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Jaïs Elalouf : « Le CBD va dans le sens d’un bien-être général, d’une santé globale. »

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Musicien et performeur cutting edge, réalisateur à ses heures et premier collectionneur français d’art psychédélique, Jaïs Elalouf nous parle de sa nouvelle passion pour le cannabidiol.

Jaïs Elalouf est un touche-à-tout hors pair, un passionné tous azimuts. Pionnier du DJVing (terme de son cru associant disc-jockey et vidéo-jockey), il a présenté dans une quarantaine de pays, sous le pseudo de Dj Oof, plus de 500 concerts immersifs mêlant musique et extraits de films, se plaçant en digne héritier électro des fameux lights shows psyché du San Francisco des sixties.
Par la suite, ce créateur inlassable a également produit une quinzaine de mixtapes éclectiques, l’album Cinémix (Universal Music) et plusieurs autres disques sous divers alias : OOF ou Lunivers, avec les single house-pop « All of us is One » – dont il a lui-même créé la pochette – et « Happy Route » (playlist Radio Nova).

Autre corde à son arc, et pas des moindres, Jaïs Elalouf est aussi le connaisseur et le promoteur le plus pointu de l’art psychédélique en France. Car voilà plus de trente ans qu’il récolte au fil de ses voyages tout ce qui a trait au sujet : affiches originales, tableaux, estampes, pochettes de vinyles, objets de toutes sortes, planches de dessins des années 60, qu’il accumule chez lui et expose actuellement dans le cadre d’une galerie éphémère située aux abords de la Cité des sciences de la Villette.

En attendant de trouver un lieu permanent pour son musée psychédélique, il organise des évènements et accueille les visiteurs dans ce cadre aussi flashy que convivial, entre deux infusions de sa nouvelle marotte : le CBD.
« Je m’y intéresse depuis un peu plus de deux ans, confie-t-il. Cela a été une vraie découverte pour moi. Je suis quelqu’un de sociable, je sors beaucoup dans des concerts, des vernissages, des fêtes de toutes sortes, et ce que je n’aime pas avec le cannabis et l’alcool, c’est que lorsque tu en prends, tu n’es plus sur la même longueur d’onde que ceux qui n’en ont pas pris. »
Jaïs est à ce point convaincu des vertus du CBD qu’il en propose désormais aux visiteurs de son Centre d’Art Psychédélique

 

Ses autres multiples activités sont aussi régulièrement ponctuées par une bonne cigarette de Cherry pie. Celles-ci, d’ailleurs, sont indissociablement associées à son dernier titre, Métaphysique.
Sortie le 10 novembre 2021, cette composition planante est une invitation parfaite à la méditation. Une délicieuse fusion trip hop indiens et rythmique jazz, où l’auditeur avisé reconnaîtra la voix de Mike Ladd, maître du spoken word américain.
« Bien sûr, il m’arrivait d’en fumer en studio, durant l’enregistrement, poursuit-il. J’avais le goût et le parfum du Cherry pie sans me mettre la tête à l’envers. J’avais l’esprit clair pour travailler le mieux possible, et en même temps un petit effet relaxant très agréable qui convient parfaitement à l’esprit de ma musique ! »
Jaïs reconnaît par ailleurs que les vertus du cannabidiol s’accordent on ne peut mieux à sa conception du monde. « J’ai toujours ressenti un lien très fort avec la nature. Je crois que nous sommes un élément, aussi petit soit-il, d’un tout cosmique, et qu’il faut respecter notre corps, tout comme il faut respecter la planète dans laquelle on vit. Or le CBD, pour moi, cela va dans le sens d’un bien-être général, d’une santé globale. »

Avant de quitter son Centre d’Art Psychédélique et filer peaufiner ses ultimes compositions dans son studio d’enregistrement niché au cœur de Paris, Jaïs tient à souligner une dernière chose : « Ce qui m’a définitivement converti au CBD, c’est aussi que j’ai été un témoin direct de ses effets inespérés contre certaines pathologies. J’ai un ami proche qui souffrait de l’arthrite, et ça a changé sa vie. Il m’a confié que sur une échelle de 1 à 10 de la douleur, il était passé de 10 à 2 ! Et puis, ma colocataire un peu dépressive s’y est mise elle aussi. Cela a eu sur elle un impact extraordinaire, et sans les effets secondaires des antidépresseurs et autres anxiolytiques… Quant à moi, qui suis un couche-tard, je ne me suis jamais aussi bien endormi que depuis que j’en consomme régulièrement ! »

