Uruguay : À quoi ressemble le commerce du cannabis ?

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Ely est notre correspondant en Uruguay. Là-bas, il décortique pour nous les différents aspects cannabiques  du premier pays à avoir autorisé la vente du cannabis récréatif sur son territoire.

En 2013, l’Uruguay est devenu le premier pays au monde à légaliser le cannabis. Le petit pays a globalement réussi le coup sur le plan social. Cependant, d’un point de vue économique, le commerce de cannabis en Uruguay n’a pas pris son envol, comme au Canada ou dans certains États américains. Cela est notamment dû au contexte de la légalisation, en 2013, qui avait été adoptée avec l’objectif de reprendre le marché aux narcotrafiquants et donc, de faire baisser la criminalité, tout en valorisant les libertés individuelles. Ainsi, le gouvernement a établi une législation encadrée pour garder le contrôle sur la vente et la production. Le but était de proposer des fleurs de bonne qualité à un prix bas, sans en tirer de véritable profit. Ainsi, la question du commerce et des investissements semblait avoir été laissée de côté. De plus, les banques américaines ont menacé les banques uruguayennes, car la légalisation est une entrave au Patriot Act. Cette pression a ralenti le bon déroulement des opérations et le premier pays à avoir légalisé le cannabis a dû redoubler de prudence. Ces deux dernières années, les investissements se sont tout de même intensifiés. Grâce à sa législation avant-gardiste sur le cannabis, l’Uruguay garde de véritables avantages sur le marché. Le gouvernement s’est progressivement rendu compte que l’opportunité se compte en centaines de millions de dollars et que le marché va devenir hautement concurrentiel dans les années à venir. Face à cette menace, l’Uruguay cherche à faciliter les investissements dans le secteur. Le président Tabaré Vasquez s’est notamment fixé l’objectif de réduire les procédures administratives pour les investisseurs.

L’agence gouvernementale Uruguay XXI, chargée de la promotion des exportations, à travailler avec des sociétés de conseils étrangères pour comprendre les tendances du marché et saisir les grandes barrières ralentissant le pays dans son expansion. En février dernier, l’agence a lancé un appel aux entreprises étrangères pour qu’elles viennent produire du cannabis psychoactif non médical. L’initiative est intéressante, car même si ce marché reste moindre à côté du médical, le tabou tombe doucement et l’Uruguay reste un des seuls pays où la production de cannabis psychoactif à usage récréatif est autorisée. Le communiqué précise que ces entreprises pourront produire jusqu’à 2000 kg à l’année. Ils vendent le projet en mettant en avant les conditions agronomiques favorables, la sécurité juridique et la stabilité politique de l’Uruguay, qui en font le pays le plus sûr de la région pour investir. Dans le sillage de cette nouvelle dynamique, l’état uruguayen donne de plus en plus de licences à des entreprises étrangères. Aujourd’hui, le gouvernement a autorisé 4 licences pour la culture de produits psychoactifs, dont deux pour la vente locale, 15 licences pour la production médicale (moins de 1 % de THC), 4 pour des entreprises travaillant dans la fabrication de produits manufacturés et 14 licences pour la recherche.

L’objectif des entreprises implantées en Uruguay est clair, faire du petit pays un hub de l’innovation dans le secteur. Ils veulent que la signature uruguayenne soit reconnue comme un véritable marqueur de qualité. Pour cela, il faut répondre aux exigences des multinationales en termes de qualité et de quantité. Les entreprises mettent la pression sur les autorités locales pour qu’elles autorisent des productions plus importantes. Les investisseurs estiment que le marché uruguayen à des centaines de millions de dollars et ne veulent pas perdre de temps. Ainsi, avec un support adéquat de l’État uruguayen, le pays deviendra un acteur important du commerce de cannabis.

 

Ely

 

ZEweed

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