L’île du Docteur Moreau, un long métrage ruiné par un Marlon Brando tyrannique et bouffi, une production intrusive et de nombreuses intempéries.
Désabusé par la production et par l’attitude du Parrain, le réalisateur s’est enfui dans la jungle pour ne plus revenir… Pendant 25 ans.
Jusqu’à l’intervention de Saint Nicolas Cage qui connaissait l’amour du réalisateur pour le travail de Lovecraft.
De retour derrière la caméra avec cette perle noire, il livre ici son projet le plus personnel. Un opus qui devait être le premier d’une trilogie et qui a été applaudi par la critique… Mais qui n’a pour l’instant ramené qu’un septième de son budget.
Le génie, ça ne paye décidément pas.

Le sous-texte écologique : Le film est une dénonciation assez judicieuse du Fracking, un concept “cher” à Joe Biden, autrement dit la fracturation hydraulique des couches géologiques pour récupérer des gaz naturels.
La contamination de son environnement par la créature est tout de même très similaire à celle causée par la destruction des nappes phréatiques.
Dans les deux cas, c’est d’abord la nature qui dépérit, puis les animaux et enfin les humains.

Tommy Chong : le plus grand comédien Stoner de l’histoire joue un voisin de la famille de Nicolas Cage, un Ermite aussi sage qu’il est mystérieux. Un rôle parfait pour l’homme qui est connu pour ses histoires fumeuses et qu’on a jamais vu jouer dans une prestation aussi inquiétante. Sans rien divulguer, c’est lui qui permet au spectateur de comprendre la profondeur du gouffre dans lequel les personnages sont en train de s’enfoncer.
Une prestation magistrale de vieux hippie désabusé, prophète malgré lui.

 

Drunk de Thomas Vinterberg

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Dimanche posé, Dimanche canapé ! Zeweed vous propose votre film de fin de semaine : Drunk de Thomas Vinterberg; une ode à la liberté de vivre comme on voudrait l’entendre.

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

Mais évidemment il ne faudra pas se contenter de la simple histoire qui montre 4 professeurs de lycée éreintés qui s’échappent à  la monotonie de leurs vies à travers le goulot des bouteilles d’alcool.

Non, Drunk c’est surtout la défense de la joie, de la légèreté, et de l’innocence. Un film profond sur la mélancolie des modes de vie après la quarantaine. On y parle de dépression, de l’aliénation par le travail et surtout d’existences qui ne savent plus comment vivre ou aimer.

Entre le cinéma humain de Cassavetes et le déluré de Marco Ferreri, Thomas Vinterbeg fait un beau cadeau. C’est le film qu’il faudra voir pour retrouver le goût des rendez-vous autour d’une table, de l’amitié, des rires, des danses et des euphories généralisées. Ces grains de folies qui, à cette époque covid, nous manquent tant.

 

La sagesse de la Pieuvre

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Dimanche sous la couette ! Zeweed a sélectionné pour vous un documentaire animalier d’une beauté rare.

« La sagesse de la pieuvre » est un documentaire signé Netflix qui relate l’amitié entre un homme et un poulpe, et qui se révèle être un film bouleversant aux images grandioses et au montage soigné.

Une magnifique leçon d’humilité . Une histoire improbable et poignante entre deux êtres que rien ne laissait penser à ce que leurs chemins se croisent un jour…. Nous sommes tellement auto centrés sur notre espèce destructrice que nous oublions de regarder, d’admirer et finalement de respecter . Ce film nous conte bien plus qu’une histoire entre une pieuvre et un homme, il nous montre que nous faisons partie de ce monde, et que nous avons le devoir de le protéger …

Avec « Drunk » Thomas Vinterberg filme les enseignants face au Covid-19: d’actualité plus que jamais

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En Ontario et au Québec, la seconde vague de l’épidémie a comme pour la première entraîné la fermeture pour plusieurs semaines des bars, salles à manger des restaurants, musées et salles de spectacles et de sports. En cette époque de restrictions, Drunk de Thomas Vinterberg s’avère être le film qui nous fait du bien !

Évidemment il ne faudra pas se contenter de la simple histoire qui montre 4 professeurs de lycée éreintés; et qui s’échappent de la monotonie de leurs vies à travers le goulot des bouteilles d’alcool.

Non, Drunk c’est surtout la défense de la joie, de la légèreté, et de l’innocence. Un film profond sur la mélancolie des modes de vie après la quarantaine. On y parle de dépression, de l’aliénation par le travail et surtout d’existences qui ne savent plus comment vivre ou aimer.