Crédits photo: Ana Bloom

Anthony Amar fait un tabac dans le CBD

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Le succès d’Anthony Amar est un cas d’école. Dans un univers où la concurrence est corsée, cet originaire de l’île de beauté a réussi à imposer en un temps record sa marque aux quatre coins de l’hexagone, via les  corners des boutiques au losange. En s’appuyant sur un réseau constitué de 1200 buralistes, il a rapidement séduit les consommateurs français et fait décoller les ventes de son site marchand haschill.com. Zeweed l’a rencontré pour une interview à son image : concise, précise et sans baratin.

Racontez-nous l’histoire d’Haschill
Haschill est né en 2021. Nous avons en premier lieu monté une boutique et un site internet en suivant l’engouement pour la libéralisation et la législation CBD. On s’est ensuite concentré sur la distribution, en remarquant qu’il existait un manque qualitatif dans les tabacs. Proposer un CBD digne de ce nom aux buralistes s’est imposé comme un choix évident. Aujourd’hui, on fournit 1200 tabacs et nos commerciaux couvrent une dizaine de régions. En ce qui concerne l’offre, nous proposons une trentaine de références en différents conditionnements, allant de 1 à 12 grammes.

Où en est la législation française ?
En France, ça reste encore compliqué. On est légal niveau européen, donc Haschill n’est pas en situation d’illégalité. Les différents arrêtés mis en place sans consultation de l’Assemblée ont été suspendus par le conseil d’état. On utilise la législation européenne du commerce entre pays membres.  Aujourd’hui, 10 000 tabacs commercialisent le CBD en France, les pharmacies en vendent, grandes surfaces en vendent. Pourtant, le gouvernement reste très sévère à l’égard de la commercialisation du CBD : les tabacs font l’objet d’un contrôle tous les mois.

Vous avez déjà eu des contrôles ?
On a déjà eu des contrôles. Pas nous, mais les tabacs auxquels on vend sont contrôlés. La réponse des institutions, c’est nous interdire le label bio. En réalité, on est complètement en règle par rapport aux tabacs avec qui on commerce principalement. Je ne suis pas inquiet : c’est un nouveau marché à fort potentiel et une opportunité économique formidable pour la France. Ce secteur, de plus en plus vaste, de plus en plus varié, va finir par être officiellement réglementé.

Il y a un avantage à ce que le CBD soit vendu dans les tabacs?
Oui, et particulièrement pour le consommateur. Il y a déjà l’avantage du réseau : il y a clairement plus de bureaux de tabac que de CBD shops, et c’est tout de même plus rapide qu’une commande en ligne!  Et surtout, il a beaucoup plus de contrôles sur la qualité du produit que les sites de vente en ligne, et ça, c’est aussi à l’avantage des consommateurs.
Chez Haschill, nous commercialisons des fleurs de chanvre CBD issues de deux modes de culture : indoor (le haut de gamme du chanvre bien-être, cultivé en intérieur sous lampes dans un environnement aux paramètres totalement maîtrisés NDLR) et en greenhouse (cultivé sous serre NDLR).
On commercialise majoritairement de l’indoor et on propose une petite gamme greenhouse. Pour moi, il doit y avoir, comme dans n’importe quel marché, une offre haut de gamme et une autre bas de gamme. Il faut aussi qu’il y ait des contrôles, que le marché se forme en toute transparence. Il s’agit aussi d’éduquer et informer chaque client. Le but est de parvenir à instruire les consommateurs sur l’origine du produit avec, encore une fois, la plus grande transparence possible.

