“Mac Cartney III”: Sussex, folk & Rock’n Roll. 

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Après deux albums éponymes déroutants ( Mac Cartney I et Mac Cartney II ),  Sir Paul revient en force avec un remarquable “Mac Cartney III”, conjurant à jamais la loi des séries et des rock-star séniles.

Enregistré durant le premier confinement dans sa maison du Sussex, «Mac Cartney III» reste fidèle à l’esprit des deux premiers albums de la série avec un mélange de titres progressifs, de ballades folk et de chansons pop-rock.
Et tout comme dans ses deux précédents projets patronymiques, l’ex-Beatle y joue de tous les instruments.

De la batterie à la guitare en passant par le clavecin, le piano et bien entendu la basse, “Macca” endosse l’habit d’homme-orchestre avec une surprenante aisance pour un jeune homme au 78 printemps.  

À la différence que contrairement aux décevants “Mac Cartney I” (1970) et “Mac Cartney II” (1980) le bassiste plus populaire que le Christ signe ici un album qui confine au chef d’oeuvre.

Dépistage
Coté exploration stéréophonique, Macca nous invite à un voyage initiatique avec  “Deep Deep Feeling”. Une envolée de huit minutes et demi en hautes sphères qui n’est pas sans évoquer les jours cannabisés de Paul qui, jusqu’à l’âge de 72 ans, fumait religieusement et quotidiennement de la Ganja. A des percussions au tempo en montagnes russes se superposent boucles de piano et guitares aériennes qui font écho à une voix touchante de sincérité. Un superbe trip mélancolique et flippé.
Ça tombe bien, c’est de saison.

Ce même  sentiment d’urgence et de regrets, on le retrouve dans «Deep Down» sorte de flirt funky faussement joyeux calé sur le beat d’une simple caisse claire sèche et crade. Une texture sonore qui ne saurait mieux dépeindre l’année 2020.
Dans «Pretty Boys». McCartney (dé)chante les top modèles masculins : on ne sait s’il les envie ou les pleure. “Prenez une autre pose / essayez de sentir la lumière / Hé, la caméra vous aime / ne vous battez pas“.
Difficile de ne pas faire de parallèle avec les jeunes Beatles via des références à ces «objets de désir» qui «enflammeront le monde».

La double lecture, une autre constante de l’album.

“Find my Way” et  “Lavatory Lil” sont les deux titres entrainants de cette belle galette du roi de la Pop.
Sur “Lavatory Lil” une six cordes rauque et syncopée nous donne un rendez-vous avec l’esprit des Fab’Four période Abbey Road.

“Find My Way”, que McCartney a écrit au début du confinement, semble faire écho au  «Help» de 1966 : c’est l’histoire d’un mec à la recherche d’une main tendue, toute gantée de caoutchouc soit-elle “Je n’avais jamais peur de jours comme celui-ci / et maintenant vous êtes submergé par votre anxiété  “Laisse-moi t’aider / laisse-moi être ton gars.

Autre perle, le sublime « Kiss of Venus », ballade folk qui n’est pas sans rappeler la grâce d’un «Here comes the sun» . C’est dire.
L’album se termine par l’envoutant  “Winter Bird – When Winter Comes”, construit autour du  même riff de guitare acoustique que sur le 1er titre «  Long Tailed Winter Bird ». Un principe intro/outro cher à Mac Cartney et initialement expérimenté sur le mythique  «Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band». Ce dernier titre de l’album a d’ailleurs un indéniable parfum d “Blackbird”, nostalgique ode à une nature qui se fait crépusculaire.
Quand l’été est passé / nous nous envolerons / et trouverons le soleil / quand l’hiver arrive.
Métaphore d’un monde au Covid tragique ? Réflexion sur une fin de carrière ?
Vivement le printemps et le prochain album solo de Sir Mac Cartney.

Une belle édition vinyle est disponible ici.

 

 

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a emmené à travailler à Los Angeles et Londres. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en est aujourd'hui le rédacteur en chef.

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