La nourriture des Dieux, ultime manifeste psychédélique de McKenna

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Terence McKenna est l’héritier de grandes figures de l’ère psychédélique US comme Huxley, Leary ou Burroughs. Diplômé de l’Université de Berkeley, ses sujets de prédilection sont le chamanisme et l’utilisation rituelle de plantes hallucinogènes à travers les âges. Focus sur  La Nourriture des Dieux, ouvrage que l’auteur lui-même désignait comme son “manifeste psychédélique”.

Le premier constat fait par McKenna est celui d’une société contemporaine qui s’attèle aux problèmes des dépendances aux drogues psychédéliques sur la base du modèle d’une société de consommation et d’individualisme qui ne laisse plus de place à l’onirisme et à la spiritualité ; « Qu’avons-nous perdu en niant la légitimité des pulsions individuelles vers l’usage de substances permettant un accès personnel au transcendantal et au sacré ? Répondre à ces questions nous amènera, je l’espère, à mesurer pleinement ce qu’il en coûte de nier la dimension spirituelle de la nature pour la considérer seulement comme une « ressource » à exploiter. »

Il ne s’agit bien entendu pas de faire l’apologie d’une consommation excessive de substances psycho actives ou de dessiner une frontière manichéenne entre ceux qui en usent et les autres mais d’ouvrir le débat à une consommation spirituelle qui vise la communion avec la nature et l’adoucissement de l’ego dominateur et destructeur. «  Il existe un lien de causalité étroit entre la répression qui touche la fascination humaine pour les états de conscience modifiés et la situation périlleuse dans laquelle se trouvent aujourd’hui toutes les formes de vie sur Terre ».

Dans son ouvrage Le Calice et L’Épée, McKenna part du postulat selon lequel des sociétés de partenariat plus féminisés ont précédé les sociétés dominatrices, matérialistes et dominées par le sexe masculin. MacKenna défend que nous sommes héritiers de cette société de domination et d’ego pour qui « modifier sa conscience au moyen de plantes ou de produits divers est intrinsèquement mauvais et reflète une attitude onaniste, perverse et anti-sociale », et qu’il est nécessaire voire urgent de faire évoluer le paradigme en s’inspirant des sociétés originelles de partenariat. Car ce qui rend le cannabis si détestable aux sociétés bourgeoises, alors qu’il est presque la première production agricole au Etats-Unis par exemple, c’est bien qu’il dissout les frontières de l’ego, apaise l’esprit, tout en laissant intacte la structure de la société ordinaire.

Verrons-nous un jour une société qui a renoué son alliance avec la nature et la spiritualité, une société qui prend le temps de vivre et de s’émerveiller en ralentissant la cadence ? Le cannabis et la normalisation de son usage font-ils partie intégrante de cette société nouvelle ? Peut-être. Nous étudierons, dans cette série d’articles, les écrits et les auteurs qui l’ont défendu.

 

Bonus, l’analyse des drogues psychédéliques de Mc Kenna

 

 

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