Vous vous approvisionnez où ?
En Italie, en Espagne, au Portugal. On a une trentaine de fermes partenaires, ce qui permet un lien direct avec l’agriculteur. On ne passe pas par des grossistes, on s’approvisionne directement, ce qui nous permet de maîtriser l’intégralité de la chaine.
On a producteur français, en résine. Si on pouvait, on préfèrerait proposer une production entièrement française, mais elle est encore toute jeune.

www.haschill.com

Propos recueillis par Aurianne Martineau

Le SPC, premier syndicat professionnel de tous les chanvres.

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Le Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC), dont Zeweed est un est un adhérant historique, vient de fêter ses quatre années d’existence. Première association à défendre les intérêts du secteur, le SPC est le représentant privilégié de la filière chanvre bien-être française et un interlocuteur incontournable pour les pouvoirs publiques. Nous avons rencontré son président Aurélien Delcroix pour lui poser quelques questions essentielles.

Bonjour, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter?
Je suis Aurélien Delecroix, président du Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC) depuis sa création en 2018. J’ai fondé en 2017 la société Green Leaf, qui a pour vocation de démocratiser le chanvre auprès du plus grand nombre. J’ai par ailleurs un parcours professionnel atypique. Après avoir étudié les sciences sociales, j’ai travaillé dans le secteur du sport et du social avant de créer ma première société dans le domaine de l’automobile, en 2012.

Vous avez créé le SPC en 2018, pourquoi ?
J’ai décidé de créer le SPC sur la base d’un double constat et d’une urgence. Tout d’abord celui de l’absence d’organes représentatifs du secteur du chanvre CBD qui était alors en pleine émergence. Cette absence s’accompagnait de défis immenses à relever d’un point de vue légal, réglementaire et structurel.
Cette création c’était aussi répondre à une urgence : celle de répondre à la note publiée par la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Addictions NDLR) en 2018, actant l’illégalité et le caractère stupéfiant du CBD. Face à ce parti pris des autorités, il était urgent d’agir et notamment de se fédérer afin de permettre la rédaction d’une analyse légale sur ce sujet. Celle-ci, rédigée par le prestigieux cabinet d’avocats Allen & Overy démontrait déjà l’illégalité de la position française au regard du droit européen.

« Face à ce parti pris des autorités, il était urgent d’agir et notamment de se fédérer afin de permettre la rédaction d’une analyse légale sur ce sujet. »

Malgré cette analyse légale que nous avions présentée aux autorités, celles-ci persistaient dans leur position. C’est donc grâce à cette analyse légale d’excellente qualité que nous obtiendrons finalement gain de cause auprès de la cour de justice de l’Union Européenne, dans le cadre du recours Kanavape.

Combien d’adhérents à ce jour ?
Nous comptons aujourd’hui 120 adhérents qui représentent toute la chaîne de valeurs : agriculteurs, transformateurs, distributeurs et autres professionnels qui travaillent en lien avec la filière du chanvre bien-être en France.  Cette transversalité fait notre force et nous permet de comprendre les problématiques des différents acteurs.

Vous avez édité un livre blanc sur le chanvre bien-être et un autre sur le cannabis thérapeutique, il y a tant urgence d’informer pouvoirs publiques et forces vives du pays ?
Lorsque ces livres blancs ont été rédigés, il existait une telle méconnaissance de l’immense majorité du pouvoir politique mais aussi de la presse, du grand public, qu’ils étaient réellement une véritable nécessité. Ces livres blancs ont pu être partagés à plus de 300 députés. Ils ont permis de les éduquer à nos sujets et de les sensibiliser à nos problématiques. Encore aujourd’hui, ils sont massivement téléchargés et sont un véritable support pour de nombreuses organisations ainsi que pour les professionnels qui souhaitent affiner leurs connaissances du sujet.

Depuis 4 ans, vous êtes le fer de lance de la défense des intérêts de la filière. Quels types d’actions menez-vous ?
Nous avons pu mener de nombreuses actions de sensibilisation et d’information auprès des pouvoirs publics. Ces actions ont notamment permis la tenue d’un colloque à l’Assemblée Nationale, en juillet 2019, réunissant plus de 300 personnes dont de nombreux députés et sénateurs.
Nos impulsions ont également permis la création de la mission d’information parlementaire sur les différents usages du cannabis; mission durant laquelle nous avons été, nous et nos adhérents, auditionnés à plusieurs reprises.

