Mauvais plan: les carotteurs de Twitter.

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Depuis quelques semaines en France, des petits malins proposent sur Twitter monts et merveilles cannabiques à la vente. Une combine sans risque et tout bénef’ pour ces escrocs en herbe. Attention, les carottes sont Tweet!

« Au menu aujourd’hui : OG Kush, Sour Diesel, AK47, Lemon Haze, Blueberry et Purple » m’annonce sur WhatsApp un revendeur trouvé sur Twitter,  entre un post sur le coronavirus et un autre sur la primaire démocrate aux US. Le dealer virtuel répondra 3 minutes après mon SMS, sans se soucier le moins du monde de mon identité. Le plan est lancé.

Ces tweets, faisant la promotion sans détour d’un commerce de weed  B2C, sont devenus en quelque deux mois un incontournable du réseau favori de Trump. Pourvu que vous vous soyez abonnés à une marque proposant légalement du CBD ou à un groupe axé cannabis thérapeutique dans l’hexagone, vous n’y échapperez pas. Vous n’y échapperez pas non plus si vous vous intéressez à l’actualité, à n’importe quelle actualité: pour attirer le plus de pigeons possible sur le réseau à l’oiseau bleu, les marioles de la marie-jeanne n’hésitent pas à mettre des #Giletsjaunes, #Macron  #BenjaminGrivaux ou #Coronavirus dans le texte de leur tweets, histoire de ratisser large.

J’entame la conversation avec le revendeur supposé. Je choisis 10 grammes de Sour Diesel  pour 100 euros. Rapidement un message m’invite à aller prendre, pour la somme correspondant, un ticket Néosurf dans un tabac. Ticket Néosurf que je suis supposé remettre  au livreur au moment de la transaction. Comme dans toute escroquerie, il faut une mise en scène détaillée pour noyer le chaland et crédibiliser l’arnaque. Et c’est là que ça devient franchement comique.


Me voilà donc en train de faire du weed-shopping comme si je prenais un abonnement pour une salle de gym’ ou rentrais sur l’espace client de ma banque: code de vérification à 5 chiffres à donner par SMS au livreur, puis un code de fidélité que ledit livreur me donnera lors de la remise de l’herbe convoitée.WTF?
Je joins  le « coursier » sur un autre numéro WhattsApp, donné par le premier contact.
« Code de vérification ? » me demande le livreur. Je m’exécute, goguenard, attendant le moment où l’arnaque se révèlera. L’attente ne sera pas longue : « je serai là  dans 30 minutes, mais avant, envoi- moi la photo du ticket Neosurf ».


Ne tenant pas à sponsoriser ce genre de transaction de haut vol, je refuse poliment arguant que le ticket, selon les CGU annoncées en préambule par son acolyte, doit normalement être remis à la livraison. « T’inquiète, je te donnerai un code de fidélité ». Ne pas exploser de rire au téléphone tient de la gageure. Je refuse poliment, expliquant que je n’ai aucune garantie une fois le code de mon ticket Néosurf expédié.
Si beaucoup de consommateurs se sont fait avoir, c’est parce que ces dealers de carottes (qui se reproduisent comme des lapins depuis le début de l’année) se revendiquent de «Caliweed» un vrai réseau démantelé il y a deux ans, et qui utilisait Snapchat pour rentrer en contact avec les clients. À la différence que les clients payaient, contre la marchandise, en espèces sonnantes et trébuchantes à la livraison. Mais en ce qui concerne le schéma proposé par ces drôles d’oiseaux du deal sur Twitter, la combine est franchement lourde.  Après deux heures de dialogue ubuesque avec un livreur qui a visiblement pas mal de temps libre, le faux coursier sans ganja m’a donné mal à la tête.
Je me dis vivement la légalisation et met un terme à l’échange.

 

Cet article a été rédigé en mars 2020. Depuis, le compte Twitter LaMarieJeanne a été suspendu.

 

 

 

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