La Malaisie s’apprête à dépénaliser la possession et la consommation de cannabis.

C’est une petite révolution juridique pour ce pays d’Asie du Sud-est. Alors que la peine de mort a été abolie en 2018, notamment pour les affaires liées au cannabis, la Malaisie prend la tangente portugaise et souhaite décriminaliser la possession de drogue à usage personnel !

De la peine de mort à la dépénalisation
Cette annonce est assez surprenante étant donné le nombre de faits divers où des gens ont été condamnés à mort pour des raisons plus ou moins valables. Du gros trafiquant au petit consommateur qui veut atténuer ses souffrances dues à une maladie, il n’y avait pas de demi-mesure dans ce pays à majorité musulmane.

La volonté vient de Syed Saddiq Abdul Rahman, ministre de la Jeunesse et des Sports de Malaisie, qui a expliqué que le gouvernement malaisien mettrait en place un comité spécial; afin d’accélérer sur les nouveaux amendements qui vont dépénaliser la consommation de produits stupéfiants.

Lors d’une conférence de presse le 29 octobre dernier, il déclarait que la position du gouvernement est de « faire une distinction entre les toxicomanes nécessitant un traitement et les trafiquants de drogue. Les toxicomanes ne sont pas des criminels et ne devraient pas être envoyés en prison ». Des paroles incroyablement sensées, mais trop peu partagées par ses homologues étrangers.

Pour le moment le projet reste embryonnaire, mais certain. Il y a encore des points à éclaircir comme le nombre de grammes tolérés pour une consommation personnelle.

Pour le ministre Saddiq, c’est avant tout une initiative sociale vis-à-vis de la jeunesse malaisienne. Il explique que « cette affaire concerne les jeunes. Malheureusement, la majorité d’entre eux sont issus de milieux défavorisés et, une fois arrêtés, ils ne peuvent plus payer de caution. Ils peuvent simplement plaider coupables et sont emprisonnés ».

Cependant, lorsque l’idée a été évoquée par le gouvernement en juin dernier, le ministre de la Santé a très clairement annoncé que cette mesure n’était en aucun cas un premier pas vers la légalisation. Les autorités malaisiennes souhaitent simplement se concentrer sur les vrais criminels que sont les trafiquants et certainement pas le stoner de base malaisien.

Vincent