Aurélien Delcroix, au second colloque du Chanvre bien-être, organisé en fevrier dernier par le Syndic Professionnel du Chanvre

Nous avons bien entendu été en lien dès le départ avec la MILDECA mais nous avons également mené de nombreuses actions de sensibilisation et d’information auprès de la DGCCRF, mais également avec de nombreux députés, de nombreux ministères ( économie, écologie agriculture) le cabinet du premier ministre, la fédération des banques françaises,  auxquels nous avons présenté tous les arguments pour valoriser une filière dynamique, concurrentielle mais également sécurisée et encadrée.

« Valoriser une filière dynamique, concurrentielle mais également sécurisée et encadrée. »

Nous avons également mené de nombreuses actions juridiques, celle déjà mentionnée qui nous a permis d’avoir gain de cause devant la CJUE en finançant une analyse légale.
Plus récemment, nous avons dès juillet 2021, tâché de mettre à mal la position des autorités françaises quant à l’interdiction de la fleur présente dans le projet d’arrêté. Nous avons ainsi envoyé une contribution à la commission européenne dans le cadre de la procédure dite TRIS.
Malgré cette contribution, le projet d’arrêté a été entériné le 30 décembre 2021. Nous avons donc effectué un recours en excès de pouvoir devant le conseil d’Etat auquel nous avons, avec d’autres organisations, obtenu gain de cause.

Même si le CBD a été « légalisé » par la Cour de Justice de l’Union Européenne en novembre 2020, la France, producteur historique de chanvre, continue d’être à la traîne. Pourquoi ?
Il s’agit de problématiques essentiellement idéologiques et politiques.  Même si nous avons eu à cœur de démontrer que le chanvre CBD relevait de problématiques distinctes du cannabis récréatif afin de faciliter son acceptation par les pouvoirs publics, il n’en reste pas moins que cette proximité soulève de nombreuses réticences de la part des autorités. Cette incompréhension de notre sujet, possiblement feinte, s’illustre notamment lorsque Gérald Darmanin fustige l’arrivée des produits CBD en grande distribution en arguant que l’arrivée de ces produits banaliserait le cannabis et encouragerait sa consommation.

« On peut imaginer que le président Macron, débarrassé des enjeux liés à une réélection, se dégage plus de marge de manœuvre sur certains sujets comme le nôtre »

Le second quinquennat Macron sera-t-il plus favorable au développement d’une filière chanvre bien-être et de cannabis thérapeutique?
D’un point de vue positif, on peut imaginer que le président Macron, débarrassé des enjeux liés à une réélection, se dégage plus de marge de manœuvre sur certains sujets comme le nôtre.
Mais soyons réalistes ! Un souci de cohérence dans sa ligne politique, avec un ancrage désormais marqué à droite et assez conservateur, sur certaines questions de société, ne lui permettra probablement pas de soutenir concrètement l’émergence de cette filière. N’oublions pas également, qu’au-delà de l’aspect politique, de nombreux blocages persistent dans les administrations françaises et que celles-ci possèdent un véritable  pouvoir de conseil et préconisation auprès du pouvoir politique.

Quel avenir à court terme pour la production et vente de sommités florales en France ?
La légalité des fleurs est aujourd’hui avérée, certes de manière temporaire, suite à la décision du Conseil d’Etat dans le cadre du référé suspension. La question de leur légalité doit maintenant être tranchée définitivement au terme de l’examen du recours au fond qui interviendra probablement d’ici à la fin de l’année.

« L’arrivée de ces nouveaux syndicats n’est pas problématique, loin de là, si tant est qu’ils tirent dans le même sens que nous »

Vous êtes, historiquement, le 1er syndicat du chanvre. Depuis deux ans, deux autres associations ont vu le jour : l’UPCBD et l’AFPC. Il y aurait-il intérêt de vous fédérer ou vos rôles et périmètres d’action sont-ils complémentaires ?
L’arrivée de ces nouveaux syndicats n’est pas problématique, loin de là, si tant est qu’ils tirent dans le même sens que nous et que leurs positions soient proches des nôtres… c’est le cas des deux organisations citées ici.
Nous avons, d’ailleurs, eu l’occasion à plusieurs reprises de travailler de concert sur des sujets communs et d’adopter des prises de décisions conjointes.
Il est somme toute logique que d’autres fédérations voient le jour notamment pour venir répondre à des besoins spécifiques d’acteurs de la chaîne de valeurs.
Nous avons à cœur de renforcer ces partenariats car face aux problématiques complexes et nombreuses auxquelles nous faisons face, car il est à parier que seul nous pouvons peut être aller plus vite mais ensemble nous irons plus loin.