Alors vient une réponse pour ces professeurs ennuyeux et méprisés. Comme une dernière chance pour redevenir les garçons qu’ils étaient autrefois : l’alcool. D’après la théorie d’un psychologue norvégien, il manquerait à l’homme 0,5% d’alcool dans le sang. L’expérience commence et ça marche. Les sourires se redessinent et les doses alcool augmentent….

Entre le cinéma humain de Cassavetes et le déluré de Marco Ferreri, Thomas Vinterbeg nous fait un beau cadeau . C’est le film qu’il faudra voir  pour retrouver le goût des rendez-vous autour d’une table, de l’amitié, des rires, des danses et des euphories généralisées. Ces grains de folies qui, à cette époque, nous manquent tant.

Il aura suffi d’une année pour s’habituer à être dans l’interdiction de faire tant de choses. Avec Drunk, il suffira de 1h55 pour avoir l’envie de s’en échapper.

La séance de Mike: Akira

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Le film culte ressort en version 4k dans tous les bons cinémas de la planète. Une bonne occasion de soirée épique et choc entre potes.

Sorti en 1988, au pic de l’économie japonaise post-industrielle, le film raconte à travers son récit la mutation tourmentée de Tetsuo et la tentative de son ami biker Kaneda de le sauver face à la menace grandissante des autorités qui cherchent à cacher leurs recherches.
Situé dans la futuriste Néo-Tokyo le film est une critique au vitriol d’une société destinée à devenir plus froide et plus violente jusqu’à déraper… en 2019.

La bande annonce ici:

C’est aussi sur un plan artistique que le film d’animation japonaise se démarque puisque c’est le premier à proposer une action complètement animée en “1”. (ce qui veut dire que chaque plan est pris individuellement contrairement aux films du studio Ghibli, par exemple, qui sont animés en “2”). Cela veut dire qu’ils photographient donc chaque plan 2 fois pour économiser sans risquer de rendre la scène trop statistique.
La différence ? Une énorme fluidité qui donne à Akira un avantage. Chaque scène d’action est bien plus frénétique et chaque mutation très dérangeante car bien plus organique.
Ce soucis du détail presque masochiste explique aussi pourquoi le film ne comprends pas du tout de CGI en dépit de l’esthétique cyberpunk du film. Chaque effet visuel  (qui sont très nombreux dans ce film) est le résultat du travail acharné d’un animateur.
Un bijou visuel toujours très conscient de l’extrémisme de son esthétique.
Les traînées de lumière et les explosions sanguinolentes on toutes été peintes minutieusement à la main.
Le procédé est évidemment extrêmement coûteux ce qui fait d’Akira le film d’animation japonaise le plus cher à sa sortie avec 9 millions de budget. Un pari fou quand on sait que le film était réservé aux plus de 18 ans.
En comparaison le film  »Oliver et Compagnie » sorti par Disney la même année a coûté 31 millions de dollars et bénéficie malgré tout d’une animation beaucoup plus minimaliste.

 

C’est le divertissement idéal pour stoners comme pour le reste des plus de 18 ans parce qu’il est à la fois épique (avec notamment la meilleure scène de poursuite en moto depuis Steve McQueen), philosophique (interrogeant le spectateur sur la nature de l’humanité), extraordinairement psychédélique et assez Gore. Quelque soit votre niveau de lucidité,  il y a toujours quelque chose à tirer d’un visionnage de ce classique rentré dans la culture populaire après sa sortie en cassette en Amérique du Nord et en Europe.
Un peu comme le Rocky Horror Picture show, c’est un film qui a été réapproprié par les fans comme un culte underground jusqu’à devenir une icône mondiale.
Ce statut à part dans l’inconscient collectif explique pourquoi on retrouve des hommages au film dans Rick et morty, chez Kanye West qui remixe les Daft Punks, ou même dans des dessins animés pour enfants comme l’incroyable monde de Gumball.
Vous pouvez retrouver Akira Morty ici :

Et Kanye West en pleine transformation reprenant presque intégralement l’esthétique du film

Alors faut-il  aller en salle pour voir le film en 4k? C’est mon avis, ne serait-ce que pour le voir enfin au cinéma. Et en bonne compagnie. Le blu-ray du film en 4k sort le 21 avril 2021 pour les plus patients.