Mauvaise pour l’homme, la Covid-19 est bonne pour l’environnement

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En réduisant les activités humaines comme peau de chagrin, l’épidémie a sensiblement assaini la qualité de l’air.

À quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Et, au risque, de m’attirer des tombereaux de courriels incendiaires, je dirai que cela se vérifie aussi pour la pandémie de Covid-19. Bien sûr, il y a ces soirées passées à engloutir les saisons de Breaking Bad. L’occasion de se rappeler que la weed, c’est quand même plus cool que la meth ! Pas inintéressants, non plus, ces après-midi à peaufiner son profil Tinder, dans l’attente du temps du déconfinement.

4 milliards au placard
Moins sérieusement, la mise au placard de plus de 4 milliards d’individus pendant plusieurs semaines a aussi changé la donne environnementale. La révélation nous est venue de … l’espace. Passé les premières semaines de relégation de la population chinoise, le ciel des mégapoles de l’empire du Milieu s’est éclairci. Faute d’usine à alimenter, l’une après l’autre, les centrales électriques au charbon se sont arrêtées. Abaissant sensiblement les concentrations de polluants. Fin mars, des satellites américains et européens estimaient que les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote avaient chuté d’un tiers au-dessus des villes industrielles chinoises par rapport au mois précédent.

Moins de polluants, moins de virus
L’épisode n’a rien d’anecdotique. Ces polluants de la basse atmosphère favorisent la survenue de maladies respiratoires qui frappent des dizaines de millions d’urbains dans le monde. De plus, une équipe de la Société italienne de médecine environnementale a mis en évidence une corrélation entre concentration de particules fines (PM2,5 ou PM10) dans l’air et sévérité de l’épidémie. Résidus de combustion et de pneumatiques, ces particules sont soupçonnées de transporter certains virus, dont le SRAS-CoV-2, agent de la Covid-19. Moins de polluants dans l’air réduisent la vitesse de propagation de la pandémie.

Le calme retrouvé
Plus de gens en télétravail, c’est moins de monde sur les routes. Et des abords d’axes routiers qui deviennent silencieux. Fin mars, les sonomètres de Bruitparif, l’observatoire du bruit parisien, ont enregistré des baisses de 50% à 80% des émissions sonores générées par la circulation routière. La nuit, le niveau sonore peut chuter de 90% au voisinage de certains axes. Ce qui est comparable au calme retrouvé par les riverains des pistes d’aéroports, désormais réduites au silence.
Pour le climat, le confinement a aussi du bon. Une équipe de climatologues, menée par la Franco-canadienne Corinne Le Quéré (université d’East Anglia, au Royaume-Uni), a fait ses calculs. Dans leur étude, publiée le 19 mai, les scientifiques estiment que selon la durée de l’arrêt des activités, l’économie d’émission mondiale pourrait atteindre 2,5 milliards de tonnes de CO2. Soit environ 7 % de ce nous collectivement émis l’année passée. 7 % : retenez bien ce chiffre. Il correspond exactement à l’effort que nous devrions faire, chaque année, pour stabiliser le réchauffement à 1,5 °C d’ici la fin du siècle. Dommage de penser que la meilleure politique climatique jamais mise en application est une pandémie dévastatrice.

 

 

 

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en est aujourd'hui le rédacteur en chef.

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