La Haute Cuisine au CBD par Chef Jessie

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Haute Cuisine au CBD ? L’idée est séduisante tant en France, les préparations culinaires au chanvre bien-être se limitent encore aux pizzas et crêpes au cannbidiol.
Si au pays de la Grande Cuisine, nous n’avons pas encore accès à des délices gastronomiques chanvrés, il suffit de traverser la Manche pour rencontrer une sommité en la matière : Jessie L.E, alias chef Jessie.
Chef Jessie est LA spécialiste des dîners au CBD qui agitent désormais tout le West London. Zeweed a pu s’entretenir avec cette toquée du chanvre bien-être.

Bonjour Jessie, parle-nous un peu de ton apprentissage et de ton expérience en tant que chef.
Depuis mon enfance, j’ai toujours aimé regarder les émissions de cuisine à la télé. Si se nourrir est un besoin vital, la façon dont les chefs subliment les aliments m’a hypnotisé. Je m’évadais en regardant leurs prouesses sur le petit écran.
A cela il faut ajouter que ma mère adorait aller au restaurant. Etant fille unique j’ai eu la chance de fréquenter très jeune des lieux sophistiqués, de goûter de nouveaux plats et me former le palais. Ma mère ne cuisinant pas à la maison, j’avais une liberté totale dans la cuisine. Elle me laissait acheter les ingrédients que je voulais et j’ai pu ainsi explorer librement la gastronomie.
Plus tard, pendant mes études supérieures de mode, j’ai toujours travaillé en cuisine, que ce soit dans les restaurants ou en service traiteur, même si je n’ai jamais pris de cours.

Canapés Saumon-Cream-cheese.

Je travaille maintenant depuis 10 ans comme chef privé, dans des évènements ou au domicile de mes clients. Je crée des menus sur mesure pour des personnalité exigeantes.
Chaque prestation est différente, donc pour mes clients,  avoir un chef qui comprenne leurs goûts est fondamental.
Actuellement je travaille pour la Saatchi Gallery, où je ne crée que des expériences sur mesure. Je travaille aussi pour www.hometainment.com, j’ai d’ailleurs réalisé un dîner en mai dernier.

CBD Radish

Comment t’es venue l’idée des dîners au CBD ?
J’avais depuis longtemps l’idée de proposer un dîner gastronomique au chanvre bien-être à Londres, mais je n’avais pas la clientèle.
A cette époque, j’ai rencontré Antoine, le fondateur de HOMETAINMENT (NDLR : « Home + Entertainment » l’agence londonienne qui offre toutes sortes d’expériences sensorielles à la maison).

Cannabidiol Roe Pate

Antoine m’a offert la possibilité de promouvoir mes dîners au CBD sur sa plateforme et m’a trouvé mes premiers clients.
J’ai ainsi eu la chance de pouvoir être en contact avec une nouvelle clientèle, partager mes connaissances sur cette plante magnifique, créer des plats originaux et intéressants que je ne présentais jusqu’alors pas dans mon activité quotidienne de chef privé.

Depuis combien de temps proposes-tu cette expérience de dîner au CBD?
Tout a réellement démarré durant l’été 2020. J’avais passé beaucoup de mon temps pendant les confinements à cultiver toutes sortes de chanvre CBD et étudié comment faire teintures et huiles. A partir de là,  j’ai commencé à trouver des équilibres de saveurs, des profils, des mariages de goûts.

