L’Europe menace de classer le CBD comme stupéfiant.

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La Commission européenne (CE) a récemment suspendu les demandes d’inclusion du cannabidiol (CBD) dans son catalogue des nouveaux aliments (Novel Food), déclarant que le CBD et d’autres extraits de fleurs de chanvre seraient mieux réglementés en tant que stupéfiants en vertu de la Convention unique des Nations Unies sur les stupéfiants. Et donc donner à l’industrie pharmaceutique le monopole de la production et distribution d’une substance dépourvue d’effet psychoactifs. Un grand bond en arrière.

Les big pharma (Françaises et Allemandes) qui ne veulent pas rater le coche CBD (puis THC), ont activé depuis quelques mois tous les leviers-lobby en vue de récupérer le juteux marché du chanvre bien-être. Des manœuvres d’alcôve et de couloir qui portent aujourd’hui leur tristes fruits.

Si cette « conclusion préliminaire » est retenue par la CE, on ne peut qu’en concevoir avec effroi les implications pour le marché européen du CBD. En plus de stopper net la croissance de la filière chanvre, puisque si classé comme stupéfiant, le CBD devra être synthétisé ( il vous faudrait d’ailleurs attendre fin 2021 pour envisager de remettre la main sur du CBD car la molécule deviendra interdit sous sa forme naturelle) la décision restreindrait également, sur l’ensemble du continent, la recherche et l’innovation sur les cannabinoïdes. Une  décision qui serait un non-sens économique alors que les acteurs de la filière en France ont manifesté leur désir, si ce n’est d’aller plus loin dans la libération de la belle plante, d’au moins sécuriser la production de chanvre bien-être, une production de chanvre au CBD* qui, libérée, pourrait générer 150.000 emplois pour un estimé à 300 millions d’euros en 2019.

Après le scandale encore larvé qui entoure l’hydroxychloroquine sur fond d’intérêts pour les labos (américains cette fois), l’Europe et la France en tête de gondole, se réinvitent à la table de la pharma-mafia, à la barbe de la santé et du bien-être de ses concitoyens.

Vue du Canada, où notre légalisation du cannabis a généré des centaine de milliers d’emplois, permettant un large accès à un médicament dont plus personne ne doute de l’efficacité, à une herbe récréative dont les ventes légales sont synonymes d’une nette baisse de la criminalité, les véléhités répressivo-opportunistes du vieux continent laissent pantois. Chers amis francophones du beau vert, venez plutôt chez nous, nos bras et nos vastes espaces vous sont grand ouverts !

 

*Qui contient moins de 0.2%de THC

 

Alexis

Journaliste, peintre et musicien, Alexis est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles et à Londres pendant une dizaine d'année. Revenu en France, l'oiseau à  plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018.  Il est aujourd'hui en charge du bureau français.

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