Namibie : le cannabis en voie de légalisation ?

Tangeni Iiyambo, président du parti de l’Union Nationale du Sud-Ouest africain a plaidé ouvertement en faveur de la légalisation récréative et médicale du cannabis devant le parlement namibien.

Un héritage de l’apartheid
Petit coup de tonnerre dans cette République d’Afrique du Sud. Tangeni Iiyambo, président de l’Union Nationale du Sud-Ouest africain (SWANU), s’est présenté comme pionnier du progressisme dans son pays en se montrant favorable à la légalisation du cannabis. Devant le parlement namibien, il a présenté son ambition d’autoriser non seulement le cannabis médical, mais également la consommation à des fins récréatives !

Tangeni Iiyambo a affirmé haut et fort que la législation actuelle de Namibie était nulle et non avenue,  car elle est un héritage de l’apartheid. Comme beaucoup de ses homologues étrangers, Iiyambo a mis en avant l’idée de relancer l’économie du pays avec des millions de dollars à la clé, d’autant plus le Lesotho (voisin de la Namibie) a légalisé le cannabis récréatif depuis déjà deux ans (voir notre article ici).

Lors de son allocution, le président du SWANU a tenu à rappeler que « l’alcool est plus toxique et légal. La Namibie est un pays très conservateur et arriéré, et elle doit rattraper son retard sur les autres pays africains. La ganja est inoffensive et a été utilisée par nos ancêtres à diverses fins. Elle peut être utilisée à des fins de relaxation, par exemple, et pour soulager le stress au travail, par opposition aux causes présumées de la criminalité. Les utilisateurs de ganja sont des gens détendus et la police devrait se concentrer sur les crimes graves et répandus, tels que le viol et les meurtres, au lieu d’arrêter les personnes en possession de ganja.  »
Une marque de bon sens incroyable qui ferait bien d’inspirer les dirigeants du monde.

LIiyambo a également rappelé que son initiative n’est que la continuité des recommandations de l’ONU qui a appelé l’an dernier les pays membres à calmer le jeu sur la répression des fumeurs de weed.

Continuant sur sa lancée, l’homme politique développe : « notre gouvernement est-il terriblement déconnecté de la réalité et des tendances globalement évidentes ? Le cannabis et les produits de chanvre ne constitueraient-ils pas un moyen de subsistance s’ils étaient autorisés à la culture, la transformation et la commercialisation ? Le gouvernement discrimine les Rastafariens de leur culture, le dagga en fait partie. La loi en question ne constitue-t-elle pas une violation des droits constitutionnels fondamentaux, y compris du droit à la vie privée ? »

Il soulève d’ailleurs un point primordial. Si l’Afrique ouvre les yeux rapidement sur le cannabis, ça pourrait être un formidable moyen d’enrichissement et donc, de développement pour le continent.

Cependant, malgré ce combat amorcé par le SWANU, le gouvernement namibien s’était déjà prononcé contre la légalisation en juillet dernier. Une réponse à la manifestation d’avril où environ 200 consommateurs ont marché pour la légalisation.

Rien n’est gagné, mais les choses bougent !

Vincent