Roe Toast

Tu utilises aussi des ingrédients prêts à l’emploi ?
Tout le CBD que j’utilise pour mes dîners vient de mon jardin dans West London.
Le fait de le cultiver moi-même m’a complètement ouvert les yeux sur le CBD que l’on peut acheter en magasin, et sur ce qu’est la vraie qualité.
C’est précisément cela que mes clients apprécient le plus dans mes dîners : le fait de savoir que le produit vient d’une source fiable, est cultivé en bio et est issu de la 1ère pression.
Je cultive même certaines variétés en utilisant uniquement des produits vegan.
Je fais mes propres teintures et huiles et suis toujours à la recherche de parfaits équilibres dans les plats que je crée.

Salmon, capers, dill & grapefruit (Saumon, câpres, aneth et pamplemousse)

Quelles variétés de CBD utilises tu ?
Depuis 2 ans j’ai cultivé environ 3 douzaines de variétés.
En voici les principales :Valentine X, Cherry wine,Suzy Q, ACDC, Charlotte’s web et la Sour Tsunami

Nous connaissons les effets bénéfiques du CBD, mais le goût du CBD est-il vraiment important dans ta création de menu ?
Oui, il y a évidement des arômes très marqués et les terpènes ont un rôle majeur dans ma création de plats. Que ce soit avec des agrumes, des fruits de mer ou du chocolat blanc, il y aura toujours une variété de CBD qui va agrémenter le produit au mieux.
J’expérimente de plus en plus à mesure que j’avance dans le métier. J’ai découvert des profils de saveurs que je n’aurais jamais imaginés si ce n’était grâce aux caractéristiques spécifiques de chaque plante.

 

Smoked Carrot (carotte fumée)

 

Verde Gazpacho

Peux-tu nous donner un exemple de menu au CBD ?
Oui, en voici un que j’ai réalisé très récemment :

  • -Amuse bouche – avec teinture Organic blueberry OG
    Sashimi de thon albacore/vinaigre de sureau/petals d’amarante/confiture d’annanas et piment scotch bonnet
  • -Entrée –avec huile Organic Jilly bean et vinaigre
    Crabe / fenouil rose/ coleslaw / bottega râpée / pain de seigle à l’encre de seiche
  • -Plat – avec Organic Orange peel
    Carré d’agneau mariné au gingembre et à l’anis, avec une croute de noisettes/pommes de terre nouvelles fumées/ chou palmier/sorbert hibiscus
  • -Dessert – avec teinture Organic Harle-tsu flower indoor& cows die
    Panna cotta au lait de céréales/ rayon de miel / huile basilic

Chaque plat a été élaboré avec une variété de CBD qui se marie parfaitement avec les autres ingrédients et qui surtout rehausse leur saveur. Mais le mieux est encore d’y goûter (rires).

Propos recueillis par Yves de Roquemaurel.

Yann Bisiou: « Le chanvre industriel veut la peau du chanvre bien-être »

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Vendredi 31 décembre, un arrêté surprise publié au Journal Officiel interdisait du jour au lendemain la possession et la vente de fleurs de CBD en France. Yann Bisiou* nous explique pourquoi le gouvernement veut tant de mal à la filière chanvre bien-être, en dépit d’un marché européen estimé à 1,4 milliards en 2023.

L’arrêté du 31 décembre n’a pas manqué de surprendre aussi bien les acteurs que les observateurs de la filière CBD française, ça a été votre cas?
Oui. Au delà d’avoir eu le mérite de ruiner mon réveillon parce que j’ai passé ma nuit de 31 à mettre en place une riposte avec l’UPCBD (Union des Professionnels du CBD), le timing de la publication n’aura pas manqué de m’étonner. Il était entendu que la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives) rendrait son rapport à la mi-janvier. Il n’était pas acté qu’elle le rende mais si elle devait le faire, le bon sens aurait voulu qu’elle remette sa copie après la décision du Conseil Constitutionnel, attendue pour le vendredi 7 janvier.

