Le coronavirus sauvera-t-il l’homme?

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Le ciel est redevenu bleu au-dessus de Wuhan et Pékin. À Rome, les canards barbotent de nouveau dans les fontaines alors que des dauphins ont été vus pour la première fois depuis un siècle dans les eaux portuaires Sardes. En stoppant net les échanges, en confinant nos modes de vie au strict minimum, le Coronavirus se pose comme l’ultime défenseur de la planète. Et de l’Homme? 

La Nasa rapporte que les taux de dioxyde d’azote (NO2, gaz nocif émis par les véhicules à moteur, les centrales électriques ou encore les industries) dans l’air sont en chute libre depuis le début de l’année en Chine. Selon les observations effectuées, dans le nord-est du pays et aux abords de Pékin, ce taux est passé de 500 μmol/m² p début janvier à moins de 125 μmol/m² début février, chiffre aujourd’hui stabilisé. Mardi 17 mars, le service européen Copernicus a indiqué que les concentrations de dioxyde d’azote avaient reculé de 35% dans les régions du nord de l’Italie.
À Milan, toujours selon les données de Copernicus, les mêmes concentrations moyennes de N02 ont chuté d’environ 65 mg/m3 en janvier à 35 mg/m3 lors de la première quinzaine de mars, soit une baisse de plus de 50% directement imputable à la réduction du trafic automobile et au ralentissement de certaines activités industrielles.
À Venise, l’eau est redevenue transparente, car moins polluée, moins remuée. Une première pour la cité lacustre. En France, alors qu’il est trop tôt pour mesurer les effets bénéfiques de ce Game-Changer qu’est la pandémie du Coronavirus, on peut d’ors déjà entendre chanter les oiseaux dans les rues de Paris. Pas parce qu’ils sont revenus, mais parce que nous pouvons les entendre, loin des pollutions (sonore) d’ambiance.
Cruel Paradoxe que celui qui nous est donné d’observer en pleine crise du COVID-19. Alors que les hommes succombent au Syndrome Respiratoire Aiguë Sévère sous assistance respiratoire, la planète souffle enfin.

Un bol d’air qui est dû à des mesures drastiques prises sous la contrainte naturelle. La qualité de l’air qui s’améliore en Chine et en Italie n’aurait jamais connu cette embellie en temps de paix virale. De toutes les Cop 21 et Greta Thunberg de ce début de siècle, c’est la pandémie qui aura le plus d’impact sur le réchauffement climatique. En Chine, les effets bénéfiques en termes de santé publique sont sans appel: dans l’Empire du Milieu, la mortalité liée à la pollution atmosphérique fait un à deux millions de victimes chaque année. Depuis le début de la crise, la pollution de l’air a diminué de 20 à 30 %. Pour un bilan d’environ 3 500 morts du coronavirus en trois mois, combien de vies épargnées grâce à un air moins toxique à respirer?
En Europe, après la fermeture des frontières seul 15% du trafic aérien est assuré depuis Paris-Orly. De son côté, Air France anticipe une baisse d’activité de 90% dans les deux prochains mois.
Quand on connait l’impact écologique du kérosène, de sa production à sa consommation, on ne peut que se réjouir de la situation. Les exemples de cet acabit se font chaque jour plus nombreux. Depuis quelques semaines à peine, nous apprenons que nous pouvons agir vite et directement en faveur de la planète, chaque pays touché découvrant au détour du confinement que oui, il y a une vie après la consommation hystérique.
Après la Première Guerre mondiale, Paul Valéry avait eu il y a un siècle pile cette sublime phrase « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ».
Ne l’oublions pas à l’issue du combat que nous menons aujourd’hui.

Alexis

Journaliste, peintre et musicien, Alexis est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles et à Londres pendant une dizaine d'année. Revenu en France, l'oiseau à  plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018.  Il est aujourd'hui en charge du bureau français.

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