L’Italie légalise la weed ! (si elle pousse à la maison).

La Cour suprême de cassation de Rome a estimé vendredi que « la culture et la consommation de cannabis à domicile ne constituaient pas un délit ». Une décision historique en Europe. En autorisant l’autarcie cannabique, l’Italie continue d’arroser la graine d’une complète légalisation, que d’aucuns verraient éclore à l’automne 2020.

Faire pousser de la ganja, en petite quantité et pour usage personnel, « ne nuis pas à la santé publique et n’alimente pas le marché illégal » : telles sont les conclusions auxquelles sont parvenues, non sans perspicacité, les juges de la plus haute instance italienne en la matière. Une décision prise le 19 décembre et rendue publique vendredi dernier.

Saluée par la majorité (parti démocrate), avec le soutient du M5S (pendant italien de La France Insoumise), l’initiative a été conspuée sans surprise par les deux principaux partis de l’opposition (Forza Italia -droite- / La Ligue -extrême droite-).

En plantant chez les consommateurs, le gouvernement de Guiseppe Conte, avec l’aide d’une Cour de cassation composée majoritairement de juges étant fidèles au Premier ministre, le numéro un du gouvernement entend bien poursuivre sa croisade pro-bien être, pro-ganja, progressiste comme antimafia. Et pourrait bien porter l’estocade aux anti-cannabis purs et dures d’une droite italienne qui continue de camper sur des positions d’un autre siècle.

La culture à domicile, cheval de Troie de la législation ?
Si la mesure (qui doit encore recevoir l’aval -à priori acquis- du parlement pour être définitivement promulguée en loi) n’aura aucun effet spectaculaire chez le commun du fumeur de weed peu enclin aux élans botaniques, elle n’en demeure pas moins une excellente nouvelle pour tous les ganja-enthousiaste, pouce vert ou pas.

Autoriser la production et consommation de weed chez soi « dans des quantités raisonnables » (de 4 à 6 plants soit 400 grammes de weed tous les deux mois), c’est dire à ces concitoyens que la légalisation complète est pour demain. C’est aussi envoyer un signal politique intérieur, mais c’est surtout obliger les autres pays voisins à engager une politique plus progressiste à l’égard de la belle plante.

Et en cela, l’initiative est des plus ingénieuse. En faisant rentrer la weed dans les maisons et non sur la place du marché, la Cour de cassation et le gouvernement démontent illico trois arguments totem des anti-cannabis. Tout d’abord en coupant court aux discours alarmistes sur les dangers de l’escalade «weed/drogue dure ».  À moins que l’oncle Luigi ne plante des champs de Coca… Puis en invalidant toute accusation de financer la mafia.

Enfin, en décrétant que le cannabis « ne représentait pas un danger pour la santé publique «  (contrairement à l’alcool), l’argument santé étant régulièrement (et à tort -mineurs mis à part-) soulevé par l’opposition.

L’Italie n’est pas la seule à entreprendre une politique de légalisation en douceur. La ville de Cambria, en Australie, vient aussi d’autoriser la culture de cannabis à domicile et la possession, sur soi, de 50 grammes maximum.

« Une nécessaire première étape avant d’envisager la légalisation régionale» a estimé Andrew Barre, chef du gouvernement du Territoire de la Capitale australienne. 

En espérant que d’autres gouvernements en prendront de la graine.

Alexis.