« Il faut aussi tenir compte de l’influence d’un lobby très hostile au CBD: celui du chanvre industriel »

Comment expliquer cette précipitation de la part du gouvernement?
Il y a à mon sens pas mal d’obstination. Ce que j’appellerai de l’amour propre bureaucratique. Cela fait maintenant trois ans que nous expliquons en vain aux pouvoirs publiques qu’assimiler le CBD à un stupéfiant est un non-sens, aussi bien d’un point de vue juridique que sanitaire.
Mais si une certaine posture morale et politique explique en partie la position du gouvernement, il faut aussi de tenir compte de l’influence d’un lobby très hostile au CBD: celui du chanvre industriel. Ils sont là depuis 30 ans et subsistent sur un modèle économique très fragile, qui tient à coup de subventions massives de l’Union Européenne dans le cadre de la PAC.
Ces gens-là n’ont jamais supporté l’arrivée dans le secteur de jeunes au look de start-upper et leurs méthodes différentes. En bref: la filière chanvre industriel, représentée entre autre par Inter Chanvre, veut la peau du chanvre bien-être par peur qu’il détruise leur marché.
Je suis convaincu qu’ils ont largement été à la manoeuvre pour la publication soudaine de l’arrêté.
D’ailleurs, la filière chanvre industriel et son syndicat Inter Chanvre se sont félicités de la publication de l’arrêté avec une étonnante rapidité.
Alors que la nouvelle a surpris tout le monde, le 31 décembre au matin, Inter Chanvre publiait un communiqué de presse bien étudié.

« La filière chanvre industrielle a peur que le chanvre bien-être détruise leur marché »

Ce n’est donc pas la MILDECA la grande coupable?
En ce qui concerne ce genre de décision, tout est arbitré au niveau du gouvernement car la MILDECA n’est pas décisionnaire. Pour moi, sur ce dossier, il s’agit d’un arbitrage entre le ministère de l’Intérieur et les syndicats du chanvre industriel via le ministère de l’Agriculture. Inter Chanvre a toujours été très hostile au CBD. J’avais d’ailleurs eu une passe d’arme avec sa directrice Nathalie Fichaux sur le sujet, en décembre 2019 à l’Assemblée Nationale.

Extrait du communiqué de presse d’Inter Chanvre

Que risquent aujourd’hui les commerces contrevenants ?
Les autorités vont très vraisemblablement s’appuyer sur la réglementation sur les stupéfiants et les substances vénéneuses. C’est donc la législation sur les stupéfiants qui s’applique. A savoir que si vous êtes à la tête d’une entreprise en tant que producteur/importateur/vendeur de fleurs de CBD, c’est la réclusion à perpétuité, assortie d’une peine de sureté incompressible de 18 ans. Avec un procès tenu dans une cour d’assise spéciale, au même titre que les terroristes.
Mais en pratique, l’application des peines va être très compliquée à mettre en oeuvre puisque le jugement rendu par la Cour d’appel d’Aix en Provence comme celui de la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) dans l’affaire Kanavape prévalent sur les dispositions de l’arrêté. En l’occurence, les deux cours ont estimé que le CBD n’était pas une drogue et que par conséquence, la législation sur les stupéfiants ne pouvait s’appliquer au CBD. Il est tout à fait envisageable qu’aucune peine ni sanction ne puisse être imposée.

« En pratique, l’application des peines va être très compliquée à mettre en oeuvre »

Quelle durée de vie donnez-vous à l’arrêté de 31 décembre?
Plusieurs cas de figure: le premier scénario pourrait voir l’arrêté rendu caduc dès le mercredi 5 janvier,  par le conseil d’Etat à la suite du recours en référé-liberté que nous avons déposé lundi 3 janvier à 10h00. Le Conseil d’Etat a 48 heures pour rendre son jugement, nous serons donc vite fixés. Pour autant, les chances de succès sont minces.
En cas de jugement défavorable de la part du Conseil d’Etat, nous avons prévu avec les trois principaux syndicats le SPC, l’UFPC et l’UPCBD (Syndicat Professionnel du Chanvre, Union Française des Producteurs de Cannabinoïdes et L’Union des Producteurs de CBD) de nous pourvoir en appel avec un référé en suspension. Le jugement serait alors rendu mi-février.
Second scénario, plus favorable pour nous : le 7 janvier, le Conseil Constitutionnel doit se prononcer sur la question des critères de classement des stupéfiants. S’il ne tranche pas directement sur la question CBD, une décision de Conseil Constitutionnel dans le sens des défendants signifierait la mort de l’arrêté.
Troisième cas de figure: celui du recours pur et simple en excès de pouvoir, qui prendrait entre 6 mois et deux ans.

*Docteur en droit privé et science criminelle Yann Bisiou est Maître de conférences à l’Université Paul Valéry – Montpellier III

CBD, l’allié green des golfeurs

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De tous les sports anglais qui se jouent sur l’herbe, le golf est incontestablement -avec le lawn bowling- le moins accidentogène. Et pourtant, la majeure partie des golfeurs sont sujets à des maux ou pathologies causées par la pratique du club sur gazon. Depuis quelques années, le CBD a fait son entrée sur les parcours et s’est glissé dans les caddies des plus grands professionnels du 18 trous. Zeweed a mené l’enquête et vous dit tout sur la molécule qui sublimerait les handicaps.

Les exemples d’amateurs de CBD parmi les plus grands joueurs mondiaux ne manquent pas, à l’instar de Lucas Glover (vainqueur de l’US Open 2009) ou Phil Mickelson, qui a été filmé à Augusta pendant le Masters 2019, en train de se ravitailler.

Ses avantages sont variés : le vétéran Scott McCarron, maintenant âgé de 56 ans, s’est tourné vers le CBD pour prolonger sa carrière. Professionnel depuis 1992 et titulaire de 3 titres de championnat, il a récupéré une bonne partie de son endurance et de sa tonicité, grâce au cannabinoïde.
Un résultat qu’il a pu confirmer, grâce à son WHOOP (un appareil qui suit le sommeil et la tension, sans gêner son porteur). Il témoigne : “Pour la première fois depuis environ deux ans que je portais l’appareil, je prenais l’huile de CBD, j’ai commencé le lundi et j’ai eu un sommeil dans le vert, ce qui est un sommeil fantastique. Pendant sept jours consécutifs […] j’ai pris cette huile de CBD le soir, pour m’aider à dormir. »

Scott Mc Carron

Scott Mc Carron en consomme régulièrement depuis 2018, l’année du retrait du CBD de la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage et de l’autorisation de son usage en compétition. La PGA (la fédération internationale de golf) a elle-même donné le feu vert au CBD, et l’a inscrit dans sa catégorie de suppléments autorisés.

Endurance et récupération

Avec un temps moyen de 4h30 de jeu, pour un parcours de 18 trous, il n’est pas surprenant que les golfeurs apprécient le soutien du CBD.
Il favorise la récupération, soulage les articulations douloureuses et permet aux golfeurs d’avoir la main plus sûre, grâce à ses effets anxiolytiques.
Un fait confirmé en interview par Glover, dans Golf Digest : « Ma récupération est meilleure […] Je peux voir la différence quand je me réveille le matin.”

Lucas Glover

Dans la même interview, le golfeur a aussi confié avoir beaucoup moins de soucis d’anxiété lors des compétitions, depuis qu’il en consomme régulièrement.
Chaque partie étant un mélange d’endurance, de concentration et de stratégie, être à son meilleur niveau est capital.
Même le chouchou autodidacte du circuit, Bubba Watson, s’est exprimé sur le sujet :
« Après une dure journée sur le terrain de golf, je veux pouvoir mieux dormir et laisser l’inflammation dans mon corps diminuer« .

Anti-inflammatoire et ralentisseur de l perte osseuse, le CBD est l’allié idéal des golfeurs, ce sport dont la moyenne d’âge (35 ans) est largement supérieure à celle des autres activités physique licenciées.
Une étude de la société Darren Clarke a d’ailleurs montré que 75 % des joueurs souffrant de blessures récurrentes ont été soulagés partiellement ou complètement par une prise quotidienne de CBD.
La plus connue étant la bien nommée “tendinite du golfeur”, qui peut être extrêmement douloureuse (et qui est la raison principale pour laquelle les joueurs portent des gants spéciaux).

Alors que le golf gagne de plus en plus de terrain et d’adeptes et que le cannabidiol est en plein boom, le marché du CBD à usage sportif ne devrait pas manquer de swing dans les prochaines années.